Et voici, un nouveau chapitre de ma reprise. Et une scène qui j'aime beaucoup je dois dire.
Je remercie ceux qui sont venu la lire et ceux qui m'ont laissé une review.
Je remercie encore et toujours Mangafana qui me laisse faire joujou avec sa fic et je vous retrouve en bas.
Bonne lecture.
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Chapitre 1 : De la nécessité de comprendre
« -Comment ? »
Ahuri, Sherlock avait du mal à traiter l'information.
« -Je suis remobilisé. » Lui répéta John.
Décidément, cette information tellement importante ne rentrait pas les schémas de pensées du Détective. Rien ne l'avait préparé à une nouvelle aussi abrupte. Il se saisit rapidement de la lettre que lui montrait John, afin de vérifier la véracité de l'information. John le laissa se plonger dans le document, voyant déjà les rouages de son intellect se mettre en marche et atteindre leur vitesse de croisière. Il se détourna pourtant rapidement de son colocataire quand il entendit Donovan.
« -Mais… je ne comprends pas. » Elle paraissait vraiment perdue. « Vous êtes militaire ? » demanda-t-elle. « Je pensais que vous étiez médecin. »
John hocha la tête.
« -Je suis médecin » affirma-t-il en se tournant vers elle.
« -Mais alors pourquoi vous envoyez en Afghanistan ? Vous n'êtes pas soldat ! » répliqua-t-elle.
John haussa les épaules, fataliste.
« -Je suis également un soldat de Sa Majesté »
Lestrade s'avança.
« - John est médecin militaire. »
Sally fronça les sourcils
« -Et on vous envoie en Afghanistan ? » demanda-t-elle.
John jeta un coup d'œil à Sherlock, toujours plongé dans la lettre du ministère de la Défense, y cherchant visiblement une faille. Voyant que le détective ne levait pas les yeux, certainement perdu dans ses réflexions. Il répondit à Sally.
« -On m'y renvoie en fait »
Anderson s'étonna.
« -Vous avez déjà était au front, et vous en êtes revenu ? »
John haussa de nouveau les épaules.
« -J'ai été blessé au combat. » Expliqua-t-il. « Une balle dans l'épaule ».
Il montra son épaule gauche avant de continuer.
« -Et ma jambe aussi. »
Lestrade se rappela de la claudication dont souffrait le médecin les premières fois qu'il l'avait vu. Claudication qui avait disparu depuis plusieurs mois, remarqua-t-il.
« -Et ils vous renvoient là-bas ? » s'étonna Donovan.
« -Il semblerait. » Répondit le médecin.
Sherlock réagit à ce moment précis. Laissant la lettre tomber au sol et s'approchant de nouveau de son colocataire et ami.
« -As-tu passé une visite d'aptitude récemment ? » Demanda-t-il.
John secoua la tête mais avant d'avoir pu répondre, Sherlock continua.
« -Non, tu ne m'as rien dit. Et tu ne m'aurais rien dit de tout façon, ce sont des affaires dont tu ne veux pas que je me mêle. Mais je n'ai vu aucun signe d'une visite chez un militaire. Tu ne veux pas que j'entre en contact avec cette partie de ta vie. Par peur de ce que je pourrais découvrir peut-être ? Mais je sais déjà tout de toi. Ce n'est donc pas cela. Tu n'as pas été déclaré apte au service alors que tu habitais ici, cela c'est donc passé avant ton emménagement. La question est de savoir quel incompétent de médecin pourrait t'avoir déclaré apte au service alors que tu souffrais d'une claudication psychosomatique. Un imbécile sans doute, comme la plupart des militaires. Quand John ? »
Malgré l'habitude, John fut sonné par les déductions de Sherlock. A un point près.
« Je n'ai pas revu le médecin depuis qu'on m'a soigné à mon retour d'Afghanistan. »
John aperçut une lueur de doute dans les yeux de son ami.
« -Comment… ? »
John secoua la tête.
« -Je ne sais pas Sherlock. Je suis rappelé au front, voilà tout. »
Il devina plus qu'il ne vit, Sherlock attraper son téléphone sur la table basse et taper fiévreusement sur son clavier.
« -J'appelle Mycroft. »
John posa la main sur le poignet du détective.
« -Non Sherlock ! »
Il prit le portable des mains du brun avant de le mettre dans sa poche arrière et d'attraper le second poignet du détective.
« -Il est hors de question que tu appelles ton frère. Quand la nation m'appelle, je réponds à cet appel. Je ne me cache pas derrière mes connaissances ou les tiennes, tu m'entends ? »
John avait haussé la voix. Pour la deuxième fois de la journée. Les yeux plongés dans ceux de Sherlock, il voulait lui faire comprendre qu'il ne changerait pas d'avis et qu'appeler son frère était inutile. Mais voyant que son éclat de voix avait déstabilisé Sherlock, il baissa les yeux sur les poignets qu'il tenait toujours et déclara :
« -Je dois aller vérifier que mes uniformes et mes affaires sont en ordre… Je suis convoqué demain matin à 8 heures à la base du Northumberland. Je dois me préparer. Bonsoir. »
Il se tourna vers les autres.
« -Bonsoir à vous également. »
Et il sortit du salon, montant les escaliers menant à sa chambre.
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Sherlock se laissa tomber sur le fauteuil derrière lui, joignant les mains sous son menton, en profonde réflexion.
Donovan s'approcha de lui puis, s'accroupissant pour être à son niveau, posa une main sur son genou et demanda :
« -Est-ce que ça ira ? »
Sherlock lui lança un regard méprisant.
« -Vous vous inquiétez pour moi maintenant ? » Demanda-t-il.
« -Je ne vous aime pas, et je ne crois pas non plus en vos compétences et en vos déductions mais… je ne pense pas que vous n'éprouviez aucunes émotions et je pense savoir quelles sont celles que vous éprouvez pour lui. Je suis une idiote, c'est ce que vous dites depuis que vous me connaissez, mais j'ai une capacité que vous ne possèderez jamais. Parce qu'elle ne vous intéresse pas. Vous la considérez comme inutile. Je sais lire sur les visages. Et malheureusement, vous cachez très mal vos émotions quand John est dans la même pièce que vous. Alors, je voulais savoir si vous alliez bien ? »
Sherlock haussa un sourcil dédaigneux.
« -Je n'ai pas d'émotion particulière pour John.
-Bien sûr, on y croit tous. John Watson est la seule personne dont vous acceptiez les compliments, vous le traînez partout avec vous et vous vous inquiétez régulièrement de lui quand il n'est pas avec vous. C'est le seul avec qui je vous ai vu sourire et vous cédez si facilement à ses demandes, même si vous savez que ce sont de mauvaises idées où que vous ne voyez pas ce que cela peut vous apporter. »
Sally se releva, se plaça devant lui pour prendre son visage dans ses mains et faire rencontrer leurs yeux.
« -Sherlock Holmes, vous êtes amoureux de John Watson. Tout votre corps le dit, toutes vos attitudes le montrent. »
C'est à ce moment qu'Anderson décida d'intervenir.
« -Vous êtes encore plus bizarre et dégoutant que je ne le pensais. »
Sherlock n'eut pas le temps de répondre que Sally se redressa, droite et fière, elle le toisa.
« -Tais-toi, tu n'y connais rien à l'amour. Tu l'aurais sous le nez que tu ne le verrais même pas. Tu as une femme qui t'adore et pourtant tu couches régulièrement avec moi. J'ai commencé à tomber amoureuse de toi et toi, tu t'es mis à fricoter avec la nouvelle stagiaire. Lui, il est atrophié des sentiments, il ne sait pas ce que c'est, il ne sait pas les différencier. Il a même affirmé ne pas en avoir. Mais celui qui n'a pas de cœur ici, C'EST TOI ! »
Donovan avait hurlé les deux derniers mots. Clouant le bec à Anderson qui se fit petit devant le regard noir de sa collègue et maîtresse. Elle se tourna ensuite vers Holmes.
« -Ecoutez, je suis la première à vous dénigrer mais vous avez quelque chose que je n'ai même pas effleuré du doigt, l'amour. Alors ne le laissez pas passer et rejoignez-le dans sa chambre pour y passer la nuit. Ce sera peut-être la dernière, avec lui. »
Cette dernière argumentation eut raison de Sherlock qui se leva et se dirigea vers les escaliers menant à la chambre de John, sans même jeter un regard aux policiers dans son salon et se fichant pas mal d'avoir réussit à les convaincre du suicide d'Everett Bennet.
Le seul qui était important à cet instant, c'était John et il allait le rejoindre.
Sally se leva, passa une main dans sa chevelure frisée, gênée de s'être donné ainsi en spectacle devant son supérieur.
Supérieur qui s'avança vers elle.
« -Allez, venez Sally, laissons-les tranquille.
-Oui Lieutenant. »
Lestrade laissa Sally passer devant lui, lui adressant un sourire, fier de sa collègue.
Anderson essaya d'entamer une conversation avec elle mais il fut repousser par Lestrade qui lui jeta un regard glacial.
Il ferait mieux de rester discret pendant quelque temps, Lestrade avait l'air de lui en vouloir. Peut-être même plus que Sally.
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Voilà, j'espère que cela vous a plu. Je n'ai pas pu modifier en profondeur le monologue de Sally, parce que cela lui donne une sympathie terrible et finalement, je l'aime bien. Elle est l'opposée de Sherlock, elle se laisse guider par ces sentiments et est, je pense, la plus à même à comprendre Sherlock en dehors de John. Du moins, à ce niveau là.
Au prochain chapitre si vous êtres toujours là.
Clélia
