Rafrob: Merci :). Je vais essayer de ne pas avoir la mort de vos mouchoirs sur la conscience cette fois ci aussi x)
On n'hésita pas à laisser son avis, merci ;)
Chapitre 2 :
Je me réveillais en sursaut, le front en sueur. Un cris s'échappa de mes lèvres. Respirant avec difficulté, je regardais mes draps pour me calmer. Il faisait noir. Noir comme dans mon cauchemar. Noir comme ce que j'avais vu à travers mes yeux d'enfants. Curieusement, j'avais mal. Mal comme je n'avais plus eu mal.
Je posai mes mains contre mon visage. Je n'avais plus rêvé de ma mère depuis deux ans. Depuis mes quinze ans, je n'avais plus revu le cauchemar de sa mort.
Je tournai mon visage vers le plafond. J'ignorais l'heure qu'il était. Je n'avais pas vraiment l'habitude de me réveiller comme cela. Ou plutôt, j'avais perdu l'habitude.
Avant, j'avais le sommeil agité. Mais maintenant, mes nuits étaient pleines. Peut être parce que j'avais grandi.
Je ne savais pas non plus pourquoi j'avais rêvé de cela. L'exactitude de la scène me troublait encore. Je l'avais revu comme autrefois, à travers des yeux d'enfant. Revivre la mort de ma mère ne m'était pas vraiment agréable. Un meurtre toujours inexpliqué pour moi. Un meurtre dont je ne comprendrais jamais la raison, vu que ces bourreaux m'avaient abandonné sans un mot. Comme un chien dont on ne veut pas, j'avais été laissé là. Cette simple pensée me fit frissonner. Cela me rappelait ce qu'enfant, j'avais voulu faire à ces hommes. J'avais voulu les tuer.
Soupirant, j'entrepris de me lever. Vivre dans le passé ne serait ce que quelques minutes ne me servait pas à grand chose. Traînant des pieds jusqu'à ma salle de bain, je repoussai mes longs cheveux noirs venant obstruer ma vue. Un regard vers la fenêtre me fit comprendre que le soleil se levait juste. Mais je n'avais pas envie de me rendormir. La nervosité dû à mon réveil m'empêchait de refermer l'oeil un instant. Tremblant, je me débarrassai de mes quelques vêtements avant de rentrer dans la douche. L'eau froide contre mon dos me remit vite les idées en place. Elle chauffa lentement, me laissant amplement le temps de geler. Une fois à température élevée, je la laissai fumer autour de moi. Ce brouillard moite m'aidait à me détendre. Je ne distinguais même plus mes doigts. Tout était flou. Appuyé contre le robinet, je saisis la bouteille de shampoing, et j'en étalais une large dose sur ma tignasse de jais. Me massant les tempes en même temps, je faillis tomber en fermant doucement mes yeux lourds. Je perdais bien vite l'équilibre sur ce sol glissant. Me rinçant une dernière fois, je sortis de la douche, attrapant au passage une serviette. Mes pensées avaient été largement ralenti par l'eau chaude. Une fois séché et habillé, j'entrepris de me coiffer. Mes cheveux noués, je n'attendis pas une minute de plus pour sortir.
Je n'avais pas vraiment de chez moi. Je vivais dans un complexe scientifique, avec beaucoup d'autres futurs chercheurs. Ainsi, je me retrouvais à déambuler dans les couloirs de bon matin. L'ambiance y était plutôt froide. Vide, les couloirs gris n'étaient pas réellement rassurant. Mais peu m'importait. Je n'en avais pas peur.
Je me posais dans mon secteur, le six. Sur une chaise, je regardais la fenêtre. Le soleil se levait doucement, perçant faiblement au travers des nuages. Sa chaleur brillait dans mes yeux sombres. Je jetai un regard à la pendule. 8H00. J'avais faim. Me levant aussi vite que j'étais arrivé, je fis le chemin en sens inverse jusqu'à une grande salle, où se rassemblaient déjà plusieurs personnes autour d'une table. Aucuns sourires. Aucunes marques de bonheur quelconques. Ils étaient mornes, ces hommes simplement réunis autour d'un café. Ils ressemblaient à cet endroit. Triste. Au fond, une brune au sourire enjoué me fit un signe de la main, avant de se ruer vers moi. Je n'eus pas vraiment le temps de réagir, qu'elle était déjà plantée devant moi, un sourire énorme sur les lèvres. Ses grands yeux bleus me fixaient avec intérêt.
- Hojo !cria-t-elle finalement en se jetant sur moi. Déjà debout ? Je ne te connaissais pas si matinal !
Elle s'écarta de moi au bout de quelques secondes, sautillant déjà autour de moi comme une véritable chat. Un sourire m'échappa. Elle était cette personne. Celle qui ne colle pas du tout avec ce qui l'entour. Elle était aussi joyeuse que ce lieu était sombre, aussi mignonne que ces hommes étaient ternes, aussi énergique qu'ils étaient réfléchis. Elle était la touche originale.
Elle ne me laissa même pas le temps de lui répondre, car déjà elle changea de sujet.
- Je t'en supplie Hojo, tu dois m'aider, me demanda-t-elle en mimant un air désespéré, qui me donna plus envie de rire qu'autre chose.
- Qu'est ce qu'il se passe encore Pretta ?lui demandais-je, amusé.
Une moue à mourir de rire au visage, la jeune fille commença à imiter un de nos supérieurs, scientifique du secteur 7. Elle exécuta plusieurs gestes qui ressemblaient à un semblant d'expérience, avant de toussoter pour retrouver son sérieux.
- Ils veulent ma mort, ces bosseurs du 7, s'exclama-t-elle. Ils veulent mon rapport sur leur fichue expérience ce soir, alors que c'est même pas moi qui les ai assisté. J'ai fait que passer en coup de vent une ou deux fois, j'étais en pleine observation au secteur 9 ! Et du coup, il faut que tu m'aides, j'arriverais jamais à boucler ce rapport...
- Rapport en retard, soupirais-je. J'aurais dû m'en douter.
Pretta leva les mains en signe d'incompréhension. La jeune fille avait la salle habitude de rendre tous les rapports qu'on lui demandait en retard. Et si je ne l'aidais pas, elle ne les rendait pas du tout. Ce qui risquait à chaque fois de lui coûter sa place ici. D'une nature un peu trop évasive, elle préférait observer que rédiger.
- S'il te plaît, s'il te plaît, s'il te plaît, m'implora-t-elle, coupant court à mes réflexions.
Voyant que je ne répondais toujours pas, elle secoua la tête, avant de la relever, une grimace collée au visage.
- Bon, et toi, qu'est ce que tu vas faire aujourd'hui ?me demanda-t-elle d'une voix complètement dénaturée.
- Je sais pas, lâchais-je en souriant.
- Roh, t'es pas marrant !râla la jeune fille en se triturant les doigts. T'as bien quelque chose à faire ou une demoiselle à draguer le beau ténébreux !
- Ne m'appelle pas comme ça, je te l'ais déjà dit, répliquais-je.
- Mais je ne vois pas pourquoi je pourrais pas, me répondit-elle en effectuant une danse de victoire volontairement ridicule. Hojo, où le beau gosse plein d'avenir, vraiment pas ?
Tout en la regardant se tortiller devant moi, je ne pus m'empêcher de me claquer le front. Cette fille était intenable. Elle passait sa vie à me demander de l'aide, à faire des grimaces, à courir partout comme une petite folle, ou à se moquer de ma vie sentimentale. Qui pourrait être relativement animée si je le souhaitais, vu le succès indéniable que j'avais auprès des femmes. Mais je ne voulais pas spécialement plaire à toutes. Ce n'était pas quelque chose de terriblement important pour moi. Pretta le savait bien, et c'était ce qui l'encourageait à m'embêter encore plus à ce sujet là.
Cette dernière se planta devant moi, immobile, et me souris de toutes ses dents.
- Pretta, tu es invivable, soupirais-je en la regardant.
- Je sais !chantonna-t-elle.
- Ça remonte à quand la dernière fois que je te l'ais dit ?lui demandais-je, l'air faussement en colère.
- Hier soir, reprit-elle sur le même air détaché.
- Et t'en as pas marre ?lâchais-je, les poings sur les hanches.
- Absolument pas, sourit la jeune fille. Je vis très bien ma condition !
Un long silence s'en suivit. Au bout de quelques minutes, je lui ébouriffai les cheveux en éclatant de rire. Devant elle, je ne pouvais pas garder mon sérieux plus de quelques instants. Cette petite furie savait me faire sourire comme personne. Je l'aimais beaucoup, plus que n'importe qui. Je l'avais rencontré peu après cet événement tragique ayant brisé mon enfance. Elle était en quelque sorte ce à quoi je m'étais accroché pour survivre. Plus jeune que moi d'un an, je pouvais la protéger de n'importe quoi. Aussi jolie que maladroite, elle s'attirait les ennuis avec une telle rapidité que j'avais parfois du mal à suivre. Et elle se retrouvait là, comme moi, dans l'espoir de devenir un de ces scientifiques renommés. Étudiant de très près la flore, elle se différenciait de moi au niveau de ses études. Moi, je privilégiais la découverte. Je n'avais que faire du travail que l'on me demandait d'effectuer. Bien sûr, je suivais, mais j'avais l'esprit ailleurs durant les travaux auquel j'assistais. J'aimais sortir de ce rythme de travail un peu trop scolaire. J'aimais sortir de l'ordinaire. J'aimais aller vagabonder près des monts Nibel pour y voir les éclats de la rivière de la vie. Je m'intéressais à la vie. On me traitait presque de fou parce que je voulais tout savoir en ce qui concernait les êtres vivants.
- Alors, tu vas faire quoi ?me redemanda Pretta.
- Peut être aller traîner du côté des monts Nibel, soupirais-je, peu concentré. Oui, c'est ça que je vais faire.
- Han, le rebelle, se moqua la jeune fille en secouant la tête. Il va même pas s'entraîner aux expériences de son secteur comme il était censé le faire.
Je lui lançai un sourire las. Pretta mit un doigt sur sa bouche pour me faire comprendre que ma « fugue » ne serait pas dévoilée. Comme toujours, de toute manière.
- Bon, et bien, si j'ai un problème, je t'appelle, me dit-elle en mimant un téléphone avec ses doigts.
- De toute façon je te connais, tu vas m'appeler, parce que sinon tu le rendras jamais à temps ton rapport, me moquais-je.
La jeune fille me tira la langue avant de rire.
- Merci Oh espoir du pôle scientifique selon le boss, rit Pretta en imitant la démarche lourde du directeur. Tu vas finir patron du département scientifique à la Shinra toi !
Je haussai les sourcils avant de lever les yeux au ciel. Je ne savais pas combien de fois on m'avait déjà dit cela, mais si j'avais dû les compter, une vie de plus m'aurait été nécessaire. Tout le monde me voyait comme l'avenir de la science, malgré mon détachement de la théorie. J'étais calme, j'aimais gribouiller dans mon carnet tout ce que je voyais, et toutes les hypothèses qui me passaient par la tête. J'étais porter par une soif de savoir.
- Bon allez, ciao beau gosse !s'exclama Pretta en reculant, me sortant de mes pensées.
Avant même que je puisse lui répondre quoi que ce soit, la petite brune avait déjà disparue. Je souris de nouveau. Je ne pouvais faire que cela face à cette boule d'énergie. Il m'arrivait de me demander comment Pretta faisait pour ne pas exploser. Elle était la bonne humeur incarnée. Puérile et moqueuse au possible, elle apportait cette fraîcheur agréable dans ces murs ternes. C'était peut être aussi pour cela que je l'aimais. Comme une amie, comme une sœur. Comme quelque chose qui me resterais pour toujours, quoi qu'il arrive.
