Bonjour!

Voici un court OS, que j'ai écrit il y peu. Je suis plutôt inspirée en ce moment (tea-power!). Et ai un peu de temps (cela ne va pas durer). Je voudrais remercier ceux qui ont commenté, parce que les reviews, cela fait toujours plaisir. J'espère que cela vous plaira.

bulle-de-bo: Ce que tu as écris m'a fait super plaisir. Parce que c'est ce que j'essaie de travailler en ce moment, en laissant un peu de côté, le scénario. Je pense que tu seras toujours déçu(e?) là-dessus...

Bonne lecture!


RED SMILE

POV Jane:

Je coupe le moteur, claque la portière. Il fait nuit et je suis sûr que cela fait à peine quelques minutes qu'elle est rentrée du travail. Je m'avance jusqu'à l'entrée de l'immeuble : elle est là, il y a de la lumière à la fenêtre de son appartement. Je suis dans le hall, pressé de la revoir. Je monte quatre à quatre les marches de l'escalier, pas le temps d'attendre l'ascenseur. De toute manière, elle n'habite qu'au deuxième étage.

Elle m'a tellement manqué pendant ces trois jours d'absence. Plus que je ne pourrai le penser. Beaucoup plus. Au moins, cela m'aura permis d'ouvrir les yeux, les yeux sur la vérité. Je l'aime. Finalement, c'est simple, on ne peut plus évident : je suis amoureux. C'est pour cela que je me suis précipitée chez elle, en sortant de l'aéroport. J'ai trop attendu, je dois lui dire.

Je vais pour sonner quand je m'aperçois que la porte n'est pas verrouillée. C'est logique en somme, elle doit être épuisée par ce monceau de paperasses qu'elle a à remplir, à cause de moi, et n'y a pas prêtée attention. Désormais je tâcherai d'être sage, de ne plus commettre d'impairs. Je tourne doucement la poignée et plonge dans la pénombre. J'appuie sur l'interrupteur. Elle a directement dû aller se coucher, sans même manger. Je voudrai tellement prendre soin d'elle… c'est ce que je ferai, si elle le veut bien.

Je suis déjà venu ici, je sais où est sa chambre, à quel endroit exactement du couloir elle se situe. Je traverse rapidement la pièce principale, sans faire trop de bruit. Je ne souhaite pas qu'elle me prenne pour un voleur. Cependant, je m'attends à chaque instant qu'elle surgisse derrière moi, arme au poing. Cette pensée me fait sourire.

Il y a une lettre. Une lettre bien mise en évidence sur la porte. Oh non. Non. Tout mais pas cela. Je déglutis péniblement. Je la décroche et la déplie. Je reviens soudain en arrière, il y a bien des années auparavant. Dites-moi que j'ai tord. Je commence à la parcourir :

« Cher monsieur Jane,

Votre arrogance me surprendra toujours. De même pour votre imbécillité. Enfin, j'imagine que ces quelques jours passé loin d'elle, à me traquer, vous ont fait réfléchir sur la portée de vos sentiments. Dommage que cela soit un peu tard. Encore une fois, vous avez échoué, vous n'avez pas été là pour elle, comme vous lui aviez promis.

Sachez cependant, que ce fut de loin la plus belle chose que je n'ai jamais réalisée.

Bien à vous,

Votre dévoué Némésis. »

En bas, écris à la hâte au crayon de papier, ses dernières paroles « Adieu Patrick. Sache que je t'aime.»

Je tords la missive entre mes mains qui tremblent. Non. Non…Non ! La peur monte en moi brusquement, comme une flèche. Impossible… C'est impossible ! D'un coup, j'ouvre la porte. Sur le mur est dessiné un smiley. Des spots placés en dessous, pour accentuer son côté macabre. Toujours la même mise en scène, ce rictus peint avec… Je ne peux pas y croire. Je reste paralysé face à ce visage. Ce regard torve. Stop. Je pivote vers la droite et la scène que je découvre est encore plus insoutenable. Je reste encore une fois tétanisé, incapable d'effectuer le moindre mouvement.

Elle est là, allongée sur son lit, vêtue d'une simple nuisette, une tâche rouge sombre au niveau du ventre. Recroquevillée sur elle-même, le visage serein. On pourrait presque dire qu'elle est en train de rattraper, toutes ces heures de sommeil manquantes.

Je me rapproche vivement d'elle, sort de mon état d'hébétude dans le vain espoir, qu'un souffle de vie, l'habite encore. Elle qui éclaire mon chemin, elle qui exorcise mes démons, mes vices cachés. Je ne peux parler à l'imparfait, j'en suis incapable. C'est bien trop au dessus de mes forces. Je hais ce temps.

Pas de pouls. Et je réalise enfin. Jamais je ne pourrai lui dire…Jamais je ne pourrai la rendre heureuse…Je réprime un sanglot. Je dois encore faire une chose avant de délivrer cette peine sans fond, sans fin. Une chose. Effacer, cet horrible dessin, qu'il a également reproduit sur son doux visage. Je prends un mouchoir, que je vais humidifier. Délicatement, j'enlève petit à petit le sang, efface l'horreur. Non c'est faux, on n'efface pas l'horreur. On la masque mais elle ne disparaît pas ; elle vous suit, persistante, tenace. Cruelle désillusion.

Là…je te retrouve un peu… Elle me semble tellement fragile, une poupée de porcelaine qu'il serait facile, par mégarde de briser. Je saisis avec douceur sa main, je viens l'embrasser, la poser contre mon front brûlant. Et je m'abandonne à mon désespoir. Les larmes dévalent sur mes joues, je ne peux pas les contrôler, je ne veux pas me contrôler…je veux te pleurer ma bien aimée. Je la serre fort contre moi. Un sourd hurlement naît dans ma gorge. Injustice. Je ne te reverrai pas me sourire, je ne reverrai pas tes sublimes yeux pétiller. Tout cet avenir, que j'imaginais passer avec toi, pars soudain en fumée. Tous ces rêves, disparus, envolés. Seul l'amour reste et ce profond accablement. S'acharne-t-il donc à tout me prendre, tout me voler ?

Je repousse quelques mèches de cheveux, brunes. Mes larmes se sont peu à peu taries, me laissant vide et exsangue, mais avec une froide résolution.

Je viens déposer un léger baiser sur son front, effleure de ma main ses pommettes. Caresse du bout des doigts les traits fins de son visage, aussi pâle que la lune dehors. Murmure trois petits mots au creux de l'oreille, trois petit mots banals, simples mais que je n'aurai pas eu le temps de lui dire. Je me perds dans une dernière contemplation. Même...partie, elle reste belle.

Sans un bruit, je me redresse et d'un geste presque paternel, je viens la recouvrir de son drap. Je regarde la ville par la fenêtre. Dans mes yeux, ne brillent plus qu'une sombre détermination. Je te vengerai, oh oui mon cher amour, je te vengerai.