Chapitre 2 - Premier jour.
Le chant du coq me sortit de mes songes, le jour commençait à filtrer à travers mes rideaux. Je me levai pour les ouvrir, encore de la pluie, géniale pour mon premier jour, j'allais arriver toute mouillée. Puis je me retournais vers mon réveil, les aiguilles indiquaient 6h10, ce qui me laissait le temps de me préparer. Je descendis les marches et me dirigeai vers la cuisine. Je mis de l'eau à chauffer pour pouvoir prendre un bain, et préparai mon petit déjeuner pendant ce temps.
Une fois mon petit déjeuner avalé et mon bain terminé, je retournai dans ma chambre pour m'habiller. Je choisis une jupe droite beige qui m'arrivait à mi-chemin entre mes chevilles et mes genoux, que j'accompagnai avec un chemisier blanc. Peu importe la façon dont j'étais habillé puisqu'on me donnerait une tenue d'infirmière en arrivant.
J'étais contente de pouvoir travailler à l'hôpital et de ne plus retourner au lycée, non pas à cause des cours mais à cause de Mike Newton qui n'arrêtait pas de me poursuivre de ses assiduités. J'avais fait une grave erreur en en parlant à Jacob qui un peu plus lui aurait démoli le portrait s'il s'était trouvé en face de lui. Je l'avais convaincu de ne pas s'en mêler, que j'étais assez grande pour gérer ce genre de situation seule et que je savais le repousser sans qu'il en prenne ombrage, mais je n'étais peut-être assez ferme, c'était peut-être pour cela qu'il revenait à la charge régulièrement.
J'enfilai mon manteau et sortis de la maison à 7h00, mes parents dormaient encore, ça m'arrangeait, je préférais me retrouver seule pour cette première journée. La pluie avait cessé mais le sol était gorgé d'eau. J'allais chercher mon vélo, dans la grange, commençai à pédaler en direction l'hôpital qui se trouvait à l'autre extrémité de Forks, je devais traverser toute la ville pour l'atteindre et donc rouler sur les pavés.
Les rues étaient envahies d'eau, ce qui ralentissait ma course, je ne voulais pas me retrouver avec les mollets et le bas de ma jupe tout trempés par les éclaboussures. J'étais secoué un peu dans tous les sens en roulant sur les pavés. Tout à coup, je ressentis un choc, ma roue était passée sur un nid de poule, et juste après je me retrouvais à pédaler dans le vide. Foutu vélo! Ma chaîne avait encore déraillé, avec toute cette eau, l'huile que Jacob avait rajoutée, avait disparu. Je dus m'arrêter en appuyant sur les freins et descendis de mon vélo. Il ne me restait plus qu'à marcher à côté de ce dernier jusqu'à l'hôpital. J'espérais que je n'allais pas arriver en retard, il me restait environ encore deux bons kilomètres à parcourir. Ma journée commençait bien!
Après une marche très dynamique, qui me donna très chaud, j'aperçus enfin l'hôpital. Je regardai ma montre 7h25, j'avais cinq minutes pour, déposer mon vélo dans le hangar d'à côté, monter les marches pour atteindre le hall, me présenter à l'accueil, aller au vestiaire, me changer et rejoindre Carlisle dans son cabinet. Ouah! Je n'avais pas une minute à perdre!
J'arrivais au pied des marches et me mis à courir en les montant. Je posai mon pied sur la dernière marche quand soudain celui-ci glissa et me fit basculer en arrière. Je perdis alors l'équilibre et m'attendais donc à dévaler les escaliers en tournant sur moi-même jusqu'au bas des marches, quant mes épaules heurtèrent quelque chose de dur derrière moi, suivi aussitôt pas deux bras puissants qui m'encerclèrent la taille et me maintinrent fermement, m'évitant les côtés brisées en bas des marches.
Puis j'entendis une voix veloutée, si près de mon oreille, que je pouvais ressentir son souffle:
- Tout va bien? Ce ténor si gracieux et si viril me transperça de frissons de part en part!
Je me retournai pour voir mon sauveur, et fis face à un uniforme de l'armée, kaki et boutonné jusqu'à la base de son cou. J'entendis à nouveau sa voix me questionner :
- Vous allez bien?
C'est à ce moment que je perdis le sens de la réalité. Je levai la tête pour voir le visage de l'homme à qui je devais d'être entière, et tombai nez à nez avec de grands yeux verts émeraude qui me regardaient intensément, ils étaient si profond que je croyais me noyer dedans. Élargissant mon regard sur le restant de son visage, je remarquai cette bouche si tentante avec ses lèvres pleines, ce nez droit si volontaire et cette mâchoire si forte. Il portait une casquette de la même couleur que son uniforme, qui dissimulait une chevelure désordonnée avec des reflets cuivrés. J'étais bouche bée devant tant de perfection. « Oh mon Dieu, qu'il est beau ». J'avais dit cela tout fort? Un regard sur son magnifique visage me confirma qu'il avait bien compris, il esquissa un sourire à vous faire tomber par terre, heureusement que ses bras me maintenaient toujours. Il fallait que je me reprenne.
- Euh…je veux dire…il fait beau… Mais bien sûr Bella, enfonces-toi, il pleuvait encore il y a une heure!
- Oui, je pense que si l'on arrive à traverser les nuages, on apercevra peut-être le soleil! Me répondit-il moqueur. Je sentis une grande vague de chaleur se plaquer instantanément sur mon visage, il faisait chaud à ce moment-là! Puis il prit un air inquiet. Est-ce que ça va, nous sommes devant l'hôpital, je peux vous emmener voir un médecin si vous voulez? Sa question me ramena aussitôt sur Terre, car je pense, j'étais parti sur Vénus!
- L'hôpital…un médecin…oh…. Je suis en retard! Je me libérai de ses bras à regret et filai à vive allure, sans me retourner, vers le hall.
Je me présentai à l'accueil toute essoufflée. On m'indiqua où se situait le vestiaire où je trouverais un casier à mon nom et une tenue d'infirmière. Je filai vers le local pour me changer, enfilai ma robe d'infirmière toute blanche à une vitesse éclaire et je sortis à la recherche du cabinet de Carlisle tout en attachant mes longs cheveux avec un lacet de façon à pouvoir poser mon voile blanc par-dessus sans difficulté. Je me forçais à ne pas penser à ce magnifique jeune homme dans les bras duquel j'étais tombé, à ce regard d'émeraude si profond, à ce sourire si irrésistible et son odeur si…Bella reprend-toi! Oublies-le, ce n'est pas le moment!
J'arrivais enfin devant la porte de son bureau et entendis des voix dont celle de Carlisle. Je frappais après une brève hésitation, et on me dit d'entrer.
- Ah Bella te voilà! M'accueillit Carlisle avec un grand sourire, j'entrai dans le cabinet et vis que Carlisle faisait face à deux autres infirmières, elles avaient leur voile à la main. L'une était grande et bien enrobée avec les cheveux grisonnant relevés en chignon. L'autre était petite et toute maigrichonne avec une coupe de cheveux blonds qui lui arrivait aux épaules. Mon regard revint vers le docteur, je ressentis alors le devoir de m'excuser:
- Je…je suis désolée pour le retard, j'ai eu un souci avec mon vélo, alors je…
- Ce n'est pas grave, Bella, les premières visites ne commencent qu'à huit comme j'étais entrain de l'expliquer à tes deux collègues. Je te présente Suzy, en indiquant la petite, et Evelyn, la grande. Je fis un signe de tête en guise de salutations qu'elles me rendirent agréablement. Voici donc le programme de la journée, reprit Carlisle, il y a une cinquantaine d'officiers qui vont venir passer leur visite médicale, vingt-cinq passeront ce matin et le reste cette après-midi. La visite se fera en trois étapes, la première sera de prendre leur poids et taille, la seconde sera de leur faire passer des tests visuels et auditifs et la dernière sera de pratiquer une prise de sang et leur injecter un vaccin. J'ai discuté avec leur commandant tout à l'heure et il m'a demandé de faire passer les pilotes en priorité car ils ont un entraînement en fin de matinée. Donc ces douze pilotes devront être passés avant 10h00. Je vous laisserais prendre une pause juste après. Est-ce que cela vous va?
Nous répondîmes toutes les trois à l'unisson affirmativement. Carlisle enchaîna :
- Je sais que d'habitude nous ne pratiquons pas de visite médicale dans notre établissement. Normalement, les militaires consultent à l'hôpital de Port-Angelès, mais les médecins et infirmière de là-bas sont submergés de travail à cause de l'épidémie de grippe espagnole qui a touché la ville. La base militaire étant situé entre Forks et Port-Angelès, ils m'ont donc demandé si l'on pouvait leur apporté notre aide en recevant ce régiment au sein de notre établissement. Je n'ai pas pu refuser. Ils auraient fait la même chose à notre place, j'en suis certain. Je connaissais bien là, la générosité de Carlisle. Bien, donc Bella, tu t'occuperas de la première étape, prise de poids et de taille. Il me tendit des documents que j'attrapais. Voici les dossiers des pilotes dans lequel tu complèteras la première partie, puis tu le leur confiras pour passer à la prochaine étape.
- D'accord, Merci. Acquiesçai-je, il se dirigea ensuite vers Evelyn.
- Evelyn, tu prendras en charge la deuxième étape. Elle hocha la tête. Et enfin, Suzy tu t'occuperas des prises de sang et des vaccins. Celle-ci baissa la tête et émit un tout petit « oui », comme si cela l'effrayait. Mais personne d'autre ne s'en aperçu, Evelyn enfilait son voile et Carlisle lui tournait le dos pour prendre son stéthoscope posé sur son bureau qu'il glissa de chaque côté de son cou.
Je suivis mes deux collègues vers la sortie quand Carlisle m'interpella :
- Ah Bella, j'oubliais, pour tes prises de mesures, ces hommes doivent enlever leurs vêtements et chaussures, ils ne doivent garder que leur caleçon, de façon à avoir le poids le plus juste. Et voutttt ! Le rouge passa de mon menton à mon crâne à la vitesse de la lumière.
- D'accord, murmurai-je la tête baissée pour ne pas qu'il voit ma gêne.
Nous étions chacune dans notre cabinet qui étaient séparés par des salles d'attente, et je savais que la mienne était occupée car j'entendais des voix graves et des éclats de rire de l'autre côté de la porte qui me séparait de la pièce dans laquelle ils patientaient. Je pris le premier dossier sur la pile, ouvris la porte, et je me jetai dans la fosse aux lions. Je découvris de jeunes officiers assis tout autour de la pièce qui se turent dès que leurs regards se posèrent sur moi, ils avaient l'air très à l'aise contrairement à moi. N'osant pas franchir le pas de la porte je ne vis pas ceux qui étaient contre le mur qui jouxtait mon cabinet. Alors je commençai à appeler mon premier patient.
- Anthony Jackson, celui-ci se leva, grand, brun et athlétique. Peux-vous me suivre, lui demandai-je en le laissant entrer puis fermai la porte derrière lui. Allez Bella lance-toi, dis-le-lui.
-Déshab…euh… Pouvez-vous ôter vos bottes…et vos vêtements puis placez-les dans ce sac, que vous garderez avec vous pour tout le temps de la visite médicale. Ouf, c'était dit! Ce n'était pas si difficile en fin de compte!
Le reste de la visite se passa sans incident, il monta sur la balance puis se colla au mur pour que je le mesure. Je passais, ensuite, au jeune homme suivant et ainsi de suite. J'en avais passé onze, il ne me restait plus qu'un seul avant la pause. J'étais parfaitement à l'aise avec ces patients que je traitais comme les autres, même s'ils avaient des corps de rêve! Maintenant que j'avais pris le rythme j'allais pouvoir expédier le suivant en deux temps trois mouvements.
J'ouvris donc la porte, pour appeler mon dernier visiteur, et avançai un peu le nez pour distinguer de longues jambes allongées croisées l'une sur l'autre, le reste étant caché par la porte. Relevant le dernier dossier que j'avais dans les mains, je lis à haute voix le nom de mon dernier patient.
- Edward Masen? Appelai-je. Ses jambes se replièrent de façon à ce qu'il puisse se relever, il fit un pas et je pus découvrir l'identité du dernier pilote à passer. Mon cœur loupa un battement lorsque je vis qui me faisait face : l'être sublime venu de Vénus qui m'avait secouru ce matin! Il s'approcha, s'arrêtant à un mètre de moi.
- C'est moi, répondit-il un sourire en coin. Alors, au moment où j'allais lui répondre, je me rendis compte que j'avais gardé la bouche ouverte pendant tout ce temps. Je la fermai aussitôt. Je m'étais égaré dans ses grands yeux verts. Il me fixa intensément comme pour me sortir de ma contemplation. Bella reprends-toi!
- Oh…euh…pou….pouvez-vous me suivre? Allez recules-toi pour qu'il puisse entrer et arrêtes de bafouiller! Je reculais de deux pas sur le côté pour le laisser entrer. Il passa devant moi son regard toujours sur moi. L'air qu'il déplaça en avançant me permis de sentir son odeur si légère et sensuelle qui passa dans chaque fibre de mon corps et me fis frissonner.
Je fermai les yeux, pris une grande inspiration et allai fermer la porte que j'aurais bien souhaité fermer à double tours pour ne pas être dérangé au cas où je lui sauterais dessus!
Je me retournai vers lui, évitant de le regarder si je voulais rester moi-même et ne pas décoller pour vénus. J'ouvris son dossier et m'adressa à lui. Au mon dieu, fallait-il vraiment que je lui demande cela?
- Pouvez-vous ôter vos bottes et vos vêtements…juste le caleçon …euh… je veux dire juste en caleçon, vous gardez votre caleçon. Il va vraiment me prendre pour la dernière des idiotes. J'avais chaud, mes tympans bourdonnaient, mes mains étaient moites, et mon visage était en feu, ça pouvait difficilement être pire!
- Juste en caleçon? me demanda-t-il de son incroyable voix veloutée, je levai les yeux, le regardai alors et vis ses yeux malicieux et son sourire en coin, il se moquait.
- Oui. Miaulai-je le visage à nouveau baissé. Vous pourrez mettre vos vêtements dans le sac, à côté de la chaise, et vous l'emporterez avec vous pendant toute durée de la visite médicale. Enfin, j'avais pu aligner trois mots sans me rendre ridicule. Ce qui fût de courte durée car je pouvais facilement deviner grâce à ma vue périphérique qu'il avait retiré sa casquette, son ceinturon qui ceignait sa taille par-dessus son uniforme, et qu'il était en train de retirer sa veste qu'il plia avec soin. Il ôta une botte puis l'autre. Il fit glisser le long de ses bras ses brettelles qui retombèrent contre son pantalon kaki. Il commença à dénouer le nœud de sa cravate. Puis il attaqua les premiers boutons de sa chemise d'un beige uni et impeccable, qu'il fit passer par-dessus sa tête. Je ne savais pas à quel moment mon regard s'était posé sur lui à la place de ma vue périphérique mais je ne pouvais plus décoller mes yeux de lui, de ses gestes et de son corps. Il ne remarquait pas que je le fixais ainsi, occupé à se dévêtir. Une fois la chemise retirée, il fit glisser son pantalon et il se pencha pour passer une jambe puis l'autre. « Oh my god! » Je me mordais les joues pour ne pas crier! Puis il retira ses chausses, qu'il roula en boule et enfin il posa les mains sur le bas de son maillot blanc qu'il tira vers le haut mettant à nu son torse musclé, avec des pectoraux bien fermes et des abdos bien ressortis. Il ne restait plus que son long caleçon blanc qui épousait si bien ses formes. En bref, il était grand, mince, musclé et divinement beau. Il me faisait penser à ce fameux dieu grec « Apollon ».
Je reprenais mes esprits avant qu'il n'eut le temps de mettre toute ses affaires dans le sac et me composais un visage de marbre autant que je le pouvais, pour ne pas l'effrayer avec ma soudaine fascination. Il se tourna vers moi et me dit:
-Voilà, je suis prêt.
- Bien, pouvez-vous monter sur la balance pour que je prenne votre poids?
- Bien sûr. Dit-il tout en s'exécutant. Je m'approchai de lui pour pouvoir lire ce que l'aiguille indiquait. Nos corps étaient tellement proches l'un de l'autre qu'ils se frôlaient presque. Je pouvais sentir la chaleur de son corps tout prêt du mien.
- Soixante-seize kilos! Dis-je en me reculant.
- Ça n'a pas changé depuis l'année dernière, je suis resté stable! Affirma-t-il content de lui.
- L'année dernière? Vous étiez déjà dans l'armée, l'année précédente? Lui demandai-je curieuse d'en savoir un peu plus sur lui.
- En fait, je me suis engagé il y a 6 mois, en décembre. Nous avons une visite obligatoire à passer quand on arrive. Mais je ne pilote des avions de l'armée que depuis un mois, et il ne me reste plus qu'à passer la visite médicale pour avoir officiellement le statut de pilote de l'armée américaine.
- Ce n'est plus qu'une formalité alors!
- Je l'espères, me dit-il avec son sourire ravageur. Je tournai la tête pour éviter son regard.
- Pouvez-vous vous mettre dos contre le mur d'en face pour que je puisse vous mesurer? Il s'exécuta, et se plaça juste en dessous du mètre. Je dus poser mes mains sur ses épaules en empiétant un peu sur son torse, pour plaquer celles-ci contre la cloison. Je retirai mes mains aussitôt car j'avais reçu comme une décharge à ce contact si simple et pourtant si intime pour moi. Je m'approchai à nouveau de lui et me mis sur la pointe des pieds pour attraper et faire descendre le mètre au dessus de sa tête. Je sentis son souffle au niveau de mon oreille et j'en frissonnais. Je posai alors le rebord du mettre sur sa chevelure cuivré qui sentait si bon. Un mètre quatre-vingt-cinq! C'est pas mal avec votre poids. Bella Tais-toi tu vas encore t'enfoncer.
- Merci pour le compliment. Dit-il en tournant sa tête vers moi. Alors son regard pénétra le mien, nos visages n'étaient qu'à quelques centimètres l'un de l'autre. Sa bouche était si proche de la mienne que je pouvais sentir le goût de son haleine si fraîche. Il approcha lentement sa tête vers la mienne. Et stoppa net quant on frappa à la porte. Zut! Le charme était brisé.
- Je vais ouvrir. Dis-je à Edward en m'éloignant presque à regret.
J'entrouvris la porte de façon à protéger sa pudeur et passai la tête dans l'entrebâillement. Carlisle se tenait devant moi.
- Bella, désolé de te déranger. As-tu bientôt terminé car j'ai vu que ta salle d'attente était vide? Il avait l'air gêné. Il n'avait rien vu j'espère. Impossible les portes étaient fermées, j'aurais entendu si quelqu'un était entré.
- Euh, j'ai presque terminé avec mon dernier patient, je n'ai plus qu'à compléter son dossier. Pourquoi, je suis en retard?
- Au contraire, Bella, tu as une demi d'heure d'avance! Ce qui m'arrange car j'ai besoin de toi.
- Ah bon, que ce passe-t-il Carlisle? Son petit air soucieux, commençait à m'inquiéter.
-Eh bien Suzy qui s'occupe de la troisième étape de la visite médicale, ne se sentais pas bien et a eu un petit étourdissement. Oh rien de grave, me dit-il en voyant mon inquiétude, je l'ai auscultée, elle a juste besoin de repos, je lui ai dit de rentrer chez elle. J'avais bien vu que quelque chose n'allait pas chez cette fille. J'ai donc besoin de toi, Bella, pour la remplacer. Acceptes-tu?
Bien sûr que oui, ça allait me donner une nouvelle occasion de voir Edward!
-Oui, bien sûr, c'est le moins que je puisse faire.
-Très bien Bella, je te remercie beaucoup et t'accorderai une plus grande pause ce midi, puisque que tu ne vas pas pouvoir profiter de celle de 10h00. Il te reste donc quatre patients à passer, plus celui qui est dans ton cabinet. Tu devrais être quitte des pilotes vers 10h30 mais tu devras enchaîner avec les treize autres du régiment avant de t'arrêter. Tu ne reprendras donc le travail qu'à 14h00, est-ce que cela te convient ainsi? Il était si soucieux de ce que je pensais, comment Jacob pouvait-il le trouver dangereux?
- Oui c'est parfait mais si vous avez besoin, je peux reprendre le travail plus tôt. Cela ne me dérangeait pas car j'aimais ce que je faisais.
- Je vais essayer de trouver quelqu'un qui puisse vous aider toi et Evelyn pour la fin de la matinée. A tout à l'heure Bella. Me dit-il en s'éloignant.
Je refermais la porte derrière moi et me retournai vers Edward qui était assis contre mon bureau, face à moi, en train de m'observer.
- Un souci? Me demanda-t-il.
- Oh non, je dois juste remplacer ma collègue qui s'occupe des prises de sang et des vaccins, elle a eu un petit malaise.
- Rien de grave? Dit-il en fronçant les sourcils.
- Non, Carlisle l'a examinée tout à l'heure et l'a laissée rentrer chez elle. Dis-je rassurante.
- Carlisle?…Le docteur Cullen, vous voulez dire?
- Oui, vous le connaissez? Et à ce moment, je vis un masque de souffrance se mettre en place sur son si beau visage, qu'avais-je dit.
- Oui, il…il a soigné mon père pendant ses derniers jours avant que la grippe espagnole ne l'emporte.
- Oh, je suis désolée pour votre père. Dis-je compatissante à sa douleur.
- Merci…
Je pris place sur le siège derrière mon bureau, lui faisant signe de faire de même, il s'assit donc en face de moi et je me mis à compléter son dossier : la première partie. Puis mon regard descendit vers la troisième partie que j'allais devoir assumer, et là, je crus que mes yeux allais sortir de mes orbites. Ce n'était pas possible je devais mal lire! « Le vaccin doit être effectué sur l'une ou l'autre partie du postérieur du patient »
- Oh mon dieu!
- Qu'est-ce qui ce passe?
- Euh non, non, il n'y a rien… Je refermai le dossier, le lui tendis et me levai en lui indiquant une autre porte. Vous pouvez patienter dans la salle d'attente de l'autre côté, ma collègue Evelyn viendra vous chercher pour les tests de vue et d'audition. Alors à tout à l'heure…
Il se dirigeait déjà vers la porte, quand il se retourna et me dit :
- A tout à l'heure, Euh mm…, il parut hésiter,pouvez-vous me donner votre prénom?
- Bella, répondis-je toute rouge, je ne savais même pas si j'avais eu le temps de pâlir pendant toute la durée de la consultation, il allait croire que c'était mon teint naturel d'être rouge comment une tomate!
- Bella… répéta-il en guise de salut. Mon prénom prononcé par sa bouche était un délice à entendre. Puis il passa dans la salle d'à côté.
Je sortis de mon cabinet et allai dans celui de Suzy. Je préparai à l'avance tout le matériel nécessaire à mon travail. Puis j'ouvris la porte de la salle d'attente qui était occupé déjà par trois pilotes, et je me remis à la tâche. L'épreuve du vaccin se passa finalement sans problème. Ces jeunes hommes baissaient leur caleçon jusqu'à la moitié de leurs fesses, ce qui me laissait un espace suffisant pour piquer sans soumettre leur pudeur et ma gêne à rude épreuve.
Ce fût au tour d'Edward d'approcher. Il entra et ferma la porte derrière lui. Je lui indiquai le fauteuil en face de ma chaise:
- Asseyez-vous je vais vous faire une prise de sang.
Il se posa face à moi, et nos genoux se rencontrèrent. Je me décalai sur le côté pour prendre son bras et stopper ce contact.
- Pouvez-vous garder le bras tendu?
J'entourais son bras d'un élastique de façon à bloquer la circulation de son sang. Puis je passai un coton imbibé d'alcool dans le creux de son bras. Je sentais son regard sur moi et sur le moindre de mes gestes, mais il restait silencieux. Cela me permit de me concentrer sur mon travail car je ne voulais pas le louper. Je pris la seringue et l'approchai de son avant bras.
- Attention, je vais piquer.
Puis l'aiguille entra doucement dans sa chair et rencontra la veine. Il n'eut même pas un frémissement et resta de marbre. Je faisais glisser lentement l'embout de la seringue vers le haut aspirant ainsi son sang. Je retirai ensuite l'aiguille et appuyai fortement avec un coton sur le petit point rouge.
- Pouvez-vous mettre votre doigt sur le coton, je vais vous faire un pansement?
Il s'exécuta et nos doigts ne touchèrent un instant lors de cette transition qui se renouvela lorsque je posai le pansement. Tous ces contacts à répétition n'avaient pas l'air de le gêner ou de le perturber, il ne s'en rendait même pas compte peut-être. Alors que moi, le moindre frôlement me mettait en transe!
Et maintenant, nous allions passer aux choses sérieuses…
- Edward, pouvez-vous vous lever et vous retourner pour que je puisse faire votre vaccin? Il se mit debout et me tourna le dos, sa tête était dirigée vers moi, il avait ce petit sourire en coin que je commençais à connaître.
- Dois-je retirer mon caleçon? Le sang me monta au visage sous le coup de cette question inattendue, il le faisait exprès pour me déstabiliser. Tu vas voir mon mignon, on ne se moque pas de Bella sans en subir les conséquences!
- Euh...non…vous pouvez juste le baisser un peu. Il glissa alors son caleçon, j'ouvris alors, grand les yeux et me forçai à garder la bouche fermée. Cet être parfait ne pouvait qu'avoir des fesses sublimes, et bien fermes qui donnaient envie de…
- Aille! Cria-t-il
- Désolé, j'ai dû aller trop loin et toucher l'os. J'appuyai alors d'un coup sec sur la seringue et j'injectai le produit d'une traite. Je le vis faire un bon surpris par la douleur soudaine. Bien fait! Fallait pas se moquer! Ca va? Je ne vous ai pas fait mal au moins? Demandais-je ironique.
- Non, non... Me répondit-il les sourcils froncés alors que je commençais à nettoyer la partie endolorie à l'aide d'un coton, ce qui aurait pu ressembler à des caresses. Je préfère cette façon de faire à celle de tout de suite! Sortit-il. Je retirai aussitôt ma main.
- Voilà j'ai terminé, je vous laisse vous rhabiller. Je vais voir Carlisle.
En fait je n'avais rien à lui dire mais s'était ma seule façon de fuir, suite aux mots que je venais d'entendre de la bouche d'Edward. Me faisait-il vraiment des avances en insinuant qu'il aimait bien que je touche ses fesses? Ce n'était pas possible, jamais un jeune homme de sa prestance ne s'intéresserait à une fille comme moi, aussi banale, il voulait juste s'amuser un peu.
Je claquai la porte derrière moi et aperçus Carlisle qui marchait vers moi, mais il n'était pas seul. Un garçon de taille moyenne aux cheveux blonds l'accompagnait. Ils s'approchèrent de moi et « oh non! » marmonnai-je dans ma barbe, je l'avais reconnu, c'était Mike Newton qui se tenait aux côtés du médecin! Ils s'arrêtèrent devant moi.
- Bella, je crois que tu connais Mike Newton? Insinua Carlisle.
- Euh …
- Oui, bien sûr, on était dans la même classe au lycée! Me coupa Mike tout fier.
- Bien, je n'ai donc pas besoin de faire les présentations. Comme pour toi, Bella, c'est son premier jour. Il va remplacer Suzy pour la troisième étape des visites médicales. Soudain il se retourna, quelqu'un venait de l'appeler. Bon, je vous laisse on m'appelle. Je le vis s'éloigner me laissant seul avec mon plus fidèle prétendant, qui alla droit au but.
- Cela te dirait, Bella, de venir prendre un verre avec moi en fin d'après-midi au café du coin de la rue, et je pourrais t'emmener ensuite dîner chez mes parents? Il était si sûr de lui, alors que je refusais toujours ce qu'il me proposait.
- Désolé Mike, je ne peux pas, mon père a eu un accident, je dois m'occuper de lui et changer ses pansements. Pour une fois, je n'avais pas besoin de lui mentir.
- Ah oui, j'en ai entendu parler, un incident sans gravité. Maudite soit cette bourgade où tout le monde était au courant de tout!
- Bon alors, viens juste au café dans ce cas?
- Non, Mike, je ne peux pas.
- Je ne te ramènerai pas tard… Il ne put terminer sa phrase car j'entendis une voix de velours m'interpeller.
- Infirmière, s'il vous plaît? C'était Edward : deuxième sauvetage de la journée!
- Désolé Mike, je dois aller voir mon patient. Et je filai droit vers Edward, sans écouter les protestations de Mike. Il était appuyé contre le chambranle de la porte de mon cabinet les mains dans les poches comme si cela faisait une éternité qu'il était installé ici.
- Oui, vous avez besoin de quelque chose? Demandai-je la tête levée vers son visage. Il avait l'air gêné tout à coup.
- En fait je n'ai rien à vous demander, je voyais ce garçon qui avait l'air de vous importuner alors je me suis dit que j'allais vous aider à vous en débarrasser. Je pouvais ajouter « chevaleresque » à la liste de ses qualités.
- Merci, c'est très gentil de votre part. Lui répondis-je avec un petit sourire. Mike peut se montrer très insistant quand il s'y met.
- Bonjour Edward! Comment vas-tu? Je n'avais pas vu Carlisle arriver derrière moi, il était si discret dans ses approches. Il posa sa main sur l'épaule d'Edward d'un geste affectueux
- Bonjour Carlisle, ça va merci, un peu douloureux le vaccin, dit-il, frottant sa main sur son postérieur, mais sinon je me porte bien.
- Ah bon, je ne pensais pas que ce vaccin était douloureux. Répliqua Carlisle étonné.
- Oh, ça vient sûrement de moi, j'ai horreur des piqûres. C'était un mensonge, il n'avait pas bronché quand je l'avais piqué pour sa prise de sang. Il devait avoir dit ça pour ne pas m'attirer d'ennui.
- Oui sûrement et comment se porte ta mère? Continua le docteur.
- Elle va mieux, elle s'habitue peu à peu à l'absence de mon père. Lui répondit-t-il le regard mélancolique.
- Tu lui passeras le bonjour quand tu la verras?
- Oui, je n'y manquerai pas. Lui affirma Edward reconnaissant. Carlisle laissa retomber sa main, puis il s'adressa à moi:
- Bella, étant donné que tu as un souci avec ton vélo, je voudrais te proposer de te ramener chez toi, ce soir après le travail, car je ne veux pas te laisser partir à pied toute seule à l'autre bout de la ville. Par contre, tu vas devoir m'attendre un petit moment car j'ai beaucoup de travail et je ne pense par finir de bonne heure. Ça ne te dérange pas de patienter? Je n'eus pas le temps d'ouvrir la bouche qu'Edward répondit à ma place.
- Carlisle, je dois revenir en ville en fin d'après-midi, avec ma voiture, pour récupérer mon blouson d'aviateur chez la couturière, alors si vous ne voyez pas d'inconvénient, je pourrais ramener Bella en même temps, ce qui lui évitera d'attendre car je sais qu'elle doit soigner son père. Il avait écouté ma conversation de tout à l'heure avec Mike.
- Je vois que Bella t'as raconté l'incident arrivé au Shérif Swan. Insinua-t-il à l'attention d'Edward, puis il continua. Je te remercie jeune homme, pour ta proposition si généreuse, c'est une très bonne idée. Bella je te confie au bon soin d'Edward, et ne t'inquiètes pas, il a toute ma confiance! Me dit-il, en me faisant un clin d'œil complice.
Ils avaient pris leur décision sans même me demander mon avis, mais je devais ramener mon vélo, car je ne pouvais pas le laisser à côté de l'hôpital cette nuit, on pourrait me le voler.
- C'est gentil pour votre proposition Edward mais je dois ramener mon vélo je ne veux pas le laisser ici.
- Y a pas de soucis, j'ai assez de place à l'arrière de ma voiture pour l'installer. Me rassura-t-il, il tira de sa poche sa montre à gousset et reprit, je dois partir car nous avons un entraînement juste avant midi. Bella, à quelle heure terminez-vous votre travail? Je n'en avais aucune idée, un œil vers Carlisle lui fit comprendre mon interrogation.
- Les visites devraient aller plus vite cette après-midi avec Mike en renfort, vous serez à nouveau trois. Donc je pense qu'à 18h00, tu pourras t'en aller Bella.
- D'accord, je vous attendrais à cette heure dans le hall, à toute à l'heure Bella, me dit-il avec le sourire, Carlisle, fit-il avec un signe de tête en guise de salut, puis il s'en alla..
- Je ne sais pas ce que tu lui as fait Bella, mais ce jeune garçon à retrouver le sourire. Me dit-il pensif.
- Ah bon, comment ça?
- Je ne l'avais pas vu sourire depuis la disparition de son père. Son visage devint grave. Cela a été une période très dure pour lui, il l'aimait tellement et ils étaient si proches tous les deux que ça a été une grosse déchirure pour lui lorsque que sa maladie l'a emporté. Je ne croyais pas qu'il allait s'en remettre, sa mère non plus mais je savais qu'elle avait une grande force de caractère qui l'aiderait à soutenir son fils dans cette épreuve. En fait, ils se sont soutenus mutuellement.
- Quand est-il mort? Je voulais en savoir plus sur lui.
- En décembre dernier, il y a un peu plus de six mois. C'était il y a peu de temps, songeai-je. Carlisle secoua la tête comme pour chasser ces souvenirs douloureux. Maintenant, j'en étais sûre ce qui était arrivé à Edward et sa mère l'avait touché, j'avais remarqué tout à l'heure le regard presque paternel qu'il lui avait jeté.
- Je vais retourner travailler, lui dis-je en me dirigeant vers mon premier cabinet.
- Oui, moi aussi, à toute à l'heure.
Le reste de la matinée passa très vite et j'avais terminé à 12h30, ayant réussi à prendre un rythme de travail assez rapide et coordonné. J'avalai mon déjeuner rapidement dans l'espace réservé au personnel et je profitai de ma pose pour visiter un peu l'établissement, en prenant soin d'éviter Mike au passage.
La fin de l'après-midi approchait très vite et je sentais un nœud se former dans mon ventre, à l'idée de revoir Edward. J'angoissais à l'idée de le retrouver car il fallait que je l'admette, il m'impressionnait et me fascinait énormément.
J'avais terminé avec un peu d'avance et j'avais eu le temps de retirer ma tenue de travail, avant de me diriger vers le hall pour l'attendre. Mais il était déjà arrivé, assis sur un banc les jambes écartées, les coudes sur les genoux, le poing de sa main droite dans son autre main, et la tête baissée vers ses pieds. Il s'était changé, il avait une tenue de civil à présent. Il portait une chemise blanche, légèrement ouverte à la base de sa gorge et les manches repliées juste en dessous des coudes, un pantalon marron retenu par des bretelles. Il redressa la tête vers moi comme s'il avait senti ma présence, et se leva. Son visage s'illumina lorsqu'il me regarda.
- Vous êtes très jolie dans cette tenue et je peux enfin voir vos magnifiques cheveux longs qui ne sont plus cacher par votre voile, me complimenta-t-il. Je le remerciais gêné du compliment, je n'en avais pas l'habitude. Vous êtes prête, on peut y aller?
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