Chap2
Pleine nuit. Un petit poste de police dans un quartier minable du New Jersey.
House sort péniblement de sa voiture et redresse le col de son manteau.
On commence sacrément à se les geler.
Revenir dans ce type d'endroit ne le botte pas vraiment.
Les ennuis et les nuits passées en cage à cause de Tritter sont encore fraîches dans sa mémoire.
Il entre cependant d'un pas résolu et demande à parler à l'officier de garde; un dénommé Kaplan.
House: - Bonsoir, je suis le Dr House.
Vous avez , parait-il, quelque chose qui m'appartient retenu ici.
Le stagiaire de service le regarde un instant hésitant, puis répond:
- Mr House ? Ah oui, l'officier Kaplan m'a prévenu que vous deviez passer. Mais entre -temps, il a été appelé pour une intervention en urgence. Il ne devrait pas trop tarder, ça ne dure jamais longtemps ces choses là : bagarres, adultères, ivrognerie…la routine…tout le trallalla…
Notez bien que…
House lève les yeux au ciel d'exaspération.
Non seulement il a du quitter en pleine nuit les bras chauds et le corps accueillant de Cuddy mais il va devoir se taper en plus cet impénitent et ennuyeux bavard.
House: -Hep!! S'il vous plait! Regardez moi dans les yeux.
Oui, c'est bien. Maintenant, montrez moi vos ongles. Mouais…
Ouvrez la bouche…
Je suis un Docteur, faites moi confiance… je suis un des meilleurs…
Le stagiaire, inquiet, obéit à House.
House/- Alors voilà, je vais être clair. Mon diagnostic est que vous risquez à tout instant une fuite des cellules grises de votre cervelet gauche par votre orifice buccal.
Il n'existe qu'un seul traitement et je vous invite à vous y conformer à la seconde: FERMEZ là.
Puis, sans lui accorder un regard de plus,House se réfugie dans le coin le plus isolé du poste de police.
Un long moment, il tourne en rond en boitillant, puis il finit par se poser, résigné.
Bien qu'on lui ait demandé de passer de toute urgence, il va devoir poirauter.
In petto, House prononce quelque paroles de contrition pour les malheureuses personnes, qui - au quotidien- doivent attendre des heures avant qu'il ne se décide à les prendre en charge.
Mais les remords ne durent jamais bien longtemps chez lui et malgré tout ce qui en a découlé ensuite, ne peut laisser échapper un sourire au souvenir du traitement qu'il avait infligé à Tritter dans ces mêmes circonstances.
D'autres souvenirs plus pénibles remontant à la surface, House se concentre à nouveau sur ce qu'il vient de vivre.
Flash-back…(retour dans la chambre de House une heure auparavant)
House murmure à Cuddy , avec un air de gamin effronté:
House: - Les flics?
J'ai pas dealé de codéine depuis un an et je pense être clean depuis…au moins quinze jours…ça ne peut pas être pour moi…
De toute façon le FBI t'a affecté à ma garde rapprochée, et ça marche plutôt bien leur truc…
Cuddy: - Gregory. Arrête, c'est sérieux. Tiens dit elle en lui lançant le portable.
House pousse un soupir mais ne parvient pas à reprendre son sérieux.
Ce qu'il est entrain de vivre charnellement, mais sans doute aussi émotionnellement ,avec Cuddy, lui donne la sensation de se trouver en permanence au sommet du Nirvana.
House: - Dr House pour votre service. Pouvez vous me dire pourquoi vous réveillez un honnête citoyen à cette heure indue de la nuit , enchaîne- t-il aussitôt.
Sachez que le jour, je sauve des vies. La nuit, j'ai donc besoin de repos et de sexe , pour pouvoir poursuivre mon œuvre…
