Hey ! Merci pour les reviews et autres feedbacks. Je publie déjà la deuxième partie parce que sinon je ne pourrais pas le faire avant la semaine prochaine. Bonne lecture :)


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Caroline Forbes tomba à nouveau sur la messagerie. Elle soupira, agacée.

« Bonnie, c'est encore moi. Je ne t'ai pas vu partir hier soir, j'espère que tout va bien. Je vois le Prince Stefan cet après-midi. Il est très charmant et c'est un bel homme, mais je ne suis pas très emballée. Tu crois que je devrais lui laisser une chance ou bien lui dire gentiment de rentrer chez lui après la parade ? J'ai besoin de conseil, s'il te plait rappelle-moi ! »

Elle gémit tout en se laissant tomber sur son lit. Elle attrapa depuis sa table de chevet une photo qui n'était autre que le portrait de Damon Salvatore. Elle n'arrivait toujours pas à croire qu'il lui avait posé un lapin. Elle était tellement aux anges de savoir qu'il avait accepté leur invitation. Elle s'était imaginé une rencontre digne des plus beaux contes de fées et avait déjà même choisi sa robe de mariée. Mais, elle comprenait. Pourquoi un si beau prince italien se marierait avec une pauvre fille de shérif vivant dans une petite ville ennuyeuse des États-Unis ? L'Italie regorgeait assurément de beautés. Inutile de parcourir l'autre bout de la Terre pour trouver la femme de sa vie. Et elle, pourquoi tant de caprices lorsqu'il est clair qu'elle finira par épouser le fils du maire, Tyler Lockwood ? Elle grimaça de dégoût d'avance.

Elle avait passé une excellente soirée en compagnie de Stefan Salvatore. Ils avaient dansé toute la nuit. Il était tellement gentil et poli, lui avait raconté un peu de sa vie en Italie et n'avait cessé de complimenter sa beauté. C'était un réel prince, comme elle avait toujours imaginé. Mais lorsqu'elle plongeait son regard dans ses yeux verts, elle espérait toujours y découvrir des magnifiques iris bleus océans. Et son cœur ne cessait de cogner sa déception.

Mais elle décida tout de même d'aller à ce rendez-vous. Ça lui permettrait de se faire une idée. Alors Caroline se releva et se dirigea vers son grand dressing afin d'y dénicher un vêtement adéquat : relax mais pas négligé. Elle opta pour une robe cocktail jaune pâle sans manche qui se marierait avec ses beaux cheveux blonds et d'un châle blanc assorti à des chaussures à talons de la même couleur dévoilant sa pédicure impeccable. Elle patienta ensuite jusqu'à quinze heure, l'estomac noué.

« Vous aimez faire attendre les filles, monsieur Salvatore. », taquina Caroline.

Stefan arriva avec un peu de retard mais s'excusa et n'oublia pas de lui faire un baise-main. Elle lui sourit. Ils s'installèrent au jardin, à une table nappée et emplie de merveilleux gâteaux et friandises. Le maitre d'hôtel leur servit une petite tasse de thé et les laissa ensuite en tête à tête.

« Vous êtes tout en beauté, Caroline. », complimenta Stefan.

« Merci beaucoup. Vous n'êtes pas mal non plus. », sourit-elle avant de croquer dans un bout de fraisier et de le reposer sur son assiette. Elle sembla réfléchir et hésiter un moment puis se lança : « Je n'osais pas vous posez cette question, mais... je voulais savoir si Damon avait prévu de venir plus tard, enfin, une fois que ses affaires soient réglées. »

« Je ne crois pas. Mais, je suis là pour vous tenir compagnie. », sourit-il.

« Bien sur, et je vous en remercie énormément. Cependant... C'était… Pour la parade. Enfin, je pensais que tout avait été prévu. C'est à lui que la proposition se faisait. », bafouilla Caroline. Elle s'empressa ensuite de porter sa tasse de thé fruits rouges brûlante à sa bouche comme pour s'empêcher de parler plus.

Stefan perdit son sourire.

Malgré tout, ils se baladèrent en faisant le tour de la propriété, s'effleurant les mains simplement de temps à autre.

« Elle ne veut pas de moi », annonça plus tard un Stefan désemparé.

« Comment ça elle ne veut pas de toi ? T'es un prince, elle veut un prince ! Je ne vois pas ce qui coince ! », s'énerva Klaus.

« Je ne suis pas le prince Damon. », siffla-t-il entre ses dents, comme s'il en souffrait.

« Ne me dis pas qu'un bel homme comme toi ne parvient même pas à séduire une sotte comme elle ? Elle est comme nous tous, attiré par la gloire. Fais lui comprendre que tu la fera vivre comme une reine et elle tombera dans tes bras ! »

Stefan soupira. Il n'avait jamais été aussi charmeur que son frère. Surtout, il ne voyait pas comment être convainquant lorsqu'il ne pensait pas ce qu'il disait. Certes, elle était magnifique avec ce beau minois et beau sourire, et que l'avoir à son bras était un plaisir, mais il ne pensait pas parvenir à lui déclarer sa flamme et la demander en mariage en deux jours. Et il était peu sûr qu'elle accepterait la proposition; c'est Damon qu'elle voulait, et à tout prix. Il en prit encore en plein dans son estime face à ce retournement de situation. Lorsqu'ils avaient établi le plan avec Klaus, tout paraissait beaucoup plus simple.

« Et tu n'aurais pas une potion magique pour la faire tomber amoureuse de moi ? », se résigna-t-il.

« Tu me prends pour quoi ? Cupidon ? », Klaus attrapa Stefan par le col de sa veste, le visage à deux centimètres du sien, si bien qu'il pouvait sentir son souffle sur son visage. « Écoute-moi bien, si tu ne demande pas cette fille en mariage lors de la parade de Mardi Gras et qu'elle ne dit pas oui, tu finiras de la même façon qu'a fini ton aîné. Me suis-je bien fais comprendre ? ».

Stefan frissonna de peur à cette idée. Klaus le lâcha et quitta la demeure des Lockwood.

Ils avaient un pacte. Stefan se marierait à Caroline, Klaus tuerait le shérif ensuite et ils se partageraient l'héritage des Forbes. Cependant, la première étape était loin d'être accomplie.

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En début de soirée, Caroline réessaya d'appeler sa meilleure amie, mais sans succès. Cette dernière était déjà en route pour rencontrer Sheila Bennett, accompagnée de Damon Salvatore et Jeremy Gilbert. Ils avaient quitté sa maison dès le coucher du soleil. À présent, ils venaient tout juste de quitter la ville. Bonnie était au volant, Jeremy avait voulu se mettre à l'avant pour lui indiquer au mieux le chemin, mais Damon sortit les crocs – littéralement – pour exprimer son mécontentement, puis s'installa auprès de Bonnie sans un mot.

« Et est-ce que les loups-garous existent ? Les fées ? Le Père Noël ? », questionna Bonnie.

« Aucune idée. J'en ai jamais vu », répondit Jeremy, « Concernant le Père Noël : sans commentaire, Bonnie ! ». Elle rit. « Moi, je suis surtout à la recherche des vampires. C'est une tradition qui se perpétue dans la famille. Mon père était chasseur, mon grand-père, arrière-grand-père, et ceteri, et cetera. J'en ai déjà tué. Pas beaucoup. Je suis encore un bleu. Ça fait pas longtemps que je m'y suis mis. Depuis la mort de mes parents, à vrai dire. »

« Oh, tes parents sont morts ? », fit Bonnie d'une triste voix. « Qui s'occupe de toi ? »

« Ma tante et son mari. Ils sont cool. Lui aussi s'y connait en supernaturel. J'ai une sœur, aussi. Elena. Mais … elle est tombée follement amoureuse d'un vampire. Ils se sont mariés et il l'a transformé. Je ne sais pas où elle est. Faut dire que je ne la cherche pas non plus. »

« Tu lui en veux ? »

« Pas vraiment. J'ai moi aussi succombé au charme d'une vampire. Disons que, je suis juste profondément triste. », il haussa les épaules.

« Ah, oui ? Et comment ça s'est fini ? Elle a voulu te transformer, toi aussi ? », s'intéressa Bonnie les yeux émerveillées par cette histoire.

« Non. C'est moi qui lui ai demandé, mais finalement elle est morte. »

« Les vampires peuvent mourir ? »

« Bien sur ! Chaque créature a une faille. »

« Comment est-ce qu'elle est morte ? Comment s'appelait-elle ? »

« Je l'ai tuée... d'un pieu dans le coeur. Anna qu'elle s'appelait. »

« Mais c'est horrible ! », intervint soudainement Damon en s'exclamant et se retournant pour regarder Jeremy. « Pourquoi t'as fais ça ? Seigneur Dieu ! Vous, êtres humains, êtes sans cœur ! Tu ne l'aimais pas ? »

« Calme-toi, Damon. Tu étais humain encore hier. », lui rappela Bonnie, les mains fortement accrochées au volant, mal aise face à la fin de cette histoire contée.

« Certes. Nous ne sommes plus du même camp, maintenant. »

« N'importe quoi », pouffa-t-elle.

« Je l'aimais mais c'était une vampire. », se justifia Jeremy, « Il n'y avait aucun avenir, c'était une meurtrière, et en tant que Gilbert, c'était mon devoir d'y mettre un terme. »

Un calme lourd et pesant tomba.

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« Alors, comment ça se passe avec le prince ? », demanda Liz Forbes à sa fille lorsqu'elles étaient à table pour dîner.

« Bien... sans plus. », répondit Caroline, les yeux rivés sur son velouté de potiron.

« C'est-à-dire ? »

La jeune femme se mordit la lèvre inférieure, n'osant pas avouer qu'elle souhaitait abandonner toute cette histoire ridicule de parade et de fiançailles. Elle avait martelé l'esprit de sa mère tant de fois pour la pousser à organiser tout ça. A deux jours du Carnaval, elle ne pouvait pas lui faire un autre caprice.

« Rien. C'est génial. Enfin je veux dire... tout est parfait. », elle força un sourire. « Hum, je n'ai pas très fin. Je vais retourner dans ma chambre, essayer de joindre Bonnie. Encore. »

« Tu n'arrives toujours pas à l'avoir ? »

« Non. Je commence sérieusement à m'inquiéter. Si elle ne répond pas, je passerai chez elle. »

Liz acquiesça. « Demande à ce qu'on t'accompagne et fais attention à toi, ma princesse. »

Elle fit un second sourire à sa mère, cette fois-ci plus sincère et monta dans sa chambre. Elle appela Bonnie, mais tomba automatiquement sur sa messagerie, comme depuis ce matin. Elle se mordit la lèvre, attrapa un gilet et quitta la maison seule et sans prévenir personne.

Et alors qu'elle empruntait le chemin habituel menant jusque chez Bonnie, Caroline eut la sensation d'être suivit. Elle ne se fit pas à son instinct et continua son chemin comme si de rien n'était. Elle était lassée d'être prise pour une petite peureuse, la gentille petite fille du Shérif qui ne sortait jamais sans garde du corps, idiote et uniquement bonne à sourire et rire aux blagues des uns et des autres. Elle se savait bien plus que cela. Alors, elle brava sa peur et n'arrêta pas ses pas, ne se retourna même pas une fois. Cependant, elle ressentit comme un froid dans le dos. Elle fronça des sourcils, ne fit pas un pas de plus qu'une main l'attrapa et posa un chiffon sur son visage. Elle tomba ensuite dans un sommeil profond.

Caroline se réveilla quelques temps plus tard dans une petite pièce sombre et étrangement froide. Elle remarqua être assise sur une chaise en bois, les mains liés et derrière le dos.

« Hé ? », appela-t-elle d'une faible voix. « Il y a quelqu'un ? Vous savez qui je suis ? Ma mère va rapidement me trouver et vous aurez des ennuis à vous faire ! Des sérieux ennuis ! », cria-t-elle au fur et à mesure qu'elle retrouva sa voix.

« Oh, chérie je sais bien qui tu es. », fit une voix fortement accentuée par un air britannique.

La blonde plissa les yeux à la recherche de toute personne dans la pièce. Une ombre s'avança petit à petit vers sa direction. Il s'accroupit pour se tenir à sa hauteur, yeux bleus dans yeux bleus. Il avait les cheveux blonds, plutôt foncé et probablement ondulés ou bouclés, la peau un rien pâle et les lèvres étonnamment roses. Les pupilles de l'homme s'agrandir et Caroline ne put défaire son regard du sien.

« Ne t'en fais, ma jolie, tout va bien se passer. Tu ne te souviendras de rien. », chuchota-il.

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Damon fut soulagé d'arriver enfin à destination. Il fut le premier à descendre de la voiture. Les deux autres le rejoignirent et Bonnie observa la maison, n'osant pas encore s'approcher. Elle se posa mille et une questions à propos de cette personne. Et si elle n'avait aucun lien de parenté avec elle ? Et si elle ne voulait aucunement avoir affaire avec elle et la délaissait dans sa solitude ? Bonnie sentit une main froide serrer la sienne. Elle tourna la tête pour constater que c'était Damon. Il lui fit un fin sourire amical.

« On y va ? », lança-t-il. Bonnie hocha positivement de la tête.

Jeremy frappa à la porte et Damon qui entendit le coeur de Bonnie s'emballer serra sa main un peu plus fort.

Une femme d'un certain âge vint ouvrir la porte. Elle posa un regard intrigué sur Damon, puis sur Bonnie et s'illumina à la vue de Jeremy.

« Oh, Jeremy ! Ça fait une éternité que je ne t'ai pas vu, mon garçon. Tu as bien grandi ! Comment se porte ta sœur ? »

« Oh, elle va bien », mentit-il.

« Entrez, entrez ! J'étais sur le point de manger. Greta, rajoute trois couverts ! », cria-t-elle en refermant la porte. « Désolé monsieur, je n'ai pas de sang à vous offrir. Vous mangerez comme tout le monde, ce soir. », ajouta-t-elle à l'intention de Damon qui écarquilla les yeux.

« Comment savez-vous ? »

« Oh, je t'en prie ! Je suis vieille mais pas sénile. Eh non, pas encore ! »

Sheila et les trois invités s'installèrent dans le salon en attendant que la table soit mise.

« Alors, vous êtes voyante ? », demanda Damon. Sheila s'esclaffa.

« Oh non. Quoique, certain d'entre nous le sont un peu, parfois. Je suis une sorcière. Mais si vous êtes ici, c'est que vous le savez déjà. »

« Euh, on va dire que nous cherchons encore à savoir quel rôle nous jouons. Apparemment, je serais le vampire, Jeremy le chasseur – piètrement mauvais que s'en est ridicule – et Bonnie sorcière, mais hélas tellement nulle qu'elle ne le sait même pas. »

« Tu doutes de tes capacités, Bonnie ? », s'enquit Sheila en penchant la tête.

Elle attrapa ses deux bras fortement et Bonnie s'étonna de la sensation nouvelle et indescriptible qu'elle ressentit; toute une source d'énergie qui se déclenchait et se ruait dans tout son corps. Lorsque Sheila lui lâcha les bras, Bonnie la scruta d'un air ahuri et la plus âgée sourit malicieusement.

« Qu'est-ce que c'était ? »

«Nos pouvoirs. On les as mit un moment en commun pendant un instant. »

« Alors je suis vraiment une sorcière ? », elle n'en revenait pas.

« C'était marrant, hein ? », Bonnie haussa les épaules, toute penaude. « Tu es une Bennett, Bonnie ? » Elle affirma en un signe de tête. « Tu manques énormément à Abby. », sourit Sheila.

« Comment ? »

« Je parle aux esprits de mes sœurs. Tous les jours. »

« Vous la connaissiez ? »

« C'est ma fille unique. »

Les yeux de Bonnie s'humidifièrent, elle battit des cils refusant de verser une larme. Heureusement, Greta arriva pour informer tout le monde que le repas était servi.

Après manger, Sheila passa aux choses sérieuses et demanda qu'elle était l'actuel problème qui les avait fait venir jusqu'à elle. Damon expliqua l'histoire farfelue avec Klaus et tous les symptômes d'un vampire auxquels depuis il devait faire face.

« Ce Klaus, c'est un vampire ? », posa Sheila.

« Aucune idée. Je ne me rappelle de rien, et il n'avait rien d'un vampire. Mais là où il réside, c'est plutôt glauque. »

« Pour devenir vampire, il faut mourir en ayant du sang de vampire dans son système. Ensuite, la dernière chose à faire est de boire du sang humain. »

« C'est pour cela que tu voulais à tout prix boire du sang hier soir ! », fit remarquer Bonnie.

« Tant qu'on n'a pas bu de sang, on n'en reçoit pas le besoin. Mais une fois fait, c'est fini. La malédiction est enclenchée, on ne peut pas faire marche arrière. », ajouta sa grand-mère.

« Vous voulez dire que je vais rester vampire toute ma vie ? », s'alarma Damon.

« Il n'y a pas de sort qui rende soudainement vampire comme par magie. Quand on le devient, c'est par un long processus, et on est maudit pour l'éternité. Je suis sincèrement désolée, mais je ne vous suis d'aucune aide. »

Bonnie, autant morte de peur que Damon, attrapa sa main et la serra aussi fort qu'elle le put. Il n'avait jamais été aussi triste de toute sa vie, n'avait plus aucun espoir, serrait condamné à vivre la nuit et à boire du sang.

« Autant que Jeremy me plante un pieu dans le coeur... », murmura-t-il.

« Non. Ne dis pas ça. », dit Bonnie, frémissant à cette image.

« A quoi bon ? Il n'y a plus de solutions. Je suis bon pour vivre seul comme un ermite. »

« … Je serais là pour toi. », lança-t-elle à son plus grand étonnement.

« Vraiment ? ». Elle acquiesça.

Sheila insista pour qu'ils passent la nuit ici, alors ils finirent par accepter. Plus tard, le sommeil de Bonnie se coupa, elle se leva donc de son lit après hésitation et descendit au salon, le traversa pour chercher un verre d'eau dans la cuisine.

« Toi non plus, tu ne dors pas ? »

Bonnie sursauta et Damon éclata de rire.

« Chut ! », siffla Bonnie. « Tu vas les réveiller. »

Il était assis dans le noir complet sur le canapé face à la télé éteinte. Elle vint s'assoir à ses côtés.

« Contente d'avoir retrouvé ta grand-mère ? »

« Très. Comment te sens-tu ? »

« Mort. »

D'un air compatissant, elle prit la main de Damon et caressa avec douceur la paume du bout de son pouce.

« Je ne pensais pas que mon frère me détestait à ce point là. »

« Il a été embobiné. Peut-être que Klaus l'a ensorcelé ou - »

« Non. Il me déteste juste. Je n'ai jamais été gentil avec lui. Avec personne. J'utilise et manipule les gens. Regarde, je t'ai entrainé dans mes histoires. Je mérite tout ce qui m'arrive. »

« Sans toi, je n'aurais jamais retrouvé la seule parente qu'il me reste. Je ne te remercierai jamais assez. Je suis affreusement désolée de ce qui t'arrive. Je ferais n'importe quoi pour te sortir de là. Crois-moi. »

« Pourquoi ? », fit-il, perplexe.

« Je ne sais pas. J'ai toujours aimé aidé autrui. Et puis, même si t'as un bien trop gros ego pour toi tout seul, je t'apprécie beaucoup, Damon. », sourit-elle.

Il lui rendit son sourire.

« Tu dois être la personne la plus gentille que je n'ai jamais rencontré. »

« J'imagine bien que des gens simples comme moi ne doivent pas courir les galas ! »

Elle rit et baissa les yeux, gênée par ses yeux si bleus fixés aussi longtemps sur elle. Il fit relever sa tête en posant ses doigts sur son menton et le levant légèrement.

« T'as des yeux magnifiques », chuchota-t-il.

« Oh, c'est plutôt moi qui devrait te faire ce compliment. », répondit-elle d'une toute petite voix.

Il approcha doucement son visage du sien et posa ses lèvres sur les siennes délicatement. Elle répondit à son baiser inattendu et mordilla même sa lèvre ce qui fit gémir de plaisir le vampire. Mais, elle le fit reculer peu de secondes après.

« On ne peut pas faire ça ! », s'exclama Bonnie.

« Pourquoi pas ? », s'étonna-t-il en essayant de l'embrasser à nouveau, mais elle repoussa.

« On ne peut pas faire ça à Caroline. »

« A qui ? … Quoi ? Bonnie, je ne la verrais plus jamais, maintenant. Plus rien n'a d'importance. Ça fait parti de mon passé. »

« Mais elle ne peut pas se marier avec ton frère. »

« Je suis certain qu'ils vivront heureux et auront beaucoup d'enfants », dit-il avant de se pencher vers Bonnie.

« Arrête. Non. Il faut retourner à Mystic Falls voir ce qu'il s'y trame. »

Damon soupira. « D'accord. On repart demain soir. En attendant nous avons tout le temps de s'embrasser, histoire de tuer le temps... »

« Je vais me coucher », déclara-t-elle en se levant du canapé, laissant tomber Damon qui essayait encore d'emprisonner ses lèvres.

« On ne me l'avait jamais faite celle là », constata Damon, « Bonne nuit ! ».

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Caroline se réveilla dans son lit aux soyeux draps roses comme un charme. Elle s'étira longuement, bailla aussi, puis se leva sur la pointe des pieds, sautillant jusqu'à sa salle de bain. Elle mit à haut volume sa chanson préférée du moment et se prépara à prendre une bonne douche. Elle avait fait un sommeil sans rêve mais était certaine que les bonnes augures étaient de son côté. Et elle n'avait qu'une envie : revoir le prince Stefan Salvatore. Ce fut la première image qu'elle eut au réveil. Son majestueux et craquant sourire, ses yeux verts émeraudes et ses jolis cheveux châtains. Une fois prête, elle dévala les escaliers à la recherche de sa mère et demanda à recevoir à nouveau le prince, ce jour même. Elle tendit un menu à préparer pour déjeuner au chef cuistot, pressa le maitre d'hôtel de tout bien rangé et rendre le salon aussi beau que possible, d'appeler Bonnie pour le décorer de fleurs – et les plus belles.

« Bonnie est injoignable, mademoiselle », fit savoir le majeur d'homme.

« Réessayez ! », cria-t-elle en remontant dans sa chambre à la recherche de sa plus belle robe.

À la vue des tas de photos de Damon Salvatore, elle remonta les manches de son pull fin et arracha, puis jeta tous les portraits. Il n'y avait qu'une place dans son coeur, et elle appartenait à Stefan.

Caroline couru littéralement dans ses bras dès l'entrée du prince vers les onze heures du matin. Celui-ci eut un mouvement de recul, complétement surpris par ce comportement; notamment lorsqu'elle écrasa ses lèvres sur les siennes. Elle le tira ensuite jusqu'au salon présentant une table magnifiquement décorée et muni de deux couverts sortant de l'argenterie et des assiettes en porcelaine. Caroline sourit à cette perfection mais fronça des sourcils en ne voyant aucune, même pas une fleur posée sur la table.

« Vous n'avez pas appelé Bonnie ? », se fâcha-t-elle.

« Elle est toujours injoignable, mademoiselle », se défendit le maitre d'hôtel.

« Et qu'est-ce que vous attendez pour réessayer ? »

L'homme quitta la pièce et Caroline se tourna vers Stefan, sourire retrouvé. Elle s'excusa pour ce tempérament, lui prit la main et ils s'installèrent sur un sofa blanc crème. Caroline ne lâcha pas sa main de la sienne.

« Vous vous sentez bien, Caroline ? », s'inquiéta Stefan.

« Merveilleusement. Et bien plus depuis votre venue », fit-elle mielleusement.

« … Vous êtes charmante. »

Elle battit des cils tel un papillon battrait des ailes et Stefan souffla un bon coup. Peu importait cet étrange retournement de situation, il fallait qu'il en profite. Demain était le jour J, il n'aurait probablement pas d'autres chances pour lui refaire cette proposition de mariage.

« Concernant demain... », commença-t-il en sortant un écrin de sa poche.

Caroline écarquilla des yeux et poussa un cri hystérique.

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« Damon ? », appela Bonnie en ouvrant la chambre plongée dans la pénombre. Elle s'approcha du lit et s'assit sur le côté, caressa délicatement ses courts cheveux bruns. Il gémit et Bonnie sourit, il avait l'air d'un enfant de cœur. « Regarde ce que Sheila m'a appris à faire ce matin ? », chuchota-t-elle en lui montrant une bague.

« Joli bague », grogna-t-il encore pris dans son sommeil.

« Lève-toi. Dépêche-toi ! », s'enthousiasma Bonnie. « Il faut que je te montre ! »

« Bah, dis donc. Qu'est-ce que ça sera quand t'auras fais toute la parure... », gémit-il en s'étirant. « Je veux bien me lever, mais à une condition : que tu m'embrasses. »

« Damon... », soupira Bonnie, « A propos de hier soir... »

« Chut chut chut ».

Il attrapa son avant-bras, l'attira vers lui jusqu'à ce que leurs lèvres se touchent et l'embrassa avec lenteur comme pour profiter au plus du moment. Bonnie poussa un gémissement mais rompit le baiser et se releva. Elle tendit sa main, sourire aux lèvres, un brin excité. Damon souffla, sortit du lit tout de même. Elle prit sa main droite et glissa la bague à son annulaire.

« Qu'est-ce que tu fais ? »

La jeune femme se passa de tout commentaire et sautilla jusqu'à la fenêtre afin de tirer brusquement les rideaux verts.

« Bonnie ! », cria-t-il.

Elle le retrouva dans un coin toujours sombre de la chambre, craignant les rayons du soleil qui baignaient la pièce.

« N'ai pas peur. Viens. Fais moi confiance. »

Les sourcils froncés par l'intrigue, le vampire leva une main lentement vers la lumière solaire. Il observa sa main et apprécia la chaleur du soleil qu'il ressentait. Aucune brûlure ni fumée, juste une douce chaleur apaisante qui lui rappelait les promenades à cheval lors des chauds après-midis d'été chez lui en Italie. Il quitta le coin sombre pour s'avancer vers la fenêtre.

« On sort ? »

Bonnie hocha de la tête, plus heureuse que jamais, s'accrocha au bras de Damon et ils descendirent au rez de chaussé. Damon remercia Sheila, puis ils décidèrent de reprendre la route. Bonnie promit à sa grand-mère de venir lui rendre visite très rapidement; pas question de s'éloigner de sa seule famille, pas maintenant qu'elle en savait plus sur sa vraie identité. L'amour qu'elle portait pour la Terre, c'était plus ça, lui avait expliqué Sheila, elle était une servante de la Nature. Et, déjà, Bonnie en était fière.

Le retour paru plus rapide que l'aller, ils arrivèrent rapidement à Mystic Falls, en fin d'après-midi. A la maison, Bonnie sorti de son sac son téléphone et le ralluma enfin. Une ribambelle d'appels manqués s'affichèrent à l'écran et Bonnie se sentit coupable. Il fallait qu'elle retrouve immédiatement Caroline. Damon voulut l'accompagner, mais elle refusa, jugea que c'était trop tôt; il ne pouvait pas subitement sortir de nul part. Les mains dans les poches et l'air renfrogné, il paru déçu mais n'insista pas. Du bout du doigt il tira sur une plante verte de l'entrée :

« Ça ne sera que toi et moi... », lança à la plante.

« Je peux rester - », commença Jeremy.

« Ça ne sera pas nécessaire. Merci. Au revoir et bonne continuation, Buffy. »

Et il lui ferma la porte au nez.

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Ce fut d'abord par Liz Forbes que Bonnie fut accueillit. Avec inquiétude, elle s'empressa de la prendre dans ses bras et de demander de ses nouvelles. Il était inconcevable que Bonnie s'éclipse sans donner de nouvelles à personne, pas même à Caroline, de son plein gré. Quelque chose avait dû lui arriver. Bonnie s'excusa, mentit sur la raison de son absence en prétendant avoir attrapé froid samedi soir lors de la soirée, et demanda à voir Caroline. Liz la laissa monter à l'étage.

Bonnie frappa avant d'entrer et ouvrit la porte lorsque sa meilleure amie chantonna un « entrez ». Elle vit la blonde face au miroir de sa coiffeuse en saluant lentement et majestueusement de la main comme le ferait une miss ou une princesse.

« Oh, Bonnie. Où est-ce que tu étais passé ? Toute la journée mon majeur d'homme à tenter de t'avoir. Je voulais des fleurs de la même couleur que ma robe. »

« Tu m'as appelé pour … pour des bouquets de fleurs ? », grigna Bonnie sous le coup de l'étonnement.

« Oui. Tu n'as pas écouter les messages ? », demanda-t-elle sans quitter son reflet.

« Pas encore. »

Caroline ne semblait pas être dans son état normal, mais plutôt second. Elle agissait étrangement, comme ci elle avait perdu toute sa tête. Bonnie l'observa se scruter dans le miroir, le sourire jusqu'aux oreilles, les yeux pétillants, la main encore saluant des personnes uniquement présentes dans son esprit. Et puis Bonnie remarqua la petite pierre scintillante. Son coeur rata un battement, elle ouvrit sa bouche, formant un grand « o », puis la referma. C'était insensé.

« Je vois que le prince Stefan a réussi à effacer ta déception. »

A l'entente de ce prénom, les yeux bleus de Caroline s'illuminèrent, son amie aurait presque cru voir des étoiles. Elle quitta son reflet pour se retourner vers Bonnie et s'extasia en lui montrant sa bague.

« On se marie demain ! », cria-t-elle.

« Qu-quoi ? Non. Non, tu... vous ne deviez seulement vous fiancer durant la parade. », s'offusqua Bonnie.

« Oui, c'est ce qui était initialement prévu, mais finalement, on va directement se marier. Réfléchis Bonnie, ça sera bien plus spectaculaire. Les habitants seront époustouflés. J'ai tellement hâte d'être demain ! Tu veux que je te montre ma robe de mariée ? »

« Caroline... Tu n'as jamais souhaité te marier avec Stefan Salvatore. »

« Il est merveilleux. Je serais la femme la plus heureuse au monde », clama-t-elle en levant les mains au plafond, puis elle se mit à rire.

Bonnie regarda Caroline d'un mauvais oeil, la bouche déformée par le dégoût, la déception et l'incompréhension.

« Quelque chose de pas net trame ici », fit Bonnie à elle-même.

Caroline répondit par un sourire, presque mécanique. Bonnie hocha négativement une tête attristée avant de quitter la chambre puis la maison sans un mot. Une fois rentrée, complétement affolée elle raconta tout à Damon. Elle chercha un moyen d'empêcher ce mariage et à savoir ce qui se passait dans la tête de son amie pour agir ainsi.

« Je pourrais aller rendre visite à mon petit frère. », proposa Damon, « Ça ne changera pas ses habitudes, il voit toujours le fantôme de son amante disparue. »

« Oh, c'est affreux ! »

Damon haussa les épaules.

« Tu n'as pas peur qu'un autre malheur t'arrive ? »

« Je suis mort. Qu'est-ce que de pire peut-il bien m'arriver ? »

Bonnie se mordit la lèvre, hésitante, puis décida de le laisser revoir son frère. Il aura probablement aussi une réponse à toute cette trahison.

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Propriété des Lockwood. Le regard relevé vers le haut, Damon observa la fenêtre tamisée d'une faible lumière. Il était certain que c'était là que se trouvait Stefan. Question d'instinct. D'une manière surhumaine, le vampire sauta jusqu'à la fenêtre entrouverte et entra dans la pièce. Son frère était installé à un bureau écrivant dans son journal intime. Comme toujours. Damon afficha un sourire en coin.

Stefan délaissa son carnet pour la silhouette se situant proche de la fenêtre et blêmit lorsqu'il reconnu son frère. Il se leva de sa chaise et recula.

« Salut, frérot. »

« Damon ? », murmura-t-il, tremblant de peur.

« Moi-même. En chair et en os, revenu d'entre les morts. Certes, un peu pâle, froid et cannibale, mais bon... On ne peut pas tout avoir ! », fit Damon, en roulant des yeux.

« Écoute. Tout ça, ce n'est pas mon idée. »

« Ah non ? »

« Il... Klaus. Tu te rappelles de lui ? Il se sert de moi pour s'enrichir. »

« Mais t'y gagnant, non ? A aucun moment, tu n'as refusé quoique ce soit de son plan ? »

Stefan resta muet un moment puis prit la parole : « J'étais en colère contre toi. Je t'en voulais de me tenir toujours à l'écart, marre que tu te serves de moi comme un simple valet, un pantin. »

« Et qu'est-ce que tu crois que tu es face à ce charlatan ? Moi, au moins je suis ton frère. Nous avons le même sang. Stefan, je sais que je suis une mauvaise personne et tout sauf un frère pour toi, mais je vais changer. J'ai compris mes erreurs. Je ne t'aurais jamais fait ce que tu m'as fais subir, mais je te pardonne. Cette deuxième vie sera une parfaite rédemption, je présume. »

« Je … », Stefan pris sa tête dans ses mains et soupira. « Je m'en veux. »

« Non, c'est moi qui m'en veux. », répondit Damon en s'approchant de son frère et lui fit une tape amicale sur l'épaule. « Ne te maris pas avec cette fille, tu veux. Ce n'est pas ton genre. Tu ne t'es même pas marié à Katherine lorsque t'en avais l'occasion et que tu en mourais d'envie, alors ne me fais pas croire que c'est à une simple étrangère que tu vas faire tes voeux. Stefan ? »

Ce dernier ne put réprimer une première larme couler à l'allusion de sa bien-aimée.

« Si je ne le fais pas, Klaus aura ma peau. »

« Et si tu le fais, je te transformerai en vampire. Ouh, quel dilemme ! J'espère que ça ne va pas trop déformer ton front. »

Stefan étouffa un rire. Il était peut-être mort, il n'avait pas changé pour autant.

« Je te laisse la nuit pour réfléchir. Il paraît qu'elle porte conseil. »

Damon lui tapota un peu trop fort la joue avant de s'en aller comme il était venu, sautant du haut de la fenêtre. Stefan couru regarder en bas mais ne vit que la noirceur de la nuit.

oOo

Le grand jour était enfin arrivé. Bonnie fut réveillée par un vacarme, qu'on pouvait considéré de musical, se déroulant dans sa rue. Des enfants chantaient à vive voix des chants carnavalesques et tambourinaient sur des petits tam-tam ou autres. Elle exprima un mécontentement dès son réveil et plaquer un oreiller contre son oreille ne suffit pas à masquer le bruit qui lui semblait raisonner dans toute la maison. Elle entendit ensuite le tuyau de la douche de la salle de bain s'enclencher et en conclut que Damon devait déjà être levé. La jeune femme râla dans sa barbe puis se résigna à se lever. Elle descendit les marches des escaliers avec lenteur, traîna des pieds jusqu'à sa cuisine, sorti un verre du placard, prie de l'eau du robinet, sorti une boite d'aspirine d'un tiroir, en mit un dans sa bouche et l'avala avec un peu d'eau. Ça va être une longue journée, pensa-t-elle, le visage encore marqué par la fatigue.

Elle attrapa son téléphone qui trainait sur la table et s'assit sur une chaise. Aucun appels reçus cette fois-ci. À la fois évident et étrange. Caroline ne restait jamais une journée sans l'appeler pour tout comme pour n'importe quoi, jusqu'au choix de la couleur du vernis du jour. Bonnie se décida enfin à écouter sa boite vocale, même si l'envie n'était pas là. Elle ne souhaitait pas entendre dès le matin la voix criarde de ce qui semblait être sa meilleure amie soudainement folle d'amour au point d'en avoir perdue la raison. Mais elle le fit tout de même. Elle se força à écouter les commandes de son maitre d'hôtel passées pour la blonde capricieuse, puis fronça les sourcils à un tout autre discours, celui d'une Caroline plus normale et plus lucide qui demandait de ses nouvelles d'une voix profondément inquiétante, et enfin elle eut ce message, ce message qui prouvait qu'elle n'avait nullement l'envie de se marier avec Stefan mais plutôt de le faire prendre congé :

Bonnie, c'est encore moi. Je ne t'ai pas vu partir hier soir, j'espère que tout va bien. Je vois le Prince Stefan cet après-midi. Il est très charmant et c'est un bel homme, mais je ne suis pas très emballée. Tu crois que je devrais lui laisser une chance ou bien lui dire gentiment de rentrer chez lui après la parade ? J'ai besoin de conseil, s'il te plait rappelle-moi !

Bonnie raccrocha et ferma son téléphone. Quelque chose était arrivé à Caroline entre dimanche et lundi. Son ventre se tordit d'angoisse, mais elle prétendit être la faim et se leva donc pour préparer le petit-déjeuné. Elle sortit une poêle et divers ingrédients, alluma une plaque. Des pas descendant les marches de l'escalier raisonnèrent.

« Ouh, sexy chocolat ! », s'exclama Damon.

Bonnie tourna la tête vers lui, les joues rougissantes lorsqu'elle se rappela être vêtue d'un shorty violet et d'un haut de pyjama à bretelles de la même couleur, un peu trop court pour elle. Elle le salua en lui faisant un sourire gêné et retourna à ses œufs brouillés. Elle sentit sa main se poser sur sa taille et un baiser baveux se plaquer sur sa tempe.

« Je veux bien continuer à prétendre être encore humain, mais il va me falloir du sang », fit-il savoir en se penchant vers la poêle.

Bonnie hocha positivement la tête en continue pendant quelques secondes.

« Caroline a été hypnotisée », lança-t-elle. « Ou ensorcelée. Ou je ne sais pas. Il faut faire quelque chose. »

« Il va bientôt sonner onze heures. On a du temps. Le souci est de savoir quoi faire. J'ai menacé Stefan hier soir, je ne sais pas si ça va marcher... J'aurais peut-être dû sortir les crocs, histoire de lui donné un avant-goût. »

« Je suis certaine que les routes et tous les accès sont déjà bloquées. Je pourrais entrer quand même, ils me connaissent, mais pas sûr que le cerveau vide de Caroline m'ait laissé un pass pour l'hôtel de Justice. Peut-être sa mère y a pensé ? »

« Mange rapidement et prépare-toi, on va voir. »

Bonnie acquiesça.

oOo

Bonnie avait raison. Les routes étaient déjà fermées, des barrières avaient été placé et des gens était déjà installé dans l'attente du début de la parade. Bonnie et Damon ne parvinrent pas jusqu'à l'hôtel de Justice. Ils furent arrêté bien avant destination, d'abord par une foule et ensuite par des agents de sécurité. Bonnie eut beau affirmer être l'amie de Caroline Forbes, être la fleuriste attitrée, rien ne fit changer l'avis de l'agent, pas même un billet de vingt dollars. Damon poussa gentiment Bonnie sur le côté et s'adressa à l'homme les yeux dans les yeux.

« Vous allez nous laissez passer et donner l'ordre à tous vos collègues de faire de même jusqu'à l'hôtel de Justice. »

L'agent de sécurité hocha la tête mécaniquement, poussa une barrière pour les faire passer et ordonna depuis la radio qu'il tenait en main à ses collègues de les faire passer.

« Comment est-ce que t'as fais ça ? », s'enquit Bonnie.

« Je ne sais pas. Mais c'est super cool. Tu ne trouves pas ? »

« Carrément, oui ! »

« Hé ! », appela une personne derrière eux. « Hé ! Bonnie ! »

Cette dernière se tourna pour voir Jeremy tenter de les joindre mais arrêté par ce même vigile.

« Il est avec nous ! », informa Bonnie, et c'est penaud qu'il le laissa passer.

« Salut, Jeremy ! », sourit-elle.

« Qu'est-ce que tu fais toujours dans nos pattes ? », demanda Damon.

« J'attends mon dû », répondit-il en tendant la main horizontalement, la paume prête à recevoir l'argent.

« A ce propos... », commença Damon.

Il se tût à l'entente de la musique qui raisonna fortement dans la rue et à la vue du premier char; tout ceci bien trop tôt. Il fronça les sourcils.

« Quelle heure est-il ? »

« Euh... Midi et quelques. », fit Bonnie prise par le stress.

« Ça ne devait pas commencer à quatorze heures ? », questionna Jeremy.

« Normalement, oui. »

« Avançons afin de voir ce qu'il se passe. », déclara le vampire.

Ils marchèrent donc en devant bousculer un peu les gens par moment jusqu'à ce qu'ils virent le grand char où une éclatante et souriante Caroline trônait. Elle saluait la foule comme elle s'était entrainée à faire le dans sa chambra face à son miroir. Elle était dans une somptueuse robe de mariée blanche serrée au niveau de la taille mais ensuite surchargée de frou-frous pour un effet princesse, sûrement, et d'une très longue traine. Sur sa tête était placée un voile découvert et un diadème argenté et paré de diamants blancs. Et à côté d'elle, eh bien se tenait Stefan Salvatore. Souriant mais bien plus réservé. Il ne faisait pas de signe de main, non ses mains étaient cachées derrière son dos. Il arborait un costume noir où un tissus dorés parsemait les ourlets de la couture. Il ne portait pas de cravate, mais sa chemise blanche était fermé jusqu'à tout premier bouton. En le regardant longuement, il paraissait plus stressé que jamais.

« Le traitre ! », pesta Damon.

Bonnie posa ses yeux dépourvus de tout espoir sur lui avant de s'accrocher à son bras. Il n'avait plus rien à faire. Elle était complétement désemparée.

« Il faut arrêter ce char », continua-t-il.

« Comment ? Jeremy, tu ne pourrais pas envoyer une de tes flèches en direction des roues ? », demanda-t-elle.

« Je n'ai pas mon arbalète. »

« Oh, quel professionnalisme, Buffy ! », s'énerva Damon.

Bonnie posa sa main sur son torse pour lui intimer de se calmer, puis elle se dépêcha de réfléchir à toute solution pouvant faire arrêter le char. Pendant ce temps, le prêtre commença la cérémonie.

Agacée, Bonnie fixa le char, ne le quitta pas des yeux puis vit une flamme s'allumer. Elle n'en fut pas alarmée, au contraire, l'observa s'agrandir de plus en plus. Elle n'entendit pas les spectateurs se mettre à crier au feu. Le char s'arrêta, les fiancés se serrant l'un l'autre effrayés par les flammes arrivant vers eux.

« Bonnie ! », cria Damon en la secouant par les épaules.

« C'est elle qui fait ça ! », cria à son tour Jeremy.

Une partie du char brûlée s'effondra ce qui fit pencher le reste du char, et le couple plus le prêtre tombèrent à même le sol. Des agents de sécurité accoururent jusqu'à eux, veillant à voir s'il n'y avait aucun blessé. S'avère qu'ils étaient indemne mais sous le choc, de même que la foule. Le conducteur du char se rua vers la traine de la robe incendiée et piétina le feu naissant de ses pieds pendant que Caroline hurlait de peur. La sirène des pompiers ne perdit pas de temps à arriver, et les vigiles commencèrent à ordonner aux publics, par secteur, de circuler.

Bonnie cligna des yeux, sortant de sa transe et constata les dégâts.

« Qu'est-ce qui s'est passé ? », sanglota-t-elle.

« Le dragon Bonnie est passé », fit Damon.

« Quoi ? Tu – tu veux dire que c'est moi qui ai fait ça ? »

« C'est pas plus génial que mon don d'hypnose, mais c'est plutôt pratique. Quoique, tu peux être arrêtée pour pyromanie. »

« Est-ce que Caroline va bien ? », s'inquiéta-t-elle en s'avançant vers la barrière où elle fut poussée par un vigile.

« Restez en dehors du périmètre, mademoiselle. Vous serez amenée à retourner chez vous dans quelques temps. », expliqua l'homme.

« Et vous, posez encore vos sales mains sur ma copine et je vous égorge sur le champ », s'énerva Damon, les yeux subitement noirs.

« Damon, arrête. Laisse tomber », lança Bonnie.

« Laisse-nous passer. », dit-il, et l'homme agit sans un mot.

Bonnie courut jusqu'à Caroline. Elles se prirent dans les bras et la plus petite essuya les joues humides de la plus grande.

« Oh, Bonnie c'est affreux ! Regarde ce qu'il s'est passé ! Tout devait être parfait et voilà que … que ... », hoqueta Caroline, les larmes ruisselants à nouveau sur ses joues rougies.

« Chuuut », chuchota Bonnie, « Tout va bien ».

Elle la berça lentement dans ses bras, pendant ce temps, Damon asséna une claque à son frère.

« Je dois faire ce que Klaus me dit de faire », répéta Stefan.

« Mais t'es bête ou quoi ? »

« Non », intervint Jeremy qui était près de lui, « je crois qu'il a été hypnotisé ».

« Hein ? »

« De la même façon que tu l'as fait avec ces vigiles ».

« Oh », comprit-il enfin, « Et donc, je dois l'hypnotiser aussi pour inverser le tout ? »

« Non. Seul celui qui l'a mit sous hypnose peu y mettre un terme. »

« R'oh, c'est pas vrai ! », clama-t-il les yeux levant au ciel.

« Ne vous en faites pas, je suis là », fit une voix nonchalante que Damon reconnu par l'accent anglais, « Pour vous éliminer, cependant ».

Klaus se tint face à eux, sourire aux lèvres, toujours vêtu de sa longue veste noire.

« Qui êtes-vous ? », demanda Jeremy.

« Ton pire cauchemar. », répondit-il se retrouvant en un éclair à un pas de lui pour lui rompre le cou.

Le jeune chasseur de vampires tomba raide mort au sol.

« Jeremy ! », hurla Bonnie courant vers lui, mais Damon l'empêcha d'avancer plus.

« Tu as survécu, finalement ? », bouda Klaus à l'intention de Damon. « Arf. Je peux toujours arracher ton cœur maintenant... ou faire en sorte que tu vives un siècle de malheur. Au choix. Qu'en penses-tu ? Il serait regrettable que tu vives sans ta jolie petite sorcière. Très charmante, mademoiselle. Ce feu était impressionnant. Débutant, mais impressionnant. »

Bonnie recula, se serra contre Damon. Qui était cet être assez cruel pour tuer de sang froid un enfant à la vue d'une foule de personnes ? Comment savait-il qu'elle était une sorcière ?

« Vous êtes un vampire ? »

« Je suis plus que ça, chérie », sourit-il.

Bonnie fut sur le point de répondre lorsqu'elle aperçut un homme accourir en leur direction et lancer un sabre qui s'élança d'une vive allure vers Klaus, Klaus qui se retourna prêt à faire face à son adversaire mais n'eut pas le temps de faire quoique ce soit. La lame du sabre trancha sa gorge. Sa tête tomba et roula à terre, son corps s'écroula ensuite. Bonnie sursauta à cette vision, Caroline hurla, Stefan perdit toute couleur et Damon se contenta de cligner des yeux, comme s'il regardait un spectacle comme un autre.

Le tueur s'approcha d'eux, ramassa son sabre ensanglanté, leva les yeux vers les quatre personnes tous complétement sonnés, puis s'avança et s'accroupit vers Jeremy. Bonnie se défit de l'emprise qu'avait Damon sur elle et se joignit à l'homme.

« Vous le connaissez ? Qui êtes-vous ? »

« Alaric Saltzman », répondit-il sans quitter un regard sur le corps inanimé de Jeremy. « Je suis son oncle, par alliance ».

« Je suis désolée », commença-t-elle à pleurer.

« Inutile. Ça ne changera rien », souffla-t-il, « Vous êtes ? »

« Bonnie. Une amie. Il nous a aidé Damon et moi à retrouver ma grand-mère Sheila. En fait, je suis sorcière, Damon est le vampire et … et Jeremy était le chasseur », raconta la jeune femme à grosses larmes.

Damon vint l'aider à se relever et la prit dans ses bras.

oOo

Une fois tout le monde évacué, les deux couples se trouvèrent installés dans le salon des Forbes. Alaric était parti avec l'ambulance qui emmenait tout de même Jeremy à l'hôpital. Stefan et Caroline avaient repris leurs esprits dès la mort de Klaus. Bonnie dut raconter toute l'histoire à Stefan et à Caroline jusqu'au pourquoi elle était habillée d'une robe de mariée à moitié brûlée et déchirée. Stefan s'excusa auprès de tous, et avoua être honteux de son comportement inhabituelle et de cette jalousie. Caroline n'en crut pas ses yeux. Elle fut aussi étonnée et rougissante de timidité et de plaisir de finalement voir le prince Damon Salvatore qui s'avérait être devenu un vampire à cause de ce Klaus. Elle le trouvait mille fois plus beau en vrai avec ses yeux bleus hypnotisant, ce sourire charmeur et un rien sournois, et ses cheveux bruns décoiffés dont elle rêverait y passer ses mains. Mais elle remarqua que sa main serrait celle de Bonnie et que leurs genoux se frôlaient. Son coeur se serra.

« Alors comme ça tu es une sorcière ? », demanda-t-elle.

« Oui. Je trouve ça extraordinaire et tout aussi affolant. », se réjouit Bonnie, « Je n'avais pas idée qu'un tel monde existait. »

« Vous avez su vous trouver, alors », sourit Caroline, malgré elle.

« Oh, non. », clama-t-elle avant de croiser le regard intrigué de Damon, « Enfin... On se connait à peine. »

« Et ? », firent Damon et Caroline à l'unisson.

« … Et... Je ne sais pas. Tout est allé si vite ces derniers temps. Damon était venu pour Caroline, au final il devient vampire et moi sorcière, du moins je l'ai toujours été et il y a ce Klaus et - »

« Bonnie, je … j'ai adoré passer ces moments avec toi », confessa Damon, « Tu m'as montré un monde différent que tous ces strass et paillettes, qu'il y a plus que l'argent, et tu m'as accueilli et ouvert les bras lorsque je n'avais plus personne, tu ne m'a pas jugé ni fui, à aucun moment. Je tiens vraiment à toi, Bonnie. Et je n'avais jamais ressenti pour personne ce que je ressens pour toi. »

« Tu l'aimes ? », lança Caroline d'une voix rêveuse, les étoiles plein les yeux face à cette déclaration qui se tenait face à elle.

« Je crois bien. En tout cas, j'aimerais passé un petit bout temps de ma longue vie à ses côtés. »

« Bah, réponds quelque chose, Bonnie ! », clama Caroline lorsque son amie resta silencieuse.

« Tu ne m'en veux pas ? », demanda-t-elle à cette dernière.

« Bien sur que non ! Quelle idiote tu fais. Embrasse ton amoureux ! »

Bonnie se tourna vers Damon et s'approcha de lui pour se lancer dans un baiser qui devint peu à peu langoureux et passionné.

oOo

Quelques mois plus tard...

Les sons de cloche retentirent à la sortie de l'Église. Une foule clama sa joie à l'ouverture des grandes portes où en sortir le plus beaux que jamais le couple princier.

La célébration du mariage se déroula sur le même lieu de leur rencontre. Caroline avait absolument tenu à organiser le mariage elle-même, de A à Z, et chez elle. Toutes les personnalités importantes de Mystic Falls étaient présentes, mais avant-tout et c'est ce qui comptait le plus aux yeux de la princesse : son père, sa cousine Lucy et sa grand-mère Sheila Bennett.

Bonnie était éblouissante dans sa robe de mariée bustier beige faite d'organza et longue d'un tissu tulle. Elle était coiffée d'un beau chignon, dégageant son joli minois. Elle était plus heureuse que jamais au bras de son prince et mari Damon qui, lui était habillé d'un simple mais beau costume beige également. Ils dansèrent toute la nuit sur la merveilleuse musique joué par un orchestre jazz.

Caroline, demoiselle d'honneur, avait pour cavalier Stefan Salvatore, à qui elle avait finalement décidé de laisser sa chance. Au fil du temps, elle tomba peu à peu amoureuse de cet introverti mélancolique qui se plaisait à lui lire de doux poèmes pendant des heures.

Fin.


Voilà; petite fin heureuse ! :) J'espère que ça vous a plu. Moi j'ai eu beaucoup plaisir à l'écrire en tout cas. A bientôt pour d'autres aventures. N'oubliez pas une petite review. :)