Comme promis, voilà la suite. J'espère qu'elle vous plaira !

Bonne lecture !

Felifae

PS : Version revue et corrigée par Nya.


Chapitre 2 : Petite vengeance entre sœurs

Si Padma avait demandé à ses amis, ils le lui auraient dit : elle avait un sourire terrifiant, mais c'était le dernier de ses soucis. Elle repassait une à une les étapes de son plan pour être sûre de ne rien oublier. Il n'y avait plus qu'à attendre le bon moment mais pour l'heure, il était encore trop tôt.

Si au début elle avait provoqué la suspicion de ses amis, elle l'avait bien vite effacée, reprenant ses mornes habitudes et laissant un peu de temps passer avant de se rapprocher à nouveau de sa jumelle. De toute façon, chacun savait qu'elles étaient incapables de rester fâchées longtemps – encore moins quand l'une d'elle ignorait la cause de la colère de l'autre. Bref, ils avaient oublié leur inquiétude – selon Su l'intérêt de Padma pour un match de Quidditch était suspect – et puisqu'elle était restée sagement à l'abri de la bibliothèque durant tout le match Gryffondor vs Serpentard, le débat était clos. Après tout, ils avaient un devoir de métamorphose à rendre.

Penchée sur son livre, la préfète des Serdaigle avait des difficultés de concentration, pour être parfaitement honnête elle était impatiente. Au début, elle pensait qu'elle aurait des remords, qu'elle hésiterait : c'était sa sœur après tout. Au final, le comportement de celle-ci au cours des deux dernières semaines avait étouffé les derniers doutes de Padma : Parvati avait été jusqu'à faire croire que tout était son idée, qu'elles avaient trouvé ça marrant de brouiller les pistes, de faire croire qu'elles étaient fâchées pour finalement se rabibocher, preuve de leurs coupes similaires. Ben voyons !

Padma ratura brusquement la feuille sur laquelle elle n'avait rien écrit. Stephen releva la tête en fronçant les sourcils, mais elle haussa les épaules et attira à elle son livre de métamorphose. Elle ne parvenait pas à faire son devoir, l'esprit trop agité. Heureusement que Su était coincée avec Roger, très occupée à décortiquer le match qui venait de se terminer, sinon elle aurait immédiatement remarqué le comportement de son amie.

Assise sur le rebord de la fenêtre où elle faisait semblant de lire, le temps lui semblait terriblement long. Alors que minuit était passé depuis longtemps, la tour des Gryffondor était brillamment éclairée et les explosions lumineuses lui prouvaient bien que ce n'était pas simplement dû au fait qu'un élève n'avait pas éteint les torchères.

Elle soupira et résista à l'envie de se ronger les ongles – ce serait bien trop suspect. Les griffons n'avaient donc aucun bon sens !

« Le parc est beau la nuit, pas vrai », souffla une voix dans son oreille.

Son cœur fit un bond dans sa poitrine et elle se cogna dans la vitre. Elle était tellement perdue dans ses pensées qu'elle s'était laissée surprendre. Elle porta la main à son front en gémissant, elle allait avoir une jolie bosse, ce qui n'était pas fait pour l'arranger…

« Excuse-moi », souffla Carmichael en posant lui aussi une main sur son front.

Elle se figea brusquement et n'eut pas le temps de l'en empêcher qu'il posait déjà sa baguette sur son front. D'accord c'était un 'septième année', mais ce n'était pas une raison pour qu'il use de sortilèges sur elle ! L'effet fut immédiat et la douleur disparut aussi vite qu'elle était venue.

« J'ai déjà commencé à étudier deux ou trois sorts, répondit-il devant son regard surpris, je veux être médicomage. »

Elle était ravie pour lui mais franchement la situation la dérangeait : coin obscur, proximité corporelle, voix douce, regard expressif, vantardise et il venait d'ajouter le petit sourire en coin. Eddie Carmichael était le Don Juan et elle était visiblement sa nouvelle proie. Une seule solution : la fuite. Ce n'était pas très glorieux mais elle n'était qu'une petite Serdaigle. Elle lui souffla un 'merci' avec un sourire contrit et fila à son dortoir, faisant clairement comprendre à son amie Su qui s'étouffait de rire, que ce coup-là elle allait le lui payer très cher…

(((((-)))))

Allongée dans son lit Padma ne trouvait pas le sommeil, mais ce n'était pas comme si elle voulait dormir. Lentement, elle se faufila hors de son lit, glissa son polochon sous ses draps, le métamorphosa pour lui donner une forme vaguement humaine – une telle approximation aurait rendue McGonagall verte de rage – et enfila rapidement un jean et une chemise sur laquelle elle noua grossièrement une cravate. Chaussures en main, elle quitta le nid des aigles après une dernière vérification par la fenêtre et attendit d'être à bonne distance pour enfiler ses baskets.

Ce parcours, elle l'avait fait assez souvent pour être capable de le faire les yeux fermés, il suffisait juste de ne pas tomber sur Rusard, mais les Gryffondor avaient dû faire beaucoup de dégâts pour fêter leur victoire et le vieil homme devait sûrement dormir. Ses deux plus dangereux ennemis étaient Peeves et Miss Teigne. Si elle pouvait stupéfixer la seconde, le premier s'avérerait plus compliqué à gérer : il donnerait l'alerte immédiatement juste pour le plaisir de la voir enrager et se faire prendre.

Discrétion et patience étaient ses mots d'ordre et même s'il était laborieux de s'arrêter à chaque angle de couloir, de se cacher derrière armures et statues au moindre bruit, tout ça dans une quasi-obscurité, le jeu en valait la chandelle !

« Tient, tient, tient ! Serait-ce une petite souris perdue ? »

Bien sûr, le léger inconvénient avec l'esprit frappeur était sa capacité à se rendre invisible. Padma se figea et releva lentement la tête vers le plafond qu'il enduisait d'une substance dont elle ne voulait rien savoir – elle nota tout de même qu'il serait plus prudent de rentrer par un autre chemin, si l'esprit le faisait ce n'était sûrement pas pour faire joli.

Le sourire de Peeves était dégoulinant de méchanceté, il lui suffisait d'une fraction de secondes pour donner l'alerte… Mais quelle ne fut pas sa surprise quand Padma lui offrit un sourire très rusé.

« Ton silence est-il monnayable ? demanda-t-elle en croisant les bras affichant une confiance factice.

– Tu n'es pas la jumelle Gryffondor, voleuse de cravate, caqueta-t-il en descendant à son niveau. Et il coûte trop cher pour toi. »

Elle eut un petit sourire supérieur qu'il sanctionna d'un pet sonore.

« Tu ne peux pas entrer dans les salles communes, n'est-ce pas ? » demanda-t-elle doucement.

Le visage de l'esprit se renfrogna, il y avait bien longtemps que les directeurs avaient protégé l'accès aux salles par des boucliers de protection et des bulles de silence à l'épreuve des esprits et même les 'première année' terrorisés gardaient lèvres closes, et bien sûr aucun fantôme n'aurait vendu le mèche… Tous contre lui, ces vieux réactionnaires !

« Le mot de passe de la salle commune des Serpentard, ça te paraît correct ? »

De stupeur l'esprit frappeur en oublia son emprise sur l'air et se solidifia d'un coup, tombant lourdement sur le sol. Padma ricana et ses yeux pétillèrent.

Peeves n'avait pas tergiversé beaucoup, juste pour la forme en fait, mais la proposition était alléchante il fallait bien le reconnaître. Elle avait tout de même dû ajouter le mot de passe des Poufsouffle pour s'assurer de son silence et du fait qu'il lui laisserait une heure avant d'agir : il fallait qu'elle ait le temps d'assouvir sa vengeance et de regagner son dortoir avant que les Serpentard et Poufsouffle ne se mettent à hurler, alertant tout le château. Elle serait dans de beaux draps si les professeurs la trouvaient à traîner dans les couloirs à cette heure de la nuit, de surcroît avec une cravate 'rouge & or' ! L'explication risquerait de s'avérer compliquée…

Comme elle s'y attendait la Grosse Dame était ronde comme une outre et bavait sur l'épaule de Violette qui, si elle n'avait pas été une représentation peinte, serait sûrement en coma éthylique. Elle murmura le mot de passe en laissant ses courts cheveux cacher son visage mais la Grosse Dame n'ouvrit même pas les yeux, elle grogna et marmonna quelque chose comme : ''viv'les gryf'hic'dors… A bat l'ser'hic'p'tards !'', avant de faire basculer le tableau.

Padma fronça le nez en observant l'étendue des dégâts, les Elfes allaient avoir bien des difficultés surtout que certains élèves n'avaient pas réussi à regagner leurs dortoirs. Prenant mille précautions pour ne pas buter sur une bouteille vide – essayant d'ignorer le nombre de bouteilles de whisky Pur Feu, même si cela lui facilitait la tâche, elle n'approuvait absolument pas –, elle gagna l'escalier menant au dortoir.

L'avantage à Poudlard, c'est que les marches de pierre sont parfaitement silencieuses, contrairement au bois de l'escalier ancestral de la maison des Patil – ce n'était absolument pas une expérience nocturne personnelle qui le lui avait révélé, elle pouvait le jurer… presque… – et elle put atteindre le sommet sans réveiller personne. En même temps à part une explosion de colère de McGonagall ou d'un chaudron de Londubat, elle ne voyait pas vraiment ce qui aurait pu réveiller les loques qui traînaient dans la salle commune.

Le dortoir des 'sixième année' était silencieux – elle remercia mentalement l'inscription sur la porte, que c'était prévoyant ! – enfin presque, des ronflements sonores s'élevaient du lit de Lavande qui se trouvait dans une position des plus ridicules : la tête par terre, les fesses sur le lit, les jambes emmêlées dans les couvertures et, summum de la classe, le pantalon de son pyjama enfilé sur ses bras. C'était plutôt bon signe, car il y avait peu de chose que Lavande fit sans que Parvati la suive.

Par prudence, Padma jeta un sort de silence autour du lit de la préfète des Gryffondor, Hermione Granger n'était pas de celles qui se mettaient la tête à l'envers et son homologue de Serdaigle ne voulait en aucun cas avoir à lui expliquer sa présence, d'autant qu'elle doutait que Granger trouve son idée amusante.

Parvati dormait paisiblement, des traces de maquillage rouge et or sur le visage et sur son oreiller, ses cheveux emmêlés et la chemise de nuit mise à l'envers. Dans l'ensemble, elle était en meilleur état que son amie, mais l'haleine alcoolisée que parvenait à sentir Padma même à distance lui assurait qu'elle aussi avait profité de la soirée.

Un petit pincement au cœur arrêta le geste de la préfète, c'était sa sœur, sa jumelle, elle ne pouvait pas lui faire ça. Puis elle réfléchit, se remémorant tout ce qui l'avait amenée ici… Et il serait dommage d'avoir donné de si précieuses informations à Peeves pour rien ! Sans oublier que ce qu'elle faisait n'avait rien de définitif…

Sa baguette s'éleva au-dessus du visage de sa jumelle et s'abattit avec fluidité, tout doute l'avait quittée. Elle ajouta quelques petits suppléments histoire de rendre plus plausible la thèse de la jalousie d'une autre Gryffondor. Merlin que c'était bon d'être vilaine !

(((((-)))))

Les rumeurs dirent que le hurlement de Parvati avait réveillé toute la tour des griffons, que les garçons paniqués avaient tenté – sans succès bien sûr – de se porter à son aide, une flopée de sortilèges aux lèvres. Elles ajoutèrent qu'une préfète particulièrement guillerette s'élança dans le toboggan avec un grand éclat de rire pour s'empresser de les rassurer.

Ce qui étonna Padma au début fut qu'aucune rumeur ne mentionna l'entrée de Peeves dans les maisons Serpentard et Poufsouffle, mais elle sut bientôt pourquoi : pour profiter pleinement de cette liberté, l'esprit frappeur avait consciencieusement piégé les deux Maisons, rendant les élèves très nerveux. Puis voyant que les professeurs avaient tout désamorcé, il lança l'attaque en plein milieu de la nuit sur une Maison puis l'autre.

La panique qu'il provoqua empêcha les élèves, toutes Maisons confondues – étrangement Padma exceptée mais elle joua le jeu – de dormir pendant une bonne semaine, jusqu'à ce qu'il soit enfin clair que l'esprit avait eu par un moyen ou un autre accès aux mots de passe. La sécurité fut renforcée, des interrogatoires et enquêtes menées – auxquels Padma participa avec beaucoup d'amusement – mais la vérité ne fut jamais découverte puisque ni Padma ni Peeves ne vendirent la mèche. Et la préfète s'aperçut avec plaisir qu'elle s'était fait un allié de choix puisque plus jamais elle n'eut à subir l'esprit jusqu'à la fin de sa scolarité.

En ce qui concernait les relations avec sa jumelle, Padma ne put qu'être satisfaite, quoiqu'un peu – voire beaucoup – amusée. Personne, à part ses camarades de dortoir, ne sut jamais pourquoi Parvati avait hurlé ce matin-là, quand finalement elle était descendue avec sa coupe à la garçonne, elle avait chassé les questions d'un geste d'épaule et minaudé sur sa nouvelle coupe. Un observateur attentif aurait remarqué les traces de maquillages magiques qui restaient sur ses joues et qui formaient des mots moqueurs et des symboles rigolos, mais elle ne laissa personne s'approcher assez prêt pour ça.

Elle assura même à Padma, avec un certain culot, qu'elle avait ainsi voulu se différencier, que maintenant qu'elles approchaient de l'âge adulte il était temps qu'elle soit deux personnes distinctes, elles n'étaient pas les jumeaux Weasley après tout… Cette tirade aurait pu être fatale à Padma qui s'étouffa avec un muffin, heureusement Morag lui sauva la vie à grands coups dans le dos.

Ce dont Parvati ne se vanta pas – mais Padma l'apprit par Lavande (drôle de meilleure amie celle-là) – ce fut de sa visite à Mme Pomfresh. L'infirmière l'avait mise dehors à grand renfort de hurlements, arguant que des cheveux coupés n'étaient en rien son problème, qu'elle s'occupait de choses graves. Ce à quoi la jeune fille avait répondu avec aplomb – Padma avait déjà fait allusion au manque de bon sens de sa sœur non ? – que l'allure était quelque chose d'important et que justement, puisqu'elles en parlaient, elle était prête à lui donner deux ou trois conseils.

Lavande, assez horrifiée, avait préféré fuir, mais elle avait entendu distinctement l'infirmière proposer à Parvati d'aller demander l'aide du Maître des Potions ! Elle fut ô combien soulagée que son amie ne le fasse pas – au moins, était-elle dotée d'un solide instinct de survie…

Padma se promit qu'un jour, elle raconterait tout à sa sœur. Mais en la regardant tirer sur ses cheveux d'un air agacé et dévisager toutes les filles de sa Maison, la préfète des Serdaigle se dit que ce ne serait pas avant longtemps, très longtemps…


Nul ? Agréable ? Quelconque ? Assommant ? Passable ? Oubliable ? Touchant ? Raté ?
Un mot. Votre sentiment. Mon petit plaisir.
Merci.