Chapitre 1

Exilés

Arthur Kirkland, grand pirate de l'Enfer de Saphir, avec son second Alvida, il est craint de la marine et respecté des autres pirates, des autres exilés.

L'océan lui a apporté bien des malheurs mais il connaît nombres de ses secrets.

Ce matin, il se réveilla avec un bon mal de dos : il s'était endormi sur ses cartes et ses notes, à son bureau. Après leur dernière escale dans un village côtier (un de ceux qui tolère leur présence), il avait retrouvé un de ses contacts. Il lui avait donné sa récompense pour les informations qu'il lui avait récolté et à présent… Il savait quand leur prochain abordage se passera.

Il se leva et balaya sa cabine d'un regard. Son lit était fixé contre le mur pour que si jamais il y dort cela soit plus confortable qu'un hamac. La pièce était large et non loin du lit il y avait une petite bibliothèque (livres qu'ils avaient réussis à acheter lors de certaines escales). Dans un des coins de la pièce reposait un berceau. Le pirate caressa légèrement le bois rongé par les mites ou les rats depuis le temps. Des années ont passé et il n'a ni trouvé le temps ni le courage de retourner récupérer son fils.

Qu'avait dit le père William à son enfant ? Lui avait-il raconté ce qu'il est ? Ou bien avait-il inventé une histoire. Non, ce prêtre ne mentirait pas à un enfant mais il sait rester muet. Es-ce que l'enfant ressemble à sa mère ? Ou plus à son père ? Comme il aurait aimé le garder sur les mers mais c'était trop dangereux… La marine au service de la justice sur la Verdoyante avait mis beaucoup d'efforts pour tenter de le capturer au dépens de leurs hommes. Il ricana en se rappelant combien de marins d'eau douce il avait combattus avec facilité.

Leur attention sur lui s'était relâchée depuis peu. Peut-être il pourrait… Il secoua la tête. Il a attendu trop longtemps pour y retourner. Qui lui dit que son fils est encore là-bas ?

Après ce sera une excuse pour retourner vois ce vieux prêtre énervant.

Chassant ses idées de ses pensées il saisit ses notes et décida de réveillé ses marins.

Il sortit de sa cabine et cria :

« Oï Alivida ! »

Le bateau tanguait légèrement. La mer fut pour une fois calme cette nuit-là et il avait planté l'ancre pour profiter d'un repos. Le silence sur le bateau était reposant, seulement brisé par la voix du capitaine.

« Alvida ! Tu dors ou quoi ?

« UN PEU QUE JE DORS ! »

La trappe, emmenant au lieu de repos des matelots, s'ouvrit et apparut les courts cheveux de jais du pirate.

« Dormais serait le mot juste. Bon, que veux-tu Cap'tain ? »

Assise sur le sol, Alvi était pied nu, elle avait gardé cette habitude de mousse, et regardait son capitaine de ses grands yeux gris. Elle avait juste une chemise de toile et un pantalon court. Le fait qu'elle soit une femme avait au début gêné les plus vieux de ce navire mais au final, on avait finit par s'y habituer. Vivre en tant qu'homme ne l'a jamais dérangé.

« On a repéré un navire de la marine remplit de nobles aux bourses pleine. Tu vois ce que je veux dire ? »

Un rictus mauvais apparut sur les lèvres d'Alvi.

« Morbleu, on attendait que ça ! Quand remonte notre dernier combat ?

« A deux jours dans la taverne. Joli crochet du droit d'ailleurs. »

Le second le regarda en fronçant les sourcils.

« Un combat de taverne ce n'est pas la même chose qu'un combat en mer. On s'en sort mieux. Bon, je réveille les marins et donnes tes ordres. Par contre… (elle regarda en direction de la vigie) je veux pas être celui qui le réveillera.

« Envoie un Mousse alors.

« J'ai pitié d'eux quand même… »

Mais Alvi retourna quand même dans la calle et commença

« Branle-bas (*1) tout le monde ! Allez ! »

A son cri les marins se jetèrent hors de leur hamac et coururent sur le pont. Alvi chopa un petit mousse aux cheveux roux.

« Toi, va réveiller la vigie. Et oublie la corde.

« Oui chef ! »

Il n'était pas enchanté mais il commença à grimper, une corde autour de sa taille qui était accroché à une des vergues (*2) du mât de misaine. Il arriva rapidement au repère de la vigie, vigie qui dormait encore. Le petit déglutit et vérifia que le nœud de la corde était bien serré.

La vigie était un marin couvert de cicatrice, chauve, et qui était réputé pour sa violence et sa mauvaise humeur. Le mousse tapota l'épaule du pirate qui remua mais n'ouvrit pas les yeux.

« Euh…

« Oï le rouquin ! Grouille-toi de le réveiller ! » (cria un des pirates en bas qui éclata de rire)

Prenant une grande inspiration l'enfant donna un (petit) coup sur le crâne du pirate qui ouvrit un œil menaçant. Devant ce regard le petit glapit de peur et redescendit aussi rapidement qu'il le pouvait. Il sentit la grosse main qui tentait de lui attraper les cheveux mais la peur le fit descendre très rapidement.

D'en bas Arthur le regardait descendre et lança à son second.

« Il est rapide lui. On devrait l'assigner à cette tâche.

« Et pourquoi pas toi hein ?

« Je suis le capitaine.

« T'as toujours pas digéré le fait que quand t'étais mousse il t'avais balancé à l'eau ? »

Le regard noir d'Arthur lui fit comprendre de se taire. Bien qu'ils soient amis d'enfance la hiérarchie imposait ce respect. Même si parfois…

« C'était bien marrant. T'avais l'air d'un chiot tout mouillé. »

oOoOoOoOoOo

« Bon, donc on va attaquer ce Packet (*3) c'est ça ? »

La bosse sur la tête d'Alvida faisait glousser certains marins. Les disputes entre le second et le capitaine faisaient vivre le pari habituel « Es-ce que le second va s'en sortir ? ».

Après cette querelle il avait pris la direction vers une zone de la mer rempli de rocher sortant de l'eau verticalement. Il n'y avait pas beaucoup de profondeur mais ces rochers étaient dangereux. Les exilés l'appelaient « le cimetière » vu que les pirates, ou marins, non-expérimentés perdaient la vie lors des tempêtes qui projetaient leurs navires sur ces rocs.

Cela dit, lors d'un de ces jours où la mer était calme la navigation était facile. Une bonne maîtrise du gouvernail et aucun problème ne pouvait survenir. C'était aussi un raccourci pour aller vers une des îles de l'ouest. Ce n'était pas étonnant qu'un navire de noble passe par ici, lors du temps des eaux calmes.

« Oui, donc on va devoir s'amuser pour ne pas frapper les rocs mais dès qu'on a fini il faudra partir. A cet endroit les tempêtes sont beaucoup plus violentes. (Arthur)

« Y aura-t-il des otages ? Si c'est le cas il faudra trouver une escale, ces pauvres femmelettes ne supportent jamais le voyage. (Alvi)

« Certains auront le pied marins peut être.

« Seulement si leur mère ont accouchés sur un bateau. Je parle en connaissance de cause. »

Arhur leva les yeux au ciel et sortit sa longue vue.

« Toujours aucun signe du fichu navire. J'espère qu'il n'a pas du retard : combattre alors qu'une tempête se lève ça fait beaucoup de morts.

« Sois pas négatif parfois on en repêche quelques-uns.

« Des cadavres de noyé.

« Eeeeh… Parfois certains se réveillent !

« On va pas débattre là-dessus, les personnes qui ont survécu tu peux m'en citer les noms ?

« Toi, le petit mousse roux et le chirurgien. »

Arthur haussa un de ses épais sourcils et la regarda.

« Le mousse il était passé par-dessus bord ?

« Ah oui. Il est increvable ce gosse.

« Pas tant que ça quand même…

« Oï viens la roux-roux !

« Il a un nom d'ailleurs ? »

Le petit mousse se dirigea vers Alvi qui l'avait appelé. Elle lui ébouriffa les cheveux et lança au capitaine :

« Roux-roux, ron-ron, rouquin, moussi. Il a jamais dit son vrai nom mais qui a dit qu'il fallait un nom pour exister ? »

OoOoOoOo

« Bateau en vu ! Et bien garni en plus !

« Putain de contact ! M'avait dit qu'il serait là plus tôt !

« Ecoute, on est plus fort. On est dans notre milieu naturel. On est les pires pirates alors on va les cuisiner et Frank nous servira un bon repas ce soir.

« ….. Bref. Tu dis n'importe quoi parfois…

« Oui, oui. Vous êtes prêt vous autres ? Allez ! Tout le monde à son poste. (se tournant vers le capitaine) Je vais au gouvernail et te laisse faire ton petit discours.

« Oui. Qu'il admire le pirate qui a dominé l'Enfer de saphir !

« T'as surtout un sentiment d'infériorité non ? »

Arthur savait être habile avec une longue vue. Alvida se demanda si c'était pire que la crosse de son fusil.

OoOoOo

« Papa ! Papa ! Viens voir ! »

Francis Bonnefoy se retourna vers ses fils qui couraient vers lui. Ils avaient tous deux le même âge, un était blond aux yeux bleus et débordait d'énergie. Il se rua dans ses bras en se moquant de savoir si son comportement était correct pour quelqu'un de la noblesse. Cette grande énergie faisait toujours rire Francis. Le second arriva plus calme et tira timidement sur la manche de son père pour avoir aussi un câlin, il avait les même cheveux légèrement ondulés de son père mais était doté d'iris mauve.

Le père les serra dans ses bras.

« Qui y a t-il mes chéris ?

« Alfred dit qu'il a vu une sirène.

« C'est vrai ! Elle était cachée dans l'écume ! Pourquoi tu me crois pas Matthieu ?»

Francis sourit. Les légendes les plus courantes sur l'Enfer de saphir étaient bien sur celles sur les sirènes et les ondins. Les 'amantes' des exilés. Il était dit que ces créatures magnifiques accompagnés les marins dans la mort Ce n'étaient que des légendes bien sûr.

« Vraiment ? Mais pourquoi tu ne l'as pas invité à bord ? Ce n'est pas poli de ta part ! »

Alfred ouvrit et referma sa bouche comme un poisson avant de se ruer vers le bord du bateau en criant :

« Madame la sirène ! Je vous invite à bord ! Venez ! »

Le noble éclata de rire et alla prendre dans ses bras son second fils. Il était heureux de l'avoir adopté. Matthieu encore plus.

Par contre le vieil homme qui était le tuteur de l'enfant lui avait paru étrange.

Il ne doit jamais perdre son médaillon. Il doit toujours l'avoir sur soi. Promettez-le.

« Alfred ? As-tu…

« Oui, oui. Il est là. » Le petit garçon sortit le médaillon de sa chemise « Je l'aime pas ce collier. Ça fait fille mais Papi tenait à ce que je le porte… »

Francis lui ébouriffa les cheveux. Matthieu qui était resté silencieux demanda doucement.

« Mmmh… Papa ?

« Qu'y a-t-il ? Tu as vu la sirène ?

« Non mais… Il y a un bateau là-bas ! »

Le père haussa un sourcil et mit sa main en visière pour voir le dit bateau. Il aperçut clairement la proue du bateau qui représentait un dragon immense qui fixait l'horizon. Il avait déjà entendu parler de cet insigne.

« Ce ne serait pas… »

Il leva les yeux et vit un pavillon noir claquer dans le vent, représentant un crâne avec un cache œil et un tricorne blanc au plumes rouges.

Un coup de canon retentit et frappa le flanc du navire de noble. La seule chose qui s'imposa à l'esprit de Francis à cet instant précis était la protection de ses enfants.

Il put voir un des pirates de l'autre bateau monter sur la rambarde de bois du bateau. Il avait un grand manteau rouge, un tricorne blanc décoré de plumes rouges et un sourire carnassier. Le combat allait commencer.

« Alfred ! Matthieu ! Allez dans la cabine, vite ! »

oOoOoOoO

La panique des passagers était à son comble et les mêmes les combattants aguerris chargé de la sécurité du navire étaient désarçonnés par l'habilité de combat des pirates sur un bateau.

Pour ne rien arranger, le retard qu'ils avaient eu pour venir avait empiré les choses. Le vent commençait à souffler fort et le ballotage des bateaux n'aidait en rien les pauvres « terriens »

Au milieu de tout ça, Arthur se glissait dans les combats et désarmais, blessait, les guerrier de la marine avec une rapidité presque irréel. Un éclair rouge.

Alvida se balançait dans les cordes et tirait du haut. Agile, elle était tête en bas et tiré.

Francis la vit du haut des verges et saisit un pistolet et la visa. Il croisa son regard et elle lui sourit tandis que lui, sentait une violente douleur au crâne.

Arhtur souleva l'homme qu'il avait assommé. Il le tint devant lui comme bouclier. Les 2 hommes voulant se jeter sur lui s'arrêtèrent net.

« Lâche ! Gredin ! Pirate !

« Je préfèrerai Capitaine Kirkland. »

Il jeta l'homme en arrière et se rua sur eux, épée en main.

Francis se releva sonné. Le son semblait étouffé et sa vue était brouillé. Il entendit un faible son.

« Papa ! Papa ! »

Il se retourna. Il vit Matthieu, jeté sur l'épaule d'un marin qui repassait sur le navire pirate. Alfred se débattait aussi dans les bras du pirate qui était dans les cordes plus tôt.

Un cri de rage déchira sa gorge tandis qu'il se ruait pour sauver ses enfants. Une silhouette rouge s'imposa devant lui. Arthur lui fit un sourire empreint de fierté et de moqueries. Son unique œil le regardait de haut et pendant un court moment Francis le trouva majestueux. Fascination qui dura qu'un court moment.

Cet homme était en train de lui prendre tout ce qu'il avait de plus cher. Prenant le pirate au dépourvu, le noble se jeta sur les jambes du pirate pour le renverser.

Alvida regarda le magnifique roulé boulé capitaine-noble. L'épée du capitaine a été balancé au loin et elle l'a récupéra pour lui rendre mais… Vu qu'Arhtur maintenant se battait au poing avec l'homme elle supposa qu'il n'y avait plus besoin.

« Alvida ! La tempête se lève plus tôt que prévue !

« Va dire ça au capitaine, il s'amuse là. On a des otages ? »

Elle tira sur un marin trop énervé et tint en joue un second.

« On a pris quelques richesses et on a pris 5 otages de qualité plus des provisions.

« Cinq otages seulement ?

« Deux enfants et trois adultes. Deux des adultes sont des souverains. »

Alvida tira sans le vouloir en entendant ça. La balle rencontra l'épaule d'un richard lâche qui s'enfuyait. Un souverain était quelqu'un de puissant sur Verdoyant. La marine allait faire quelque chose pour les récupéré et bien sûr ils ne pourront ignorer les autres otages s'ils veulent les récupérés. La pêche était bonne aujourd'hui.

« Oï Arthur ! On lève l'ancre ! »

Arthur se dépêtra de son combat et courut vers le bord du navire. Il avait lui aussi sentit le vent qui se levait. Alors qu'il bondissait et atterrissait sur le pont du « Dragon d'Ecume », il ne vit pas Francis faire de même et atterrir sur lui.

Le second regarda la scène et lança au mousse roux.

« C'est bien la première fois qu'un noble se jette ainsi dans la gueule du loup.

« C'est quoi un loup ?

« Un clébard. Eh ! On a un sixième otage ! »

Alfred se débattit contre son assaillant, lui mordit la main. Le lâchant sur le coup, il se rua dans les bras de son père.

Arthur lui se releva et cracha toute une série de jurons dans sa langue natale que seul son second pouvait comprendre (et encore, seulement quelques mots). Alvida pointa le canon de son arme sur l'homme et son enfant mais avant qu'elle put prononcer un mot elle remarqua le médaillon de l'enfant. Un médaillon dont il en existait seulement trois. Et celui lui appartenant elle l'avait donné à un bébé i ans. Elle ne sut si elle devait en sourire ou en pâlir.

Le fils du capitaine se tenait devant elle.

« Allez, on se lève les cocos. » annonça-t-elle en se reprenant.

Francis se redressa, tenant son fils contre lui et cherchant le deuxième du regard. Matthieu restait paralysé par la terreur et le pirate qui le tenait le lâcha pour qu'il rejoigne son père. Les pirates étaient des exilés mais ils restaient des humains.

Arthur quant à lui s'était redressé et son navire naviguait rapidement loin du packet, loin de la zone dangereuse. Il ordonna :

« Emmenez les prisonniers dans la cale ! Une tempête arrive alors prenez soin de notre petit butin. »

Il se tourna vers Francis et lui pinça la joue :

« Toi, tu ne sais pas dans quel foutoir tu t'es mis.

« Ôtez vos mains sale canaille. »

Le pirate éclata de rire suivit des autres marins.

« Canaille ? T'as du vocabulaire ! »

Il tourna les talons mais laissa glisser son regard vers les enfants. A la vue de ces deux fils il sentit une jalousie fulgurante monter en lui et il se retourna pour donner un coup de poing dans la figure de l'habitant de la terre.

« Mais personne m'insulte. Même avec le vocabulaire le plus fleurit qu'il soit. »

à suivre...

(1*) A son poste! (en gros)

(2*) les vergues sont des pièces de bois cylindrique, effilée à ses extrémités et placée en travers d'un mât, pour soutenir et orienter la voile

(3*) un packet est un mot désignant un navire de messagerie transportant du courrier, des paquets et des passagers (ici c'est un bateau de voyage de nobles.

Merci pour vos commentaires, cela m'encourage beaucoup. Comme vous le voyez j'essaie de placer un vocabulaire marins dans cette histoire donc si jamais vous remarquez des incohérences ou des erreurs vos remarques sont les bienvenues.^^

Encore merci de lire cette fic^^