Disclaimer: Rizzoli & Isles ne m'appartient pas. Aucun profit n'est tiré de cette fanfiction. Toute ressemblance avec des personnes ou des affaires existantes est purement fortuite.

Note de l'auteur: J'avais annoncé un two-shots, mais cette fiction aura finalement trois chapitres. Je veux faire des chapitres de taille à peu près égale, et si j'étais restée sur l'idée d'un two-shots, celui là aurait fait presque 10,000 mots.

Je ne prétends pas avoir la moindre connaissance du vocabulaire policier/de la ville de Boston.

La suite arrivera vite!

Merci pour vos reviews :)


Chapitre 2


« Alors, cette visite sur le lieu de travail de la victime, qu'est-ce que ça a donné ? »

La voix de Frost brisa les rêveries de Jane. Elle leva la tête pour voir son collègue, son éternel sourire joyeux sur les lèvres.

Elle raconta rapidement la visite à Boston Security. Lorsqu'elle eût fini, Frost avait les sourcils froncés. Jane le connaissait suffisamment pour savoir que les engrenages de la logique tournaient sans interruptions dans sa tête. Elle attendit patiemment que toutes les pièces du puzzle ne s'emboitent.

Lorsque Frost reprit, ce fut d'un ton perplexe.

* « L'hypothèse de l'espionnage industriel est vraiment convaincante. Tout y est. Mais…je ne sais pas, quelque-chose me gêne dans cette histoire. »

« Mh, » acquiesça-t-elle d'un ton distrait. Pensive, elle souffla sur son café, observa la fumée monter en volutes transparents, « Moi aussi. Je veux dire, c'est vraiment trop évident. Trop facile. En plus, Timothy Klaine n'a pas le profil d'un homme qui agirait comme ça. Il n'avait pas de soucis d'argent, était payé une petite fortune par Boston Security. Il était leur enfant chéri, pourquoi aurait-il risqué une carrière brillante et saboté son gagne-pain ? »

Frost haussa les épaules.

« Tu es bien placée pour savoir que les gens n'agissent pas de façon toujours logique. »

« Je sais, » soupira Jane. « J'ai convoqué les collègues de la victime cet après-midi. Peut-être m'aideront-ils à voir plus clair. J'aurais aussi besoin d'un mandat pour récupérer l'ordinateur de travail et l'ordinateur personnel de Timothy Klaine. Tu peux t'en occuper ? »

« Oui chef !, » lança Frost d'un ton espiègle avant de s'éloigner à grands pas.

Jane le suivit du regard, un sourire affectueux sur les lèvres. Ses collègues étaient les meilleurs du monde, et toute personne soutenant le contraire aurait affaire à elle.


OoOoOoO


« Entretien numéro un. Veuillez s'il vous plaît décliner votre nom et votre fonction, madame. »

« Lauren Smith, analyste pour Boston Security depuis trois ans. »

« Connaissiez-vous Timothy Klaine? »

« Oui, c'était mon collègue. Nous n'étions pas proches, mais il nous arrivait de prendre un verre ensemble après le boulot, avec les autres. »

« Comment décririez-vous les relations que Timothy Klaine entretenait avec ses collègues ? »

La jeune femme hésita. Elle remonta ses lunettes rondes et frotta ses yeux rougis par les longues heures passées devant des écrans.

« Timothy était…agréable. Il m'a toujours traitée comme les autres. Dans ce métier, il y a très peu de femmes et certains de mes collègues ont tendance à ne pas me prendre au sérieux.»

« Mais… ? »

« Mais il était…distant. Surtout depuis quelques temps, il ne nous parlait presque plus, excepté les politesses de mise. Certains disaient que sa récente promotion lui était montée à la tête. Je pense que ceux-là sont simplement jaloux. Timothy était quelqu'un de simple, pas le genre à aimer exhiber sa réussite, mais il était assez introverti. Je pense qu'il avait des problèmes personnels. »

« Une dernière question. Ou étiez-vous mardi soir entre vingt-deux heures et minuit ? »

La jeune femme fronça les sourcils.

« Chez moi avec ma famille. Pourquoi ? »

« Question de routine, mademoiselle. Merci de votre visite. » Elle tira une carte de sa poche. « Si quelque-chose vous revient, n'hésitez pas à m'appeler. »


OoOoOoO


« Entretien numéro deux. Veuillez décliner votre nom et votre fonction, s'il vous plaît. »

L'homme qui lui faisait face la toisa du regard d'un air méprisant. Jane serra les dents.

« Sammy Boyd, » répondit-il, « Ingénieur Informaticien à Boston Security. »

« Bien, » répondit Jane d'un ton aussi calme qu'elle y parvenait, « connaissiez-vous Timothy Klaine ? »

Les lèvres de l'homme s'ourlèrent d'une moue de dégoût.

« Bien sûr que je le connaissais. »

« Vous ne semblez pas le porter dans votre cœur. »

« Comment le pourrais-je ? Ce minable m'a volé ma promotion. »

« Comment ça ? »

L'homme lui lança un regard perçant.

« Cela fait dix ans que je travaille d'arrache-pied dans cette boîte. Dix ans. Klaine n'est arrivé qu'il y a trois ans. Je suis l'ingénieur le plus ancien du service, je suis le meilleur aussi. En toute justice, c'est moi qui aurait dû obtenir cette promotion, » finit-il d'un ton amer.

Par-dessus l'épaule de l'homme, Korsak écarquilla les yeux et fit un signe du menton.

« Ou étiez-vous mardi soir ? »

La question eût l'air de faire sortir l'homme de ses gonds.

« Quoi, vous pensez que je l'aurais tué ? Mardi soir, j'étais aux locaux de Boston Security, si vous voulez tout savoir. Je reste toujours à travailler tard. Vous pouvez vérifier les entrées de mon badge et les caméras de vidéo-surveillance. »

Jane fronça les sourcils.

« Ce ne sera pas nécessaire pour le moment. Merci, monsieur. Si quelque-chose vous revient…»

Elle se tut. L'homme s'était levé s'était précipité hors de la pièce, l'air furieux.


OoOoOoOo


« Tu es encore là, Jane ? »

Jane sursauta et quelques gouttes de café vinrent tacher le dossier qu'elle parcourait depuis des heures sans avancer le moins du monde. Le visage de Maura apparut dans son champ de vision, mi inquiet, mi contrarié.

Jane pesta et tenta d'éponger le paquet de feuille, sans grand succès.

« Je…oui, quelle heure est-il ? »

« Plus de vingt-trois heures. »

Jane releva la tête, ahurie.

« Déjà ? Bon sang, pas étonnant que je n'arrive à rien. »

« Je te ramène, » lança Maura d'un ton sans appel. « tu es trop épuisée pour conduire, tu finirais à l'hôpital. »

Jane grommela pour la forme, mais se leva et suivit Maura sans trop de résistance. Le trajet en voiture était court, mais Jane ne put s'empêcher de piquer du nez à mi-chemin.

Ce fut la sensation d'une main sur son visage, combinée avec l'odeur fleurie du parfum de Maura, qui la tirèrent de son sommeil.

« Jane, nous y sommes. »

Jane ouvrit les yeux avec difficulté pour se trouver plongée dans les prunelles noisette de son amie. Maura sourit et la pression de sa main sur la joue de Jane disparut, remplacée par la fraîcheur de l'air nocturne qui pénétrait la voiture par la fenêtre entrouverte.

Jane se secoua dans l'espoir de chasser la brume ensommeillée qui avait pénétré son cerveau.

« Merci, Maura. À demain. »

Elle ouvrit la porte sans attendre de réponse, titubant d'épuisement jusqu'à la porte de l'immeuble.

Ce ne fut qu'après avoir entendu le ronronnement du moteur de Maura qu'elle autorisa un frisson à parcourir sa colonne vertébrale.

Solitude.


OoOoOoO


La première pensée qui traversa Jane lorsque la vibration stridente retentit, faisant fuir les dernières miettes de son rêve fut il n'est pas l'heure de se réveiller.

Elle ouvrit un œil pour vérifier la véracité de cette certitude, et grogna douloureusement lorsqu'elle vit qu'aucune lumière ne filtrait à ses rideaux.

Son téléphone continua de vibrer, et Jane, en désespoir de cause, finit par décrocher.

« 'llo ?, » marmonna-t-elle en s'asseyant sur le lit.

Au bout du fil, la voix de Frost, rendue métallique par les grésillements du portable, se fit entendre.

« Pas trop tôt, Jane ! Il faut que tu viennes tout de suite. Maura passe te chercher pour t'amener.»

« Qu…hein ? Où ça ?, » demanda Jane avec la voix enrouée et la loquacité des grands jours.

« Boston Security. On a un autre meurtre sur les bras. »

« Quoi ? Bon sang, merci Frost. J'attends Maura. »

Jane sauta de son lit et s'habilla rapidement, sans prêter attention à son corps qui protestait contre le traitement violent et le manque de sommeil.


OoOoOoO


Lorsqu'elle retrouve son état de semi-conscience, elle a l'impression d'être dans un monde ouaté. L'impression d'être emplie de coton de la tête aux doigts de pieds. Elle n'a plus mal, ne sent plus la déchirure douloureuse, elle est juste engourdie. Ses paupières sont lourdes comme du plomb quand elle tente de les ouvrir.

Elle est morte. C'est la seule chose qu'elle sait, dans son esprit embrumé. Elle est morte, il est trop tard pour elle.

Ce n'est pas faute de l'avoir cherché.

Elle pleure de l'intérieur, incapable de bouger, elle hurle en silence, mais personne ne vient l'aider.

Alors, dans sa tête, elle se joue et rejoue les dernières choses dont elle se rappelle. Pour ne pas devenir folle, pour ne pas perdre espoir.


OoOoOoO


« Je ne comprends pas comment une telle chose a pu arriver, » gémit l'homme en se prenant la tête dans les mains. « Un meurtre, dans nos locaux. Les médias vont nous faire la peau. »

Jane prit une profonde inspiration et répéta lentement sa demande.

« Nous souhaiterions avoir accès aux caméras de vidéosurveillance. »

Anton Kovak la regarda d'un œil terne et acquiesça. Les cheveux emmêlés et le costume froissé, il donnait l'impression de n'avoir pas dormi depuis quarante-huit heures. Ce qui, pensa Jane en regardant le bonhomme, ne serait pas si étonnant. Le directeur du service fit un signe à la jeune secrétaire qui attendait patiemment les ordres à ses côtés. Celle-ci s'éclipsa discrètement, professionnelle et silencieuse.

« Bien, » dit Jane de son ton le plus autoritaire. « Maintenant, dites-moi comment Sammy Boyd a-t-il pu se prendre une balle dans la tête dans un bâtiment surveillé vingt-quatre heures sur vingt-quatre avec le système de sécurité le plus efficace du Massachusetts ? »

« Je ne sais pas, » geignit l'homme en se tordant les mains de désespoir, « la seule explication, c'est que quelqu'un ait réussi à pirater les logiciels qui gèrent notre sécurité, mais eux même sont tellement protégés qu'il faudrait… »

Sa voix s'éteignit brusquement. Jane vit ses yeux s'écarquiller, la couleur se drainer de son visage.

« Qu'il faudrait avoir aidé à les créer pour les pirater…,» termina l'homme d'une voix blanche.

Jane soupira.

« Eh bien, au moins ça réduit la liste des suspects. »

Son téléphone sonna. Elle s'excusa auprès d'Anton Kovak et sortit du bureau.

« Oui Maura ? »

« Jane, il faut absolument que tu viennes. J'ai commencé l'autopsie de la victime et…il faut que tu viennes voir ça,» pépia Maura d'un ton excité.

« J'arrive dans dix minutes, » répondit Jane.


OoOoOoO


Jane plissa les yeux et observa le petit objet que Maura lui tendait. Elle saisit la petite pince et approcha le minuscule cercle noir de son visage.

« Qu'est-ce que c'est que ce truc ?, » demanda-t-elle en lançant un regard perplexe à Maura.

« Ce…truc est un micro. »

« Tu plaisantes ? Mais…d'où le sors-tu ? »

Les yeux de Maura s'éclairèrent et un sourire mystérieux joua sur ses lèvres.

« De la victime. D'une dent creuse de la victime, pour être précise. »

« D'une…dent,» répéta Jane. Maura acquiesça et fit un geste en direction du cadavre.

« Je crois que nous avons trouvé un mouchard à Boston Security. »

Jane soupira et rendit la pince à Maura. Soudain épuisée, elle se frotta machinalement les tempes.

« Le problème, c'est que quelqu'un l'a trouvé avant nous, » finit-elle à voix basse.


OoOoOoO


Sur l'écran s'affichaient une dizaine de portraits alignés. Visages souriants ou fermés, une majorité d'hommes. Toutes les personnes ayant aidés à créer l'immense réseau de sécurité qui protégeait le secteur informatique de Boston Security. Tous avaient signés une clause de confidentialité. Tous avaient un salaire bien au-dessus de la moyenne.

« Frost, » lança Jane, « tu veux bien me donner les informations sur Lauren Smith ? »

Quelques clics plus tard, le visage de Lauren Smith apparaissait en plus grand.

« Lauren Miller, née en Californie, fille unique d'un professeur de mathématiques et d'une journaliste d'investigation. Elle est sortie du lycée avec la note maximale à ses examens et une bourse pour le MIT, où elle a décroché un master en Ingénierie Électronique et Sciences Informatiques avec mention très bien. »

Korsak sifflota entre ses dents, sourcils haussés.

« Élève brillante, donc. »

Frost hocha la tête, l'air impressionné.

« C'est le moins qu'on puisse dire. Au sortir de l'université, elle s'est vu offrir un poste chez Boston Security. Elle a épousé Clyde Smith, un analyste privé, il y a deux ans, et elle a une petite fille de six mois nommée Lily. »

« Des problèmes dans son travail ? »

« Pas du tout. Comme tu l'as dit, elle est brillante. D'après son dossier, elle est sur le point d'être promue. »

Jane poussa un grognement.

« On l'oublie pour le moment. Frost, peux-tu vérifier si aucun des membres du service n'a d'antécédents avec la justice ? C'est probablement vérifié avant leur embauche, mais je ne veux rien laisser au hasard. »

« Oui m'dame !, » répondit Frost avec un large sourire. Ses doigts dansèrent sur le clavier, tapant sans interruption jusqu'à ce que toutes les images disparaissent en même temps. »

« Non, aucun suspect ne correspond à ce profil, » finit-il par annoncer d'un ton dépité.

« Ç'aurait été trop beau. »

Jane soupira et ferma les yeux.

« Bon, les enfants, je pense qu'on arrivera à rien de plus aujourd'hui. Je rentre me coucher. »

Quelques marmonnements appréciateurs s'élevèrent de la pièce, et Jane, après avoir salué ses collègues, se dirigea vers sa voiture.

Au programme, un verre de vin, un bain moussant et tout oublier.


OoOoOoO


Jane aimait les soirées calmes. Elle aimait se rouler en boule sous un plaid et se plonger dans la lecture d'un roman choisi au hasard, Jo Friday à ses pieds, un disque de Jazz en fond sonore.

C'est pourquoi lorsque son téléphone de service sonna à onze heures tapante, elle contempla un instant l'idée tentante de faire la sourde oreille. Elle jeta un coup d'œil à l'écran, qui affichait Incoming Call : Unknown Number. Elle fronça les sourcils, intriguée. Soupira, comprenant que la curiosité ne la lâcherait que lorsqu'elle aurait répondu.

« Lieutenant Jane Rizzoli, » annonça-t-elle en décrochant.

Au début, elle n'entendit rien d'autre qu'une respiration haletante.

« Allo ?, » insista-t-elle.

« Lieutenant, » murmura une voix féminine à l'autre bout du fil, « Lieutenant, c'est Lauren Smith…vous m'aviez dit de vous appeler, je vous avais mis en numérotage rapide, je…j'ai un problème. Quelqu'un me suit depuis ma sortie du travail. Un homme. J-je suis à pieds.»

Jane se redressa et saisit un stylo.

« Ou êtes-vous ?, »

La jeune femme lui donna le nom d'une rue, des sanglots plein la voix.

« J'arrive, » dit précipitamment Jane. « Ne raccrochez surtout pas. »

Jane sauta sur ses pieds, enfila sa paire de bottines et saisit son Glock.

« Lauren ? Vous êtes toujours là ? »

« O-Oui, il ne s'est pas encore approché à plus de cinquante mètres, mais il me suit toujours. »

« Ne paniquez pas. Continuez de marcher comme si de rien n'était. Je monte dans ma voiture, je ne suis qu'à cinq minutes de l'endroit où vous vous trouvez. »

Jane monta dans sa voiture et démarra au quart de tour. Elle saisit la radio.

« Lieutenant Jane Rizzoli à Base, vous me recevez ? »

Un instant plus tard, une voix étouffée lui répondit.

« Affirmatif. »

« Code 10-200. Risque d'agression au croisement entre Congress Street et Milk Street. Je répète, risque d'agression au croisement entre Congress Street et Milk Street. Je suis sur la route, arrivée dans quelques minutes. Envoyez renforts rapidement. Terminé. »

« Bien reçu, Lieutenant. Terminé.»

Jane posa le micro et reprit son portable.

« Lauren ? »

« Il a a-accéléré, oh, seigneur » gémit la jeune femme dans son oreille.

« Je suis presque arrivée, Lauren, tenez bon. »

Un virage en épingle la coupa. Elle tourna brutalement, s'attirant des coups de klaxons rageurs des quelques voitures sur la route à cette heure. Arrivée sur Milk Street, elle se gara en double file, ouvrit la portière, sauta sur ses pieds et posa fermement sa main sur son arme.

« Lauren ? »

Silence.

Elle avança lentement dans la rue, plissant les yeux pour tenter d'apercevoir une silhouette dans l'obscurité. Tout était désert.

Un cri retentit, strident. Sans hésiter une seconde, Jane se mit à courir de toutes ses forces. Avisant une ruelle, elle ne réfléchit qu'une seconde avant de tourner.

Elle tira son arme. La ruelle était sombre, et elle ne vit qu'au dernier moment la silhouette athlétique se précipiter dans sa direction.

Un poing entra en contact avec son visage. Elle sentit son nez craquer, le sang couler sur son visage.

Goût du sang, métallique, dans sa bouche, dans ses conduits respiratoires.

Partout.

Elle s'affaissa.

« T'as appelé les flics, salope ?, » cracha une voix masculine.

« Je…s'il vous plaît, » suppliait Lauren Smith, la panique évidente dans sa voix.

Jane grogna doucement. La douleur fusa à travers son visage. Elle se releva la plus vite qu'elle le pouvait, son pistolet pointé à l'aveuglette devant elle.

« Mains en l'air ! »

Des doigts fermes saisirent son poignet. Le tordirent en arrière. Bruit écœurant d'un os brisé. Elle lâcha le Glock. La douleur, encore. Partout dans son corps. Elle hurla, un cri rauque qui vrilla son cerveau de part en part.

« T'es venue toute seule, ma belle ? Pas très maligne. »

Jane tenta de discerner le visage de son agresseur dans l'obscurité de la ruelle, mais sa vision était floue, brouillée par les larmes qui coulaient sans interruption.

Elle parvint à entrevoir le canon d'un pistolet, pointé directement sur son crâne.

« Tu vas crever, » lui annonça la voix de l'homme, dépourvue de toute émotion.

Jane ouvrit la bouche, se trouva incapable de parler. S'affaissa contre le mur.

Clac-clac, fit le pistolet lorsque l'homme amorça. Jane voulut fermer les yeux, tout sauf voir sa propre mort en face d'elle, mais son corps refusa d'obéir.

Le canon, béant, s'approcha de son front.

Une sirène de police, au loin. Un cri de rage, celui d'une femme, l'exclamation furieuse de l'homme. La détonation sèche qui résonna aux oreilles de Jane.

Ce n'étais plus de la douleur. C'était de la torture. Son corps entier brûlait, se tordait de l'intérieur. Déchirure dans sa poitrine. Chaleur de l'hémoglobine qui s'écoulait hors de son corps.

Elle ferma les yeux.


OoOoOoO


Jane tombe.


….à suivre…