Disclaimer : Tout appartient à Eiichiro Oda, sauf le grand chauve qui fait peur. Et la jeune fille. Ainsi que la carcasse de boeuf. Le nuage est moi aussi. Et puis/ Non, je vais pas citer tout ce qui vient de mon imagination, je pense que vous avez saisi le principe.
Rating : T pour l'instant. Quoi que c'est déjà à la limite du M... Disons que ça va déjà plus loin que dans le chapitre 1, et que si vous êtes très prudes et facilement choqués, ne lisez pas. Ou ne dites pas que je vous avais pas prévenus !
Pairing : Rien de sérieux pour l'instant.
Blabla d'auteure : Je sais ce que vous allez dire, j'ai bien pris mon temps pour le pondre ce chapitre. Eh bien je ne dirai qu'une chose : Vous avez raison. J'essaierai de faire mieux la prochaine fois.
Remerciements : A ma bêta readeuse (ça passe très mal au féminin francisé...) Zombie Doll Loan, qui a corrigé le texte et m'a donné de précieux conseils. Remerciez la aussi !
Trêve de bavardage, bonne lecture !
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.xXx.
L'air était lourd et étouffant. Cette atmosphère étrange était sûrement due à l'encens qui brûlait un peu partout dans la pièce, et qui embrumait l'esprit des clients qui paressaient sur les sofas, entourés de jeunes femmes en corset. Une grosse horloge trônait à l'autre bout de la pièce, mais les aiguilles avançaient à une telle lenteur que l'on pouvait de se demander si elle n'était pas cassée. Des fauteuils et des divans confortables et moelleux étaient éparpillés un peu partout, permettant aux clients de patienter à l'aise.
Mais toutes ces précautions avaient l'effet inverse sur le jeune matelot. Shanks se trouvait dans un tel état de stress qu'il avait du mal à se souvenir comment il avait atterri dans cet endroit.
Ils avaient débarqué à l'aube dans une petite crique au nord de l'île et avaient passé une bonne partie de la matinée à décharger le bateau du butin accumulé lors de leur traversée, pour le distribuer entre les pirates et mettre de côté l'argent nécessaire au ravitaillement, ainsi que pour les tonneaux vides de poudre à canon et d'eau. Ayant terminé ce qu'il avait à faire, Shanks s'était assis sur une caisse aux côtés de Baggy pour attendre sa part du butin. Celui-ci affûtait ses couteaux et ne semblait pas d'humeur à jouer.
- Qu'est-ce que tu m'veux, le roux ?
- Je me posais une question.
- Alors pourquoi c'est moi que tu viens voir ?
- T'es con…
- Pose-la, ta question, ou va faire chier quelqu'un d'autre…
- Est-ce que tu l'as déjà fait ?
- Hein ?
- Bah, tu vois de quoi je parle, non ? lui demanda Shanks avec un regard entendu.
- Ah, ça. Ouais. Pourquoi, pas toi ?
- Mais si ! s'exclama le roux. Je demandais juste comme ça !
- Arrête, j'te crois pas ! ricana Baggy.
Shanks se releva d'un bond, vexé par les moqueries du clown.
- La bonne blague ! continua le jeune homme. Shanks est toujours … !
Il fut coupé dans sa phrase par le poing de son camarade qui lui arriva en pleine mâchoire.
- La ferme, gros pif !
- COMMENT TU M'AS APPELÉ ?
- Hé, vous deux ! Fermez-la un peu !
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Passer la journée à faire le ravitaillement n'avait pas que des mauvais côtés. Pour commencer, il n'était pas - par le plus grand des hasards - accompagné de Baggy, qui commençait à l'énerver. Qu'avait-il donc fait au clown pour qu'il s'acharne sur lui à ce point ? Peu importait la réponse, puisqu'il ne l'avait plus sur le dos depuis trois heures déjà.
Ensuite, le port dans lequel ils avaient accosté grouillait de vie et de couleurs, et le soleil rayonnait. Il était agréable de se déplacer dans les rues, ce qui rendait plus aisé le transport de la nourriture. Tout aurait été parfait si Crocus et Skully n'avaient pas été de la partie. Shanks adorait le médecin, bien sûr, et il aimait particulièrement quand il racontait les histoires de tous ces gens qu'il avait croisés au cap des Jumeaux. Mais depuis qu'ils avaient eu un semblant de conversation à l'infirmerie, le jeune rouquin sentait le regard un peu inquiet du vieil homme. A cela s'ajoutait le fait que Skully lui avait rappelé, quelques heures auparavant, le marché qu'ils avaient conclu la veille. Plus les minutes défilaient, plus Shanks tentait de se rassurer et de se détendre. De ce qu'il avait entendu, l' « acte » n'était pas quelque chose que l'on pouvait qualifier de désagréable. Bien au contraire.
Alors qu'est-ce qui n'allait pas chez lui ? Pourquoi se rongeait-il les sangs pour cette simple « formalité » ? Il se faisait des idées, cette soirée n'aurait pas de conséquences graves sur sa vie future. Ce ne serait que du bon temps qu'il passerait en charmante compagnie, comme il en aurait tant d'autres dans les années à venir. Il se comporterait en homme, et les doutes qui le tiraillaient s'envoleraient, emportés par un courant d'air. Tout irait pour le mieux.
Alors quel était ce monstre qui lui déchirait les entrailles au fur et à mesure que l'aiguille poursuivait sa course effrénée sur le cadran de sa montre ? Ce monstre qui prenait de plus en plus de place, alors que chacun de ses pas le menait vers cet endroit dont il n'avait a priori rien à craindre.
Shanks sentit la bile lui monter aux lèvres, il fallait qu'il pense à autre chose, qu'il se débarrasse de cette angoisse avant de rendre son déjeuner sur le plancher de la boucherie.
- Ça va gamin ?
Il leva les yeux vers son ami chauve.
Non ça ne va pas ! Je suis torturé de l'intérieur parce que je ne sais pas si je suis un garçon normal qui appréciera à sa juste valeur la chaleur d'une femme ou un dégénéré qui passera ses nuits avec des hommes !
- Bien sûr, répondit-il avec un sourire forcé.
- T'es tout pâle, on dirait que tu vas dégobiller.
C'est le cas.
- Non, je suis juste un peu fatigué.
- Hum…
L'avantage avec Skully se trouvait dans le fait qu'il n'était pas homme à se prendre la tête. Simple et franc, il ne tournait pas autour du pot pendant des lustres et ne s'exprimait jamais en sous-entendus. Par conséquent, il partait du principe que les gens qui l'entouraient faisaient de même. C'était l'une des raisons pour lesquelles Shanks appréciait son compagnon.
Le mousse s'empara du sac que la jeune fille en face de lui lui tendait. Ce devait être la fille du patron, mais heureusement pour elle, elle n'avait, en aucune manière, hérité de la carrure de bûcheron de son père. Au contraire du vieux boucher, elle avait une silhouette fine et gracieuse, et était bien évidemment très jolie. Son visage d'ange détonnait au milieu de l'entrepôt où l'on proposait des carcasses entières de bœufs, de porcs et de moutons. Shanks se fit la remarque que ce pourrait bien être son genre de femme, avec ses cheveux blonds vénitiens retenus en tresse et ses yeux verts. Il lui offrit un sourire charmeur qui fit s'empourprer la demoiselle.
Oui, il ne laissait pas les femmes indifférentes, il l'avait déjà remarqué. En particulier les femmes plus âgées. Il avait plus d'une fois surpris des regards indiscrets, des regards qui ne laissaient aucun doute quant aux pensées de leurs propriétaires. Des regards qui avaient tendance à le rendre mal à l'aise, des regards qu'il fuyait.
Il fila hors du bâtiment à cause d'un autre type de regard, celui, peu avenant, du père qui concevait mal qu'on fasse les yeux doux à sa fille chérie. Shanks rattrapa le groupe qui avait, mine de rien, pris de l'avance. Une fois à leur niveau, il posa les mains sur son chapeau et leva les yeux au ciel en soupirant.
Il se mit, sans s'en rendre compte, à observer les rares nuages qui se laissaient aller mollement dans le ciel. La forme de l'un d'eux ressemblait vaguement à un clown, ce qui le fit naturellement penser à Baggy. Il n'avait pas vraiment voulu le frapper ce matin-là, aussi s'en voulait-il un peu. Il espérait que son ami le pardonne, et le Roux comptait sur le contenu du sac qu'il tenait pour l'aider à accepter ses excuses. Malgré leurs perpétuelles disputes, Shanks appréciait le garçon aux cheveux bleus. Ils avaient le même âge et avaient tous les deux intégré l'équipage à la même époque. Être définitivement brouillé avec lui serait pénible - d'autant plus que, pour des raisons obscures, le quartier-maître s'obstinait à les faire travailler ensemble. Oui, il lui ferait ses excuses.
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- Nous y voilà.
- Pardon ? demanda Shanks en sortant de ses pensées. Eh… Où sont les autres ?
- On s'est séparés il y a une demi-heure, vu qu'on avait fini le ravitaillement, lui expliqua Skully. T'as été à l'ouest tout l'après-midi.
Le jeune homme se gratta la tête de gêne et regarda autour de lui. Le soleil se couchait à l'horizon et les ruelles s'obscurcissaient. Ils se trouvaient dans une partie de la ville qu'il n'avait pas encore vue, les rues étaient plus étroites, moins fréquentées. Peut-être était-ce dû à la soirée qui s'avançait, peut-être étaient-ils arrivés là où les gens convenables ne se rendaient pas - officiellement du moins. Shanks leva les yeux vers le bâtiment auquel il faisait face. Une vieille bâtisse pourtant bien entretenue, sur le devant de laquelle était peint en lettres noires « Mme Claude - établissement privé ». Aux fenêtres, des femmes peu vêtues fumaient et riaient, interpelaient les rares passants.
Nous y voilà, susurra la bête tapie dans son estomac.
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Tic. Tac.
Skully disait connaître la patronne, une certaine Mme Claude, ce qu'il leur avait permis d'entrer dans cette maison plutôt élégante - une preuve d'hygiène irréprochable d'après Skully. Shanks attendait depuis ce qui lui semblait être une éternité que son ami revienne. Les effluves d'encens lui faisaient tourner la tête et il ne souhaitait plus qu'une chose, respirer de l'air frais. Alors qu'il se décidait finalement à quitter cet endroit, le pirate chauve entra de nouveau dans la pièce, accompagné cette fois d'une jeune femme en petite tenue. Il s'approcha du garçon et le poussa en l'encourageant silencieusement. Il lui tapa sur l'épaule en souriant. La femme aussi lui sourit et l'entraîna dans l'escalier qui montait aux chambres. Ils longèrent un couloir, passèrent devant des portes closes d'où s'échappaient des bruits étouffés, puis ils s'arrêtèrent finalement devant une porte recouverte de velours pourpre. La femme l'ouvrit et fit entrer le jeune homme. Elle lui indiqua le lit et s'installa à côté de lui. Puis, elle lui passa une main sur le genou, et sourit, amusée.
- Tu as quel âge ?
- Seize ans.
- Tu devrais te détendre un peu.
La femme se rapprocha un peu et Shanks sentit son souffle chaud dans son oreille, puis doucement contre son torse. Il ferma les yeux et se laissa aller au plaisir qui envahissait lentement son corps. Tout allait bien se passer. Il s'était fait du mauvais sang pour rien. Bien au contraire. Il appréciait ces mains qui le caressaient doucement, ces lèvres qui l'embrassaient, cette bouche qui…
Le mousse poussa un soupir de plaisir. Un plaisir qui l'enivrait et faisait déjà battre son cœur à une cadence accélérée. Il était bien, tout simplement. Une chaleur lancinante lui brûlait les reins, se propageant rapidement dans les moindres recoins de son corps, et le faisait vibrer de luxure.
Cette brusque vague de plaisir réduisit en miettes ses dernières parcelles de résistance.
Son corps se tendit alors qu'il atteignait sa limite. La femme cessa aussitôt ses traitements pour l'empêcher de terminer trop tôt, se redressa souplement et lui caressa le visage.
- Doucement… souffla-t-elle.
Le souffle coupé, Shanks se laissa embrasser, la tête encore embrumée par la jouissance qui l'avait envahi. Mais la frustration de ne pas avoir pu se libérer l'empêchait de pouvoir de nouveau respirer normalement.
La fille de joie se laissa glisser sur le dos, replia ses jambes et écarta les cuisses.
- Viens. Juste là…
Le jeune homme se rapprocha lentement et posa ses mains sur les genoux qui lui étaient présentés.
Nous y voilà.
Il suivit comme il le pouvait les instructions que la femme lui donnait dans un murmure presque inaudible. A moins que ça n'ait été le bourdonnement grandissant dans ses oreilles qui déformait ses paroles.
Il y alla lentement, il prit son temps. Du moins, il fit de son mieux pour ne pas céder à l'excitation qui lui ordonnait de foncer. Quand il fut complètement à l'intérieur, il fut alors envahi de frissons. Mais pas ceux de plaisir qu'il avait ressentis un peu avant. C'était… différent.
Il donna un coup de hanche. Puis un deuxième, et un troisième… Son corps était envahi d'une frénésie incontrôlable, presque bestiale. Son bassin basculait de lui-même, ses mains s'agrippaient aux draps humides de sueur. Il tremblait de tout son corps. Il avait chaud. Il avait froid.
Cet enivrement qui lui tournait la tête se transforma peu à peu en nausée.
La femme gémissait.
Les chairs s'entrechoquaient.
Le lit craquait.
Les souffles étaient courts.
Il avait le cœur au bord des lèvres.
Dans son ventre, la bête rugissait et se faisait un malin plaisir à réduire en lambeaux ses entrailles.
Sa vue se brouilla soudainement, ses oreilles se bouchèrent et le sol vacilla dangereusement.
Il eut un haut-le-cœur.
- Kof ! Kof ! Kof !
- Est-ce que ça va ?
Le mousse avait juste eu le temps de se ruer dans la salle de bains avant de vider son estomac dans les toilettes.
- J-je suis désolé. Je suis vraiment pas bien. Je… Je vais rentrer. Merci pour tout.
- Tu devrais t'assoir, t'es tout blanc, s'inquiéta-t-elle.
- Non ! C'est bon ! se récria Shanks. Mais… est-ce que…
- Ne t'inquiète pas, ton ami a déjà réglé.
La jeune femme regarda perplexe le jeune roux au chapeau de paille détaler hors de l'établissement et disparaître dans les rues sombres. Puis elle soupira et rentra. Elle avait d'autres chats à fouetter et n'avait pas de temps à perdre. Ce gamin n'était pas le premier dans son genre, et il ne serait certainement pas le dernier.
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Voilà, voilà. Pour celles (ceux ?) qui connaissent la référence et qui ont un doute, Mme Claude est bien inspirée de la réalité. Si vous ne voyez pas de quoi je parle, c'est pas grave ! ^^
J'espère que ça vous a plu, et pour me le confirmer (ou pour me dire que vous avez vraiment pas aimé), vous pouvez utiliser la review, c'est bien pratique ! :P
A très bientôt pour le chapitre suivant. (Je suis en "vacances", ça devrait aller plus vite !)
