Disclaimer : Je ne tire aucun profit de cette histoire. Les personnages de « Hannibal » appartiennent à leurs propriétaires et tous les droits de création leur appartiennent.
Rating : T
Genre : angst ; romance
Personnages : Will GRAHAM ; Hannibal LECTER
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Date : samedi 7 avril 2018
Thème 3 (23h00) : preuve
Durée d'écriture : 1h05
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HAINE
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Will détesta Hannibal, dès la première seconde. Certes, ce n'était pas la faute du médecin. Pas vraiment. C'était Jack qui était allé le chercher pour analyser son "consultant qui avait un peu trop d'empathie". Mais Hannibal était venu, d'une part, et on n'avait pas demandé à Will de l'apprécier, d'autre part. Alors il ne l'aima pas.
Les premières séances furent une torture mentale pour lui qui fuyait ses congénères. Devoir parler, se confier... Il avait eu peur, il s'était senti mal, avait eu envie de vomir à certains moments. Puis il avait fini par se rendre compte qu'il survivait à chaque séance et y était allé avec un peu plus de sérénité les fois suivantes. Ça ne voulait pas dire qu'il l'appréciait. Non. Il y avait cette chose chez lui qui le dérangeait. Il ne pouvait pas dire quoi, mais c'était là, et ça le tiraillait, du côté de l'estomac. Comme si ce dernier se retournait dès qu'il voyait le psychiatre.
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Il y avait eu les conséquences du meurtre de Hobbs, dans son cerveau, et Hannibal s'en était servi. Cette enflure. Le médecin avait commencé à le manipuler. Et lui, il n'avait rien vu. Encore une fois, la maladie ne l'avait pas aidé, d'autant que le psychiatre l'avait intensifiée, mais tout de même, il aurait pu trouver un moyen de se rebeller et de tout envoyer balader. Parfois, il se dit que c'est son instinct qui avait réagit, qui avait eu peur, qui avait sentit le monstre et qui l'avait protégé en se laissant faire. Drôle de façon de se protéger, en passant, mais il s'agissait de l'instinct de Will, pas celui d'une personne saine d'esprit.
Les semaines s'étaient enchaînées, les meurtres de l'éventreur avaient refleuris en même temps que le printemps arrivait, et Will avait fini par comprendre, quelques mois plus tard. Ce jour-là, sa haine n'avait pas seulement titillé son estomac. Elle lui avait fait courir un frisson tout le long de son échine. Et il l'avait détesté... tellement... il avait haït quelqu'un pour la première fois de sa vie. Il avait eu assez de rage en lui pour tenter de faire payer, de faire emprisonner Hannibal. Et c'est lui, Will, qui s'était retrouvé derrière les barreaux.
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En prison, il n'avait pas perdu de temps à savoir à quel point il le détestait. Il avait juste cherché un moyen de se venger. Il avait fini par sortir, et le jeu du chat et de la souris avait commencé. Il avait passé de plus en plus de temps avec lui, il était rentré dans le jeu du psychiatre, qui voulait l'attirer à lui, le faire tomber. Il avait frisé la ligne tellement de fois... et plus le temps avait passé, plus il lui en avait voulu, parce qu'il avait peur de se perdre lui-même, et alors Hannibal aurait gagné. Le médecin était dans ses pensées jour et nuit. Il en rêvait, et pas forcément du cerf corbeau. Mais de l'homme.
Il s'était accroché à sa haine pour le médecin quand il n'avait plus rien eu d'autre pour le sauver. Sauf qu'en s'accrochant au sentiment, il s'était rapproché de celui qui la provoquait, cette haine. Ce n'est pas comme s'il avait réellement eu un autre choix, mais tout de même.
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Et puis il y avait eu ce dîner manqué, et il aurait pu ressentir autre chose que de la haine, parce que voir Hannibal pleurer lui avait retourné l'estomac, mais dans sa douleur, le psychiatre avait sacrifié la seule personne à qui Will tenait sincèrement. Et une fois qu'il avait été réveillé et s'était rappelé de la mort de Abigail, sa haine augmenta tellement qu'elle lui fit mal. Plus mal que sa cicatrice qui le tiraillait. Plus mal que la mort de son dernier chien, être auquel il avait le plus tenu jusque là. Il détesta tellement Hannibal qu'il en pleura, parfois.
Il voulut encore s'accrocher à cette haine, mais il savait qu'elle était dangereuse, et que le jeu dangereux auxquels il s'était adonné pour attraper le médecin l'avait rapproché encore un peu plus des limites de ce qui était moralement acceptable dans la société, mais il ne savait comment s'en débarrasser. Et puis il y avait eu cet îlot d'espoir, cette oasis au milieu du désert. Molly.
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Mais la haine avait fini par reprendre le dessus parce que peu importe combien il avait essayé, sa tête était remplie de haine. De haine du psychiatre. Et dire que c'était son sens du devoir qui l'avait poussé à sortir de sa retraite n'était qu'une excuse. La vérité, c'était qu'il voulait retrouver Hannibal. Il voulait exorciser sa haine. Il commença à ne plus en pouvoir de ces sensations qui le remuaient quasi constamment...
Pourquoi avait-t-il proposé de sortir Lecter de prison ? Parce qu'il avait eu une envie de plus en plus forte de le tuer ? Peut-être. Il n'en était plus certain. Mais de toute façon, il était trop tard, n'est ce pas.
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La chasse au dragon fut à la fois un soulagement et une torture. La présence d'Hannibal l'apaisa, mais sa haine le brûla continuellement. Et ils trouvèrent le dragon, où le dragon les trouva... ou ils laissèrent le dragon les trouver, pour être honnête.
La flamme de la haine flamboya en lui comme jamais, alors qu'ils tuaient à deux la créature, et Will eut un doute. Parce qu'il se rendit brusquement compte qu'il ne ressentait plus de colère, qu'il ne restait cette flamme dévorante dans son corps, dans son cœur. Hannibal lui dit ensuite que c'était ce qu'il avait toujours cherché à atteindre, à obtenir, pour eux deux. Le doute de Will se renforça. Ce n'était vraiment pas normal. Il détestait Hannibal... Non ?
Oui, bien sûr qu'il le détestait. Il l'a jeté en bas de la falaise. Il l'a tué. C'était bien une preuve, non ? ...
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Qu'il saute avec lui parce qu'il se rend compte qu'il ne peut pas vivre sans le médecin ne change rien. Parce qu'il le déteste. Il en est certain, parce que la flamme a brûlé toujours plus fort, à chaque seconde qui est passée depuis leur rencontre.
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