Bonjour à tous et merci pour vos reviews qui me font plaisir ! Je suis contente que vous aimez, mais je crois qu'avec ce chapitre, ainsi qu'avec celui qui suivra, vous allez me détester! Bref, je vous laisse lire ! Par contre petite précision importante: il est fort possible que, par la suite, ma fic soit OOC, Heller n'ayant jamais traité ce genre de sujet. J'espère malgré tout que vous aimerez :)

Bonne lecture !


POV de Lisbon

Arrivée au bureau, je constatai l'absence de Jane. Encore. Depuis que nous avions trouvé les dernières informations nous permettant de restreindre la liste des suspects pouvant être Red John, il ne quittait presque plus son grenier, et les disputes entre nous étaient de plus en plus fréquentes. Je me doutais que son côté vengeur reprenait le dessus, mais j'osais croire que, pour l'équipe, pour Sarah et pour moi― pour nous― il ne ferait rien qui puisse l'amener en prison… ou pire.

Devant Sarah, nous donnions le change, lui faisant croire que tout allait bien. Jane y excellait, et je n'avais qu'à approuver. Cependant, notre relation se dégradait. Il devenait plus taciturne, ne venait plus sur le terrain. J'avais la sensation de retrouver le Jane des premiers temps. Son regard n'abritait plus aucune chaleur, seulement un éclat qui m'effrayait. Nous avions déjà parlé de ce qui se passerait, bien avant que nous ne soyons plus proches, pourtant, je souhaitais ardemment qu'une fois le moment venu, il abandonne et laisse la justice s'en occuper.

Cette situation me pesait. L'ombre de Red John planait constamment sur nous, que ce soit au travail ou dehors. Rares étaient les nuits où il ne partait pas à l'aube, rares étaient les marques d'affection devant Sarah. Même envers elle, il agissait presque comme un inconnu, il n'osait l'étreindre en public, voulant à tout prix lui épargner une souffrance qui ne se produirait peut-être jamais. Je pensais qu'avec de la patience, il aurait réussi à s'ouvrir, à avancer. J'en étais venue à croire qu'il ne m'aimait pas vraiment, qu'il n'était là que par pitié. Pourtant, je savais que je me trompais quand son regard se posait sur moi. Certes, il ne m'avait jamais dit « je t'aime », mais ce qui se passait entre nous parlait pour lui. Moi non plus je n'avais pu lui dire ces trois mots. J'avais essayé un soir, alors que nous étions tous deux allongés dans le canapé devant un film dont le générique de fin s'étalait sur une musique douce. J'avais tenté de le lui dire, et, face à son regard pénétrant, je m'étais tue, incapable de trouver les mots. « Ce n'est pas le bon moment » avait-il alors prononcé dans un sourire avant de m'embrasser et de m'étreindre un peu plus contre lui, c'était si simple de laisser le silence parler pour nous. Il savait et savait que je savais. Il n'y avait pas besoin de mots. Pour l'instant.

« Patron, je peux vous parler ? » Cho se tenait à ma porte, toujours aussi stoïque. Je relevais cependant une certaine inquiétude dans le timbre de sa voix. Ou peut-être devenais-je trop paranoïaque avec toute cette histoire. D'un geste de la main, je l'invitai à entrer et à s'installer sur le siège face à mon bureau, qu'il déclina.

Quelques minutes. Juste quelques minutes avant qu'il ne sortît, me laissant désemparée.

Que devais-je faire ?

Que devais-je faire ? Cette question me hantait encore alors que je montais les marches me menant au grenier. Si je le lui disais, il irait se jeter dans la gueule du loup sans réfléchir, tandis qu'en gardant le silence, je pouvais l'épargner. Lui mentir ne serait pas aisé, il le saurait, je devais tenter. Je pouvais mettre cela sur le compte de notre dernière dispute, quitte à ce qu'il m'en veuille par la suite. Je faisais ça pour lui. Pour que le « nous » futur ne soit pas seulement hypothétique.

Frappant deux coups discrets, j'attendis une réponse qui ne vint pas, puis ouvris finalement la porte et entrai. Jane était là, allongé sur son lit de fortune, les mains croisés sur sa poitrine. Doucement, je m'approchai, et m'assis près de lui. Je me doutais qu'il ne dormait pas, et profitai malgré tout de l'opportunité que j'avais pour l'observer.

- Cessez ça tout de suite Lisbon ! Fit-il dans un sourire sans pour autant ouvrir les yeux.

- Pourquoi ? Cela vous perturbe ? Rétorquai-je en souriant à mon tour, consciente qu'en détendant l'atmosphère, il me serait plus facile de lui parler.

- Ce serait plutôt toi qui serais troublée, non ? Interrogea-t-il en s'asseyant, ancrant son regard au mien, un regard pénétrant, celui qu'il utilisait toujours pour me déstabiliser. En quelques secondes, il réussit à me faire tourner la tête, rougissante.

Je le haïssais quand il faisait ça, quand il utilisait ses charmes pour mieux m'atteindre. Pourtant, je n'arrivais pas à lui en vouloir. Loin de là. Tout heureux, il se mit sur le bord du lit, sa jambe frôlant la mienne.

- Alors, que me vaut l'honneur de ta visite ?

- Il faut qu'on parle, lançai-je, soudain mal à l'aise.

- Oh, quand tu as ce ton là, c'est que c'est grave.

Il s'installa un peu mieux, alors que je me dirigeais vers la fenêtre, laissant le silence prendre possession de la pièce.

POV de Jane

J'ignorais ce qu'elle avait à m'annoncer, mais cela semblait présager une énième dispute. J'étais difficilement abordable et supportable ces derniers temps, et Teresa en faisait les frais malgré moi. Une part de moi voulait la protéger, profiter de cette nouvelle chance, de ce nouveau bonheur. L'autre part, quant à elle, se souvenait de la promesse faite, et que je me devais d'honorer. Je m'avançai, me plaçant juste derrière elle, et posai mes mains sur ses avant-bras.

- Ecoute, je sais que je n'ai pas été très présent pour toi, ni très agréable dernièrement, mais si tu es venue ici pour qu'on parle de ça, d'accord. C'est une mauvaise passe, et je…

- On sait qui est Red John.

Frappé de stupeur, j'ôtai mes mains de sa peau, comme si celle-ci me brûlait. J'avais mal entendu, c'était ça, juste un problème de compréhension. Or, en m'attardant sur la fenêtre, je distinguai le reflet grave et triste de Teresa. Ainsi donc, j'avais bien compris. Red John n'était plus un inconnu. A cette pensée, une rage indescriptible s'empara de moi, le désir de vengeance refit surface, et je serrai les poings.