Minou miaule à l'arrière de la voiture, ça fait des heures qu'il n'arrête pas. Je grogne fort, et il se cache dans le fond de sa boîte à chat. Je ricane en mettant plus fort le son de la musique. Je suis une grande amatrice des Sex Pistols et de tous les vieux rocks.

- T'es obligé de faire ça ? Demande Angie assise à côté de moi.

- Il m'empêchait de me concentrer sur la route ! Je me défends.

- Tu aurais pu au moins mettre un lecteur CD, elle rouspète.

- Non, Vade Rétro Satanas, on ne corrompt pas Julianne.

Les jeunes d'aujourd'hui, aucun respect pour les objets authentiques. Julianne est ma voiture. Je l'ai acheté dès que je l'ai vue. C'est mon bébé. Une petite coccinelle 1975 jaune customisé avec une échelle attachée au porte bagage sur le toit et une autre au pare-brise arrière, j'ai trouvé une superbe antenne avec un smillé au bout du même jaune poussin que le reste de la voiture, Julianne est la plus belle.

Étonnamment je ne l'ai pas raillé, ni cassé quoi que ce soit, maman dit que c'est parce que c'est moi qui devrai payer les réparations. Je ne suis pas d'accord, j'ai toujours payé celle de sa voiture. A peu près. Quand je suis en tort. Pas de commenter, ok ! J'ai 16 ans, je ne suis pas riche.

Dès que je l'ai vue j'ai lui est sauté dessus. Littéralement. J'ai conclu la vente assise sur le toit. D'autres clients étaient intéressés alors j'ai marqué mon territoire. Non, je n'ai pas fait pipi dessus, ça, je le fais les soirs de pleine lune mais j'ai un instinct. Je ne peux pas m'en empêcher.

On passe le panneau indiquant Forks, Mark n'a pas déconné y'a de la verdure à perte de vue. J'ai les nerfs à fleur de peau la prochaine pleine lune est dans trois jours. J'ai toujours eu les sens ultra développés mais plus la lune est proche plus ils sont exaspérés. Etre un loup-garou c'est pas cool. Y'a les bons côtés et les mauvais. Je suis plus forte et plus rapide, la guérison rapide, la santé de fer va avec, une température élevée mais c'est tout. Etre une telle chose vous apprend des secrets que vous auriez préféré ignorer. Les monstres comme moi ne sont pas les seules à roder dans l'obscurité.

Waouh, je pille comme une malade. Un vieux break vient de me griller la priorité. Elle est arrêtée juste devant moi. Enfoiré ! Je vérifie sur Angie, ma sœur va bien. Elle se retourne pour faire pareil avec Minou et moi je sors vénère.

- Et tocard, t'es aveugle ou quoi ? Y'a un panneau stop là, je gueule en pointant du doigt le panneau.

Je ne suis pas une de ces filles qui savent ce que veut dire chuchoté. Le type sort, il y 3 autres gars dans la voiture et ils me regardent tous. Le mec est grand, une tête de plus que moi. Je suis de taille moyenne, 1m63, je tiens à préciser les 3 centimètres. Il est balès comme un joueur de football, je renifle et je sais exactement quel genre d'homme il est. C'est fou ce qu'on peut apprendre d'une personne grâce à son odeur. Alimentation, santé, caractère, besoin sexuel. Pour les 2 derniers pas besoin d'odeur, tout est inscrit sur son visage. Il est en colère et tendu, je ne m'avance pas en disant que c'est un sang chaud et capricieux ainsi qu'un coureur de jupon.

Les ados en face de moi sont des natifs de la réserve. Ils ont tous la peau rousse, les yeux et la peau foncée.

- T'as dit quoi pétasse ? Répète voir.

Si les regards pouvaient tuer, je serais morte sur place. Un tas de cendre. Mais je ne me dégonfle pas, je pourrais le casser en deux si je le voulais.

- En plus d'être con, t'es sourd (il m'a tendu la perche). J'ai dit que t'es un danger public, t'as eu où ton permis ? Dans un magic box ? Retourne le rendre, tu sauveras des vies.

Il avance d'un pas, son cœur bat vite et fort, il me regarde de haut en bas. Je le vois serrer les poings et la mâchoire. Il s'oblige à prendre de grande inspiration, il veut se calmer. Ça ne fonctionne pas, son cœur bat toujours à la même allure. Il donne un coup d'œil à Angie, elle a peur, n'importe quel imbécile peut le voir mais ce n'est pas pour moi. Ma sœur sait de quoi je suis capable.

- Retourne dans ta voiture, connasse.

- Tu vas faire quoi si je ne rentre pas, hein ? Je demande avec un grand sourire.

- C'est quoi toi problème ? Tu te grattes ?

- Maya, s'il te plait.

L'enfoiré et moi on se tourne vers Angie, son prénom résume tout. Elle a pris après notre père, même son caractère. Blonde avec de grands yeux bleus, petite et menue. Une petite poupée qu'on veut protéger. Tout en elle transpire la douceur et la tendresse. Moi je ressemble aux membres du côté de maman même les gènes lycanthrope. J'ai des longs cheveux bruns foncés et lisse, avec des yeux bruns presque noir, des hautes pommettes et teint de pêche légèrement tanné. Les mecs de la meute ont toujours dit que j'étais chaude, un ventre plat et des formes fermes toute en rondeurs, s'en me vanté j'ai toujours su que j'étais canon.

Je foudroie l'enfoiré et je rentre dans la voiture. Si ce n'était pas pour ma sœur j'aurais continué. Trou du cul, je lui fais signe d'avancer il est déjà au milieu de la voie, autant terminée. Il démarre en trompe, et après c'est moi qui ne sait pas conduire ?

Il y a une ligne invisible entre le Push et Forks, les maisons de la ville sont plus récentes, les jardins sont décoratifs, clairement, Forks est plus riche. Celles de la réserve sont très bien entretenue pour la plupart, mais vieille et devant il y des potager. Mark doit faire partie doit faire partie du petit pourcentage qui a réussit et du plus petit encore qui est revenu pour en faire profiter la communauté.

La maison de Mark est la plus grande que j'ai vue jusqu'ici. Je me gare dans l'allée en klaxonnant. Maman est arrivé y'a deux jours, avec le reste des affaires et préparé le terrain. Des voisins de l'autre côté de la rue sont sorti pour voir ce qui ce passe. J'ai la main lourde avec le klaxon.

- Maya, maintenant tous les voisins savent que vous êtes là ! Se plaint Maman.

- Ah bon ? Je sors de la voiture et je regarde autour de moi. Ah oui ! Bonjours ! Je salue en secouant la main.

Les voisins, un couple et leurs enfants, une très jolie fille plus vieille que moi et un garçon du même âge qu'Angie, me rend mon salut en me regardant un peu ahuri. Mark sort aussi et regarde ma voiture. Il gèle à la manière dont je l'ai garé. A moitié sur le gazon. Angie va les embrasser et j'en fais de même. Malgré mon entrée bruyante, il me sourit chaleureusement et rend mon étreinte. Si mon petit problème de fourrure lui fait peur il n'en montre rien, et son cœur bat à la même vitesse quand il m'embrasse qu'avec Angie.


Angie et moi on va devoir partager la chambre, ça ne me dérange pas, en revanche ce qui le fait c'est qu'on va devoir partager la salle de bain avec Paul. Le fils de Mark n'était pas à la maison pour notre arrivée, de ce que j'ai compris il file un mauvais coton. Un fait qui inquiète profondément Mark. Je peux comprendre, quel parent voudrait voir ses enfants s'écarter du droit chemin ? J'ai beau être difficile et têtu, jamais il ne me viendrait à l'esprit de manquer de respect à ma mère.

Se cacher dans le coffre n'en fait pas partie, j'étais inquiète !

- Je fais à manger, crie maman de la cuisine.

Ma petite sœur et moi on se regarde, horrifié. Non ! Absolument pas ! On dévale les escaliers ensemble. Je ne sais pas si Mark est au courant mais maman est un monstre aussi. En rentrant on voie maman avec une poêle à frire. Pour ceux qui ne savent pas, il faut les prévenir. Voir ma mère avec un instrument de cuisine équivaut à voir un fou avec tronçonneuse dans une maternelle, un terroriste au centre commercial avec une bombe, que Dieu, Bouddha, Allah nous protège tous et je ne suis pas croyante. Je fuis tous les lieux religieux comme la peste. C'est pour expliquer la gravité de la situation.

Honnêtement je ne sais pas comment nous avons survécu Angie et moi jusqu'à ce que je sois assez âgé pour cuisiner. Même avec un métabolisme comme le mien, je suis étonnée. Je ne compte plus tous les toaster, les poêles et autres ustensiles de cuisine qu'elle a bousillée. Il y a aussi les débuts d'incendie, nous appelions les pompiers de notre ancienne ville par leurs prénoms.

Gordon Ramsey ferait venir un exorciste pour ma mère.

Je ne plaisante pas. Jamais quand il s'agit de la cuisine et de ma mère. Jamais.

- Maman, lâche ça, s'il te plait, tente Angie impuissante et suppliante.

En vain, maman regarde la poêle puis nous avec des yeux innocents. Toutes les femmes de notre famille sont fortes et têtues. On n'abandonne jamais. Malheureusement pour nous, ça marche aussi avec la cuisine même quand on sait qu'il n'y a pas d'espoir. Mais Angie et moi on est réaliste. Donc d'un commun accord nous nous avançons vers ma mère, des deux côtés. Elle tente de s'échapper mais je suis plus rapide et je l'encercle par la taille. Je la tiens fermement mais elle se jette au sol et Angie tire la poêle des mains de maman. Tout ça dans les cris.

Quelqu'un tousse et je peux entendre deux cœurs plus qui battent en plus des nôtres. On se redresse en essayant de prendre un air détaché. Mark est profondément amusé et à côté de lui un jeune homme.

Le chauffard trou du cul.

- Les filles je vous présente mon fils Paul.