Titre : Back
Disclaimer : Toute l'œuvre Harry Potter sur laquelle je me base est la propriété de J.K. Rowling.
Warning : (que j'ai un poil oublié au chapitre précédent) Ne prend pas en compte l'épilogue ni tous les éléments du livre 7. Relations homosexuelles explicitées. A noter aussi que j'ai gardé la version originale du prénom de Draco Malfoy. Aucun personnage original (OC) ne sera mis au premier plan.
Musique : Le thème de Koyuki Kazahana (Naruto) que je vous encourage vivement à écouter sur youtube, il est magnifique et très doux et il colle parfaitement à l'ambiance que je voulais donner au Chemin de Traverse.
Note : Deuxième chapitre avec une surprise… de taille. Mais pitié, ne vous enfuyez pas, les explications viendront au fil de l'histoire X)

Réponses aux anonymes :

Guest 1 : Déjà ? Waw, ben ça me fait vraiment plaisir alors, j'suis ravie que ça t'ait plu autant et je te remercie pour tous ces compliments :) Maintenant, j'ai plus qu'à croiser les doigts pour que la suite te plaise tout autant que le début ^^

Guest 2 : Merci, j'suis super flattée de recevoir autant de compliments V/V Pour les personnages authentiques, c'est quand même un sacré compliment et j'suis pas certaine d'en mériter autant mais bon, tant qu'à faire, je profite hein X) Donc merci, merci, merci ! J'espère que la suite ne te décevra pas :)

Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture.

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Chapitre IIème

« Je regrette de ne pas t'avoir accompagnée. »

Hermione sursauta et se détourna du plan de travail sur lequel elle s'appliquait à trancher un poivron en lamelles. Dans l'encadrement de la porte se tenait Neville, un sourire timide chevillé au coin des lèvres. Il frottait ses mains moites l'une contre l'autre, sous son ventre mou, et ses pommettes rougissaient toujours un peu. Hermione se sentit sourire, attendrie.

« Où donc ?

- Oh, tu sais. » Il avança enfin dans la petite cuisine et prit place à la grande table de bois. « Chez Felius.

- Oh, c'est vrai.

- Il chantait ? » Elle haussa les sourcils. « Le tournechant. » Précisa-t-il.

Elle s'était remise à trancher le légume rouge avec des gestes lents et appliqués lorsqu'elle hocha la tête. Derrière elle, Neville pinça les lèvres et se pencha sur le côté, pour la voir faire.

« Et puis si j'étais venu avec toi, j'aurais pu éviter la scène d'hier. » Soupira-t-il en croisant ses larges mains sur la nappe aux motifs floraux que Mrs Weasley avait installée avant le dîner de la veille. « Ginny avait l'air tellement en colère.

- J'ai vu, oui. » Sous sa lourde frange caramel, Hermione s'était rembrunie. Elle avait passé plus d'une heure à détendre Ron après son retour. « Neville… » Le jeune homme releva la tête, attentif face à l'hésitation de sa camarade. Ses mains s'étaient immobilisées et elle mit une longue seconde avant de continuer : « Que s'est-il passé ?

- Ron ne t'a pas raconté ? » S'étonna Londubat en haussant les sourcils.

Granger secoua la tête sans se retourner, les yeux fixés sur ses propres mains. Ron n'avait rien dit de toute la soirée.

« Eh bien… Quand tu es allée à la BL[1], Ginny, Ron et moi, on est partis donner un coup de main à Dean, à propos d'une invasion de goules dans l'appartement de sa grand-mère paternelle. Ça nous a pris la moitié de l'après-midi. Quand on est repartis, on a décidé de passer par le Chemin de Traverse, pour t'attendre au Chaudron Baveur. » Une ridule apparut sur son front quand il fronça les sourcils et son expression se fit amère. « Au bout d'une demi-heure, on a entendu un boucan terrible dehors et quand on est sortis, une milice mettait à sac la boutique de Madame Guipure. »

Hermione se tourna enfin vers lui, l'air inquiet et désorienté. Elle tenait toujours son large couteau à la main, les doigts couverts de pépins

« Madame Guipure ? Mais… pourquoi ?

- Parce qu'ils la suspectaient d'avoir fait partie d'un réseau d'informations au service de Voldemort pendant la guerre. » Avoua Neville sur un ton dépité. « Ginny est tout de suite intervenue en utilisant sa baguette. Ça a bien failli dégénérer mais Monsieur Lupin est arrivé à temps, avec Harry, pour calmer la situation.

- Et Madame Guipure ? » Neville haussa les épaules en signe d'impuissance.

- Ils ont fini par la laisser en paix mais on a dû l'aider à ranger sa boutique. La moitié de ses articles est inutilisable. »

Hermione poussa un soupir fatigué. Jusqu'où toute cette paranoïa allait-elle mener l'Angleterre sorcière ? Elle posa le dos de son poignet sur son front, à défaut de pouvoir y mettre sa main humide, et ferma les yeux, la gorge nouée. La voyant faire, Neville se releva et s'approcha d'elle jusqu'à pouvoir la prendre dans ses bras. Elle se laissa faire et posa sa joue dans le creux rassurant de son épaule. Par un malheureux réflexe, elle s'accrocha à son pull, au niveau des flancs, ce qui suffit à alerter le jeune homme. Sans relâcher son étreinte, il recula un peu la tête pour voir son visage. Elle ne pleurait pas mais semblait terriblement abattue.

Depuis combien de temps n'avait-elle plus été réconfortée de la sorte ? Neville repensa à toutes les étreintes qu'elle avait partagées avec Ron et parmi elles, il n'en trouva aucune qui fut spontanément offerte par le grand roux. Il lui prenait peut-être la main avec une certaine pudeur lorsqu'elle se sentait mal mais jamais plus.

Il se sentit désolé pour elle et reposa doucement son menton sur le sommet de son crâne, glissant sa main dans la cascade de boucles dorées qui couvrait ses épaules.

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Le Chemin de Traverse était presque méconnaissable depuis la fin de la guerre. Désertée par la foule qui s'amassait auparavant devant chaque vitrine, la grisaille de Londres éployait sur la triste rue commerçante un jour terne et sans éclat. Les rares sorciers qui traversaient encore les rues s'encapuchonnaient dans leurs robes comme des voleurs et leurs silhouettes lugubres ne devenaient alors plus que des ombres sans visage et sans vie.

Même l'Allée des Embrumes, avant la guerre, n'avait jamais paru si sinistre à Harry. Mais le pire restait sans doute les sanglots étouffés qu'il avait entendus en passant près de la boutique de Madame Guipure. Il se demandait encore si sa vitrine allait rejoindre toutes celles qui avaient été barricadées par de vieilles planches de bois. Comme celle de Florian Fortârome.

Il avait lâchement détourné les yeux, talonnant Remus qui n'avait pas tourné la tête une seule fois, le visage fermé. Comme l'avait fait Hermione la veille, ils tournèrent à l'embranchement qui menait à l'Allée des Embrumes, envoyés par Molly qui manquait d'ingrédients pour une potion antiémétique. La vision était toute aussi insoutenable car personne excepté Felius n'avait pris la peine de restaurer les ruines qui jonchaient le sol et encombraient le passage. Tout devenait purement et simplement inaccessible à partir de Barjow et Beurk. Ou de ce qu'il en restait.

La petite clochette grelotta dans le silence de l'herboristerie Felius lorsqu'ils pénétrèrent à l'intérieur. Personne ne se trouvait au comptoir, ni même dans les rayons mais Harry ne s'en préoccupait pas, observant à loisir toute la flore nocturne qui peuplait les étagères et qui s'animait dès que les deux hommes s'approchaient. Il était rarement venu ici, même avec Hermione, aussi redécouvrait-il chaque espèce comme s'il s'agissait de la première fois. Il ne se souvenait que d'une chose, l'énorme fleur blanche posée sur le comptoir et offerte à une délicate lumière lunaire que distillait un petit déluminateur[2] installé près d'elle.

A ses côtés, Remus tendait le cou vers l'avant et tentait d'apercevoir l'arrière-boutique par l'entrebâillement de la porte qui y menait.

« Que voulez-vous ? »

La voix froide émergeait directement de l'ouverture. Remus retint un soupir. L'élargissement de sa clientèle n'avait pas rendu Jafar Felius plus aimable.

« Bonjour ! » Commença-t-il tout de même d'une voix forte. « Je cherche du gingembre ! »

Un reniflement agacé qu'on ne prit pas la peine d'étouffer lui répondit bien avant Felius :

« Vous pensez vraiment que je vends ce genre de choses ici ?

- Cela me semblait logique pour un herboriste.

- Avancez, je ne vous entends pas. » Grommela finalement le vieux commerçant après une brève hésitation.

Remus leva les yeux au ciel avant de les baisser vers Harry. Celui-ci haussa un sourcil, puis les épaules, les mains profondément enfoncées dans ses poches.

« Je t'attends là. »

Un mince sourire étira les lèvres de l'ancien professeur et il abandonna son protégé sur un dernier signe de tête entendu, se glissant dans l'arrière-boutique où Felius s'occupait d'offrir les soins les plus délicats à une énième variété de plante magique – au moins une qui profitait de la délicatesse quasi-inexistante de l'herboriste.

Les reins appuyés contre le comptoir, Harry observait paresseusement l'immense tournechant et les nitescences qui s'éparpillaient sur les longs pétales blancs lorsqu'un autre éclat, perdu dans les rayons sombres, attira son attention. Il se redressa, à l'affût, mais déjà l'éclat avait disparu. Intrigué, il quitta l'avant du magasin pour rejoindre les rayonnages où il avait aperçu le reflet fugitif. Rien.

Il inspecta les étagères, pensant un instant qu'il s'agissait sûrement d'une nouvelle bizarrerie magique mais aucune des plantes qui se trouvaient là ne semblait produire quelconque lumière. Bien au contraire, la pénombre semblait encore plus opaque ici que dans tout le reste du magasin. Il soupira. Surement un jeu de lumière sur les verres de ses lunettes.

Il allait rebrousser chemin lorsqu'un bruit cristallin de verre choqué perça le silence de la boutique. Cette fois il en était certain, il ne l'avait pas imaginé. Avec prudence, il avança dans le rayon, s'approchant des carreaux teintés qui servaient de vitrine au magasin. Il eut un bref geste instinctif vers sa baguette, rangée dans la poche de son jean et enfin, une silhouette apparut dos à lui, accroupie devant le niveau le plus bas d'une vitrine encastrée remplie de fioles et de pots inidentifiables.

Harry plissa les yeux. Il n'y avait rien d'étonnant à ce qu'il l'ait remarquée. Malgré des vêtements moldus – un débardeur en cuir et en laine et une vieille paire de jean élimée –, ses bras nus étaient blêmes et ses cheveux d'un blond timide et délicat, étrangement familier au Survivant. Hypnotisé par cette présence presque fantomatique, Harry fit inconsciemment un pas en avant. Le plancher grinça et il vit l'inconnu sursauter. Elle se releva d'un coup.

La surprise qui s'abattit sur Harry lorsqu'il découvrit enfin son visage le fit presque vaciller et il eut la nette impression qu'une secousse venait de frapper le monde, aussi brutale que le battement de son cœur à cet instant.

C'était impossible…

Paralysé par la stupeur, Harry ne bougeait plus, les yeux ancrés dans les grandes prunelles grises de la jeune femme. Comme au ralenti, ses lèvres blanches bougèrent, amorcèrent un nom mais le battement de cil de l'inconnue sembla le ramener lui-même à la réalité. Il fit un pas en arrière et son épaule frappa le bord d'une étagère. Le bois s'ébranla, réveillant chacune des créatures qui reposaient dessus, et une cacophonie sans nom explosa dans toute la boutique.

Harry n'eut pas le temps de se retourner qu'un pur rugissement résonna dans toute le magasin comme un véritable coup de tonnerre, couvrant efficacement l'agitation des créatures :

« Silencio ! »

Le sort ramena aussitôt le calme dans la boutique, malgré les plantes qui continuaient de gesticuler dans tous les sens. Le jeune homme se tourna vers Felius qui, alerté par le vacarme, avait abandonné l'arrière-boutique à toute vitesse, talonné de près par Remus. Remus qui questionnait maintenant Harry d'un regard inquiet, par-dessus l'épaule du vieil homme. Le Survivant ne répondit pas mais s'autorisa un soupir soulagé et laissa sa tête retomber en arrière, contre le bord du meuble.

« Qu'est-ce qu'il s'est passé ? » La question venait de Lupin. Le professeur fixait toujours Harry, soucieux, quand brusquement, son regard accrocha la silhouette pâle de la jeune inconnue. Il fronça les sourcils, persuadé de ne pas l'avoir remarquée en entrant, et la détailla un bref instant.

Elle fixait Harry avec prudence, presque avec méfiance, d'un regard gris perle sur lequel s'éparpillait une frange blonde. Lupin comprit alors qu'Harry avait rouvert les yeux et qu'il la scrutait lui aussi, jaugeant son expression farouche avec un mélange d'incrédulité et de hargne. Ils ressemblaient à deux chats sauvages.

« Sortez. »

La voix sèche de Felius claqua dans l'air comme un coup de fouet, attirant à lui l'attention d'un Remus encore désorienté par la tension inexplicable qui régnait entre les deux adolescents.

« Je vous demande pardon ?

- Prenez ce que vous êtes venus chercher et sortez de ma boutique. »

L'ancien enseignant fronça les sourcils, contrarié par cette agressivité. A bien y regarder, le visage de Felius s'était nettement crispé, la mâchoire contractée et la mine rubiconde, et il semblait évident à Remus que la maladresse d'Harry n'était pas la seule raison d'un tel revirement. En réalité, c'était l'attitude toute entière du Survivant, toujours obnubilé par l'inconnue, qui semblait le faire sortir de ses gonds.

Remus lança un regard oblique à la jeune femme que le vieux commerçant protégeait avec tant de véhémence, creusant sa mémoire en espérant y trouver un nom. Sa fille peut-être... Elle était jeune – elle avait sûrement l'âge d'Harry – et si elle était anglaise, il l'avait forcément rencontrée un jour à Poudlard.

« Sortez ! »

Felius commençait à perdre patience, aussi Remus consentit-il à obéir de mauvais gré.

« Harry. » Le nom du jeune homme sembla enfin le sortir de sa transe et il lui indiqua la sortie d'un geste de la tête. Le Survivant hésita, tourna à nouveau les yeux vers la jeune femme – elle se tenait toujours sur ses gardes – mais fit finalement demi-tour, tendu. Remus remercia brièvement l'herboriste qui le couvrit d'un regard noir jusqu'à ce qu'il disparaisse dans un tintement de cloche.

Dehors, la première chose que Lupin rencontra furent les épaules crispées de son jeune protégé.

« Harry, enfin, qu'est-ce qu'il te prend ? » S'inquiéta Remus en posant une main sur son épaule. Main qu'il fut forcé de retirer lorsque le jeune homme explosa :

- Ne me dis pas que tu ne l'as pas reconnue !

- Pardon ? Qui ça ? »

Harry ricana, éberlué.

« Tu te moques de moi ? Cette fille ! Cette fille n'est pas… » Il s'interrompit lui-même et se força à se calmer. Ses yeux fixaient le sol et ses poings convulsaient contre ses cuisses.

- Qui est cette fille Harry ? » Remus se pencha en avant, s'efforçant de parler d'une voix posée malgré sa surprise. Il avait rarement vu Harry réagir aussi brutalement.

- Cette fille c'est Malfoy. »

Remus cilla, abasourdi par la révélation du garçon, puis soupira.

« Harry, Draco Malfoy est-

- Mort, oui, je le pensais aussi ! Mais tu l'as vue comme moi ! » Il semblait totalement exalté et consterné. « Son visage !

- Ce que j'ai vu Harry, c'est une jeune femme qui ne comprenait pas plus que moi ta réaction. »

A nouveau, le Survivant ricana, mordant d'ironie.

« Ce type a toujours su jouer le jeu ! Il se cache sous je ne sais quelle identité mais c'est lui !

- Harry, c'est impossible. » Le ton de Remus était implacable et si le jeune homme voulut répliquer, l'ancien professeur ne lui en laissa pas le temps. « Draco Malfoy est mort. »

Il cloua le garçon d'un regard inflexible, les mains serrées sur ses épaules. Il y eut un instant de flottement avant qu'Harry ne se dégage brusquement de sa poigne pour prendre la direction du Chemin de Traverse, sans un mot, le visage bas et les mains dans les poches.

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Quelques coups donnés à la porte de la chambre ne firent pas même tressaillir Harry, couché comme il l'était sur les draps proprement faits de son lit.

« 'Ry. »

Allongé sur le dos, les bras le long du corps et les yeux clos, Harry ne répondit pas à Ron. Celui-ci, navré par l'indifférence que son ami s'évertuait à afficher depuis son retour au Terrier, soupira et s'assit sur le bord de son propre lit.

« Remus n'a rien dit à personne sur ce qui s'est passé au Chemin de Traverse. » Les coudes posés sur ses genoux écartés, il chercha un instant ses mots en frottant ses paumes l'une contre l'autre. « On n'a pas insisté. Mais… »

Son regard voyageait dans la pièce sans s'accrocher à rien, évitant soigneusement la silhouette inerte d'Harry. Effaçant son malaise d'un nouveau soupir, il inclina la tête et passa sa main sur nuque.

« Écoute Harry, hier, avec ce qui s'est passé chez Madame Guipure, tu n'as pas réagi- » Il vit Harry se redresser d'un coup et s'asseoir face à lui, les yeux brillants de colère.

- T'avais pas non plus l'air de réagir beaucoup, Ron. » Siffla-t-il en appuyant perfidement sur le nom de son interlocuteur.

- C'était pas un reproche. » Le ton du jeune Weasley s'était affermi et ils se fixèrent en chiens de faïence une seconde avant qu'Harry ne se rallonge, les bras croisés sous sa nuque.

- Alors qu'est-ce que tu veux ?

- Qu'est-ce que tu as vu, là-bas ? »

Le Survivant rouvrit les yeux sur le plafond. Ce qu'il avait vu… Le vert glauque de ses prunelles s'obscurcit encore tandis qu'un sentiment de révolte venait insidieusement tordre son estomac, comme un long serpent froid, au creux de ses entrailles. Entre ses dents serrées, il peina à articuler :

« Un traitre. »

Ron sourcilla. Un traitre… L'image de Severus Snape s'imposa immédiatement dans son esprit mais il la balaya rapidement en secouant la tête.

« Qui ? »

Les narines d'Harry frémirent et il se força à refermer les yeux. Dans un coin de sa tête, des images qu'il pensait pourtant enterrées et oubliées ressurgirent sur le rideau noir de ses paupières closes.

« Harry.

- Si je te le disais, tu ne me croirais pas.

- Tu peux toujours essayer.

- Cette fille… Bon sang, comment a-t-il pu ne pas la reconnaitre… »

Ses mains s'enfouirent dans ses cheveux, crispées, empoignant de larges mèches corbeaux comme pour tirer hors de sa tête tous les flashs qui l'aveuglaient. Sous les yeux malheureux de Ron, il serra les dents à s'en briser la mâchoire et se tourna sur le flanc.

Un instant, Ron ne sut plus vraiment s'il voulait une réponse à sa question.

Traumatisé par la guerre, Harry l'avait été, bien plus que n'importe qui d'autre. Pendant près d'une semaine, les hallucinations s'étaient succédé et Ron, assis à son chevet, n'avait pu qu'assister tristement à cette déchéance. Impuissant. Encore une fois. Le Survivant avait eu tellement de mal à croire que Voldemort avait bel et bien disparu et plus d'une fois, il s'était effondré dans les bras de son ami, persuadé que son calvaire ne prendrait jamais fin et que son bourreau se cachait encore quelque part, entre les murs de l'école.

Ron ne comptait plus les nuits blanches qu'il avait lui-même dû aligner pour veiller sur le sommeil d'Harry. C'était tout ce qu'il pouvait faire, mais c'était encore si peu. Le chemin pour le sortir de là avait semblé insurmontable et secrètement, Ron avait plusieurs fois songé qu'il était peut-être trop tard pour le Survivant, qu'il ne s'en sortirait finalement pas et qu'il avait déjà sombré avec Voldemort.

Son enfer avait pris fin bien après ce que le reste du monde sorcier jugeait comme la fin de la guerre. Et Ron craignait de le voir retomber.

« Qui ? » Coassa-t-il subitement, la gorge nouée.

- Malfoy. »

Ron cilla. Puis ses épaules s'affaissèrent.

« Malfoy...?

- Draco.

- Il est-

-Mort. Ron, je t'assure que cette fille… cette fille c'est lui. Elle est lui. Elle est Draco Malfoy. Et elle m'a reconnu ! » Il semblait si désemparé que Ron voulut y croire, l'espace d'un instant.

- Malfoy est mort. » Répéta-t-il, mais il ne savait plus vraiment qui il cherchait à convaincre.

Harry ne lui répondit pas mais ses mains retombèrent sur le matelas, inertes.

A suivre…


Vous l'aurez compris, la surprise est de taille mais j'espère qu'elle ne vous aura pas fuir, parce que l'histoire est loin de s'arrêter ici.

Donc… Un avis ?


[1] : Sigle de la British Library, soit la bibliothèque nationale du Royaume-Uni qui se situe à Londres.
[2] : A la base, le déluminateur (ou éteignoire, mais c'est moche…) est une invention de Dumbledore, néanmoins, pour les besoins de l'histoire, j'en ai fait un objet magique banal. (Oui, oui, je sais, Ron se serait fait refiler de la camelote du coup u.u)