Je m'excuse d'avoir mis tant de temps à publier ce deuxième chapitre ! J'espère donc qu'il sera à la hauteur de vos attentes ^^

J'ai une toute petite question pour vous chers lecteurs : pourquoi y a t-il si peu de fanfictions sur le film Sherlock Holmes avec Robert Downey Jr et Jude Law, alors qu'il y en a des milliers pour la série Sherlock (qui est cependant une très bonne série) ? Je ne me l'explique pas. Alors si vous avez la réponse, je suis toute ouïe.

Sur ce, bonne lecture...


Cohabitation

Contre toutes attentes, Holmes était agréable à vivre. Le fait que je ne le voyais que très peu aidant surement beaucoup. Et lorsque nous arrivions à nous croiser, nous n'échangions que quelques civilités rien de plus.

L'homme était, à mon plus grand étonnement, des plus calme et silencieux. Je dois l'avouer, je m'attendais à ce que Holmes soit un homme aux mœurs dissolues. Mais il n'en était rien. Il ne sortait que très peu de sa chambre et les quelques visites qu'il avait eu depuis notre installation, avaient été celles de l'inspecteur Lestrade et de l'agent Clark. Alors qu'il ne cessait de traiter ouvertement le premier de sot, Holmes semblait avoir une affection toute particulièrement pour le dernier. Raison qui m'échappait totalement.

Tout allait donc pour le mieux. Mon cabinet recevait de plus en plus de clients, ma chambre était bien plus spacieuse et confortable que celle dans laquelle j'habitais jusqu'il y a peu, Madame Hudson était adorable et Holmes était finalement un parfait colocataire

Du moins, c'est la première impression que j'avais eu d'Holmes. Car après deux semaines de calme et de tranquillité, le vil chenapan montra enfin son véritable visage.

Madame Hudson et moi-même étions tranquillement en train de prendre le thé quand des coups de feu avaient retenti à l'étage. Madame Hudson avait eu tellement peur qu'elle en avait renversé son thé. Craignant un quelconque agresseur, je m'étais précipité dans la chambre de Holmes. Celle-ci était fermée et j'eus donc à l'enfoncer.

La porte avait cédé sans trop de peine, mais dans mon élan, je partis en avant. Je ne dus mon salut qu'à un tronc, bien que cela semble totalement ridicule à dire, qui empêcha ma chute. Me redressant, je découvris avec le plus grand des étonnements une oliveraie, peuplée de quelques animaux inconnus.

« Monsieur Holmes ! » m'étais-je écrié en tentant d'avancer parmi les oliviers.

Je n'avais reçu en réponse qu'un nouveau coup de feu. Canne au poing, tous mes sens en alerte, j'avais continué mon avancée parmi les arbres. Il m'avait suffi de quelques pas pour me retrouver dans ce qui semblait être le salon. Je ne vis pas tout de suite Holmes, mais un mannequin criblé de balles. Le cliquetis familier des douilles qui tombaient au sol avait attiré mon attention sur une petite pièce cachée à ma gauche.

Fièrement dressé, une arme en main et habillé d'une horrible chemise de nuit, Holmes marmonnait des choses compréhensibles que par lui-même.

« Vieux fou ! Qu'êtes vous donc en train de faire ?

- Je suis dans la force de l'âge mon cher Watson. Quand à ma folie, elle n'est que toute relative. Et pour ce qui est de votre question, je résous une enquête, n'est-ce point évident ? » M'avait-il expliqué sans même me lancer un regard.

Fixant toujours le mannequin, il avait habillement pris une nouvelle arme et avait tiré.

Je dois avouer que son habileté au tir me surprit, moi qui ne le croyait qu'homme de science. J'ignorais aussi à ce moment là, que sa facilité à tirer, était la première surprise d'une longue liste.

« Cessez de tirer, Monsieur Holmes, vous effrayez Madame Hudson et probablement tout le reste du quartier.

- J'irais présenter mes excuses à Nanny, quant au reste du quartier, je n'ai que faire d'eux. S'ils ne sont pas contents, ils n'ont qu'à déménager.

- Vous savez ce que vous êtes, Monsieur Holmes ? Un égoïste. »

Holmes m'avait regardé, le visage impassible, avant de reprendre ses exercices de tirs.

Quelque peu énervé qu'il m'ait ainsi ignoré, je lui avais arraché l'arme des mains.

« Il est très impoli, d'interrompre quelqu'un en plein milieu de son travail, Watson…

- Docteur Watson, je vous prie. Et de nous deux, je pense que vous êtes le plus impoli ! M'étais-je énervé.

- Tout n'est qu'une question de point de vue, je suppose. » Avait-il sourit.

Fermant mes poings pour contenir ma colère, je m'étais placé entre lui et le mannequin, pensant que cela l'arrêterait. Que diable avais-je pensé cela ? Holmes avait attrapé une autre arme, plus petite cette fois-ci et l'avait brandi devant mon nez. Mon cœur avait loupé un battement et l'adrénaline avait commencé à faire son effet.

« Vous osez me mettre en joue ? M'étais-je outré.

- Ce n'est pas vous que je tiens en joue, mais le mannequin. Ce n'est pas de ma faute si vous vous trouvez devant lui tout de même ! »

Sa logique était implacable mais totalement farfelue, et cela m'avait laissé bouche bée.

« Oh ! » S'était-il exclamé soudainement.

Il s'était ensuite rapproché de moi, et posant ses mains sur mes épaules m'avait légèrement fait décaler sur la droite.

« Ne bougez surtout pas !

- Je vous demande pardon ?

- Mon intention n'est pas de vous blesser, alors ne bougez pas »

Devant mon air perplexe, il ajouta un « s'il vous plait » qui m'étonna plus que tout. Il était donc capable d'être poli !

Bien que peu rassuré, j'avais fait comme demandé, et n'avais pas bougé. Holmes s'était alors reculé, avait fermé un œil et tiré sans prévenir.

« Vous avez failli me…
- Je n'ai nullement failli ! Les risques que je vous blesse étaient minimes. Maintenant si vous permettez, je dois informer l'inspecteur Lestrade que j'ai élucidé le meurtre. Et je n'oublierais pas de lui préciser que vous m'avez grandement aidé ! »

Il avait serré ma main comme pour me remercier, puis avait fait tomber sa chemise de nuit par terre, révélant un habit décent en dessous et était partit comme un diable.

J'étais resté un moment dans cette pièce des plus étranges, me posant moult questions qui restaient sans réponses. Comment avait-il fait pour ramener tous ces oliviers sans que ni Madame Hudson ni moi ne nous en rendions compte ? Holmes était-il un génie que personne ne comprenait ou un simple fou échappé d'un quelconque hôpital ? Ou bien était-il un ancien soldat ayant subi quelques traumatismes ?

Un mal de tête soudain m'avait pris et encore plus énervé et perplexe qu'à mon arrivée, j'avais quitté la pièce pour me réfugier dans ma chambre. Madame Hudson était venue me voir peu de temps après et j'avais été bien en peine de lui expliquer ce qu'il s'était passé quelques minutes plus tôt.

Aujourd'hui, je ne me suis toujours pas habitué aux frasques de Holmes. Et Madame Hudson encore moins. Alors que mon colocataire forcé avait réussi à regagner un peu de mon estime durant les deux dernières semaines, il avait rechuté brutalement après cet épisode. Holmes n'est, tout compte fait, qu'un malpoli, égoïste, arrogant et tout un tas d'autres défauts que je tairais, car je sens la colère monter en moi, à l'heure où j'écris ces quelques lignes.

Toutefois, je dois admettre qu'il semble être homme d'honneur, bien que cela me blesse presque de le dire. Tôt ce matin, j'ai trouvé une enveloppe contenant de l'argent et une carte de remerciement pour l'aide fournie durant l'enquête. Je n'ai bien sûr pas accepté l'argent dans un premier temps et l'ai retourné à Holmes. Ou du moins ai-je glissé l'argent sous sa porte. Argent qui m'est revenu quelques heures après accompagné d'un nouveau mot : « De la part de Lestrade. Vous ne voudriez pas l'offenser en refusant cette enveloppe ! ». J'ai finalement gardé l'argent que je garde à l'abri dans l'un de mes tiroirs. Je suis cependant intimement persuadé que cette « récompense » n'émane pas de l'Inspecteur Lestrade mais bien de Holmes.

Je n'avais jamais prêté attention, mais parfois tard le soir, en tendant bien l'oreille, j'arrive à discerner le son d'un violon provenant de la chambre de Holmes. L'homme, bien qu'ayant apparemment plus de défauts que de qualités, ne manque pas de régulièrement me surprendre. Je dois l'admettre, même si Holmes a la capacité de me mettre hors de moi, il me fascine en même temps. Je ne saurais dire pourquoi exactement. Il se dégage de lui quelque chose de singulier, impossible à décrire ou à expliquer à quelqu'un qui ne l'a jamais rencontré. Je ne lui pardonne pas pour autant ses excentricités fort déplaisantes, mais pour l'instant, personne dans le voisinage ne semble s'être plaint de son comportement. L'un de mes clients, une petite fille m'a même dit hier, que « le monsieur qui sent l'olive » était « très gentil » et qu'il lui avait « donné des bonbons » en lui disant que « le Docteur Watson allait bien s'occuper d'elle ». Cela me surprend de la part de Holmes de me considérer comme un bon médecin, mais encore plus qu'il soit gentil avec quelqu'un d'autre que sa personne. Cet homme est vraiment un mystère à lui tout seul.

Mais le voilà qu'il recommence à faire exploser quelques objets dans sa chambre. C'est dans ces moments que je peux dire sans crainte que je le déteste vraiment. Je lui ai plusieurs fois demandé d'arrêter son vacarme ces derniers jours, mais il ne semble pas vouloir m'écouter. Et puis pourquoi m'écouterait-il d'ailleurs ?

Madame Hudson va très probablement venir frapper d'une minute à l'autre pour me demander d'aller raisonner Holmes. Ce qu'en gentleman, je vais faire. Bien que je sache pertinemment que c'est une bataille perdue d'avance !

On frappe à ma porte, c'est surement Madame Hudson.

C'était en effet elle. Et comme je m'y attendais, elle est venue me demander de faire cesser ce boucan. J'ai toqué plusieurs fois à la porte de Holmes mais il ne m'a ni ouvert ni répondu. Je lui ai demandé de stopper ces expériences ou peu importe ce qu'il trafiquait derrière ces murs, et je ne fus accueilli que par le silence.

Quiétude qui semble perdurer. Aurait-il pris en compte mes demandes ? Quoiqu'il en soit, il semble que cette nuit sera calme. Du moins je l'espère…