Les amis, aucun doute là dessus. Mon voisin du dessus est soit, un loup garou, soit un vampire (au choix). Mais vu sa carrure et le sexyness qu'il dégage, je pencherai en faveur du lycanthrope. Quoi qu'il en soit, ce type ne dort pas la nuit. Il fout un bordel monstre, en fait. Mais bon, je suis insomniaque et bien trop occupée à écrire la suite des aventures d'Halley, alors …
Lya, Contente d'avoir attisé ta curiosité. Quant à tes hypothèses, que te dire… tu verras haha. Tigrou, merci pour ta review. Cela me flatte encore plus que j'adore tes fanfics.
Bon lecture !
Avez-vous déjà essayé de voyager en calèche ? Ce n'est pas du tout ce que nous raconte les bonnes femmes dans les contes pour enfants. Il n'y a pas de rideaux de mousseline aux couleurs poudrées, les chevaux ne sont pas de superbes licornes blanches, et nous ne passons pas au milieu de bois enchantés. La vérité est tout autre, en fait. La calèche apprêtée par mon prince bien aimé était tout ce qu'il y a de plus modeste, pourrais-je dire rustique, ou en fait, carrément miteuse. Une semaine dans ce carré de bois sans le moindre bout de molleton est une torture pour le postérieure de tout humain normalement constitué. Sans compter le cocher maniéré, scandalisé par mon langage exagérément accentué pour ressembler à celui d'une charretière, justement. Et puis il y a eu l'attaque de brigands. Je ne l'ai évidemment pas avoué, mais j'ai eu un peu peur, quand même. C'était la nuit (comme très souvent dans ce genre de situation, vas-t on savoir pour nous continuons à voyager de nuit, du coup) quand une bande de cinglés sembla apparaitre du ciel pour atterrir sur le toit de la voiture et devant les chevaux, toutes lames dehors. Le hennissement des bêtes nous tirèrent bien vite du sommeil, Nat et moi et à peine eu-je eu le temps de sortir ma petite dague qu'un des soldats était mort par décapitation, son sang coulant allégrement sur la joue de son assassin et une lame froide courrait sur ma gorge dénudée.
- L'Or, ou la fille crève.
Je pensais à marmonner qu'il devrait avoir honte, et que j'étais une princesse d'Alagaesia nom d'un chien ! Mais il était fort probable que ces malfrats cherchent alors à obtenir une rançon en m'enlevant, et encore plus probable que mon cher papa ne paye pas. Je mourrai alors dans un cachot, dévorée par des rats géants. Ou alors je deviendrai reine des voleuses, car le chef m'aurait trouvé à son gout. Cette éventualité était attirante certes, mais je ne voulais pas tenter les Ombres, et pour une fois je ne dis rien.
- Nous n'avons pas d'or, répondu Natanaël d'une voix qui était loin de trembler, les yeux rivés sur ma gorge menacée.
- Vous ne pouvez pas voyager sans argent, si gueux que vous paraissez.
- Il se trouve que si, en fait. On est plutôt pauvre et jeune si vous n'aviez pas remarqué, essayai-je d'articuler d'un sourire crispé.
Il appuya un peu trop fortement sa lame sur mon cou, et je senti quelques gouttes de sang chaud qui coulait le long de ma carotide.
Ta gueule, catin, me cria à la figure le voleur.
C'était tout simplement charmant.
Nat – ce héros – en profita pour bondir sur notre assaillant et lui donna un impressionnant coup de poing dans la mâchoire. Son nez craqua avant qu'un flot de sang ne s'en écoule. L'homme se massa en jurant, reculant de quelques pas, mais il était trop tard et Nat s'était emparé de son épée. En quelques bonds agiles, il était sorti de la calèche et affrontait du regard, les cinq autres resté dehors. Le cocher était terrifié et avait donné ses quelques bijoux et sa bourse, deux des quatre gardes étaient morts. Je sorti à la suite de Nat, et nous nous mirent dos à dos. Il effleura les lames de ses adversaires en leur faisant face, un à un. Pour ma part, armée de ma petite dague, je m'efforçai de leur jeter le regard le plus noir que je possédai.
- Tu crois nous faire peur de ta lame, gueux, lança un barbu borgne.
- Il ne la tient même pas correctement, lança un autre.
J'avalai goulument ma salive.
- Halley, ce soir, je pense que nous allons tuer.
J'acquiesçais. Il était fou, Nat'. Quand je dis que je me bats contre une tigresse, c'est contre des hommes qui ne souhaitaient pas vraiment me faire de mal ! Pas contre des tarés aux regards lubriques et à l'haleine fétide (et armés jusqu'aux dents !)
Aussi, je ne réfléchis pas plus et me lançai en hurlant sur celui qui me sembla le plus isolé. Et je frappais. Je frappais, sans réfléchir, sans regarder. Et en essayant d'ignorer la lame de ma dague qui s'enfonçait de façon tout à fait ignoble dans une masse dure au début puis molle sur la fin. Une odeur de rouille satura l'air, me faisant un instant hésiter. Je reçu un coup d'épée qui me lacéra la joue. L'adrénaline inonda de nouveau mes veines et je bondis à la gorge de mon assaillant, coup de poignard dans la jugulaire, les doigts dans les yeux. Son corps tomba lourdement sur le sol, inerte. Son thorax ensanglanté ne bougeait plus.
La rage au ventre, je me retournai, ne pouvant cependant pas cacher les tremblements qui secouaient tout mon corps.
Un des soldats princiers en avait tué un, Natanaël un autre , mais il paraissait sérieusement blessé s'y je tenais compte de la manière dont il se tenait le ventre. Il tenait la garde de son épée assez haut pour maintenir en respect les deux autres qui ne savaient pas trop s'il fallait continuer le combat, ou non. Je rejoins mon compagnon, m'essuyant le visage d'une main, le barbouillant involontairement de sang encore frais. Ma main se referma fermement sur ma dague.
Je ne pu m'empêcher de lâcher un sourire crispé, ce qui devait être assez dégoutant vu la quantité de sang que j'avais sur le visage.
- On ne s'attaque pas à un convoi princier comme çà, les gars, hasardais-je en essayant de donner à ma voix une intonation avec un semblant d'assurance. Il fait un minimum d'organisation. Surtout quand c'est celui de la fille du Prince.
J'avais prononcé ce dernier mot avec une telle intonation mystique qu'ils ne pouvaient se tromper. Quand je disais que mon père a une sacrée renommée, ici bas... Les deux brigands s'enfuir sans demander leur reste. Ils avaient au moins gagné la bourse et les effets personnels du cocher tremblant.
Je m'éloignai, ne tentant même plus de cacher mes tremblements. La terre tangua autour de moi, puis ce fut le néant.
- Halley ? Ca va ? Halley ?
Natanaël était en train de me frapper. Il n'a pas peur, lui, visiblement. Il me tapotait le visage de sa main pleine de … sang, vu l'odeur qu'elle avait. Trop bien. Le cahotement de la calèche s'était fait plus régulier, nous avions quitté la forêt pour une route de terre plus fréquentée, et même commerçante, si j'en jugeai le bruit du dehors. Des bruits de chevaux, des cris d'enfants, des jurons de marchands. J'ouvris péniblement les yeux, le soleil m'ébloui. Je me frottai les yeux de mauvaise grâce, sentant immédiatement le contact rugueux du sang séché sur mon visage. La poisse, je déteste m'endormir sale. Enfin, pour le coup je m'étais évanouie. Encore pire.
- Ou sommes nous, Nat' ? demandais-je
- Nous arriverons à Teirm bientôt. Nous allons nous arrêter à la première auberge que nous trouverons car …
Oui en effet, nous faisions peur à voir.
Deux heures plus tard, je quittais la dite auberge d'un état si différent duquel j'étais entrée que j'aurais pu partir sans payer. Chose que je n'ai pas faite, évidement. Je suis bien élevée. J'avais revêtu une longue robe vaporeuse d'un verre passé, qui mettait autant en avant ma peau pâle que mes cheveux noirs. J'en avais remonté négligemment une partie à l'aide d'un peigne que la mère supérieure m'avait donné avant mon départ. Un peu de sophistication ne me ferait pas de mal m'avait t'elle dit. Pff, j'avais mon sang pour ça. Désinfectée, ma balafre sur la joue était presque invisible. Ma chaine ornée d'un rubis finissait ma tenue, et pour le coup, affirmait mon statut royal. Natanaël s'était lui aussi lavé, et changé. Il est déjà très beau : l'était encore plus. Mais je doute que ça change quelque chose auprès des Princes. Nous ne savions pas trop bien expliquer sa présence avec moi. Nous ne pouvions pas décemment dire : « Euh, salut mon Oncle, voila le gars qui a mit une princesse dans son lit » surtout que bon, le mariage d'une princesse (si je compte encore pour telle à leurs yeux) est assez sacré, et la j'échoue complètement. Bref, il était donc mon valet personnel.
Teirm avait beaucoup changé, par rapport à la vision que j'avais, dans mes souvenirs. Je suis née à la fin de la guerre. Si je ne me souviens guère du chaos qui régnait sans doute à cette période, je me souvient de la reconstruction du royaume entier. Galbatorix était tombé à Uru'baen, qui avait été rasé, en raison de son nom funeste et sans doute pour tout ce qu'elle représentait. Teirm aussi, avait été largement endommagée par les attaques vardens et celles des différents dragons mais sa place stratégiques sur la mer lui conférait une place de choix pour la reconstruction du royaume : bien avant qu'elle ne devienne capitale d'Alagaesia, Teirm était la première ville commerçante. Et en neuf ans, elle avait doublé de volumes. Je me souviens des ruelles sales qui menaient aux docks. Elles sentaient la nourriture avariée, restes des marchés. Je me souviens des échafaudages qui grimpaient le longs des murs de granits, pour restaurer une par une les habitations de son peuple. Désormais, les remparts avaient été abattus, ultime symbole de paix, et la ville s'étendait sans entrave de la mer à la plaine, labyrinthe fourmillant de biens et de personne. Des fontaines sur les places, des visages sereins, et des marchants opulents. Le palais, lui aussi, était sublime il s'élevait devant la mer dans toute sa splendeur, surplombant la ville de trois hautes tourelles. Les trois princes d'Alagaesia ? Trop facile. Des bannières aux milles couleurs calquaient dans le vent qui venait du large. Je ne pu m'empêcher de passer ma tête par la fenêtre de la calèche pour respirer tout cet air. Il n'y a pas de vent dans les montagnes. Tout stagne, me rendant l'atmosphère irrespirable. Ici, la liberté était dans chaque feuille morte portait par le souffle marin, dans chaque brin d'herbe qui ployait sous sa puissance. Mes cheveux se déployèrent, noyant d'encre mes yeux océans. Je sentis la main de Natanaël presser la mienne. Il savait sans doute ce que je pensais à cet instant, mais je ne le laisserai pas avoir raison de ma rancœur.
Enfin, nous passâmes l'arche du palais. La cour semblait avoir été fleurie pour l'occasion. Un mariage au printemps, ce que mon père est devenu … gateux. Des guirlandes de fleures bleues, rouges, roses, oranges, blanches s'élevaient le long des colonnes. Je ne pu empêcher mon cœur d'accélérer. Et il ne le devait pas.
Je ne cherchais rien en venant ici. Et surtout je n'attendais rien. Mon seul vœu était de fuir, pour enfin embrasser la vie à laquelle je m'étais destinée. Et pourtant, ça battait a tout rompre dans ma poitrine. Je frémissais d'appréhension. En fait, je mourrais d'envie d'affronter son regard.
Nous ralentîmes. Je détournais la tête pour me plonger dans le regard sombre de Natanaël. Ce dernier acquiesça d'un signe de tête, descendit en premier, fit le tour de calèche et m'ouvrit la portière. Nous nous avançâmes dans l'allée, puis passâmes plusieurs porches. Ils étaient tous là, les Princes d'Alagaesia dans cette cour, sous des oliviers bourgeonnants, dans leurs trois trônes magistralement sculptés. Bien que leurs tailles soient égales, les larges sièges étaient en rien semblables. Celui de droite, celui de mon oncle, était poli jusqu'à ce que ça teinte soit très claire, et sculpté de motifs très raffinés de feuilles et de baies. Très elfique, si vous voulez mon avis, un peu gay, en fait. Celui de gauche, celui de mon père, était assez brut, imposant, avec assez de pierres précieuses pour le rendre visible à dix lieux, avec un épais brouillard. Quand à celui du milieu, d'une élégance, d'une finesse et d'une sobriété que j'appréciai particulièrement, n'était à aucun membre de ma famille directe, mais au troisième Prince.
Plus j'avançai, plus je sentais les regards de l'assistance me bruler la peau. La fille prodigue de retour au pays. Pas vraiment. Je n'avais jamais demandé à quitter Teirm. Mon père aimant s'en été chargé pour moi, sans vraiment m'en expliquant les raisons. Je ne les cherchais plus. Je m'en foutais.
Lentement, je m'agenouillais. Apres un temps d'attente que je jugeai respectable, je me relevai, et défia du regard la famille princière.
Devant moi, se tenait les Trois Princes d'Alagaesia. Eragon, Nasuada, et Murtagh. J'adressai un léger sourire à mon ongle demi-elfe, un peu plus franc à l'ancienne reine des vardennes, et un complètement hypocrite à mon très cher papa.
Bienvenue à la maison, Halley.
Pff. Trop bien.
Bien joué Lya, le père d'Halley est effectivement Murtagh, héhé !
Bon, je pense poster la suite d'ici une semaine ou deux. Au fait. est ce que c'est trop court ? Car ça va vite à écrire, mais du coup, ce n'est peut être pas assez ... approfondi ?
