Titre : Question de confiance
Chapitre 1 : Trahison
Disclaimers : Je ne détiens pas Bones : aucun personnage, lieu ou concept; simplement ces péripéties.
Booth, qui avançait à trop vive allure dans les rues de Washington, ne savait pas où aller. En d'autres circonstances, il aurait été voir Bones, mais les choses étaient pour le mieux étranges entre sa partenaire et lui ces dernières semaines. Ce matin-là, en ces circonstances, Bones n'était simplement pas une option. Alors, il roulait, les nerfs en boule et ses jointures endolories s'agrippant au volant blanchissaient à vue d'œil.
Qu'allait-il faire? Il était certainement trop tôt pour eux deux pour avoir un enfant. Il savait pertinemment que ni l'un ni l'autre n'y était prêt, spécialement sa copine qui n'avait jamais, dans sa vie demeuré, au même endroit plus longtemps qu'avec lui. C'était peut-être un signe, un signe pour elle et lui qu'il était justement temps de passer à la prochaine étape, de se marier, d'avoir ce bébé et de vivre heureux pour toujours et jusqu'à la fin des temps?
Il avait déjà vécu une telle situation auparavant. Lui, un homme perturbé tombant amoureux d'une femme qui tombait enceinte après quelques mois de fréquentation. C'était comme si son histoire avec Rebecca se répétait à nouveau et, avec la perspective du temps, l'expérience n'avait été des plus positives pour lui. Il sentant pourtant que quelque chose était différent. Il était certes plus vieux et, la tension dans sa nuque le lui prouvait à chaque instant, plus mature. Hannah aussi était plus mature, dans sa manière peu commune et excitante de voir le monde. C'était certain, tout pourrait marcher.
Il retourna chez lui, décidé de se donner à Hannah, le bébé et lui la chance qu'il n'avait pas donné à Rebecca lorsqu'elle lui avait refusé sa main. Oui, il allait la demander en mariage ce soir-là, mais si elle refusait, il n'allait certainement pas la quitter pour autant. Il allait se battre pour faire fonctionner les choses, il n'allait certainement pas faire la même erreur deux fois. Après avoir effectué quelques achats, il prépara un repas festif : souper aux chandelles, musique d'ambiance et un minuscule coffret contenant une bague à diamant dans la poche de sa veste, la totale.
Lorsqu'Hannah pénétra dans le vestibule de son appartement, l'odeur alléchante de pâtes lui taquina les narines. Elle soupira. Depuis quelques temps, elle avait appris à connaître un tout nouveau Seeley : un homme attentionné, doux et complètement amoureux d'elle, ce qui était particulièrement rafraichissant connaissant les hommes qu'elle avait fréquentés dans le passé. Croisant du regard ce dernier qui s'affairait attentivement dans la cuisine, elle lui sourit.
« Salut, fit-elle en souriant.
- Hé, salut.
- Waouh! Tout ça pour moi! Quelle chance!
- Tout ça et encore plus! Sourit Booth en la rejoignant dans le vestibule.
- Pas besoin de tout ça pour savoir que je suis heureuse avec toi, Seeley. Toi et seulement toi!
- C'est bien de le savoir, continua-t-il en s'approchant d'elle pour la prendre dans ses bras pour l'embrasser. Si vous voulez bien mademoiselle? Continua-t-il en lui tirant la chaise.
- Merci beaucoup, monsieur, sourit-elle en s'assoyant avant de plonger une louche dans le plat de service. J'ai une faim de loup », s'écria-t-elle. La paire s'affaira à commencer leur repas s'informant mutuellement de leur journée respective. Hannah, qui avait un fin nez pour flairer ce qui ne tournait pas rond, elle était journaliste après tout, leva son regard pour apercevoir Seeley qui la regardait avec une grande attention et un sourire arrogant sur le coin des lèvres.
« Quoi? Il y a question qui ne va pas? J'ai de la sauce sur le visage?
- Je t'aime.
- Je t'aime aussi, Seeley.
- Je t'aime et je veux qu'on se marie », dit-il.
La surprise l'arrêta nette et la fourchette qu'elle tenait dans ses mains tomba dans son assiette dans un son de cloche retentissant.
« Pardon?
- Je veux qu'on se marie.
- Mais… non! Il est trop tôt, on ne se connaît depuis même pas un an! Seeley, je t'aime, mais tu sais comme moi que ni toi ni moi sommes prêts pour le mar…
- Je sais pour le bébé », la coupa-t-il.
Un silence de mort s'installa dans la pièce alors qu'Hannah, dont les battements du cœur pouvaient se faire entendre jusque dans les oreilles de Booth. Elle baissa son regard en ravalant sa salive avant de prendre la serviette qu'elle venait de poser sur ses genoux et de la lancer sur la table.
« Je ne sais pas de quoi tu veux parler, continua-t-elle en se levant.
- J'ai vu le test de grossesse.
- Je ne vois pas de quoi tu veux parler.
- Ne joue pas les idiotes avec moi, tu n'es pas douée pour ce jeu. Je sais que tu es enceinte. Il y avait un test de grossesse dans la poubelle dont le résultat était assez clair si je peux m'exprimer ainsi.
- Tu fouilles dans les poubelles maintenant?
- Elle a versée.
- Alors le fait que la poubelle ait versé te donne le droit de fouiller dans ma vie privée?
- Hannah, le test de grossesse était par terre, je l'ai ramassé. Je ne savais même ce que c'était jusqu'à ce que je lise « enceinte » sur l'écran. Pourquoi tu ne veux pas que je sache que… oh mon Dieu! Ce n'est pas moi le père!
- Seeley, ne sois pas ridicule! Tu sais que tu es le seul homme dans ma vie. J'ai à peine le temps d'être avec toi, je n'aurais pas le temps d'avoir un amant.
- Alors, pourquoi ne veux-tu pas que je sache que tu es enceinte?
- Seeley…
- Je suis contente que tu soies enceinte! Tu sais que je veux d'autres enfants.
- Seeley, tenta-t-elle à nouveau.
- On pourrait être une famille, le bébé, Parker, toi, moi. On pourrait être une famille, répéta-t-il.
- Seeley… tu sais que je ne suis pas faite pour avoir des enfants. Tu m'as vu avec Parker.
- O. K., tu n'es pas tout-à-fait à l'aise avec les enfants, mais ce sont des trucs qui s'apprennent! Tu es une femme intelligente, je suis certain que tu puisses apprendre à t'occuper d'un enfant.
- Et si je ne veux pas d'enfant, moi, hein? Et si je suis bien comme ça, juste toi et moi!
- Ce n'est pas le genre de chose qu'on décide. Une fois qu'un bébé entre dans le portrait, on ne peut pas faire comme s'il n'existe pas.
- Et mon boulot… hein? Tu sais que j'adore mon boulot. J'ai déjà fait de grand sacrifice pour toi. J'ai abandonné une carrière en journalisme international pour toi.
- Tu travailles pour la Maison Blanche, que voudrais-tu de plus?
- Mon travail est sur le terrain, dans la jungle, dans le désert, en plein champs de bataille. Pas dans un bureau plat à écouter un homme raconter les mêmes bêtises qui sont écrites de toute façon sur nos dossiers de presse suivi d'une excitante après-midi à écouter Jerry de la comptabilité faire des blagues salaces sur la rouquine de la réception.
- Que veux-tu insinuer?
- Je ne peux pas avoir d'enfant. Je n'en ai jamais voulu, je n'en voudrai jamais. Accepte-le ».
Il était difficile pour Booth de comprendre la portée et les répercussions que pouvaient avoir cette discussion avec sa petite amie. Son éducation catholique et sa ferveur religieuse lui avaient enseigné que la vie humaine, une fois qu'elle est créée, était sacrée, que personne ne pouvait défaire les plans que Dieu avaient créés pour eux.
« Es-tu en train de me dire que tu ne veux pas garder l'enfant, notre enfant? Et si j'avais quelque chose à dire là-dedans? Et si moi, je voudrais le garder cet enfant? »
Le regarde de Booth avait changé en quelques secondes de la joie, à désespoir, à la colère. Ne pouvant absorber le durcissement des traits de son amoureux, Hannah se détourna et marcha vite et d'un pas lourd le plus loin possible de lui jusqu'au bout de la pièce, le regard fixé au sol.
« Tu n'aurais jamais dû savoir que j'étais enceinte.
- Tu aurais simplement été te faire avorter? Sans même m'en parler? »
Hannah n'arrivait pas à lui répondre. Le regard assombri par les larmes qui roulaient dans ses yeux, elle jetait un œil à la fenêtre pour y voir la rue, mouillée par la pluie, dont les reflets des lampadaires scintillaient brillant de millions de petites étincelles, comme pour se moquer d'elle. Elle ferma les yeux et les larmes glissèrent sur sa joue.
Il prit à Booth quelques secondes pour comprendre ce qui était en train d'arriver, ce que ça impliquait. C'était comme si elle lui faisait avaler la lame qu'elle venait de lui plonger dans le dos. La regardant, ce soir-là, sentant le poids de sa question sur ses épaules, il comprenait qu'elle n'était pas la femme qu'il croyait. Il passa sa main dans son visage, étendant les larmes qu'il ignorait présentes et prit une grande inspiration.
« Il n'y a plus de bébé, murmura-t-il en levant son regard vers elle qui tournait le sien vers lui.
- Il faut que tu comprennes, Seeley, que je ne peux pas avoir d'enfants, je n'ai pas un assez grand cœur pour faire les sacrifices nécessaires pour en avoir. »
Cette conversation, il l'avait déjà eue auparavant. Le douloureux souvenir des événements de l'année précédente lui remontaient à l'esprit et il la vit pour ce qu'elle avait été tout ce temps : un pansement contre la douleur que lui avait infligé sa partenaire lorsqu'elle lui avait refusé son affection. La douleur qu'elle lui refaisait vivre cependant ce soir-là était exponentiellement plus importante que le simple refus de Bones. Elle avait tué son enfant, leur enfant, à elle et à lui.
« Je veux que tes choses aient quittées mon appartement lorsque je reviendrai demain matin, chuchota-t-il.
- Seeley, attend, on va parler.
- Parler? Il est trop tard pour ça. Tu aurais justement dû m'en parler avant de tuer mon enfant, dit-il alors qu'il se dirigeait d'un pas furieux jusqu'à la porte de son appartement.
- Seeley! » Avait-elle crié avec désespoir, mais la porte était déjà close. Il était parti et plus rien ne serait jamais pareil.
À suivre…
NA : C'était mon deuxième chapitre. Je n'ai pas vraiment l'habitude d'écrire du drame alors pardonnez-moi si tout sonne un peu soap-opéra-à-l'eau-de-rose. Brennan apparaîtra dans le prochain chapitre c'est promis.
