Résumé du chapitre précédent :

En l'an trois mille un du Troisième Âge du soleil, Aragorn et Arwen Undòmiel fautent de façon à ne pas être séparés par la volonté d'Elrond Peredhel, le père d'Arwen. De leur union naît, le dix-sept mai 3001 du troisième âge, dans des circonstances étranges, Eliriel Celebrian Gilraen Peredhel.

De l'autre côté des Monts Brumeux, non loin d'un village de bûcherons Béörnides, une jeune femme nommée Eäraniel fait la connaissance d'un mystérieux homme, après avoir été sauvée d'un gobelin solitaire par celui-ci.

Le temps passant, elle se prend d'affection pour lui, et l'amour naît de leur proximité.

Mais un jour, l'homme disparaît sans prévenir, laissant Eäraniel seule. Une grossesse impromptue se révèle alors, surprenant tous les habitants du village, Eäraniel la première.

Plusieurs mois plus tard naîtra dans des conditions dramatiques le jeune Eönardë.

Celui-ci se retrouva orphelin de mère le lendemain de sa naissance, et se voit adopté par ses grands-parents…

Eliriel & Eönardë

Seconde édition

Chapitre Deux :

Le Conseil d'Elrond

Dix-sept années après les faits fort étranges mais heureux s'étant déroulés dans l'infirmerie de la cité d'Imladris, d'autres évènements plus sérieux ont lieu, cette fois dans la salle du conseil de la cité elfique millénaire…

La jeune Eliriel, malgré sa naissance difficile, était devenue une enfant joyeuse et vive, en bonne santé et aimée de ses parents, de son grand-père et de ses oncles. Elle arborait avec fierté les mêmes longs cheveux blonds que son arrière grand-mère Galadriel, et les yeux bleus profonds de sa mère Arwen Undòmiel. Dans ses jeunes années, elle avait charmée l'ensemble de la population Elfe, Humaine et Naine de la cité ainsi que les quelques autres, tels un Hobbit de noble fréquentation.

Bilbon Baggins-Sacquet était actuellement en la compagnie de la jeune fille dans la chambre qu'il occupait, bienheureux, depuis maintenant de nombreuses années. Elle l'écoutait parler de son livre avec passion, rêvant de vivre une aventure semblable à celle du vieux Hobbit.

- Et là, dit Bilbon, j'ai levée Dard et j'en ai asséné un grand coup au Gobelin et au Ouargue qui se dirigeaient vers moi ! Je lui aie coupé les pattes à cette sale bête, et le gobelin a perdu son équilibre et a chuté sur une lame qui gisait au sol. Après cela, j'ai rejoint les elfes…

Soudain, sans prévenir, le vieil Hobbit s'endormit, interrompant là son récit. Eliriel sourit en voyant cela.

- Ah, cher vieux Bilbon, murmura t'elle en se levant et en se penchant vers lui pour tenter de le soulever. Allez, au lit ! On vous réveillera pour le repas !

- Le repas ? Répondit le Hobbit en relevant la tête, parfaitement éveillé. Oh, Eliriel ! Où en étions nous donc ? J'ai oublié ! Ahah ! Je crois que je me suis assoupi !

- Vous me parliez de votre victoire sur un Ouargue et son cavalier Gobelin, Bilbon. Mais je suis désolée, je n'ai pas vraiment le temps. Je dois aller…

- Pas au Conseil ? Questionna Bilbon, connaissant parfaitement le caractère rebelle de la jeune fille. Tu sais que c'est réservé aux grandes personnes !

- Bilbon, voyons ! Soupira Eliriel. Vous savez bien que je ne suis plus une enfant ! J'ai tout de même dix-sept ans, et j'ai déjà beaucoup voyagé avec mon père !

- Oui, mais Dùnadan ne t'as jamais fait courir de grands risques ! Il ne t'a emmenée que dans des régions pacifiques !

Eliriel marmonna alors dans les cheveux qui recouvraient une partie de son visage. Bilbon cru discerner les mots « Et en trois mille quinze, alors… »

Finalement, le Hobbit dût lui aussi quitter sa chambre pour se préparer à rejoindre le conseil qui allait avoir lieu dans quelques temps. Il y tiendrait un rôle fort important…

Eliriel, voyant l'heure à la Soleil (I), remarqua qu'il lui restait encore un moment avant de se cacher afin d'espionner son père et les dignitaires des Peuples Libres.

En effet, aujourd'hui, dans la cité Elfique, se tiendrait un Conseil réunissant les principaux dirigeants des Peuples Libres, l'ensemble des Peuples d'Endor à refuser le joug brutal des Seigneurs des Ténèbres tels Morgoth jadis, et maintenant Sauron. Tout cela dans les mêmes conditions que les anciens « Conseils Blancs ».

Elle décida d'aller voir ce que faisait son père. Etait-il encore en train de roucouler auprès de sa mère ? Courant à travers les allées des jardins et les rues des quartiers habités, la jeune fille retourna tout d'abord dans sa propre chambre, dans la demeure de son grand-père, le Seigneur Elrond. Justement, lorsque l'on parle du loup…

- Oups ! S'exclama Eliriel à un tournant de couloir, percutant une personne venant dans l'autre sens, et l'envoyant au sol.

- Eliriel, voyons ! Sermonna une voix d'homme. Ne peux-tu pas faire attention ?

- Désolée, grand-père ! Répondit Eliriel en souriant et en aidant son aïeul à se relever. J'allais un peu trop vite…

- J'ai pu le sentir, en effet ! Que faisais-tu, à courir ainsi ?

- J'allais chercher mon arc dans ma chambre, je voulais défier Ada (II) ! Tu sais où il est ?

- Aragorn ? Il est occupé dans la bibliothèque avec Gandalf. J'allais les rejoindre, quand je t'ai… rencontrée.

- Il n'a pas le temps de faire une pause ?

- Non Eliriel, ils parlent de choses importantes. Mais en revanche, le Prince de Vert-bois le Grand, Legolas Vertefeuille, est arrivé ce matin dans la cité. Il n'a fait que se chamailler avec Gimli le nain, depuis qu'il l'a rencontré. Si tu lui proposais un petit duel, je pense qu'il ne serait pas contre.

- Bonne idée ! J'y vais de ce pas !

Elle parti soudain en courant vers les escaliers extérieurs qui se trouvaient à quelques pas de là, et disparu à la vue de son grand-père. Elle réapparut néanmoins quelques instants plus tard, penaude, arrachant un sourire au Seigneur Elrond.

- Grand-père, sais-tu où il est, au fait ?

- Sûrement au rez-de-chaussée, dans une des salles de détente. Mais ne le castre pas s'il t'énerve !

- Cela dépendra de lui ! Répondit Eliriel en repartant comme une flèche, dans l'autre direction cette fois ci.

Eliriel & Eönardë

Quelque part dans Fondcombe…

- Sachez, Nain, dit une voix envoûtante d'un ton dédaigneux, que je pourrais vous vaincre en combat singulier n'importe quand !

- J'en doute, Elfe ! Répliqua avec hargne ledit Nain. Quand vous parviendrez à me toucher, les Orques m'offriront des fleurs !

- Vous avez raison, Nain, admit l'Elfe, je ne pourrais vous vaincre. Vous êtes si petit que ma lame ne parviendrait jamais à vous atteindre.

- Grande taille ne signifie pas Grande Âme, Elfe !

- Certes, mais petite taille ne veut pas dire petite incapacité.

- Par ma barbe ! Un tel affront ne peut rester impuni ! Au nom de mes ancêtres, vous vous en repentirez ! Je vous défie en duel !

- Mon cher nain, j'acc…

- Eh ! S'exclama soudain une voix de jeune fille, interrompant brutalement l'amicale discussion nano-elfique. Les deux rigolos ! Savez-vous où je pourrais trouver Legolas Vertefeuille ?

L'Elfe se tourna alors vers la nouvelle arrivée, et la regarda froidement, avant de répondre :

- Je suis le dénommé Legolas.

- Vraiment ? S'exclama Eliriel. Et bien, on ne dirait vraiment pas un prince ! Quand vous aurez fini de jouer avec votre peluche pleine de poils, tel le gamin pourri-gâté que vous êtes, vous viendrez sur le terrain de tir ! Je vous y attends !

Et, sans laisser à l'Elfe et au Nain le temps de répliquer ou même simplement de paraître outragés, elle se dépêcha de se rendre en direction du terrain de tir…

- Gamin pourri-gâté ! Pouffa alors le Nain, à la plus grande gêne de Legolas.

- Poupée poilue ! Répliqua l'Elfe, non sans rougir de honte.

- COMMENT ! Ah, mais ! Cela se réglera par le tranchant de la hache !

- Quand vous voulez ! Mais en attendant, voulez-vous venir assister à ma brillante victoire à l'arc ?

- J'admirerais votre humiliation, oui !

- C'est ce que nous verrons !

Imladris toujours, terrain d'entraînement des archers.

Quelques minutes plus tard, les deux nouveaux rivaux se dirigeaient d'un pas fort vif en direction du lieu où ils avaient été invités –non sans se lancer réciproquement quelques petites remarques et insultes anodines-.

- Mais, que se passe-t-il, ici ? Demanda Legolas à haute voix.

- Ma foi, Elfe, je l'ignore, répondit Gimli en ouvrant grands les yeux.

Sous leur regard étonné et interrogatif, une bonne dizaine d'elfes et de Rôdeurs prenaient littéralement leurs jambes à leur cou, fuyant le terrain de tir comme si le Seigneur des Ténèbres en personne s'y trouvait.

- Que se passe-t-il donc, Elrohir ? Questionna Legolas en stoppant l'un de ses camarades de Fondcombe.

- Ma nièce Eliriel est venue s'entraîner à l'arc, répondit l'Elfe, comme si c'était l'évidence même.

- Mais, pourquoi fuir ainsi ?

- Parce que je tiens à ma virilité ! Si elle ne parvient pas à atteindre le but qu'elle s'est fixée, elle risque de se détendre en pratiquant quelques castrations à vif…

Ces quelques mots firent pâlir les deux compères en un instant. Si même l'oncle de la jeune fille se méfiait ainsi, que devrait-il en être pour eux ?

- Maintenant, pardonnez-moi, mais je dois me préparer pour rejoindre le conseil !

L'Elfe se détacha de la poigne du Prince de Mirkwood, et détala immédiatement sans demander son reste, jetant littéralement aux oubliettes la légendaire grâce elfique.

Dans quoi me suis-je donc jeté ? Pensa Legolas, soudain inquiet pour son avenir.

Je suis curieux de voir ce qu'il va lui arriver, pensa à son tour Gimli, sans pouvoir s'empêcher de sourire narquoisement.

Voyant cela, Legolas s'exclama, acerbe :

- Ne rigolez point trop, Nain ! Je suis certain de l'emporter, et de ridiculiser votre actuelle assurance !

- C'est ce que nous verrons, mon cher. C'est ce que nous verrons…

Eliriel & Eönardë

Dans la salle du conseil, dans la demeure d'Elrond…

Dans la salle des Conseils de la demeure du Seigneur Elrond, la quasi-totalité des Peuples Libres pouvait trouver un représentant. Il y avait là le dénommé Gimli et son père Gloïn, pour représenter l'Erebor et le roi Dâïn, et plus largement, les Nains des Peuples Libres, des Monts de Fer jusqu'aux mines de Nogrod et Belegost, glorieuses cités millénaires, situées dans les Montagnes Bleues.

Pour les Elfes, Elrond était loin d'être seul. Les dénommés Erestor, Galdor et Legolas représentaient la cité de Fondcombe, le Peuple de Cîrdan, du Lindon et du Forlindon, et les elfes Sylvestres d'Eryn Lasgalen. Il était d'ailleurs utile de noter que le dit représentant du dernier peuple cité se trouvait alité, un large bandage rougeoyant au niveau de son bas-ventre…

Les Hommes, les Derniers-nés, étaient représentés par le Capitaine de Gondor, Boromir, ainsi que par les cousins Aragorn et Halbarad, pour les Rôdeurs. Il n'y avait personne pour le Rohan, les Béörnides, le Dun, et tous les autres. Pour cause, ils étaient occupés soit à s'entretuer en une guerre fratricide, soit à défendre les ruines de leurs royaumes…

Non loin de là, personne n'avait remarqué un innocent buisson transformé pour l'occasion en un repère pour deux hobbits et une jeune elfe.

- Moins de bruit, bande d'idiots ! Murmura Eliriel.

- Pippin m'a mordue l'oreille ! Se plaignit l'un des deux hobbits, nommé Merry.

- Je l'ai prise pour un morceau de porc fumé, s'excusa malhabilement le dit Pippin.

- Du porc fumé ? Mon oreille ? Dis tout de suite que je ne me lave jamais ! Je l'ai fait à notre arrivée ici !

- On comprend pourquoi tu cocottes, alors ! Gronda Eliriel. Allons, silence maintenant ! Ça commence !

Quelques instants seulement après que toutes et tous se furent réunis dans la salle des Conseils, le Seigneur Elrond Peredhel se leva avec toute la grâce inhérente aux elfes millénaires, et prit la parole, amenant immédiatement un silence respectueux en ces lieux.

- Habitants d'Endor, Elfes, Hommes, Nains et Hobbits, mes amis, dit-il d'un ton solennel. Nous sommes tous réunis ce jour en ce présent lieu pour décider ensemble de la voie à suivre dans cette guerre, et de ce qu'il va advenir de l'Anneau Unique, notre seul espoir.

Blablabla, pensa alors Eliriel en fronçant les sourcils. Dépêches-toi donc, papy ! Pff, on est partis pour des heures de paroles inutiles !

A la grande déception de la jeune fille, les « propos futiles » durèrent encore plusieurs minutes, avec la présentation de chacun des participants au conseil. Quand, enfin…

Ah, nous y voilà ! Ce n'est pas trop tôt !

- Gandalf, mon ami, dit alors Elrond en se levant, veuillez éclairer nos consciences avec vos révélations, je vous en prie. Commencez par nous expliquer comment vous avec découvert l'Anneau.

Le vieux magicien se leva alors, afin de pouvoir être convenablement vu par toutes et tous.

- Mes camarades et amis, dit-il alors aussi clairement qu'il le pouvait, étonnant tout un chacun de la clarté de sa voix, je vais devoir vous parler de maintes choses réelles et difficiles à entendre et à accepter. Je vous prie d'avance de me pardonner pour cela, et pour le ton rude que je pourrais adopter,

Pour ma part, je me dois de vous expliquer de quelle façon j'ai eus des doutes concernant l'anneau de notre cher ami Bilbon Sacquet.

Lorsqu'il s'en retourna en ma compagnie de l'Erebor, suite à la Bataille des Cinq Armées, il rechigna fortement à me dire grand-chose de la façon dont il l'avait obtenu. Bien que cela m'étonnasse sur l'instant, je n'entrevis point de raison particulière de m'inquiéter, et laissa les choses telles qu'elles étaient. Je supposais que cela était dut au désagréable souvenir des Gobelins que nous avions malencontreusement rencontrés dans les Monts Brumeux.

C'est au bout de quelques décennies que l'Anneau me revint à l'esprit. A ce moment, comme les autres hobbits de son âge, Bilbon aurait dût commencer à montrer des signes palpables de vieillesse. Hors, il était encore frais comme un gardon, en parfaite santé, et plus qu'actif avec ces demoiselles, même s'il rechignait à l'union.

Lorsque je lui demanda si je pouvais étudier son anneau, il s'emporta dans une colère noire, et me chassa littéralement de sa demeure. Ces actes étranges me choquèrent, et me firent comprendre que je n'avais pas là affaire à un simple anneau ayant « juste », si je puis dire, le pouvoir de rendre son porteur invisible.

Mes pensées se dirigèrent immédiatement vers les Anneaux de Pouvoir. Les neufs offerts aux Hommes étaient en la possession de Sauron par le biais des Nazguls. Les Sept donnés aux Nains étaient soit repris, soit fondus par le feu des Dragons. Les Trois se trouvaient encore sous la garde vigilante des Elfes. Les autres n'étaient plus que les premiers essais de l'art des Forgerons d'Antan et avaient épuisés leurs pouvoirs depuis longtemps.

Du moins, les autres sauf un. L'Anneau Unique, celui de Sauron, qu'il s'était fait pour lui-même, et dont l'on avait perdue la trace depuis la mort d'Isildur le Grand.

- Quelqu'un a un en-cas ? Demanda soudain une voix, en toute innocence.

- Peregrïn Touque, éructa Gandalf, mécontent de s'être si vertement fait interrompre, apprenez donc à remplir votre estomac d'oliphant aux heures des repas ! SILENCE !

Tout le monde chercha alors le Hobbit des yeux, et il fallut immédiatement se rendre à l'évidence : il n'était pas convié.

N'ayant aucune envie d'être découverte par son père, Eliriel ne trouva alors rien de mieux à faire que de pousser les deux hobbits en dehors de leur cachette commune. Et c'est ainsi que deux estomacs humanoïdes se retrouvèrent sur le sol, aux pieds d'un rôdeur étonné. Le dénommé Halbarad les releva bien vite, et les laissa affronter leur destin.

Laissant les pauvres Hobbits impudents se tasser sur eux-mêmes sous la pression de son impressionnant regard noir, le magicien gris reprit là où il en était.

- Donc, je me questionnais sur la provenance de l'anneau de notre cher Bilbon.

Le fait qu'il soit l'Anneau Unique me paraissait totalement improbable et impossible, car à cette époque, je supposais celui-ci comme incapable de volonté propre. Quelle ne fut pas cette erreur ! Si, à ce moment, j'avais poussées mes investigations plus avant, il nous aurait suffit de réunir les armées Elfiques pour entrer au Mordor et enfin détruire définitivement Sauron. Mais, j'avais la tête prise par maintes autres affaires qui me paraissaient d'une bien plus grande importance, et qui semblaient bien plus urgentes, et j'en vins à oublier l'Anneau et son mystère.

Ce n'est que quelques années plus tard, lorsque j'entendis parler de la nouvelle émergence des Nazguls, que celui-ci me revint en tête. Bien évidemment, ils ne pouvaient qu'être à la recherche de l'Anneau de leur maître. A ce moment là, encore, je ne pensais pas l'anneau de Bilbon dangereux, mais j'avais bien pour intention de protéger mon ami en le faisant se cacher.

Lorsque j'arriva dans la Comté, je trouva à ma grande surprise un Hobbit d'apparence plus vigoureuse encore que lorsque je l'avais quitté. Cela attisa mon inquiétude. Les anneaux des Hommes ne changeaient que bien peu l'espérance de vie, et pas tant, et ceux des nains ralentissaient l'apparence du vieillissement uniquement, sans donner de jours ou de forces supplémentaires. Seuls les anneaux des Elfes étaient suffisement puissants pour produire un tel effet sur les mortels. Les anneaux des Elfes, et un autre. L'anneau unique.

Passant quelques jours chez Bilbon, j'en vins à me dire qu'il me fallait à tout prix en savoir plus sur l'anneau unique. Entre autres, il me faudrait compulser les quelques documents laissés à ce sujet par Isildur le Grand.

C'est un complet hasard qui me prouva que cet anneau était bien l'artefact recherché.

Un jour, au mois de gwirith dernier pour être précis (III), certains membres de la famille de Bilbon vinrent lui rendre visite. Les dénommés Sacquet de Besace et lui ne sont guère en bons termes, si vous me permettez, Bilbon.

- Je vous permets, mon cher Gandalf, répondit en riant le vieil hobbit.

Donc, voyant que Bilbon souhaitait esquiver ces personnes, je me chargeai d'aller leur ouvrir son huis, et je les congédiai poliment dès que possible. Lorsqu'enfin, je revint dans le séjour de notre ami, riant, il avait ôté son anneau, et le regardait avec un air étrangement vide, comme… passionné, à défaut d'autre mot.

Il fut soudain surprit de ma présence, sursauta, et perdit l'anneau des mains. Celui-ci tomba droit dans le feu ronronnant de la cheminée.

Comme l'on pourrait s'en douter, compte tenu de la valeur que Bilbon accordait à l'artefact, il se précipita pour l'en sortir, plus que paniqué en un instant.

Lorsque l'Anneau fut sortit du feu, simplement légèrement chauffé, il se couvrit d'étranges inscriptions en Elfique.

Ma curiosité immédiatement ravivée, je saisis sans attendre les pincettes du feu et plaça l'objet devant mes yeux, pour lire. Ce que je vis confirma mes soupçons les plus noirs. Là, gravé en elfique dans le noir langage du Mordor, se trouvaient les termes suivants :

« Un anneau pour les gouverner tous, un anneau pour les amener tous, et dans les Ténèbres, les lier. »

J'avais donc face à moi l'Anneau Unique, l'objet de la victoire définitive ou de la défaite totale sur ou face à Sauron.

N'en revenant pas, je fus soudain effrayé, et lâcha les pinces de cheminée, puis recula de quelques pas. Surpris par cela, notre cher Bilbon ne pensa même pas à me houspiller pour lui avoir prit l'anneau.

- Aïe ! Cria une voix de jeune fille. Attention, enfin ! Hé !

Tous les regards se tournèrent alors vers le buisson d'où avaient jaillis Pippin et Merry. Posté juste à côté, le rôdeur Halbarad s'y était saisi de quelque chose… qu'il ramena bien vite à la lumière au biais de l'oreille.

- Eliriel ! S'exclama Aragorn en se levant et en marchant vers sa fille, mécontent. J'étais sûr que tu me désobéirais ! Regagne ta chambre immédiatement ! Suis-je bien clair ?

- J'ai le droit de participer au conseil, Ada ! Rétorqua Eliriel. C'est là l'affaire de tous les peuples libres de la Terre du Milieu, disiez-vous. Alors pourquoi donc les femmes ne sont-elles pas représentées convenablement ?

- Ceci est une affaire d'hommes ! S'outragea alors un dénommé Boromir. Les femmes n'ont rien à faire dans un conseil important ! DEHORS !

Eliriel se résolu alors à obéir, et quitta la salle du conseil en marmonnant quelques insultes de son cru.

- Mysogine, acheva t'elle en franchissant la porte des lieux.

Le conseil reprit rapidement après cette interruption. Néanmoins, ce que personne ne remarqua, c'est l'apparition d'une légère ombre sur le sol… Faisant fi de l'ordre de son père, Eliriel s'était contentée de fouiller dans les affaires des personnes présentes, et avait pris une des célèbres capes elfiques de la Forêt Noire. Celles-ci n'avaient rien à envier à leurs cousines de Lorien.

A partir de ce moment, la suite du conseil se déroula rapidement pour certain, et bien trop longuement pour les quelques estomacs sur pattes en présence. Il fut discuté de maints sujets divers et variés, tous « absolument passionnants » et « totalement inutiles » du point de vue d'une certaine jeune fille. Ce n'est qu'à la fin des discussions que l'on en vint enfin à quelque chose qui semblait digne d'attention. De « son » attention, évidemment.

- Maintenant que Frodon s'est porté volontaire, dit Elrond, il est temps de lui trouver des compagnons ! Un tel voyage ne se peut accomplir seul, aussi bien du fait de la distance du But que de la difficulté d'atteindre celui-ci. Les symboliques étant fortes, je pense qu'il est bon d'opposer neuf compagnons aux neufs Nazguls. Qui donc est volontaire pour accompagner notre cher Frodon dans sa peine ?

Plusieurs mains se levèrent alors, et non pas des moindres. Dans sa cachette, Eliriel n'esquissa pas le moindre mouvement.

- Moi, Gandalf le gris, je me porte volontaire !

- Il vous faut un cerveau dans le groupe ! S'exclama Pippin. J'en suis !

- Pauvre de nous, soupira Sam. Monsieur Frodon aura besoin d'aide, je viens donc ! Et si l'on m'en empêche, alors je le suivrais tout de même.

Souriant face à une telle fidélité, Aragorn se leva à son tour, et dit :

- Frodon aura très certainement besoin d'aide pour trouver son chemin parmi maints lieux traîtres. Je le suivrais jusqu'à ce que la mission soit achevée, ou jusqu'à ce que la mort me prenne.

- Personne ne dira que les Nains ne sont pas des exemples de courage ! S'exclama une voix. Je trancherais chaque orque ou troll dérangeant notre ami Hobbit !

- Un Elfe ne serait point de trop en cette compagnie, ajouta immédiatement Legolas, tout en lançant un regard noir à Gimli.

- Il faudra quelqu'un pour apprendre les bonnes manières à ces deux zigotos, pouffa Merry en se présentant, avant de se cacher derrière Gandalf pour échapper aux regards enflammés des deux dénommés précédemment.

- Le chemin vers mon foyer suivra celui de cette compagnie sur nombre de milles, dit Boromir. J'en suis, Porteur de l'Anneau, jusqu'au moment où mon chemin se séparera du vôtre !

Elrond se leva alors noblement, souriant, et s'exclama :

- Et bien, mes chers amis, voici donc formée la Communauté de l'Anneau ! Chaque peuple s'y voit représenté, pour l'Avenir des Peuples Libres !

- STOP ! S'exclama soudain une voix.

Eliriel montra alors à tous quelle n'était pas partie bien loin, retira sa cape elfique, et s'avança vers son aïeul.

- Papy, dit-elle, tu plaisantes, n'est-ce pas ? « Chaque peuple est représenté », vraiment ? Et les femmes, tu en fais quoi ?

- Eliriel, soupira le sage vénérable, d'ores et déjà exaspéré, les femmes n'ont pas leur place dans cette affaire. Les dangers sont par trop énormes.

- Pas leur place, dis-tu ? Alors pourquoi acceptes-tu le prince Legolas ? Et Meriadoc ? Et Peregrïn ?

Les trois dénommés relevèrent tout soudain la tête, et adoptèrent un air outragé à se voir ainsi considérer comme femmes. Non loin de là, un certain nain commençait à s'esclaffer dans sa barbe, hilare…

- Ce ne sont pas des femmes, Eliriel, voyons !

- Ça peut s'arranger ! Répondit la jeune fille en faisant mine de sortir son épée, et en souriant dangereusement.

Les trois personnes visées blanchirent immédiatement, oubliant tout outrage, et posèrent par réflexe leurs mains sur une certaine partie de leur anatomie.

- Eliriel ! Cesse cela immédiatement ! Ordonna Aragorn, sans pouvoir s'empêcher de sourire.

- Je viens avec vous ! Répondit-elle alors fermement, en croisant les bras et en adoptant un air qui se voulait menaçant.

- C'est hors de question ! Cette fois-ci, je ne t'emmène pas avec moi ! Et je te préviens, je serais intraitable !

- Allons, mon petit Ada, s'il te plaît ! Je t'en supplie !

- Non, Eliriel. Tu restes à Imladris.

Juste à côté des deux humains, le Seigneur Elrond ne put s'empêcher de soupirer lourdement, sous le regard amusé de Gandalf et des Elfes de la cité. Le pauvre père de famille était d'ores et déjà tombé dans le piège tendu par sa fille, en commençant à dialoguer avec elle…

- Je viens ! Je pourrais porter plus de bagages que vous tous réunis !

- Tu restes ici !

- Je ne me ferais pas remarquer ! Je te le promets !

- Eliriel…

Soudain, la jeune fille s'approcha de son père, et lui murmura à l'oreille, suffisamment bas pour que personne hormis lui n'ouïsse, pas même les elfes :

- Ada, tu aimes Nana ?

A cette question simplissime, le rôdeur amoureux ne trouva rien de mieux que répondre la vérité à haute voix.

- Oui, dit-il, bien sûr !

- Merci Ada ! S'exclama Eliriel en souriant diaboliquement, mettant ainsi fin à la discussion en faisant mine d'avoir l'acceptation de son père.

Non loin de là, un certain magicien et un sage elfe soupiraient d'exaspération. Aragorn était pourtant quelqu'un d'intelligent, mais dès que l'on en venait à Arwen Undomiel, il perdait toute faculté de raisonnement… c'en était aussi risible que ridicule et déplorable.

Sans perdre un instant, la jeune demi-elfe quitta le Conseil, son but atteint, et ne laissa pas à quiconque la possibilité de contester son entrée dans la communauté de l'Anneau.

Maintenant que son père avait accepté… ou presque, il s'agissait de convaincre sa mère…

Eliriel & Eönardë

Cité d'Imladris, quelques minutes après la fin du Conseil…

Un hurlement déchirant retentit soudain dans la merveilleuse cité Elfique, anéantissant toute activité paisible, réduisant au silence tous les musiciens et chanteurs de ce lieu charmant.

Quelle était la cause d'un tel vacarme ? Le cor même de Boromir de Gondor n'était point aussi puissant. La réponse à la question que maintes personnes se posaient se trouvait à la demeure du Seigneur Elrond. Celui-ci devrait certainement faire inspecter les fondations de sa résidence…

- NON ! C'EST HORS DE QUESTION ! Hurla Arwen Undomiel, son flegme et sa grâce elfique oubliés en un instant.

- SI ! JE TE DIS QUE J'IRAIS ! Répondit tout aussi calmement sa douce fille, Eliriel, le cauchemar de la cité.

- PAS QUESTION ! C'EST BEAUCOUP TROP DANGEREUX !

- C'EST MOI QUI DECIDE, NANA !

Arwen savait bien que, si elles continuaient ainsi, elle ne parviendrait pas à se faire obéir par sa fille. Il n'était vraiment pas question qu'elle accompagne la communauté ! Son père y était déjà de trop…

Eliriel, voyant que sa mère s'efforçait de se calmer, rajouta d'une voix plus basse :

- C'est l'occasion de ma vie, Nana ! Je sens que je dois y aller.

Ruser, pensa Arwen. Il faut ruser, c'est là la seule solution si je souhaite la convaincre de l'idiotie de son entêtement !

- Eliriel, dit-elle, comprends moi ! Je serais déjà horriblement inquiète pour ton père, alors si tu y vas toi aussi… je ne le supporterais pas !

- Bien sûr que si, Nana ! S'exclama Eliriel en serrant les dents. Je te rappelle que j'accompagne Ada dans ses errances depuis de bien nombreuses années !

- Oui, mais il n'y avait pas de grands dangers ! Contra Arwen. De plus, il n'y avait que ton père ! Là, il y aura huit autre personnes… tous des hommes, en plus ! Je te rappelle que tu es une jeune fille !

- Je comprends très bien où tu souhaites en venir, Nana, répondit Eliriel. Mais dis-moi, suis-je réellement obligée de te rappeler le nombre de castrations que j'ai menées, à chaque fois que l'on m'a faite des avances ?

- Ce ne sera pas la peine, ma chérie, dit Arwen. Mais comprends mon inquiétude, voyons ! Tu es en sécurité, ici !

- Et bien voyons ! Je te rappelle que, dès que les Nazgul auront rejoint le Mordor, Sauron saura que l'Anneau est ici ! Et il y a de fortes chances pour qu'il envoie toutes ses armées contre nous ! Le Gondor et le Rohan réunis ne pourraient en venir à bout, alors les quelques quatre cent soldats de cette cité, n'en parlons point !

Arwen ne put répliquer. Que voulez-vous donc répondre à une si difficile vérité ? De ce point de vue, Eliriel avait raison…

- Oui, ma chérie, commença t'elle, mais…

- Merci Nana ! S'exclama Eliriel en embrassant sa mère sur la joue. C'est très gentil à toi !

Elle avait volontairement haussé le ton, afin que tous ceux qui les entouraient croient qu'Arwen avait accepté que sa fille parte avec la Communauté.

Elle m'a encore eue ! S'exclama mentalement la fille du Seigneur Elrond, sans pouvoir s'empêcher de laisser naître un sourire. Quelle espèce de petite maligne ! Elle me fera vraiment vieillir avant l'âge, décidemment !

Et c'est donc ainsi qu'Eliriel obtint le droit d'accompagner la Communauté de l'Anneau dans sa quête… Scellant ainsi à jamais son destin.

Eliriel & Eönardë

I. La Soleil : Dans l'univers de Tolkien, le soleil est au féminin et la lune au masculin. Voir le « Silmarillion ».

II. Ada, Nana : En Sindarin, respectivement « Papa » et « Maman ».

III. Gwirith : équivalent du mois grégorien d'Avril. J'ai légèrement changé la façon dont l'anneau a été découvert, mais j'ai fait en sorte de conserver les bonnes dates.

Ajouts à l'œuvre originale :

La première version de l'Histoire avait pour but d'être la plus fidèle possible à Tolkien… ce n'est plus du tout le cas de la première. J'ai décidé de changer quelques détails pour améliorer les choses et les adapter à mon scénario. Ne vous étonnez donc point de quelques différences mineures.