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Chapitre 2 : Et maintenant ?
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« Enceint. Depuis deux mois. »
« Non, non… ce… ce n'est pas possible, il doit y avoir une erreur. »
« Vous voulez dire que vous n'avez jamais eu de relations sexuelles ? »
« Non, j'en ai eues, mais, oh Merlin… c'est pas vrai. »
« Ce n'est manifestement pas une grossesse planifiée. Mr Potter je sais que c'est un choc et que vous avez besoin de temps pour vous faire à l'id- »
« Je ne prévois pas de m'y faire. Je veux avorter. »
« Er, Mr Potter, l'avortement est illégal dans le monde magique. »
« Merde ! Qu'est-ce que je vais faire ? » dit Harry en sanglot.
« Comme je vous l'ai dit, c'est un choc pour vous. Prenez le temps d'y réfléchir. Si vous voulez, vous pouvez voir un de nos consultants pour vous aidez à prendre la meilleure décision. »
« Mais je ne veux pas d'un bébé ! » pleura Harry.
« Si vous pensez que la parentalité n'est pas pour vous, il y a toujours l'adoption Mr Potter. Je peux vous donner toute la documentation à ce sujet. Maintenant voulez-vous voir un conseiller ? »
« hum, non merci, j'ai juste besoin d'un peu de temps d'abord » dit Harry calmement.
« Ok, venez si vous changez d'avis et nous verrons ensemble. Vous savez, les grossesses mâles ne sont pas si différentes des grossesses féminines, donc il n'y a pas de raisons particulières d'être inquiet. Vous recevrez une lettre une fois passée douze semaines pour faire une échographie et ensuite vous aurez des rendez-vous réguliers avec un médicomage.
Si vous ressentez le besoin de parler à quelqu'un ou si vous souffrez de douleurs qui vous incommodent, venez nous voir immédiatement. J'espère que vous prendrez soin de vous, aucune sorte d'alcool ou de drogue ne doit être consommé durant la grossesse, ne faites pas de exercices éprouvants et j'ai peur de vous dire pas de quidditch ou de vol sur balai. »
« Bien sûr. » dit Harry d'un air abattu.
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Comment avait-il pu être aussi stupide ? Pourquoi avait-il bu tant au bal ? Et pourquoi avait-il cherché Snape ?
Une seule nuit et maintenant il était enceint. Dix-huit ans, célibataire et enceint de l'homme qu'il avait désiré depuis deux ans. Il s'imaginait l'annoncer à Snape. Ce dernier ricanerait sarcastiquement puis lui dirait que c'était son problème et qu'il ferait mieux de foutre le camp.
Harry se trouvait devant la maison qu'il partageait avec Sirius et Remus. Ça faisait cinq heures qu'il avait quitté la maison pour Sainte Mangouste, depuis il errait sans convictions dans la rue, essayant de donner du sens à sa situation. À penser à ce qu'il devrait faire. Et il prit sa décision. La solution - la plus logique - le frappa comme l'éclair.
« Salut Harry » Sirius sourit alors qu'il entrait dans la cuisine. Il lisait le journal assis à la table.
« Salut » répondit Harry. Il s'assit à côté de lui. « Sirius j'ai besoin de te parler. »
« D'accord » dit Sirius en posant le journal.
« Voilà… je… je suis enceint. »
« Oh Harry… c'est merveilleux. Je ne savais pas que tu voyais quelqu'un. »
« Ce n'est pas le cas ; J'ai eu une aventure il y a deux mois. »
« Tu as eu des relations sexuelles non protégée avec un inconnu ?! » enragea Sirius.
« Laisse-moi m'expliquer avant de me faire la morale Sirius. Ok, je n'aurai pas dû faire ça, mais j'étais vraiment soûl et le gars n'était pas un inconnu, il… était à Poudlard. »
« Désolé, je m'inquiète juste pour toi… Tu me promets que tu seras plus prudent à l'avenir ? »
« Je te le promets »
« Est-ce que tu lui as parlé du bébé ? »
« Non et je n'ai pas l'intention de le faire. Je veux que toi et Remus ayez mon enfant. »
« Quoi ? »
« Je ne veux pas de bébé. C'était une erreur, j'ai seulement dix-huit ans. »
« Beaucoup de personne deviennent accidentellement enceinte et deviennent de brillants parents Harry »
« Je m'en fiche, ce n'est pas pour moi et personne ne me fera changer d'avis. Je veux faire carrière dans le quidditch, je veux rencontrer un homme et tomber amoureux. Je ne veux pas les couches et les nuits sans sommeil, rester à l'écart pendant que tous mes amis vivent leur vie. »
« Tu vas changer d'avis Harry. Donne-toi le temps. »
« Je ne changerai pas d'avis Sirius. »
« Bien, mais je ne peux pas prendre ton enfant, ce ne serai pas correct. »
« Je n'en veux pas. Je le laisserai à l'adoption s'il le faut, mais toi et Remus essayez d'avoir un bébé depuis des années, vous méritez d'avoir une famille. »
« Malgré tout, je ne pense pas que je pourrais juste prendre- »
« Sirius, s'il te plait ! Je t'en supplie ! » implora Harry alors que des larmes commencèrent à couler sur son visage.
« Hey » lui dit Sirius d'un ton apaisant, en le prenant dans ses bras et lui caressant les cheveux. Harry posa sa tête contre le torse de Sirius et pour la première fois depuis qu'il avait découvert sa grossesse, il se sentit mieux, comme si les choses n'étaient pas aussi mauvaises qu'elles étaient. « Tout va bien se passer Harry. Je sais que tu es dans tous tes états, mais tout ira bien. Ce n'est pas la fin du monde. Je suis là pour toi, ok ? »
« Je… je… veux juste… » Harry commença à sangloter, avant que Sirius lui dise gentiment « shh » et le berce d'avant en arrière.
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Sirius faisait les cent pas dans son salon. Remus serait de retour d'un moment à l'autre. Il était tenté de lui envoyer un hibou pour lui expliquer la situation, mais il savait que c'était quelque chose à dire en face. Il n'arrivait pas à penser à autre chose. Il était si désolé pour Harry ; Son monde était complètement perturbé et il était comme un petit garçon effrayé. Pour la première fois, Sirius s'était senti comme un parent pour lui. Il avait toujours été plus un ami qu'un tuteur. Sirius entendit la porte s'ouvrir et vit Remus à l'embrasure de la porte du salon.
Sirius marcha jusqu'à lui et l'accueillit.
« Salut »
Alors que Remus s'apprêtait à le prendre dans ses bras, il fut stopper par Sirius qui secoua la tête.
« Qu'est-ce qu'il y a ? »
« Harry est enceint. »
« Quoi ? »
« De deux mois, le résultat d'une nuit sans lendemain. Il l'a appris lors de sa visite médicale. »
« Mince alors. Il va bien ? »
« Pas vraiment. Il a reçu un choc énorme ; il était épuisé après qu'il me l'ait dit. Je lui ai dit d'aller dormir il y a un moment. »
« Wow. Ce n'est pas quelque chose qu'on espère endurer à dix-huit ans. »
« Remus il… veut nous donner son enfant. Qu'on soit les parents. »
Remus restait silencieux depuis quelques temps, essayant de s'imprégner des derniers mots. Est-ce qu'il avait bien entendu ? Harry voulait abandonner son enfant ? Evidemment ils… ne pouvaient pas… n'est-ce pas ? Il s'assit sur le sofa et Sirius le rejoignit.
« Sirius on ne peut pas. »
« C'est-ce que je lui ai dit. Mais il est inflexible, et a dit qu'il le ferait adopter si on ne veut pas l'élever. »
« Mais il vient juste de l'apprendre. Il a besoin de temps pour encaisser la nouvelle. Il va passer sept mois de grossesse, faire des échographies, sentir le bébé bouger, donner la vie, voir son bébé pour la première fois… Il peut changer d'avis à n'importe quel moment. Là, il a l'impression que ce n'est pas réel, mais- »
« Je lui ai dit tout ça. »
« Quand il se réveillera il faudra qu'on lui parle, qu'on lui fasse comprendre. Lui dire d'attendre la naissance du bébé avant de prendre une décision. »
« S'il fait ça et veut toujours nous laisser le bébé, est-ce que… est-ce qu'on le garderait ? » demanda Sirius avec espoir.
« Er, oui… bien sûre » répondit Remus « Je veux plus que tout au monde que nous ayons une famille. »
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Harry réussit à dormir pendant une heure. Un moment de répit. Alors qu'il se levait, tout lui semblait normal, mais la réalité le rattrapa bien vite : il était enceint. Il grommela et se prit la tête dans ses mains. Il espérait pouvoir mettre la main sur un retourneur de temps et faire comme si ce putain de bal des diplômés n'avait jamais eu lieu.
Harry se leva doucement et entendit des voix provenant du rez-de-chaussée. Remus devait être à la maison. Il en prit pas la peine d'essayer de comprendre ce qu'ils se disaient. Dès qu'il ouvrit la porte de sa chambre, les voix s'éteignirent.
« Tu es réveillé Harry ? » La voix de Sirius lui venait des escaliers.
« Ouais » lui répondit-il. « Je descends dans une minute. »
Quelques minutes plus tard, Harry entra dans le salon et sourit faiblement à Sirius et Remus, assis ensemble sur le canapé. Il déclina le thé que Sirius lui proposa et s'assit dans un fauteuil, redoutant la leçon de morale. C'est Sirius qui commença.
« Harry, Remus et moi pensons que tu devrait attendre jusqu'à la naissance du bébé avant de prendre une décision définitive sur ce qu'il en adviendra. À ce moment là, si tu souhaites toujours que nous élevions ton enfant, alors nous pourrons en discuter. »
« Non » répondit Harry calmement.
« Qu'est-ce que tu veux dire par 'non' ? » demanda Remus. « Je pensais que tu voulais que Sirius et moi- »
« Je ne parle pas de ça. Je parle du fait d'attendre. Je suis désolé, mais je ne suis pas prêts à attendre que cette chose soit hors de moi. J'y ai réfléchit et je n'ai pas besoin de putain de temps pour 'penser à ça' ok. »
« On pense que c'est mieux ainsi, pour tout le monde » lui dit Sirius dans un sourire. « De cette manière, si tu décides de garder le bébé, tu n'auras pas à te sentir sous pression, et Remus et moi n'aurons pas d'espoir de devenir de possibles futurs parents. »
« J'ai lu de la documentation sur l'adoption. Je ne vais pas attendre qu'il naisse pour que vous deux soyez d'accord avec ma décision. Je n'aurai aucun contrôle sur l'adoption si j'attends jusque là. Si je commence le processus d'adoption maintenant, je pourrai choisir les gens chez qui vivra mon bébé. »
Sirius et Remus se regardèrent puis revinrent sur Harry. Le silence régnait alors Sirius et Remus réfléchissaient après ce qu'Harry venait juste de dire. Il était clair pour eux que son caractère obstiné ne le fera pas penser différemment. Il ne changera pas d'avis et ils devront se prêter au jeu.
« Ok » répliqua finalement Sirius. « Nous serons les parents de ton enfant. »
« Merci » Dit Harry, les larmes lui montaient aux yeux.
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« Alors quand est-ce que ça va se voir ? » demanda Fred à Harry, alors que lui et Georges regardaient avec insistance son ventre plat.
« Il faut quelques semaines de plus je pense » répondit Harry. « Je suis seulement à trois mois. »
Harry était au travail. Il avait demandé à Fred et Georges s'il pouvait travailler dans leur boutique de farces-et-attrapes pendant quelques mois et il avaient immédiatement dit oui. Harry leur en était très reconnaissant et devint subitement nerveux quand il leur parla de sa grossesse, mais Fred et Georges ont vraiment été compréhensif. Ils trouvaient ça fascinant et attendaient avec impatience de voir le ventre d'Harry grossir.
Cela faisait maintenant deux semaines qu'il avait appris qu'il était enceint. Il s'était fait à l'idée et c'était un immense soulagement pour lui que Sirius et Remus aient accepté de s'occuper de l'enfant une fois qu'il serait né. Ça lui donnait de l'espoir, la lumière à la fin du tunnel. Il avait vraiment envie de redevenir normal et d'être accepté dans une équipe de quidditch. Il pourrait recommencer à vivre sa vie correctement.
Le plus difficile ne fut pas d'en parler à Fred et Georges, mais de l'annoncer à Ron et Hermione. Harry dut leur expliquer ce qui s'était passé avec Snape lors du bal. Ils furent tous les deux très choqués, et il était sûr d'avoir entendu Hermione grommeler quelque chose à propos des 'relations professeur-élève'. Mais finalement, eux aussi, furent compréhensifs et d'un grand soutien, bien qu'ils ne comprenaient pas pourquoi il voulait abandonner son bébé, mais ils ne le poussèrent pas à changer d'avis.
Pour être tout à fait honnête, Harry était un peu jaloux de Ron et Hermione. Vers la fin de leur deux mois de vacances, ils s'étaient avoués leurs sentiments et étaient maintenant ensemble. Ils semblaient si amoureux qu'Harry ne voulait pas leur demander s'ils voulaient sortir, préférant sans doute rester 'seuls'.
« Harry, pourquoi tu ne prendrais pas ta pause déjeuné ? » suggéra Georges, en regardant la grande horloge sur le mur. Il était presque une heure.
« Ok, merci » répondit Harry avant de sortir du magasin et de Diagon Alley.
C'était un samedi après-midi de septembre et il faisait encore vraiment chaud. Harry profita de la chaleur du soleil sur son visage pendant un moment alors qu'il descendait la Cobblet Street, mais quelque chose le figea sur place. Droit devant lui, il pouvait voir Snape, portant un sac de courses et regardant dans sa direction.
Dès qu'il posa les yeux sur Snape, tous ses anciens sentiments refirent surface et se bousculèrent en lui. Il pensait qu'une fois loin de Poudlard, il pourrait en finir avec ça. Qu'il commencerait à avoir envie d'autres hommes. Mais non, Snape lui faisait ressentir des choses qu'il ne pouvait pas expliquer. Il envisagea à moitié de se cacher dans un magasin mais trop tard, Snape l'avait remarqué et venait à sa rencontre.
« Bonjour » dit Harry en essayant d'avoir l'air joyeux.
« Bonjour Mr Potter. Je dois dire que Poudlard est bien calme sans vous. » Harry rit. « Est-ce que… vous aimeriez prendre un verre avec moi ? J'était sur le point de me rendre au Chaudron Baveur. »
« Oh, bien sûr » répliqua Harry avant de s'en rendre compte.
Ils se marchèrent calmement jusqu'au Chaudron baveur, commandèrent leur boisson et s'assirent en silence. Harry ne savait pas quoi dire et il pouvait sentir son cœur tambouriner dans sa poitrine. Snape portait des vêtements moldus et il était tellement beau sans ses éternelles robes noires. Il préférait largement ce style.
« Je voulais juste profiter de cette opportunité pour m'excuser à propos de… ce qui s'est passé lors du bal des diplômés. J'ai agi de manière très incorrecte en profitant de votre état d'ébriété. Et je suis sincèrement désolé pour ça. »
« C'est bon, vraiment » réussit à sortir Harry. Snape ne s'excusait pas seulement, il était gentil, que se passait-il !? « C'était plus de ma faute que de la vôtre, et je savais exactement ce que je faisais. »
« J'ai entendu dire que vous cherchez à intégrer une équipe de quidditch » dit Snape, changeant de sujet pour quelque chose de plus léger.
« C'était le cas, mais j'ai finalement décidé de rester au calme pendant un an. Je travaille dans le magasin de Fred et Georges. »
Snape le regardait fixement, plus longuement que cela était peut-être nécessaire, et Harry n'était pas tout à fait sûr, qu'il ait écouté ce qu'il venait juste de dire.
Snape ne savait pas ce que c'était, mais Potter était… magnifique était le mot qu'il lui vint à l'esprit. Il rayonnait. Mature. Quand ils ont couché ensemble c'était vraiment juste… du sexe. Mais voir Potter, non Harry, comme un adulte dans le monde des adultes lui offrait une toute nouvelle perspective. Il était intéressant, très intéressant. La question était, est-ce que Harry le voulait toujours ? Il n'y avait qu'un seul moyen de savoir.
« Vous… aviez dit… quand nous… que vous étiez attiré par moi depuis un moment. Est-ce que c'était vrai ? »
« Oui » dit calmement Harry. Il pouvait sentir ses joues s'empourprer et se détesta d'être ainsi embarrassé.
« Je vois. Vous dirait-il… de faire quelque chose un de ces jours ? D'aller diner quelque part ? »
Harry aurait voulu pleurer… ou rire. Il n'arrivait pas à choisir. L'homme qu'il désirait… le seul homme qu'il désirait, était assis en face de lui et lui proposait de le revoir. Alors qu'il portait son enfant, résultat de leur aventure d'un soir il y a presque trois mois. C'était complètement risible. Si Snape connaissait la situation, il ne serait pas aussi intéressé. Harry voulait dire oui si désespérément, mais il ne pouvait pas. C'était impossible.
Il y a encore seulement trois semaines avant, il aurait donné n'importe quoi pour s'engager dans une relation avec Snape. Pour apprendre à le mieux connaitre, pour sortir avec lui, pour faire l'amour encore et encore…
« Je suis désolé, je ne peux pas. Je vois d'une certaine manière quelqu'un en ce moment. »
« Ok, bien » répondit Snape un peu déçu. Il vida d'un trait le reste de son verre et se leva. « C'était bon de vous avoir revu. Au revoir. »
« Au revoir. » dit Harry, alors que Snape passait la porte et disparut de sa vue.
Harry sentit les larmes menaçaient de couler. Il avait l'impression qu'on venait de le frapper. Très violemment. Il ne pensait pas pouvoir autant détester quelque chose, surtout quelque chose qui n'existait pas encore. Pourquoi la vie ne pouvait-elle pas être plus facile ?
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Pauvre Harry… Alors qu'est-ce que vous en pensez ?
Je réponds à toutes vos reviews ;p
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