Chapitre 2

Révélation et certitudes

Mû dévala les maisons restantes à toute allure, les larmes aux yeux. Une fois arrivé chez lui il se laissa tomber sur le sol de son hall et laissa ses larmes couler. Il pleurait à chaudes larmes, comment est-ce qu'il avait pu ressentir quoique se soit pour un être aussi vulgaire et grossier ?

Il avait osé l'insulter sur quelque chose de pur pour lui ! Lui qui voulait se donner à son premier amour et pas à n'importe qui… Lui qui pensait que Shura peut être aurait pu être « cet élu »… Comment est-ce qu'il avait pu se tromper ainsi ? En fait le capricorne était pire qu'une vipère ! Il c'était pratiquement moqué de lui ! Non jamais il ne pourrait le revoir à présent, jamais il ne voudrait poser les yeux sur lui.

Le lendemain et les jours suivants plus personne ne vit le premier gardien. Il restait planqué dans son temple, n'allait plus aux entrainements ni même à la réunion hebdomadaire de Shion. Il ne voulait même plus recevoir ses plus proches amis et même Kiki son apprenti était délaissé. Cela commençait à inquiéter sérieusement ses amis, mais quand ils s'incrustaient tour à tour dans sa demeure, celui-ci se téléportait ailleurs. Les questions allaient bon train, tout le monde se demandait ce qui avait pu arriver à Mû ? Même quand il était contrarié il faisait bonne figure. Shura se sentait terriblement coupable, en plus jamais il n'aurait voulu faire de la peine à l'élu de son cœur.


Il avait été maladroit parce qu'il ne savait pas communiquer de ces choses là avec les autres. Voilà à quoi lui avait servi son attitude revêche et sa manie de ne pas s'intéresser aux émotions comme tout le monde ! Il avait blessé un être pur et il l'avait perdu à jamais… Si seulement il n'avait pas eu ce caractère solitaire ! Il aurait su trouver les mots pour déclarer sa flamme au bel atlante, sans le choquer. Pour l'amener à lui donner son cœur en toute confiance. Il aurait prévu un cadre romantique, une soirée, une promenade en bateau, des fleurs, quelque chose enfin bon !

Nan mais au lieu de cela, il l'avait harponné sans ménagement, en entrainant une dispute et il avait fini par l'insulter. Ah bah tu parles d'une déclaration ! En tout les cas ça ne lui disait pas où était passé le bélier, ni dans quel état il se trouvait… Et c'était de sa faute, c'était à lui donc de le retrouver…

Shura aida aux recherches aux alentours du Sanctuaire, a Athènes, les villes environnantes, puis la région, et enfin la Grèce elle-même. Les petites îles qui se trouvaient à proximité aussi. Il y passa des semaines, et des semaines, mais les recherches étaient infructueuses. Il s'en voulait tellement ! Il avait fait de la peine à son « ami » et tout le monde en pâtissait. Tout le monde fut privé de la présence bienveillante et rassurante du chevalier au bélier.

Shion était préoccupé, terni, anxieux. Où était passé son petit protégé ? Et qu'avait-il bien pu lui arrivé ? Etait-ce grave ? Un problème personnel ? Quoi bon sang ? Tous les jours le maître des chevaliers étendait son cosmos pour localiser l'égaré. Il essayait de sentir sa présence sur cette Terre, en tous les cas il n'avait pas pu se téléporter vers une autre dimension. Il n'avait pas se pouvoir. Mais en vain ! Celui-ci devait bien cacher son cosmos aux yeux de tous pour ne pas qu'on ne le retrouve. Il ne pouvait pas laisser le jeune apprenti seul dans le premier temple, alors le Pope l'avait prit sous son aile dans son propre palais en attendant le retour de son maître.


Oh, ils avaient tenté d'aller dans son ancien lieu de recueillement, à Jamir, mais ils ne trouvèrent personne. Peut être que le chevalier les voyaient arriver de loin et se cachait, mais cela devenait inquiétant de ne plus avoir de nouvelle ni de trace du bélier… Et l'idée de le laisser revenir de lui-même n'était pas envisageable… Il était tellement têtu qu'il aurait pu s'exiler jusqu'à la fin de sa vie !

Mais personne ne connaissait la véritable cause de son départ… Et Shura honteux de son comportement et aussi de devoir avouer ses sentiments, n'avait rien divulgué à personne. Au bout de plusieurs mois d'incertitude il avait eu des nouvelles. Il engagea un mercenaire pour ne pas éveiller les soupçons de ses camarades et aussi de l'être recherché. Il devait passer inaperçu, alors pour quelques bourses de pièces d'or il avait engagé un chevalier libre qui avait pour mission de traquer, et de débusquer le plus discrètement possible la petite brebis. Des mois de planques l'avaient amené enfin à débusquer le lièvre. Il était bel et bien à Jamir, dans sa tour. Tranquille quoi ! Mais il devait être prudent et se cacher de tous. Il ne pouvait pas se rendre lui-même dans ses montagnes rocheuses, jamais Mû ne l'aurait suivi… Ils ne pouvaient pas se parler, et cela aurait encore fini en pugilat !

Alors il se décida à en parler à Shion en prétextant que le mercenaire lui devait une dette. Ce qu'il ne crut absolument pas d'ailleurs ! Donc le Pope envoya Doko et Aioros pour rapatrier le fuyard. Après moultes périples pour le ramener au Sanctuaire, Mû revint enfin. Mais il était aussi complètement offusqué qu'on le ramène par la peau des fesses comme un gamin qui avait fait une bêtise ! Il n'avait pas voulu dire un mot à son supérieur pour la raison de sa fuite. Se retrancha dans son mutisme. Mais ses amis l'aidaient à se réintégrer à la vie sociale.


Il se remit à côtoyer ses pairs mais avec ce sentiment de mélancolie qui était ancré dans son cœur. Surtout quand il regardait aux alentour de la dixième maison… Il essayait de toutes ses forces et ses ruses d'éviter le cabri. Plus jamais il ne voulait croiser son regard ! Quel affront il lui avait fait ! Et quelle méchanceté gratuite !

Shura quand à lui avait le cœur déchiqueté par l'attitude de dénis de son espéré, mais il le comprenait. Tout était de sa faute. Oui ce n'était qu'un rustre sans délicatesse, alors c'était bien fait pour lui ! Il ne méritait pas de trouver quelqu'un aussi vertueux.

Ses amis les plus proches, à savoir Aphrodite et Angelo s'inquiétaient de plus en plus pour leur ami qui se morfondait et qui arborait une mine cadavérique à faire pâlir Minos lui-même. (Le griffon est sans doute le spectre le plus blanc des Enfers, donc c'est pour dire !). Ils l'entouraient d'affection, de bonnes attentions et l'invitait tous les soirs à venir chez eux pour qu'il ne se retrouve pas seul. Aphrodite se doutait bien des tourments de son ami. Il n'était pas dupe, tout ceci était bien étrange… Mû qui évitait toujours Shura, Shura qui portait des regards ravageurs à la petite brebis, Shura piqué au vif quand on lui parlait d'amour. La fuite du bélier, l'air mélancolique au possible du capricorne… Et maintenant ce vide glacial, cette énergie qu'ils mettaient les deux pour s'éviter… Nan tout ceci ne pouvait pas être une vulgaire coïncidence…

Il tenta bien de lui en parler mais l'espagnol fier ne voulu jamais rien divulguer… Quelle tête de pioche ! Alors Aphrodite commença d'élaborer un plan pour rapprocher les deux bourriques ! Il avait mis dans la confidence tous les autres saints, évidement. Ce soir là, Aiolos invita Shura en prétextant lui faire découvrir son nouveau jeu de PS3, un jeu de foot. Il devait le tenir éloigné de sa maison. Son frère était là pour s'assurer de la bonne marche du plan.

Entre temps Aphrodite et Angelo avaient tout décoré dans le dixième temple. Nappe blanche, décoration raffinée et mièvre de la table. Chandeliers, bougies, paillettes scintillantes sur la nappe. Vaisselle en porcelaine (qui venait de chez lui). Bouquets de fleurs un peu partout. Des roses rouges, les lys blancs… Des rubans, qui étaient suspendu au plafond, sous la table romantique. Et dans la chambre de Shura le même effet : bougies un peu partout pour inciter à une ambiance intimiste, des centaines de pétales roses et rouges sur le lit, et une bouteille de champagne au frais… Il avait lui-même concocté un menu digne d'un restaurant étoilé.

Pour ce qui est de Mû, Aldebarran et les jumeaux l'avaient convié à un repas sympathique dans leur demeure. Pour son retour. Mais à un moment bien précis, que le terrible cupidon du Sanctuaire avait dicté, Saga devait prétexter passer voir vite fait Milo qui se trouvait dans la onzième maison. Il devait lui emprunter un wok pour pouvoir faire à manger. Kanon trouva une excuse, invoqua qu'il était entrain de préparer les entrées et le dessert, et le taureau qu'il s'était fait mal au genou à l'entrainement, il ne se sentait pas de traverser tout le domaine pour une casserole ! Alors Saga entraina la victime de se piège malgré lui, en lui disant qu'il ne voulait pas y aller tout seul.

Il savait bien que Mû ne divulguerait pas ses raisons à ne pas vouloir traverser le temple du capricorne. Sa nature trop pudique étant la cause, il n'oserait pas refuser.

-« Il y a quelque chose qui te gêne à ne pas vouloir traverser les maisons ? Il y a quelqu'un que tu ne veux pas voir ? ». S'ingénia le gémeau… Evidement que son ami n'allait pas lui dire oui.

Quand Saga et Mû traversèrent le temple du lion exprès bien fort, Aiolias et son frère savaient que c'était le moment pour eux de renvoyer le capricorne à son temple.

-« Eh merde ! ».Cracha le lion « J'ai plus de bière ni de chips ! Shura est-ce que ça t'embêterait d'aller chez toi pour chercher de quoi grignoter s'te plait ? ».

-« Pfff, bon vous êtes chiants les frangins ! Faut que je me retape les marches ». Mais il finit tout de même par allez chercher les provisions.


Avec soulagement, Mû traversa la maison ennemie en toute tranquillité, l'autre n'était pas là. Ils avaient trainé dans la maison du verseau, pour laisser le temps de venir au capricorne. Et quand Saga perçu son cosmos il entraina Mû sur le chemin inverse. Et tous les protagonistes se retrouvèrent dans ce lieu surpeuplé à présent. Mû crut défaillir, un soubresaut de malaise le parcouru. Il était tout penaud et tremblotant, il ne voulait pas se trouver en présence de ce malotru ! Il était mal à l'aise mais aussi terriblement révulsé rien qu'en le voyant. Quand à Shura il était incrédule, ne sachant pas ce que l'autre faisait dans son temple… Ils comprirent les deux que tout ceci était un coup monté ! Ils commençaient à rugir leurs colères à leurs « amis » quand Aphrodite se mit à hurler à tue tête pour se faire entendre :

-« Stooooop ! Maintenant ça suffit ! Taisez-vous ! Mais taisez-vous bon sang d'Athéna ! ». Le cri strident, terriblement aigüe du poisson, vrilla les oreilles de tous les chevaliers. Pour arrêter ce massacre, ils l'écoutèrent « Vous allez remballer votre orgueil à deux sous ! Il n'y a donc que vous deux qui ne vous êtes pas aperçu de l'attirance que vous avez l'un pour l'autre ? ». Il se tourna vers son ami :

« Shura ! Toi quand Mû es dans la même pièce que toi, tu passes ton temps à le reluquer de la tête au pied ! Et toi Mû, quand Shura est là, tu es tout rougissant, tu regardes tes pieds ! Personne ne peut parler et faire le premier pas ! C'est donc à moi, représentant de l'amour, qui doit vous donner un coup de pouce ». Son ton devint mielleux :

« Bon sur ce, nous allons vous laissez, et vous deux tâchez de vous parler enfin ! Enfin de vous dire tout ce que vous avez à vous dire sans vous cacher derrière une condescendance feinte ! ». Il finit par un clin d'œil aux deux « tourtereaux » :

« Et faites honneur à mes bons petits plats et ma décoration merci ! Au lieu de partir chacun de votre côté ! Et faites vous un bon gros bisou tout baveux, que diable une bonne pelle ça fait du bien ! ». Angelo dut le tirer par le bras pour le faire taire tant il n'arrêtait plus sa tirade. Saga et Aiolias s'éclipsèrent à pas de velours, laissant les deux personnages muets et abasourdis.

Ils se dévisagèrent pendant de longues minutes sans savoir quoi dire… Ils virent la mise en scène élaborée par le poisson, ils en restèrent gênés.

Shura brisa ce silence par un toussotement :

-« Kof Kof ! Euh… Mû… Je… Je… Je voudrais m'excuser pour ce que je t'ai dis la dernière fois… Je suis allé trop loin, et je le pensais pas ».

-« Oui c'était méchant ». Répondit timidement le bélier.

-« Oui, je suis désolé vraiment. J'espère que tu me pardonneras… ».

-« Oui ne t'inquiètes pas, n'en parlons plus ».

-« Si Mû faut qu'on en parle… Ca me faisait tellement mal, je croyais que tu me détestais alors… J'ai voulu te blesser sur le coup… Mais j'ai tout de suite regretté je ne voulais pas être si dur et si stupide ».

-« Moi aussi j'ai mes tords… Je sais que mon attitude peut être prise pour du snobisme mais en faite…. Je ne suis pas comme ça… En faite je suis plutôt timide… ».

-« Timide !? ».

-« Oui oui… Je suis intimidé par… par… par toi… Je me sens mal à l'aise quand je suis avec toi parce que, tu m'impressionne ». Mû enfouit illico sa tête dans son cou.

-« Mais… Mais pourquoi ? Pourquoi je t'impressionne ? Il n'y pas de quoi ! ».

Un silence gêné s'installa. Puis le petit bélier se jeta à l'eau :

-« Ben… En faite j'avais l'impression que tu me dévisageais parce que tu ne me trouvais pas digne d'intérêt… Je ne suis pas ce qu'on peut dire un bout d'entrain… Comme Aphrodite… Lui il est intéressant… ».

-« Mais Mû tu dis n'importe quoi ! Toi aussi tu es intéressant ! Et moi aussi on ne peut pas dire que je sois un bout d'entrain… Et moi je pensais que tu me méprisais parce que tu me trouvais indigne de toi, parce que j'avais tourné du mauvais côté… ».

-« Oh non Shura ! Je n'ai jamais pensé ça de toi ! Je te jure ! Je sais bien pourquoi tu as fait ce choix… On l'a tous compris… Au contraire, toi tu oses prendre des décisions, et te jeter dans la bataille… Alors que moi… Moi je préfère rester en retrait… ».

-« Mais justement, tu prends toujours les bonnes décisions toi… Tu te ranges toujours du côté de la justice… C'est toi le premier qui a vu que Saga était un mauvais Pope… Tu n'as pas été aveuglé bêtement comme moi…. ».

-« Mais c'est parce que tu défends la justice d'Athéna et que tu es quelqu'un de droit ! ».

Les deux individus se regardaient d'un nouveau regard… Ce qui avait été pris pour du mépris n'était en faite, qu'incompréhension dirigé par une grande timidité. Shura fixait ce visage d'ange tout rougissant… Ses paroles lui avait réchauffé le cœur… Il le trouvait honorable ! Droit, juste ! Quel bonheur !

Mû n'osait pas lever les yeux sur Shura, ses mots résonnaient dans sa tête : il le trouvait intéressant, réfléchi, et sage ! Il tenta cependant une approche visuelle, et vit pour la première fois, les yeux sombres atténués par une nouvelle douceur… La dureté avait disparue… Son regard était bienveillant, se posait sur lui comme une caresse… Et Shura lui, vu de grandes orbes silicates briller de milles étoiles, embuées d'un voile doux. Qu'il était beau à cet instant. Fragile comme un animal apeuré mais en même temps solide comme un rock ! Il était tellement désirable, Shura sentit une onde de chaleur envahir son être. Son cœur palpitait de plus en plus vite, il le sentait vibrer dans sa poitrine, comme s'il s'était réveillé d'un long sommeil… Des papillons lui martelaient l'intérieur du ventre. Il eu une envie terrible là, de s'approcher de cet homme digne ! Ses sens étaient en feu, il n'y tenait plus.


Shura ne savait pas ce que l'amour était, il ne l'avait jamais éprouvé, mais par contre il connaissait très bien le désir… Ne pouvant plus réfréner cette envie, il s'approcha d'un pas assuré vers son éphèbe. S'arrêta devant lui, lui prit le menton d'un geste leste, le forçant à soutenir son regard brûlant. Il s'approcha encore plus près. Et fit glisser sa main pour prendre la mâchoire en coupe. Le jais plongea dans l'émeraude.

Il l'enserra à la taille et fit valser la dernière barrière qui séparait les deux hommes. Il pouvait à présent entendre le cœur de Mû battre contre le sien, tellement vite aussi… La contemplation dura très longtemps, le désir pouvait ainsi grandir à loisir.

-« Mûuuu… ».

-« Shura… ».

Le chevalier du capricorne pencha son visage sur celui de son aimé, et posa ses lèvres voluptueusement sur celle du bélier. Une douceur inouïe émanait de celles-ci. C'était une incroyable torture… Il prit la bouche de son futur amant dans les siennes, les susurrant, les léchant. Se délectant de ce nouveau plaisir, il ne voulait pas interrompre se rapprochement. Il continua de les caresser avec sa langue, et dans un élan plus soutenu, il força la bouche du bélier pour s'y introduire. Il voulait explorer cette bouche divine en profondeur. Il trouva sa partenaire et entreprit un balai sensuel avec celle-ci.

Mû laissa échapper des petits gémissements et son souffle s'intensifia. Il ne voulait pas lâcher cette exquise intruse, et ne voulait pas que son partenaire s'éloigne même d'un millimètre de lui. Il entoura la nuque de Shura de ses bras, et avec une de ses mains la caressa, ainsi que sa chevelure rebelle. Le toucher était merveilleux. Ce corps si puissant contre le sien, sa peau tellement attirante, sa chaleur insoutenable. Ses cheveux noirs ténébreux, si désirable comme un hidalgo peut l'être… Cet homme avec un grand « H » tout simplement, tellement viril…

A cette étreinte Shura sentit sa tête tourner. Il resserra son étreinte pour plaquer de tout son poids le corps du bélier contre le sien. Comme s'il voulait le coller à lui. Les baisers langoureux n'en finissaient pas… Son corps était un brasier ardent, les frissons de chaleur couraient sous sa peau. Passaient dans ses reins, dans son bas ventre… Ses mains aventureuses descendirent sur les fesses de l'autre. Les pressaient intensément, les palpaient, les pétrissaient.

-« Mû… Gémit-il, Mû… hen, j'en peux plus… ».

Le bélier comprit que lui aussi devait assouvir le désir de son amant. Il passa sa main dans le dos du capricorne. Le caressant frénétiquement, coula le long de sa cuisse, remontant à son entre jambe. Remontant jusqu'à son torse, et glissa encore à son bas ventre. Il n'avait jamais connu les plaisirs charnels, mais à ce moment, le corps de l'atlante était dicté par une force plus puissante. En faite le plaisir trouvait sa place naturellement, sans avoir besoin d'expérience. Il voulait s'unir à cet être si bon, alors ses mains allaient d'elles même parcourir ce nouveau terrain de jeu…

Shura soupirait, haletait : « Tu me rends fou… oui… ah… ». Les caresses de part et d'autres devinrent électriques. Les corps tendus à l'extrême dévorés par les flammes de la passion. Shura ne se lassait pas de passer sa main dans les cheveux lavande, s'enivrant du parfum de sa peau.

Puis il s'arrêta soudain, essoufflé :

-« Tu es sûr de vouloir le faire là maintenant, avec moi ? ».

-« Je n'aurai pas rêvé meilleur cadre pour ma première fois… Je suis prêt, et je veux que ça soit avec toi… ».

Sur ces derniers mots l'espagnol porta en tailleur son bien aimé, qui lui encercla le bassin avec ses jambes. Et ainsi ils allèrent dans le lit du capricorne, parmi les pétales de roses, il étendit son prince où ses cheveux lilas s'éparpillaient. Les corps étaient parcourus de soubresauts tant l'excitation était grandissante. Shura déboutonna le chemisier de son amant, et fit glisser sans plus attendre le pantalon. Il se déshabilla aussitôt pour plaquer sa peau nue contre l'autre.

Mû n'avait pas desserré son étau, et parcourut à loisir à son tour les fesses du bellâtre, et sentait à présent son membre collé à son aine. Ce contact était gênant vu que c'était la première fois, mais grisant aussi… Il pouvait deviner tout le désir de son amour. Shura était entrain de parcourir la nuque de l'autre avec sa bouche, sa langue. Il n'y avait plus rien autour de lui, plus rien n'importait que son bélier d'or… Il commença d'onduler sur le corps de l'autre, et les gémissements devinrent des râles rauques, des cris déchainés. Devant le spectacle d'un Mû totalement abandonné à l'extase, les yeux mi-clos, la bouche frémissante, son corps spasmodique, il alla directement prendre en bouche son membre. Il avala la hampe voluptueusement et entreprit des vas-et-viens tantôt lents, tantôt rapides. S'attarda sur son extrémité rosée, l'encercla de sa bouche, le titillant de sa langue. Jouant ainsi pour attiser toujours plus les sens de son beau prince. Il emprisonnait cette colonne de chair dans un piège divin que lui seul pouvait libérer ou pas.

Mû n'en pouvait plus de glapir, cette sensation était trop forte, trop bonne, il partait au nirvana. Il s'abandonna dans la bouche de son amant qui n'en perdit pas une goutte. Il se lécha les lèvres et vint les poser sur ceux de l'initié. Shura était toujours sous le joug des voluptés, il continuait ses assauts de plus belles.

-« Je vais te prendre… dis moi que tu veux Mû… dis le moi… ».

-« Hum, oui prends moi mon beau conquistador… Je suis prêt… ».

Sur cet appel oh combien irrésistible, Shura donna ses doigts à lécher à son compagnon. Celui-ci les avala, les lécha avec avidité, à présent il ne ressemblait plus au petit effarouché, au petit vertueux… Il était totalement abandonné dans les affres de la luxure ce qui le rendait très excitant.

-« Mumm, tu es terriblement affriolant petit agneau plein de vice ». Lança Shura.

Il dirigea ses doigts à l'entré de l'intimité du bélier. Le caressant d'abord de l'extérieur. Puis enfonçant avec délectation un doigt. Il stoppa. Puis deux, il les fit bouger. Ce qui provoqua des cris de douleurs mais c'était le prix à payer. Il allait et venait dans cette chaude partie du corps et voyait le bassin de son amant se cambrer, cherchant plus de sensation.

Shura retourna sur le ventre son atlante et écarta un peu ses fesses rondes pour en découvrir leurs trésors. Il commença à se caresser avec son sexe entre les dunes ce qui attisa le désir des deux. N'y tenant plus Mû gémit « Prends-moi ! Prends-moi fort ! ».

L'excitation était à son comble, dans un coup de rein Shura s'immisça à l'intérieur de Mû. Les cris de douleurs perçaient mais ça ne l'arrêta pas. Il commençait ses mouvements de bassins très langoureusement, lentement, pour sentir pleinement la possession de corps. Il voyait son amant prendre le rythme de ses saccades, alors il intensifia encore. Encore, et encore, toujours plus vite, avec plus de férocité. Lui aussi criait toute sa jouissance en même temps que son amant. Mû n'arrêtait pas de lui entonner d'y aller encore plus fort, de le prendre, que c'était bon. Il lui ravageait la tête il ne voyait plus que lui. Son corps allongé sous lui, chaud, ardent, lui offrant sa virginité.

L'atlante sentait la hampe de Shura lui traverser le corps, s'en aller pour revenir de plus belle. Les frissons qui parcouraient son échine n'arrêtaient pas. Il avait l'impression que son âme se dissociait de son enveloppe mortelle. Il ne se contrôlait plus, laissant une part de sa personnalité transparaître : celle de la lubricité. Shura l'avait révélé. Il ne pensait plus qu'à son membre surdimensionné le martelé de part en part. Et c'était divin. Il glapissait sans relâche pour enfin atteindre la jouissance suprême. Peu de temps après, ce fut autour du deuxième de se déverser dans cet être tant convoité.

Le souffle encore court après cette bataille érotique, Shura vint se coucher sur le dos de son adoré, et lui embrassa la nuque. Il voulait l'avoir que pour lui, comme pour le protéger il étendit ses bras sur les siens, tout son corps couvrait celui de son nouvel amour, lui offrant une couverture charnelle.

-« Tu es étonnant petite brebis pervertie… Et si on allait manger maintenant ? ».

L'autre se retourna, le sourire aux lèvres, embrassa langoureusement son nouvel amant. Et lui rétorqua :

-« J'ai plutôt faim de toi… Restons-ici. Je préfère les biquettes ». Shura sourit à son tour et recommença une nouvelle étreinte.

Ils restèrent toute la nuit à profiter l'un de l'autre et des plaisirs de l'amour. Ils auraient le temps maintenant de se découvrir entièrement. Une fois les barrières d'incompréhensions anéanties, il ne restait que le bonheur de la découverte.

FIN