Hello bande de gens !
Bon, comme vous avez dû le remarquer je vais essayer d'alterner la sortie des chapitre de Crazy High School et de Scout toujours! Comme ça j'ai un peu de temps pour réfléchir sur chaque chapitre pendant que j'écris l'autre. Eh oui, quelle stratégie de fourbe !
(La FEF évoquée dans ce chapitre n'existe pas à ma connaissance.)
Bref, c'est parti pour un voyage en car !
Chapitre 2 : Chauffeur, si t'es champion...
Je n'ai pas pu dormir de la nuit. J'avais trop hâte d'y être. J'ai veillé de huit heures du soir à six heures du matin à télécharger des animés sur mon PC portable. A défaut d'avoir bénéficié d'une nuit de sommeil réparatrice, j'ai tous les épisodes de Lucky Star sur mon ordi et je les ai transférés sur ma tablette pour les regarder avec Agatha dans le car. Elle viendra me chercher vers sept heures devant chez moi et son père nous emmènera directement jusqu'au lieu de départ, de là où partira notre car. Les minutes me semblent se démultiplier par au moins dix.
Lorsque mon réveil a sonné j'étais déjà habillée de ma chemise brun clair, d'un short en jean, d'une paire de chaussures de marche et de chaussettes montantes et enfin de mon foulard autour de mon cou. On est le quinze juillet et il fait chaud -vingt-sept degrés d'après la météo- et même si je préférerais honnêtement me promener en sandales, les chaussures de marche font partie de l'uniforme scout, alors j'ai pas tant le choix. Je soupire en attachant mes lacets. Nous on crève de chaud et l'uniforme scout c'est une chemise à manches longues avec une bonne grosse paire de chaussures de marche. Heureusement qu'on a le droit de porter un short.
Je vais à la cuisine et me prépare un petit déjeuner en béton armé. Deux tartines au nutella et un bon gros verre de jus de mandarine suffiront sans doute. D'habitude mon petit déjeuner se résume à un verre d'eau et, de temps en temps, une pomme. D'ordinaire ça me suffit amplement mais là je vais marcher toute le journée alors autant manger de quoi tenir jusqu'à midi. Ah, l'explo... Ce que j'ai hâte d'y être ! Découvrir la région, rencontrer l'habitant... Tout plein de choses qui feraient presque oublier la marche intensive qui nous attend pendant trois jours ! Eh oui, en descendant du car, on nous donne une carte avec un itinéraire tracé dessus et nous, on se débrouille pour le suivre, sachant qu'on n'a pas le droit de faire du stop.
Je retourne jusqu'à ma chambre pour aller chercher un ou deux bouquins à emporter pour éviter de m'ennuyer. Je traverse le couloir et mes chats ont vraisemblablement pensé que ce serait drôle de me faire trébucher en traînant dans mes pattes. Je protège mon visage avec mes bras et me vautre juste à la porte de ma chambre. Après avoir lancé un juron à mes adorables/démoniaques chats -rayer la mention inutile-, je me relève et me dirige vers ma bibliothèque en veillant bien à ne pas me viander une seconde fois et je regarde attentivement les livres qui y sont rangés. Mais, au final, je me résigne à ne pas prendre de livres pour aller là-bas. « J'aurai pas le temps » ais-je pensé. Ne trouvant rien de mieux à faire, je me lance dans la contemplation des posters ornant les murs de ma chambre. Ma contemplation fut interrompue par le vibreur de mon téléphone qui afficha un SMS d'Agatha. Elle part de chez elle et arrive dans cinq minutes. Ne voulant pas réveiller mon père qui dormait toujours comme une masse, je lui écris un mot sur une feuille à carreaux.
Salut p'pa
Agatha est venue me chercher pour m'emmener au camp et j'ai pas voulu te réveiller vu que tu avais l'air de te reposer. J'espère que tu tiendras trois semaines sans une présence féminine pour illuminer la maison. Tu peux m'envoyer un texto et je t'appellerai si je peux.
J't'aime fort
Lou
Je laisse mon message à un endroit où je suis sûre qu'il le verra : scotché sur l'écran de l'ordinateur du salon, et descend en portant avec difficulté mon sac sur mes épaules. Je referme sans bruit la porte d'entrée de l'appartement et descend les huit marches qui séparent le premier étage du rez-de-chaussée. Heureusement que je vis au premier étage, moi. Je me poste devant une cabine téléphonique et j'attends la voiture blanche du père d'Agatha. Les jeunes en manches courtes qui passaient sur leur vélo me dévisageaient comme si je venais d'une autre planète. La voiture blanche que j'attendais arriva et me libéra de mon attente interminable. Alex, le père d'Agatha, m'aida à mettre mon sac dans le coffre de la voiture. Une fois ceci fait, je monte à l'arrière et salue tous les passagers.
« Bonjour Alex, hello Agatha, salut Mattéo, leur lançai-je d'un ton joyeux.
- Salut, me répondit le conducteur.
- Salut Lou. Alors, c'est ton premier camp scout ? T'es contente ?
- Chef, oui Chef ! »
J'aime bien dire ça à Agatha, vu que c'est la Chef de Clan. Ça nous fait marrer. Des fois on se tape des gros délires où on est dans un vaisseau spatial comme dans Star Trek. Elle, c'est le commandant du vaisseau et moi, je suis le lieutenant. Vous vous demandez sûrement qui est ce Mattéo que j'ai salué en entrant dans le véhicule. C'est le cousin d'Agatha, il est membre de la Patrouille des Aigles et il fait souvent partie de nos délires les plus what the fuck. Le fanion du Clan était posé à ma place et je l'avais décalé. Le galago dessus a des grands yeux comme si il venait d'apprendre le sens de la vie et de l'univers, mais il reste mignon. Dans la voiture, nous avons reparlé de nos anciens délires et on s'est bien marré. Le temps est passé très vite jusqu'à l'arrivée devant le bus. Nous avons retrouvé Justine et Charlotte comme si ça faisait des années qu'on s'était pas vues. C'est aussi leur premier camp scout. Nous sommes arrivés parmi les premiers avec Mattéo, donc nous avons pu choisir nos places.
Avec Agatha, nous nous sommes installées sur deux sièges côte à côte. On n'aime pas trop se mettre au fond. Juste derrière nous, Charlotte et Justine discutaient déjà. Les autres arrivèrent au fur et à mesure, et nous nous levions pour dire bonjour et faire la bise à tout le monde. Je me suis remise à discuter avec Agatha dans le car lorsque cinq personnes quasi-identiques sont montées.
…
A sept heures et demie, Mathieu réveilla ses personnalités. Le Patron bondit de son lit comme s'il était déjà parfaitement en forme et attendait simplement que Mathieu sonne le réveil, le Geek réclama encore un peu de temps de sommeil en enfouissant sa tête dans son oreiller, Maître Panda se leva, encore un peu engourdi par le sommeil, et enfin le Hippie quitta son lit avec toute la lenteur qui caractérisait si bien ses gestes sous l'emprise de substances illicites. Tout le monde s'habilla avec ses vêtements habituels. Mathieu portait son tee-shirt mentionnant sa collection de canards, le Patron portait son éternel assortiment de vêtements noirs, le Geek portait toujours son tee-shirt rouge à l'effigie de Captain America, son jean et ses baskets, Maître Panda n'a pas changé de kigurumi, bien qu'il se fasse parfois passer pour un renard à ce qu'il paraît, et le Hippie porte les mêmes fringues depuis la semaine dernière.
Ils descendirent tous avec leurs sacs sur le dos, rendirent les clés à la réception et allèrent dans la salle de restaurant où était installé le buffet du petit déjeuner. Mathieu prit un café et un croissant, tout ce qu'il y a de plus banal, le Geek but du jus d'orange et mangea des tartines de nutella, le Patron but un café noir -comme ça c'est assorti à ses fringues lel-, Maître Panda fut déçu de ne pas trouver de pousses de bambou ou de rhubarbe mais finit par manger une pomme et boire également du jus d'orange et le Hippie fit de même, déçu de ne pas trouver de pousses de soja.
« Prêts pour le camp les mecs ? Interrogea Mathieu d'un ton enjoué.
- Je pourrai jouer à LoL ? Demanda le Geek de sa petite voix.
- Non, répondit froidement le créateur.
- T'inquiètes gamin, je jouerai avec toi, lui dit le pervers avec un petit sourire en coin inquiétant.
- Sérieux, fous-lui la paix pour une fois, s'indigna Maître Panda face au sous-entendu dans la phrase du Patron.
- Rhubarbe gros ! S'exclama le Hippie en plein trip. »
Juste après avoir terminé leur petit déjeuner placé une fois de plus sous le signe de la chamaillerie, la joyeuse équipe trouva un taxi pour les emmener sur le lieu de départ du car. Une fois à l'intérieur, Mathieu sortit son portable pour retrouver le mail dans lequel on lui avait envoyé toutes les informations à propos du camp. Il finit par le trouver, entre un mail d'Antoine et un autre mail d'une certaine Tatiana. Mieux vaut ne pas savoir ce qu'il contient. Ne cherchez pas. Vous y laisseriez votre âme d'enfant (et j'sais pas vous mais moi j'y tiens à mon âme d'enfant). Il ouvrit le courrier électronique envoyé par la FEF -Fédération des Éclaireurs de France- et donna les renseignements nécessaires au chauffeur, allant même jusqu'à le guider avec le plan envoyé en pièce jointe.
Au final, ils arrivèrent assez rapidement sur le lieu de rendez-vous et pouvaient voir des fanions flotter au gré de la brise estivale, généralement posés sur des épaules de chemises brunes colorées d'écussons. Mathieu sentait presque déjà l'odeur du grand air et de la nature, de quoi oublier un instant les emmerdes du quotidien. Il resta les yeux perdus dans le vague et le chauffeur le rappela à l'ordre pour qu'il lui paye sa course. Mathieu déposa l'argent au creux de sa main et descendit de la voiture, invitant ses personnalités à l'imiter.
Il fut d'ailleurs surpris de constater que chacun avait sa démarche lorsqu'ils avançaient vers le bus.
Le Patron gardait généralement ses mains sans les poches de sa veste de costard et avait une démarche hautaine, le Geek faisait de petits pas et trottinait parfois pour revenir au niveau du groupe, le Hippie mouvait ses jambes avec la grâce d'un éléphant de mer défoncé qui fait de la tectonique, Maître Panda marchait en regardant autour de lui d'un air distrait et rêveur et lui, Mathieu Sommet de la Toile, avait selon lui une démarche naturelle, la même que n'importe qui.
Ils arrivèrent à proximité du car et furent d'abord accueillis par les chefs scouts qui vérifiaient justement la liste des inscrits au camp.
« Ah, on n'attendait plus que vous cinq pour partir ! Montez. »
Ils montèrent dans le car rempli d'adolescents en chemise brune et en short ou en jean et s'installèrent aux places restantes.
…
Personne dans ce car n'a eu de mal à reconnaître Mathieu Sommet et ses personnalités et presque tous les regards étaient fixés sur eux. Il y avait, entre autres, deux filles qui regardaient une tablette avec des écouteurs et qui pouffaient de rire de temps à autres et qui avaient surtout l'air de royalement s'en foutre. Celle du côté de l'allée avait de longs cheveux bruns bouclés et la fille assise à sa droite avait des cheveux proches du blond, raides, et à peu près de la même longueur que ceux de son amie. Lou, celle du côté de l'allée ne s'en foutait qu'à moitié et sa seule préoccupation actuelle était de trouver un système de sécurité pour dormir tranquillement et en toute sécurité et Agatha, son amie avait manqué de faire un arrêt cardiaque en voyant Maître Panda, son personnage préféré, monter dans le véhicule.
La brune sentit une tape sur son épaule. Elle enleva son écouteur et entendit une voix.
« Salut gamine, t'as pas du feu ? »
Une voix et un façon de parler qu'elle aurait pu reconnaître entre un million les yeux fermés. « Et en plus, il a fallu que ça tombe sur moi. Hasard, je te hais. » pensa-t-elle en croisant le regard dissimulé par une paire de lunettes noires à la monture fine. Les yeux sont le miroir de l'âme dit-on. Eh bien, dans le cas de la brune, cette phrase sonnait plutôt vrai car on pouvait lire dans ses iris couleur noisette qu'elle était absolument submergée par ce qui se passait. Et manque de chance pour elle, le criminel adorait la voir s'affoler intérieurement et essayer de réfléchir à toute vitesse sur sa réponse. Et le cerveau de la jeune fille s'activait. Sérieux, avec ses treize ans, elle avait vraiment une tête à fumer ? Et puis elle a beau être jeune, ce n'est pas une gamine ! Elle lui envoya à la figure qu'elle ne fumait pas, et que personne dans le car n'était censé avoir ni allumettes ni briquet si ce n'est dans son sac, pour allumer un feu de camp en cas de bivouac.
Alors qu'elle venait de terminer sa phrase, les passagers ont subitement rajeuni de quelques années et se sont mis à chanter « Chauffeur, si t'es le champion... » et il était impensable que Lou ne se joigne pas à ce phénomène. Le Patron était dépassé, même Mathieu s'y était mis et se marrait. Pendant dix bonnes minutes, tout le monde ou presque a chanté n'importe quoi à tue-tête dans le car, que ce soient chants scouts ou autres. On aurait dit que tout le monde était ivre, mais le fait est que ce sont juste des fadas. Ça aurait pu continuer encore longtemps si tout le monde ne s'était pas cassé la voix en hurlant, mais heureusement pour l'homme en noir un calme relatif se réinstalla dans le véhicule. Calme relatif brisé une seconde fois au bout d'une poignées de minutes pour laisser place au brouhaha des discussions de tous.
Tout le monde discutait avec tout le monde comme des collégiennes. Lou et Agatha parlaient aux filles derrière elles, Justine et Charlotte, et elles se racontaient absolument n'importe quoi. Un cadavre exquis plus what the fuck que jamais avec des licornes, des mandarines, des zombies, des guns... Bref, du n'importe quoi de compétition. Même les paroles du Hippie avaient l'air parfaitement logiques à côté de leur délire. Le sujet de leur discussion finit par migrer vers les activités du camp, sujet intéressant l'homme en noir qui ne savait rien de la suite du programme. Il parvint à saisir un petit bout de conversation.
« Juste après le voyage c'est l'explo, non ? Demanda Justine.
- Ouaip. Trois jours de marche, tu parles d'un cauchemar ! Râla Charlotte.
- L'année dernière y'avait de très jolis paysages sur l'itinéraire de la carte, c'était plutôt cool, la calma Agatha.
- Si tu le dis... Moi ce que je trouve cool, c'est qu'on va dormir chez l'habitant, dit Lou en souriant. »
D'après ce qu'il avait pu comprendre, à leur arrivée on les larguera avec un itinéraire tracé sur une carte qu'ils devront suivre et ils dormiront chez l'habitant, et c'est un voyage en trois jours. Il aimerait bien en savoir plus sur cette fameuse explo au centre de la conversation d'à côté et puis ça l'amusait de voir l'autre perdre ses moyens.
« Il se passe quoi quand on arrive gamine ?
- On part en explo.
- Et ça consiste en quoi ?
- Eh bien d'après ce que je sais, on a une carte et on suit l'itinéraire indiqué. Ça dure trois jours et soit on bivouaque, soit on dort chez l'habitant. Et on n'a pas le droit de faire du stop, on fait de la marche à pied.
- Ok. »
Elle avait fait l'effort surhumain de paraître à peu près naturelle et fut soulagée de voir que le criminel détournait la tête après avoir obtenu les informations qu'il souhaitait. Ce camp s'annonce vraiment infernal et épuisant. Il va falloir être prudente, mais il y a déjà trois jours de repos grâce à l'explo. Le voyage continua, entrecoupé des pauses aux aires de repos, et de manière plutôt normale. Les cinq Sommet discutaient surtout entre eux. Le Patron taquinait le Geek, défendu par Mathieu quand les passagers du fond du bus se remirent à chanter à tue-tête, suivi par le reste du car. Et c'est reparti pour une nouvelle torture auditive pour l'homme en noir.
Bientôt, le car arrivait à destination, à l'entrée d'un petit village et les passagers descendirent tous. Chacun récupéra son sac dans la soute. Les sacs d'Agatha et Lou étaient gris et violet, couleurs s'accordant à merveille avec celles du fanion reposant sur l'épaule de la fille aux cheveux raides. Les chefs calmèrent la troupe à travers laquelle on pouvait entendre des « J'ai pas envie de marcher ! » et autres plaintes. Mais les adultes n'en firent rien et expliquèrent le principe de l'exploration, bien qu'il soit connu d'à peu près tout le monde.
« On va vous donner une carte et une boussole et vous allez devoir suivre l'itinéraire à pied. Vous n'avez pas le droit de faire du stop, attention ! Des escales sont indiquées sur la carte. Vous pouvez vous y arrêter pour la nuit ou bien continuer et bivouaquer. Des questions ? »
Personne ne leva la main, mais le Geek était visiblement dégoûté. Il ne pensait pas qu'il allait marcher pendant trois jours entiers. Le schizophrène et ses personnalités s'approchèrent pour récupérer la carte et la boussole. Ils déplièrent la carte et constatèrent qu'un itinéraire était tracé au surligneur vert sur le papier.
Lou suivit des yeux l'itinéraire tracé en rose fluo avant de passer la carte Michelin aux autres.
« Bah dis donc, on est gâtées niveau jolis paysages ! T'as vu tous les jolis chemins qu'on va emprunter ? Dit-elle joyeusement en sautillant.
- T'as raison, d'après la légende on n'emprunte pas moins de quatre chemins sympas, lui répondit Charlotte.
- J'veux pas marcher ! Râla Justine.
- Calme Justine, calme. C'est cool, tu vas voir, la raisonna la presque blonde. »
« Je sens que ça va être du what the fuck en barre ce camp » glissa la brune à sa meilleure amie.
Voilà !
J'espère que ce chapitre vous plaira. Pour ma part, j'ai trouvé ça cool de l'écrire. ^^
La prochaine fois que j'pointerai le bout de mon nez, ça sera pour le chapitre 7 de Crazy High school !
Bye bye :D
