Coucou ! J'espère que vous avez passé une bonne semaine (en ce qui me concerne j'étais en vacances) mais quoi qu'il en soit, me revoilà pour le 2ème chapitre ! Je tenais à remercier en tout cas les deux personnes qui m'ont posté des reviews, ça m'a fait hyper plaisir ! J'espère que vous aimerez ce chapitre, même si la réunion Caléo n'est pas pour tout de suite.

Bon, suffit pour les blablas. Enjoy !

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. Ω .

Léo avait l'impression de courir au ralentit. Il ne se passa pas une minute avant qu'ils ne rejoignent Piper, Jason et Reyna, pourtant dans la tête de Léo, une heure aurait très bien put s'écouler qu'il ne s'en serait pas aperçut. Dans un état second, il sortit un carré d'ambroisie de sa ceinture à outil. Il en gardait toujours sur lui, en cas d'urgence. Et là, il lui semblait que c'était une urgence. Il se força à fixer son regard sur le visage de Reyna, pour ne pas voir le sang qui tachait ses vêtements et tendit l'ambroisie à Piper, qui s'empressa de soulever délicatement Reyna avec l'aide de Léo, et l'aida à le manger. Reyna sembla apaisée, mais elle était toujours aussi blême, et le sang coulait toujours.

- C'est pas normal, s'exclama Percy en haussant les sourcils de surprise. L'ambroisie avait toujours marché, et jamais il n'avait été témoin de son inefficacité. Pourquoi fallait-il que cela tombe maintenant ?

- Qu'est ce qu'il se passe ? souffla Léo.

- Pourquoi ça marche pas ? cria Jason, sans cesser d'appuyer sur la blessure.

- Tiens bon Reyna, murmura Piper en regardant la jeune fille dans les yeux.

- On va trouver un moyen, assura Annabeth.

- Ca ne sert à rien, coupa Reyna, qui leva une main et se mit à caresser doucement ses chiens. Ses yeux semblaient déjà à un million de kilomètres d'eux.

- Mais Reyna, commença Hazel.

- Toi plus que quiconque, Hazel, tu peux comprendre que l'on doit accepter quand son heure est arrivée, dit la préteur. Parler lui demandait un effort supplémentaire qui la fit grimacer. Frank attrapa la main d'Hazel, et regarda tristement Reyna. Il maudit le monstre qui avait blessé la jeune fille. Il ne pouvait rien faire de plus, et il détestait se sentir si impuissant, car il savait comment ça allait se finir. Et il n'avait aucune envie de voir ça se réaliser.

-C'est pas juste pour autant. Ca ne devait pas se passer comme ça, marmonna-t-il.

- Peu importe. Inutile de me regarder comme ça ! (Reyna tenta de sourire) Pour une fille comme moi, mourir en me battant est un honneur. C'était mon destin, assura-t-elle. Elle avait de plus en plus de mal à parler et sa peau était si pâle qu'on aurait pu la confondre avec un fantôme.

Léo ouvrit de grands yeux : c'était elle qui mourrait, et elle trouvait encore la force de rassurer les autres.

- Je suis désolé d'avoir attaqué le Camp Jupiter, dit-il. Le dire n'arrangeait rien, mais au moins cela le soulageait-il. Je te jure que je voulais pas.

- Je sais. Et ce n'est pas de ta faute. (Reyna tourna la tête et reporta son attention sur Annabeth et Percy.) Annabeth ?

La jeune fille s'agenouilla près d'elle.

- Je sais que tu es grecque, pourtant je ne vois que toi pour remplir ce rôle. Tu as prouvé que tu en étais digne. Acceptes-tu de prendre ma place de prêteur et de diriger le camp pour moi avec l'aide de Frank ? S'il te plait ?

Léo vit qu'Annabeth se retenait de pleurer. Ce n'était pas quelqu'un qui pleurait facilement, et cela tordit un peu plus le cœur de Léo.

- Je l'accepte, murmura-t-elle des sanglots dans la voix.

Reyna sourit, d'un sourire franc comme Léo ne lui en avait jamais vu, et son visage se figea. La lumière quitta ses yeux bruns, et toute trace de vie s'éloigna d'elle. Aurum et Argentum s'assirent de part et d'autre de leur maitresse et se mirent à hurler.

. Ω .

Les heures filaient comme des minutes. Léo se rendait à peine compte de ce qui se passait autour de lui. Le soleil brillait dans un ciel bleu limpide, ce qui était assez insultant, pensa-t-il, au vue de tous ceux qu'ils avaient perdus. Beaucoup de demi-dieux, grecs et romains étaient morts, et Athènes était à moitié détruite. Et au beau milieu de ce gâchis, se tenait un Octave désemparé, ce qui mit Léo dans une telle rage qu'il faillit l'achever lui-même à coups de marteau sur la tête. L'air désolé d'Octave l'en dissuada, mais ne diminua en rien sa colère. Il courut vers lui, suivit de ses amis, et ils encerclèrent le demi-dieu. Percy se planta devant celui-ci, se retenant visiblement de lui asséner un coup avec Turbulence. Léo aperçut pour la première fois la haine, qui assombrissait ses yeux verts et déformait ses traits. Ca le rendait tellement différent… Presque moins humain. Annabeth le retenait d'une main, mais elle ne semblait pas totalement contre le fait qu'Octave se prenne un coup ou deux. Pourtant, Percy ne fit aucun geste portant à croire qu'il voulait se battre. Il était épuisé, comme tous les autres, mais la colère semblait lui avoir donné un regain d'énergie.

- Dégage Octave, ou je te jure que je ne répondrai plus de mes actes. T'as qu'à aller sacrifier tes ours. Il parlait d'une voix froide, que Léo ne lui avait jamais entendue. Ses yeux lançaient des éclairs meurtriers, qui semblaient mettre Octave mal à l'aise. Reyna est morte par ta faute. Tu l'as trahie en amenant les romains en guerre contre nous. Tu as vu le résultat ? On a tous faillit s'entre-tuer. Et c'est Reyna qui a réparé ta faute, encore une fois. Tu n'es pas digne de ta fonction…

- Tu n'as aucun droit de faire ça, coupa Octave. Tu n'es plus prêteur, tu te rappelles ?

Léo ne put s'empêcher d'être un peu impressionné par la stupidité dont Octave faisait preuve. Il ne semblait pas se rendre compte qu'il avait en face de lui sept demi-dieux qui n'attendaient qu'un seul faux pas de sa part pour le tailler en pièces. Et après Gaïa et ses sbires, il ferait office de petit beurre. Et malgré tout, même après avoir faillit déclencher une énième guerre gréco-romaine, il parvenait encore à faire preuve d'arrogance.

- Mais Annabeth et Frank, si, rétorqua Percy.

Il se retourna vers Frank, qui regarda Octave droit dans les yeux. Il n'avait jamais vu en lui qu'un serpent, une petite bestiole vicieuse, qui attendait le bon moment pour vous avaler tout entier. Il n'avait pas le don d'enjôlement comme Piper, pourtant il était tout aussi redoutable. Il savait convaincre les foules, les dieux seuls savaient comment. « Peut-être qu'on pourrait lui faire bouffer sa langue ? » se dit Frank. L'idée était extrêmement tentante. Octave avait été si odieux depuis qu'il le connaissait, qu'il se dit que ce n'était que justice. Au lieu de quoi il déclara sans ciller :

- Percy a raison. Moi, Frank Zhang, te destitue Octave de ta fonction d'augure. Interdit de t'approcher d'une peluche à moins de 100 mètres ! Et tu peux oublier ton rang de centurion de la Première Cohorte, tu n'en es plus digne depuis longtemps. Quand nous serons de retour au Camp Jupiter, tu occuperas le rôle le plus insignifiant qu'on pourra te trouver, fais moi confiance. Personne n'oubliera comment tu as trahi Reyna. Oublie aussi les gens qui te soutenaient, s'ils existent, ce dont je doute. Personne ne voudra plus t'adresser la parole. Tu seras seul Octave.

. Ω .

La première étoile s'alluma, et lorsque la nuit commença à assombrir le ciel, Léo embrasa un tas de bois qu'ils avaient amassé dans un coin, et qu'ils avaient entouré d'un cercle de pierres. Les flammes étaient sombres et semblaient dépérir, reflétant l'humeur du groupe. Aucun d'entre eux ne parlait, mais chacun savait ce que les autres ressentaient. Ils avaient tenus à rendre les derniers hommages à leurs amis disparus. Ils commencèrent par le linceul de Reyna, que Jason déposa doucement dans le feu. Il était bordeaux, et le symbole de sa mère, une épée et une torche entrecroisées, s'étalait sur le devant. Piper s'approcha timidement et posa sa tête contre son buste. Jason l'enlaça et enfouit sa tête dans ses cheveux. La tenir dans ses bras l'avait toujours réconforté, et aujourd'hui ne ferait pas exception. Ce fut ensuite le tour d'Hazel, qui portait le linceul de son frère, et se retenait de fondre en larmes à nouveau. Nico l'avait sortie des champs d'Asphodèle, il avait fait plus pour elle que ce qu'elle avait jamais reçu. Elle avait cru qu'elle aurait un frère, sur qui elle pourrait compter jusqu'à la fin. Mais la fin avait été plus proche qu'elle ne l'aurait pensé. Léo regarda le tissu noir s'embraser à son tour, s'efforçant de ne pas penser à tous ceux qui les avaient quittés pour leur permettre à eux de continuer. Puis il s'avança, le linceul de sa sœur, fait de métal et de cotte de maille tressée, dans les mains. Il semblait peser 15 kilos dans ses bras. 15 kilos d'amertume et de tristesse qu'il s'efforçait de refouler. Le poids du chagrin s'abattit sur ses épaules, et il se força à avancer. Tous ceux qui étaient morts étaient des héros. Des héros qui méritaient largement qu'on leur rende un dernier hommage. Le monde continuera de tourner sans eux, pensa-t-il. Mais leur souvenir continuera de vivre, à jamais. Peut-être était-ce ça, être un héro. Encaisser la souffrance, la perte, et en tirer quelque chose de meilleur. La rendre plus juste. Léo avait passé de nombreuses années dans le noir, à se demander qui, quoi, pourquoi. A chercher un coupable. Peut être que la véritable question, au final, était « comment ». Comment faire bouger les choses, les améliorer, les rendre meilleures. Comment avancer avec la souffrance, continuer malgré tout. Aujourd'hui, il n'avait plus besoin de se demander qui il était. Il n'avait pas besoin de passer les prochaines années à se le demander. Il comprenait soudain qu'il ne le saurait jamais. On ne mesure qui on a été que le jour de sa mort, quand notre vue n'est plus obscurcie par l'avenir. Peut être que les erreurs n'importaient pas tant que ça finalement. Peut être que ce qui comptait vraiment, c'était les actes de bonté, d'amitié, d'amour. Les seules et véritables actions justes et héroïques. Léo en vint à penser que la seule cause qui valait toutes les guerres, était l'amour. L'amour des siens, de ses amis. C'était une force. Piper avait raison : l'amour était plus fort que n'importe quelle bataille.

Et tandis que les linceuls partaient en fumée, Léo se promit qu'il n'abandonnerait pas. Il croyait en l'amour. Même si c'était quelque chose qui lui échappait. Même s'il avait longtemps cru qu'il préférait les machines car elles, il pouvait les contrôler. Il retournerait à Ogygie, il retrouverait Calypso parce qu'il n'avait pas le choix. Sans elle, il se rendit soudain compte qu'il ne pourrait avancer. Pas seulement parce qu'il l'aimait, mais parce qu'elle l'avait changé, d'une telle façon qu'il était impossible pour lui de revenir en arrière. Il ne se voyait pas passer le reste de sa vie à se demander si elle se souvenait de lui, si elle l'aimait encore. On lui avait dit une fois qu'il préférait ses machines à ses amis. Il ne pouvait nier que ce n'était pas totalement faux. Il comprenait bien mieux les machines que les gens. Mais aujourd'hui, quand il voyait les débris de son splendide bateau joncher le sol d'Athènes et réduit en mille morceaux, il se disait que c'était réparable. La vie ne l'était pas. Il pouvait reconstruire l'Argo II, mais pas réparer une vie. Il avait cru que ses machines et son bateau combleraient le vide d'un cœur brisé. Il avait eu tort. Seuls ses amis pouvaient le faire. Aujourd'hui, la seule chose qui lui importait réellement était que ces amis soient en vie.

. Ω .

Festus souffla doucement sur le feu, ce qui le raviva et sortit Léo de ses pensées. La chaleur se fit plus intense, et les sept demi-dieux se serrèrent autour. Hazel s'endormit immédiatement, trop épuisée et trop accablée pour parvenir à faire quoi que ce soit d'autre. Frank la serra contre lui et ferma les yeux à son tour. Annabeth s'endormit peu après sur l'épaule de Percy, qui ronflait deux minutes après. Piper regarda tristement Léo et tenta un sourire. Elle savait qu'il n'avait pas envie de parler, et il lui en fut reconnaissant. Il lui sourit en retour, un sourire sans joie, empreint de tristesse, mais qui disait « On est là. On a survécut ensemble ».

Ce fut Léo qui assura le premier quart de tour, laissant ses amis dormir paisiblement. Il s'assit près de Festus et regarda les flammes danser et s'éteindre peu à peu. Il avait besoin de se changer les idées, et il se surprit à songer au cristal que lui avait donné Calypso et à la façon dont il devait réparer l'astrolabe. Perdu dans ses pensées, il sursauta lorsque Frank s'assit à côté de lui et lui conseilla de dormir un peu. Il ne se fit pas prier, et moins de deux minutes après, il bascula dans un rêve dont il était incapable de savoir s'il était réel ou non.

A l'entrée d'une grotte remplie de cristaux de toutes les couleurs se tenait une jeune fille, indéniablement une déesse. Le clair de lune la rendait encore plus irréelle et magnifique. Elle avait de longs cheveux couleur caramel, et de grands yeux sombres, et chantait doucement. Sa voix replongeait Léo dans ses souvenirs les plus heureux. Elle était apaisante comme une brise d'été, et si belle qu'elle en faisait presque mal. Elle tenait une fleur blanche dans les mains, qui semblait avoir été cueillie dans le ciel. Elle s'arrêta de chanter et leva la tête. Les étoiles brillaient au dessus d'elle, et elle murmura trois derniers mots en les regardant fixement. Le cœur de Léo cessa de battre.

« Je t'attendrais, héro ».

• Ω •

Et voilà ! J'espère vraiment que ce chapitre vous a plu, je devrais publier le suivant vendredi prochain (enfin j'espère que les profs nous assomeront pas de devoirs. Le bac approche, alors j'suis pas trop optimiste !).

Laissez moi des reviews, pour me dire ce que vous avez aimé ou pas. C'est vraiment important pour moi, pour m'améliorer et tout.

Bisous et à vendredi prochain !

Gold star in ashes