Rebonjour à tous ! Je suis extrêmement désolée pour tous le temps que j'ai mis avant dans poster ce chapitre, mais je suis vraiment beaucoup prise avec mes études… Mais je persiste ! Et je continuerai et finirai cette fanfic !

Je voudrais remercier chaleureusement Maman bouba, MadamePoivre et L'imaginaire d'Ailinn pour leur reviews ! Vraiment merci, ça motive de voir que ce que j'écris plait !

Et surtout gros, gros merci à ma Beta : tralalaire ! Qui me motive toujours et m'incite à poursuivre !

Chapitre 2.

Impossible de dormir, mais après tout, peut être cela valait mieux pour ma sécurité. Tout le reste de la nuit, je restai avec le ventre noué par la peur. Dès le moindre bruit, je sursautais en silence et restais immobile dans le noir. Et puis, les premiers raillons du soleil apparurent enfin et avec eux la cité se réveilla. Je vis trois servantes s'engouffrer dans la laverie et me dépêchai de les suivre avant que d'autres ne surviennent.

Le bâtiment était sombre (ce qui n'était pas pour me déplaire), mais le moindre pas résonnait dans les cavités. Je me dirigeai vers les bruits de conversations des trois femmes. Elles s'étaient installées devant une étendue d'eau et frottaient avec acharnement les linges qu'elles avaient apportés. L'une d'elles faisait des allés-retours entre le bassin et une essoreuse afin d'enlever le maximum d'eau des vêtements. Je me dirigeai, le plus silencieusement possible vers cet endroit tout en restant dans les coins les plus sombres. Puis le moment venu, alors que la servante rejoignait les autres près du bassin, je me précipitai en faisant le moins de bruit possible vers l'essoreuse. J'y pris les vêtements qui me paraissaient les plus appropriés et retournai dans l'ombre afin de m'assurer que les femmes ne m'avaient pas vu. Je me réfugiai du côté opposé aux servantes afin d'être relativement tranquille pour revêtir les habits que j'avais dérobé.

Je n'étais pas propre, mais cela allait bien avec le personnage que j'imaginais tout en m'habillant, la crasse n'est jamais avenante et mon but était de ne pas me faire remarquer. De plus, les vêtements étaient sombres (donc discrets) et étaient à peu près à ma taille, même s'ils restaient un peu grands…

Dès que je fus prête, je me posai quelques secondes afin de devenir la personne que je voulais incarner et m'inventer une identité. Je me redressai afin de me faire la plus grande possible, avançai la mâchoire afin de durcir mon visage, et baissai la tête pour ne pas attirer les regards. Je décidai de m'appeler Gildas Erwig, nom simple que beaucoup d'homme portaient. Je serai un voyageur venu dans la cité du « Grand roi Arthur » pour avoir fortune et gloire. Oui, je serai un de ces idiots qui viennent en masse dans la ville, et qui se bercent d'illusions ! Oui, je serai exactement comme ceux qui me répugnent, comme ces traitres à leurs origines ! Le déguisement était parfait. Je m'étais déjà travestie en garçon plus jeune mais depuis j'avais grandi. Aussi, je fus obligée de comprimer ma poitrine à l'aide d'une bande et de couper mes longs cheveux pour faire une coupe à la romaine.

J'étais un homme, et lorsque je sortis de la laverie (en faisant attention de ne pas me faire voir par les trois femmes) et que je me trouvai dans la rue, personne ne fit attention à moi.

Je ne savais où aller…peut être aurais-je dû me diriger vers le château dans lequel se trouvaient Arthur et ses chevaliers, mais je savais que l'heure n'était pas encore à la vengeance. Non, avant ça je devais retrouver Torg afin de participer officiellement à la rébellion qui sommeillait et qui finirait bien par se réveiller… Mais pour cela je devais retourner dans la taverne de la veille mais l'heure matinale n'était pas appropriée. Aussi, je décidai de m'adonner à mon passe-temps favori jusqu'au soir.

En effet, maintenant que j'étais travestie, j'avais retrouvé une certaine assurance qui me permettait de reprendre des risques tout en sachant que je ne me ferais jamais prendre. En effet, je n'étais pas douée pour grand-chose mais si j'avais un seul talent c'était bien celui du vol !

Personne ne m'avait encore prise en flagrant délit et j'avais cultivé ce talent depuis ma prime enfance. Je connaissais très bien la rue et ses secrets, je savais exactement quels gestes faire pour voler une bourse sans me faire voir ou même sentir et je savais quelles personnes possédaient suffisamment d'argent pour que ça soit intéressant. J'étais maître dans l'art de passer inaperçu.

Alors, je décidai de me diriger vers le marché, la zone la plus fréquentée à ce moment de la journée, très pratique pour ce que je voulais faire… Tout d'abord, je me dirigeai vers l'étale de l'armurier, tout en surveillant les soldats romains qui patrouillaient dans les rues pavées. Je m'en voulais de voler des honnêtes marchands, des personnes qui gagnaient de l'argent à la sueur de leur front, mais je savais par expérience que l'argent pouvait être un argument de poids pour les rebelles.

Aussi, lorsque je repérai les armes entassées les unes sur les autres, les épées encore vierges de sang, les arcs avec leur carquois remplis à ras-bord, mon instinct reprit le dessus. Je passai devant sans m'arrêter, et bousculai par mégarde un passant qui tomba dans les bras de l'armurier. Celui-ci était en train de vendre un petit poignard à une jeune femme tout en lui faisant du charme.

Tout s'était passé comme prévu : le petit accident avait diverti les passants les plus proches qui s'esclaffaient devant l'armurier qui lui -même s'énervait après l'homme que j'avais bousculé. Au milieu de l'agitation générale, j'avais pu sans problèmes prendre un petit poignard qui me serait très utile pour couper les bourses des malheureux passants qui se trouveraient sur mon chemin.

Je slalomai donc entre les passants et je laissai parler mon instinct comme autrefois… Comme lorsque j'étais encore dénuée de toute colère, lorsque la vengeance ne guidait pas chacun de mes pas et que j'aimais la vie que je menais. Cela me semblait si éloigné et pourtant si proche...

Ainsi, je marchais dans la rue et flânais devant les étales tout en privant les honnêtes gens de leur argent. Je ne m'attaquais qu'aux plus riches d'entre eux, ceux dont j'étais certaine qu'ils auraient tôt fait de remplacer leur bourse, et surtout ceux dont je savais qu'elle serait bien garnie ! Je prenais également un malin plaisir à voler les soldats romains qui effectuaient leur patrouille, sans même se douter que, s'ils m'attrapaient, ils recevraient une belle récompense…

Je savourai ce retour aux sources toute la journée et lorsque le soir fut venu, je me dirigeai d'un pas déterminé vers la taverne que j'avais quitté la veille. En effet, sous ma nouvelle apparence, j'avais retrouvé ma confiance habituelle.

La vie avait repris son cours dans la taverne, excepté la table composée de soldats censés surveiller l'éventuel retour de la criminelle. Réprimant un sourire narquois, je me dirigeai vers le comptoir où le même tavernier se tenait. Il ne me reconnut pas et me demanda ce que je voulais boire.

-Rien, mais j'apprécierais de voir Torg. Notre conversation d' hier à malheureusement été interrompue… chuchotais-je.

-… Il ne reviendra pas ici avant un bon moment…me répondit le tavernier après un temps d'hésitation.

-Et où puis-je le trouver ?

-Je ne sais pas trop… Vous savez vous devriez peut être vous installer et boire quelques verres…Peut être la mémoire me reviendra-t-elle au cours de la soirée…

Le message était claire : « pose tes fesses sur ce tabouret, fais-toi discrète devant les romains et dépense de l'argent, je m'occuperai de toi quand j'aurai le temps ! ».

Cela m'agaçait de voir un tavernier décider pour moi, mais je n'avais pas vraiment le choix.

Alors je m'installai au comptoir et passai commande tout en observant la salle. Les clients criaient, buvaient, chantaient, jouaient, et quelques bagarres commençaient à éclater à certaines tables. Mais le tavernier se chargeait de calmer les hommes, et si cela ne suffisait pas, il les jetait dehors sans le moindre remord.

Les prostituées se déplaçaient quant à elles entre les tables et s'arrêtaient auprès de joueurs en vaine ou de clients visiblement aisés. Elles se laissaient toucher et faisaient même en sorte de faire monter les hommes dans les chambres. Cette vision me dégoutait ! J'avais déjà eu l'occasion de devenir l'une de ces femmes, mais cette idée me répugnait trop et même dans les pires moments je n'avais jamais eu recours à ce genre de méthodes… Aucun homme ne m'avait touché, et jamais je n'aurais assez confiance en l'un d'eux pour que cela arrive.

J'en étais à ma troisième chope de bière et mon esprit dérivait vers mon passé pour se heurter à nouveau au mur infranchissable que semblait être mon avenir. La présence soudaine du tavernier à coté de moi alors que je n'avais rien commandé, me tira de mes pensées. Il me glissa discrètement un morceau de parchemin sur lequel était écrite une adresse.

-Tu as de la chance, il semblerait que malgré les ennuis que tu lui as attirés, Torg veuille te voir !

-Merci pour votre sollicitude, raillai-je avec un grand sourire.

Sur ces mots, je sortis de cette taverne dont l'ambiance commençait à m'étouffer avec soulagement, tout en me disant que je ferais tout pour ne pas y remettre les pieds.

La nuit était sombre et clame, une brise glacée me fouetta le visage et je réprimai un frisson tout en m'engageant en direction des vieux cartiers de la ville. Cette destination n'était pas pour me déplaire, étant donné qu'elle était à l'opposé du château dans lequel se trouvait Arthur et ses chevaliers. Je marchais d'un pas calme et silencieux tout en restant sur mes gardes. Les rues étaient de moins en moins calmes au fur et à mesure que je m'approchais de ma destination. Des ivrognes chantaient (non, criaient !) des chansons paillardes, des mendiants faisaient la manche aux passants enivrés et des bruits de brasserie s'échappaient des tavernes. J'avais un sentiment étrange, comme si j'étais observée, épiée… Et l'idée que toute cette agitation n'était qu'une mise en scène me traversa l'esprit. Mais cela semblait vraiment trop tordu, et je finis par me rassurer en me disant que je devenais paranoïaque.

Après quelque temps, j'arrivai enfin devant une demeure plutôt imposante, mais d'aspect miteux. J'hésitai une seconde avant de frapper à la porte, tous mes doutes revenants. Et si tout ça ne servait à rien ? Si je n'avais suffisamment de trempe pour entrer dans la rébellion ? Si il ne m'invitait chez lui uniquement pour se moquer, ou pire me tuer parce que j'en savais trop ? Et si…si… Je mis fin à ces pensées, car j'avais un objectif : la vengeance, et que j'étais prête à tout pour l'atteindre. Je respirai profondément et frappai à la porte.

J'entendis du bruit à l'intérieur, comme si quelqu'un courrait pour venir ouvrir et quelques secondes plus tard un jeune garçon d'une dizaine d'années passa sa tête blonde par l'entrebâillement de la porte.

-Bonjour monsieur, que puis-je faire pour vous ? me demanda-t-il d'un air très sérieux qui m'attendri immédiatement.

-Je voudrais voir Torg, est-il ici ?

-Je ne sais pas…, dit-il surpris. Je vais voir !

Et il se précipita dans la maison tout en laissant la porte ouverte. Je pénétrai à l'intérieur, souriante, en me disant qu'il y avait mieux comme gardien pour une maison. Mais à peine la porte refermée derrière moi, je fus prise par quelqu'un à la gorge et un couteau s'enfonça entre mes omoplates.

-Ne bouge pas ou tu es mort ! me chuchota une voie dans l'oreille. Que veux-tu à Torg ? Parle !

Je me maudis intérieurement de ma bêtise lorsque je vis le gamin sortir d'un coin sombre et me regarder avec un sourire ironique. Je m'étais fait avoir comme un apprenti ! Il n'y avait vraiment pas de quoi être fière !

-J'attends ta réponse ! s'exclama mon agresseur en accentuant la pression de son arme.

-Je… Le tavernier du Loup de mer m'a donné cette adresse en disant que je pourrais y trouver Torg. Je dois lui parler, on a été interrompu hier…

-Lâche cette pauvre fille Nizan ! Elle est mon invité ! ordonna calmement une voix de stentor provenant de ma droite.

-Une fille ? demanda ahuri mon agresseur tout en me lâchant.

Je m'éloignai aussitôt de lui et sorti mon couteau de ma ceinture, tout en me positionnant dot au mur de gauche. Je pu ainsi observer toutes les personnes présente dans ce petit couloir sombre. L'homme qui m'avait attaqué était grand et possédait une musculature pour le moins développée que laissait voir une chemise ouverte, il était blond avec des cheveux bouclés qui lui donnait une tête d'ange, ce que démentait un rictus de rage d'apparence permanente. Le gamin semblait s'être ratatiné et regardait avec les yeux écarquillés Torg qui venait de faire son apparition.

-Ne t'avais-je pas prévenu que j'attendais une invitée ? demanda celui-ci au jeune garçon qui semblait terrorisé.

-Ce n'est pas la faute de Fin ! s'exclama l'homme, Nizan, d'un air rageur. Tu n'avais pas précisé qu'elle serait déguisée !

-Parce que je ne le savais pas ! rigola Torg. Je dois d'ailleurs reconnaître que ton accoutrement est très réussit ! continua-t-il en s'adressant à moi.

-Je vous remercie, mais je ne suis pas là pour recevoir des compliments ! Je veux faire parti de la rébellion !

-Toujours aussi impatiente à ce que je vois ! Suis-moi, nous allons discuter dans un endroit plus privé. dit-il en jetant un regard vers le blond et l'enfant, tout en se dirigeant vers la porte la plus éloignée.

Il l'ouvrit et se tourna vers moi, attendant que je le suive. Toujours mon couteau à la main, j'avançai à sa suite et pénétrai dans un nouveau couloir menant à un escalier descendant. Il s'y engagea et nous arrivâmes dans une pièce longue, éclairée par des torches et dans laquelle des hommes se restauraient sur des bancs. Ils arrêtèrent leur discussion lorsque nous traversâmes la pièce pour atteindre une nouvelle porte sur le mur de droite. Ils étaient une dizaine et tous me regardaient attentivement. J'avais l'étrange impression d'être jugée, et cette sensation m'était très déplaisante. Aussi, lorsque nous pénétrâmes dans un bureau d'apparence simple mais chaleureuse, je fus soulagée de constater que je me trouvais seule avec le chef de la rébellion.

-Très bien, tu peux t'assoir ! me dit-il en désignant une chaise devant un bureau, tandis que lui-même s'asseyait derrière.

J'obéi et décidai qu'il était plus prudent de garder mon couteau sorti, même si je savais que je n'avais aucune chance en cas d'attaque… Il me jeta un regard satisfait, pris une longue respiration tout en me regardant dans les yeux. Je n'avais pas l'habitude de baisser mon regard mais là je ne pu résister que quelques secondes, trop mal à l'aise…

-Tu as fais ton impression parmi mes hommes hier !

-Heureuse d'avoir pu les distraire ! répliquais-je avec ironie.

Il resta silencieux tout en reprenant son inspection :

-Ton déguisement et vraiment réussit : je ne t'aurais pas reconnue si je n'attendais pas ta visite. dit-il avec un petit sourire. C'est un talent intéressant que tu possèdes là…

Je ne répondis rien, attendant la suite. Car je sentais qu'il voulait me demander quelque chose de plus important, que je redoutais…

-Bien… Comment t'appels-tu ?

Et voilà…Je savais qu'il me le demanderait un jour ou l'autre…

-Liame…soufflais-je.

-Oui, c'est ce que je pensais… Un nom tristement célèbre n'est-ce pas ?

-La plupart des choses que l'ont raconte sur moi sont fausses ! répliquais-je avec hargne.

- Alors raconte-moi ! répliqua-t-il avec un sourire satisfait.

Voilà c'est finit pour cette fois ! J'espère que vous avez aimé et surtout n'hésitez pas à me donner voir avis par l'intermédiaire de reviews !