Titre : Dis Jei

Auteur : Syhdaal

Genre : Euh… Je ne sais pas.

Base : Weiss Kreuz

Couples : Aucun. Nagi x Tot[S1] , à la limite.

Disclaimer : Rien ne m'appartient, si ce n'est le clavier blanc sur lequel je tape ces quelques lignes.

Oui c'était censé être un one-shot.

Mais je dois avoir des choses à raconter, en ce moment.


Dis Jei

Chapitre 2

Jei n'est pas aussi fou qu'on le croit.

C'est pour ça que je garde toujours un œil sur lui.

Il représente un danger potentiel pour chacun des membres de mon équipe, lui y compris.

Et pourtant, il est si jeune. Un enfant fragile arraché trop tôt à son insouciance.

La rage qui l'habite n'a rien de normal. Faut-il être blessé pour déployer une telle colère envers son entourage. Nul doute que cela le soulage.

Pas si sûr… L'apaisement ne semble jamais venir. Mais je sais qu'il viendra.

L'apaisement vient toujours après la tempête. Fine pluie lénifiante ou violente averse cathartique. Puisque que c'est ce qu'il cherche, la purification ultime pour ses péchés.

Le pardon. Ce serait simple, pourtant.

Sauf qu'il ne cherche pas ce pardon au bon endroit. Ce n'est pas auprès de moi qu'il l'obtiendra, ni de Schuldig ou de Nagi.

Tout ce que nous pouvons lui offrir c'est d'être accepté.

Dis Jei, est-ce que tu le sais ?

Je me demande ce qu'il aurait été sans ce drame qui a bouleversé sa vie. Un adolescent comme les autres ?

Peut-être plus prompt à se faire du mal et à bousculer les gens autour de lui.

Aurait-il été doué pour les études ? Aurait-il été plutôt scientifique rationnel ou artiste à la tête dans les étoiles ? Littéraire intellectuel ou petit génie habile de ses mains ?

Ou un gamin comme les autres, avec ses amis, sa famille, ses problèmes.

Etrange comme un être humain peut montrer autant de complexité. Un fait qui ne cessera jamais de m'épater.

Le personnage incarné, celui qui se cache sous le masque pour jouer son rôle, les sombres pensées, les illusions perdues, les souvenirs heureux…

Nous sommes tout en ombres et lumières, finalement. En clair-obscur.

Voilà une pensée qui ferait sourire Schuldig. Lui qui sait ce que nous montrons de mieux au monde pour cacher ce que nous avons de pire, bien à l'abri dans l'ombre d'une boîte de Pandore solidement fermée. Lorsque la serrure cède, tous les maux s'en échappent. Jei en est un exemple.

Et ça peut arriver à n'importe qui, n'importe quand.

Pour Jei, il se peut que la serrure soit irrémédiablement cassée et qu'il n'y ait plus de retour en arrière possible.

Pour Schuldig, c'est différent… Il marche toujours sur le fil, à deux doigts de tomber, il joue avec les limites. Il sait qu'un jour, il ne pourra pas revenir en arrière.

Mais plus que tout, j'essaye de le rattraper avant qu'il ne lâche tout à fait. Ca implique d'être toujours sur la défensive avec lui. De ne jamais rentrer dans son jeu.

De se battre tous les jours pour qu'il arrête de se brûler les ailes dans des rêveries qui ne sont pas les siennes. De le laisser faire face à certains châtiments dont il s'est attiré le courroux.

Et le dernier arrivé, le plus jeune.

Nagi. Un enfant d'une puissance exceptionnelle. Et je ne parle pas que de sa télékinésie.

Il a toujours eu la force d'aller de l'avant alors que nous sommes englués dans la vengeance.

C'est surtout pour lui que je continue de me battre pour notre liberté complète. Même s'il ne comprend pas toujours que j'agis pour son bien.

Je me rappelle du jour où j'ai levé la main sur lui, avant la chute des Schreient et de Masafumi Takatori.

Ce n'était pas la première fois. Ca ne sera sûrement pas la dernière.

C'est ce qui différencie les enfants des adultes. Pour obéir, les adultes ont besoin d'une bonne raison, d'un intérêt, d'un parce que.

Un enfant n'a besoin que de la peur que lui inspire le donneur d'ordre.

Je sais que je ne pourrai bientôt plus en user sur lui. En fait, il pourrait même facilement se rebeller et me mettre au tapis vu sa force mentale impressionnante. Mais il ne le fera pas car je l'ai recueilli et que j'incarne plus ou moins une image de père à ses yeux.

Même moi ça me fait sourire.

Qui eut cru que j'aurai pu construire un semblant de lien filial avec quelqu'un qui ne partage même pas mon sang.

Amusant.

Je me demande à quoi peut penser cet enfant. A son futur sans doute, qui le doit le préoccuper plus qu'il ne le prétend.

Mais je sais ce qui l'attend. La mort bien sûr, après une vie bien remplie, pas toujours facile, pas toujours rose.

On ne grandit pas dans un monde où les épreuves n'existent pas.

Nagi a grandit trop vite et parfois (souvent), j'aurai aimé qu'il soit comme ces enfants que je croise dans la rue ou que j'entends parler dans le métro.

L'école, les devoirs, les sorties entre copains, les filles…

Ah, les filles.

Il y a bien Tot… Nanami, puisque c'est là son véritable prénom, cette petite dont il s'est entiché. Le seul problème apparent est qu'elle fait partie des Schreient, le groupe de gardes du corps de Masafumi Takatori, le fils cadet de notre propre employeur. Comparé aux Weiss qui ne sont que des insectes gênants, les Takatori sont dangereux… Et Schuldig pourrait confirmer que Masafumi n'est guère sain d'esprit. Pour autant, il traite bien la gamine et n'a jamais posé la main sur elle, malgré ce qu'on pourrait croire.

Elle est mignonne, certes mais c'est une enfant perturbée et fragile qui ne devrait pas vivre cette vie. A ce titre, elle partage avec Jei le même contenu éparpillé de cette boîte qui n'aurait jamais dû être ouverte.

Pourtant, l'amour que Nagi lui porte est sincère. Pur.

C'est touchant de savoir qu'il peut éprouver ce sentiment, lui qui a vu et vécu ce qu'il y avait de pire dans sa courte vie.

Tot tient beaucoup à lui, mais la profondeur de ses sentiments n'est pas exactement la même. Elle ne peut pas appréhender l'amour de la même façon que Nagi, elle en a déjà trop fait les frais. Cette enfant n'est pas responsable de son état, mais je sais qu'elle n'est pas la bonne personne pour Nagi.

C'est pour ça que j'ai essayé d'étouffer leur romance dans l'œuf, avant que Nagi ne soit vraiment blessé. Je ne veux pas le voir se briser à cause de ses sentiments et devenir comme Jei ou Tot.

Je sais qu'il s'en relèvera comme il l'a toujours fait. Qu'il mettra un pansement sur ses blessures et qu'il avancera la tête haute et le regard fixé sur son but.

Ca peut paraître cruel de lui faire tirer un trait sur l'amour qu'il éprouvait pour elle, mais je ne pouvais pas me permettre de perdre Nagi à ce moment là.

J'avais encore besoin de lui, Schwarz avait besoin de lui.

Car je sais aujourd'hui que l'amour sera la fin de Schwarz, et dans une certaine mesure, son ultime réalisation.

Ironique, nous ne sommes pourtant pas les Weiss, nous ne nous battons pas pour la justice, l'amour ou la paix.

Nous nous battons pour nous. Un objectif de prime abord bien moins noble mais beaucoup plus honnête.

Nous sommes tous des égoïstes. Rien de ce que nous faisons n'est désintéressé.

Je sais que Jei va se redresser malgré les péchés qui pèsent sur lui, par amour. Il sera le premier à partir.

Puis Nagi suivra… Par volonté de vivre enfin sa vie sûrement, et par amour, peut-être…

Ne restera plus à mes côtés que Schuldig, mon plus vieux compagnon.

Je me rappelle encore du jour de notre rencontre dans ce centre aux couloirs aseptisés au fond de l'Allemagne. Ce gamin effrayé, épais comme une allumette, aux cheveux roux filasses et mal coupés, et avec les plus beaux yeux bleus que j'avais jamais vu.

Moi j'avais quinze ans. Lui sortait à peine de l'enfance, du haut de ses dix ans. Il était précieux pour l'organisation car c'était un télépathe relativement puissant. J'ai commencé à rêver. De lui, de nous, d'un futur avec deux autres compagnons, un adolescent aux cheveux bruns et un jeune homme au regard d'or dont j'ignorais les noms.

Je savais que viendrait le jour où nous serions enfin autorisés à sortir faire nos preuves. Je savais que ça serait pour nous l'occasion de mettre le plus de distance entre nous et Rosenkreuz, d'amasser en secret argent et pouvoir pour enfin briser nos chaînes.

J'ai attendu puis je lui ai parlé. Il a accepté de se taire, de garder le secret, notre secret jusqu'à ce qu'enfin, on accepte ma demande pour former une unité. J'avais besoin d'un second, j'ai réclamé Schuldig.

Ils n'étaient pas d'accord au départ. Le télépathe était le plus difficile à contrôler et surtout, nous n'avions pas de psychiques offensifs dans notre équipe.

J'ai répondu que chaque chose viendrait en son temps.

Et les choses sont venues.

D'abord Jei, toujours entravé, toujours drogué, impossible à apprivoiser. Trop dangereux pour être approché, trop dépendant pour vivre seul… Mais fort, très fort.

Et un esprit d'une remarquable vivacité.

Enfin Nagi, âgé de douze ans, arraché à son orphelinat et à la Sœur qui s'occupait de lui suite à de longues négociations. Je ne voulais pas la tuer, mais elle ne m'aurait pas vraiment laissé le choix au final. Je n'aurai jamais laissé Nagi entre ses mains. Il valait bien mieux que ça. Finalement, c'est l'équipe de Kritiker qui s'en est mêlé. On s'en serait bien passé… Mais ça lui a donné la force d'avancer, par vengeance. Un élément récurrent en ce qui nous concerne, semble t-il.

Le tout est de ne pas se laisser consumer par elle.

Quoiqu'il arrive, je sais que Schudig restera.

Il va râler, bouder, gueuler, se prendre une cuite et faire l'enfant en disant qu'il va se tirer, mais il restera.

Pas parce que je l'ai vu. Parce que je le sais.

Comme je sais que Jei sera le premier à partir par amour.

Et comme je sais que Nagi suivra peu après.

Mais je sais que Schuldig restera.

Peut-être pour Schwarz.

Peut-être pour moi.

– Ou pas. –


Notes : Ben…

J'avais pensé à donner un second chapitre à ce truc, mais sans trop y croire.

Pis voilà.

Je pense quand même que y a beaucoup de phrases qui ne vont pas. Difficile à expliquer. M'enfin, c'est trop tard, maintenant !

Commentaires :

[S1] Quoi, qu'entends-je ? Pas de shonen-ai ! Et ben naaaan !