Merci

Chapitre 2 – Fuite

Booth s'arrêta près de la scène de crime. Brennan était dehors avant même qu'il ait enlevé les clés du contact. Les partenaires montrèrent leur carte à l'homme qui se tenait à côté de la barrière jaune et passèrent en dessous.

« Où sont les os ? » demanda Brennan en enfilant une paire de gants en latex.

« Ici » dit Booth en essayant de faire son chemin entre les autres agents et les agents de police. « Les gars, laissez lui de la place ! »

« Où sont les os ? » demanda-t-elle encore

« Dans ce sac poubelle. Je leur ai dit que personne ne devait y toucher avant que tu les voies » dit Booth.

Brennan portait sa combinaison bleue du Jeffersonian ; elle se mit à genoux pour examiner son dernier corps. Booth regardait attentivement et avec admiration, quand son téléphone sonna.

« Booth » dit-il en décrochant.

« Seeley, c'est Rebecca »

Booth s'éloigna de la foule. « Est-ce que Parker va bien ? »

« Très bien. Je vais lui donner le téléphone dans une minute. Je voulais juste être sûre que tu pouvais aller le chercher à l'école plutôt que chez moi demain » dit Rebecca.

« Absolument » dit Booth. « 15h15 demain. J'y serai. »

« Tu n'as pas idée à quel point ça me soulage » dit Rebecca en soupirant. « Tu veux parler à Parker ? »

« Tu sais que j'aimerais bien, mais ce n'est vraiment pas le bon moment. Je suis sur une scène de crime. Est-ce que je peux le rappeler ? »

« Du moment que c'est avant l'heure du coucher » répondit-elle. « Tu as le temps de lui dire bonjour ? »

« Bien sûr. Passe-le moi » dit Booth. Il attendit.

« Salut papa! » s'exclama Parker.

Le visage de Booth s'éclaira d'un sourire. « Hey fiston ! Comment ça va ? »

« Bien. Où tu es? Il y a du bruit » remarqua Parker.

« Bones et moi sommes sur une scène de crime. On va attraper les méchants » dit Booth avec enthousiasme.

« Cool ! » s'exclama Parker.

« Oui, alors papa t'appellera plus tard, d'accord ? » dit Booth.

« OK. Dis bonjour à Bones ! » dit Parker.

« Je le ferai. Je te parle ce soir, d'accord ? Je t'aime. »

« Je t'aime » dit Parker avant de raccrocher.

Booth rangea son téléphone et se rapprocha de sa petite amie.

« Qu'est-ce qu'on a, Bones ? » demanda-t-il.

« Le FBI peut jeter son dossier sur celui-là » dit Brennan en se levant.

« Quoi ? Pourquoi ? » demanda Booth.

« Ces os ne sont pas humains »

« C'est quoi alors ? »

« Je ne suis pas complètement sûre, mais les restes dans ce sac ne sont définitivement pas ceux d'une personne » dit-elle.

« OK » dit Booth. Brennan se tourna vers un autre agent.

« J'aimerais que vous vous assuriez que ces restes seront bien envoyés au Jeffersonian. Je veux être sûre que ces os ne sont pas humains, et déterminer leur origine » dit-elle.

« Oui, Dr Brennan » répondit l'agent. Brennan se tourna vers Booth.

« Tant pis pour le temps qu'on devait passer ensemble » dit-elle en soupirant.

« Ouais » acquiesça-t-il avec déception. « On y va. »

Ils reprirent la route vers le Jeffersonian en discutant de leur presque-affaire. Le sujet, cependant, glissa vite vers le baiser sous le gui.

« Donc tu m'as embrassé alors que tout était déjà organisé » la taquina Booth.

« C'était une mauvaise blague » dit Brennan. « Même pour Caroline. » Booth sourit.

« Tu voulais m'embrasser » railla-t-il.

« Mon esprit n'avait pas totalement appréhendé ce que Caroline avait dit avant qu'elle te pousse vers moi. Je crois que toi aussi tu aurais voulu avoir 2 secondes pour réfléchir ce jour-là » remarqua-t-elle.

« Tu voulais m'embrasser » gloussa-t-il alors qu'ils arrivaient au Jeffersonian.

« Soudain, je suis impatiente de descendre de cette voiture et de parler à Angela » dit-elle. Booth feignit d'être blessé.

« Ouais, je vais te manquer. Tu vas voir » dit-il. « Chez moi ou chez toi ce soir ? »

« Chez moi » décida-t-elle.

« Tu me fais des macaronis au fromage ? » demanda-t-il en souriant.

« On verra » sourit-elle en retour.

« A ce soir » dit-il.

Ils se penchèrent et échangèrent un rapide baiser. Elle sortit de la voiture et attrapa son sac. Son côté protecteur le força à la regarder partir et à rester jusqu'à ce qu'elle soit en sécurité dans les murs du Jeffersonian.

Brennan retourna à son bureau où elle trouva Angela installée sur le canapé, attendant son retour. Angela s'assit quand Brennan entra et s'assit à côté d'elle.

« Ca a été rapide » dit-elle.

« Ce n'était pas une vraie affaire. Les os n'étaient pas humains » avoua Brennan.

« Bien ! Ca nous donne plus de temps pour parler, et on ne partira pas avant que tu m'aies tout dit, dont ça sera plus facile pour nous deux si tu coopères dès le début » l'informa Angela.

« Il n'y a pas grand-chose à dire, mais je te dirai tout ce que tu veux savoir » dit Brennan.

« Commence avec la conversation que vous avez eu après avoir viré le gamin » dit Angela avec impatience.

« Angela ! » s'exclama Brennan.

« Désolée, après que Parker soit parti » corrigea-t-elle.

« Il a admis qu'il avait voulu m'embrasser, et j'ai admis que notre baiser n'était pas rien » dit-elle.

« Donc, tout à l'heure, quand tu as dit que vous deux étiez bien, tu voulais dire vraiment, vraiment bien » dit Angela.

« Je suppose » dit Brennan en haussant les épaules. « Y a-t-il quelque chose d'autre que tu veuilles entendre ? »

« Oh, eh bien comment ça s'est passé. Ca va devenir intéressant ! Comment est-il ? » demanda Angela, toujours aussi impatiente.

« Il embrasse très bien » dit Brennan en souriant.

« Non, ma chérie, pas le baiser, bien que ce soit important aussi ; comment est-il… tu sais… au lit ? »

« Je ne sais pas. On ne l'a pas encore fait » avoua Brennan. Angela eut l'air choquée.

« Pas de sexe? Quoi? Pourquoi? » demanda-t-elle. Angela se rappela ensuite que Sully avait aussi attendu avant de passer la vitesse supérieure. « Qu'est-ce qui ne va pas avec son pénis ? »

Brennan gloussa. « Je suis sûre que tout va bien avec son pénis. C'est juste qu'on n'a pas encore eu de relations sexuelles. »

« Et moi qui m'imaginais que vous aviez simulé une affaire pour qu'il t'emmène sur la banquette arrière de son SUV. Tant pis pour ce fantasme » dit Angela en gloussant.

« Tu fantasmes à propos de Booth et moi ? » demanda Brennan.

« Juste une seconde » admit Angela.

« Et puis, on ne ferait jamais ça au boulot dans son SUV. Angela, Booth et moi sommes… » commença Brennan.

« Professionnels, je sais » finit-elle. « Mais, ma chérie, sérieusement, pourquoi attendre ? »

« La nuit où on failli le faire, il m'a arrêtée et m'a dit qu'il voulait que notre première fois ensemble soit… oh, quel est le mot qu'il a utilisé… » expliqua Brennan.

« Parfaite ? » devina Angela.

« Non, c'est complètement irrationnel d'attendre la perfection. Spéciale, c'est ça qu'il a dit » répondit Brennan. Angela sembla sur le point de crier à nouveau.

« C'est si mignon ! »

« C'est mignon qu'il me fasse attendre tellement longtemps que j'ai l'impression que je vais exploser ? » demanda Brennan. Elle savait qu'exploser à cause d'un manque de sexe était scientifiquement impossible, mais ça ne l'empêchait pas d'avoir exactement cette impression.

« Non, ma chérie. C'est mignon qu'il te tienne assez à toi pour vouloir que tout soit parfait, même si c'est irrationnel » expliqua Angela.

Brennan réfléchit un instant. « J'accepte cette explication. »

"Donc si vous ne couchez pas ensemble et que vous ne vous êtes pas vus au boulot ces derniers jours, qu'est-ce que vous faites ? Vous dînez, vous vous embrassez et vous vous séparez pour la nuit ? » demanda-t-elle.

« En fait, non » répondit Brennan. « On n'a pas de relations sexuelles, mais on dort ensemble. Entre chez lui et chez moi. »

« Vraiment ? »

« J'ai aimé me réveiller avec lui à Noël, et lui aussi, donc on passe nos nuits ensemble. »

« Comme à Noël ? » demanda Angela.

« Si tu demandes s'il me serre dans ses bras, oui, il le fait » dit-elle.

« Ok, Bren, tu vas m'écouter » dit Angela en prenant la main de Brennan.

« Quoi ? »

« On dirait que c'est super entre toi et Booth. Ne prends pas peur, ma chérie. Ne le fuis pas. »

Brennan restait silencieuse alors qu'Angela exprimait à voix haute les peurs qu'elle avait depuis qu'elle et Booth étaient officiellement ensemble.

« Et si je ne peux pas m'en empêcher, Ange ? » demanda-t-elle d'une petite voix.

« Alors viens me voir. On aura une conversation entre filles et je te renverrai vers son chevalier du FBI dans son armure scintillante » promit Angela.

Vers 20h ce soir-là, Brennan rentra enfin chez elle, et verrouilla la porte derrière elle. Elle trouva Booth sur le canapé devant la télévision, avec une bière et un morceau de pizza.

« Hey, tu es là » dit-il avec un sourire. « Qu'est-ce qui t'a retenue si tard au labo ? »

« Des os de cerf » dit Brennan. « Les restes sur la scène de crime étaient ceux d'un cerf. On a trouvé plusieurs marques de balles sur les os. Victime de chasse. »

« Tu veux une bière ? » demanda-t-il en secouant sa canette devant elle. Elle fronça les sourcils.

« Qu'est-ce que c'est ? »

« Tu n'en avais pas, j'en ai acheté. Faim ? »

« Désolée pour les macaronis au fromage » dit-elle. Elle aimait cuisiner pour lui.

« La pizza c'est bon, aussi » dit-il en haussant les épaules.

Elle prit un soda dans le frigo et s'assit près de lui dans le canapé. Elle prit une part de pizza.

« N'oublie pas, j'ai Parker demain » dit Booth.

« Je n'avais pas oublié » dit-elle.

« Parker a dit que ta présence était obligatoire demain soir. »

« Il m'aime bien, hein ? » demanda Brennan.

« Il t'adore, et on est deux » dit Booth en replaçant une mèche de cheveux derrière son oreille. Elle lui sourit.

« Est-ce que Parker sait à propos de… nous ? » demanda-t-elle.

« Non… non pas encore. Je ne sais pas encore comment lui dire » dit Booth. « Ca peut être drôle. »

Quelques heures plus tard, Booth ramenait les couvertures sur eux. Il s'installa dans le lit derrière elle et plaça un baiser sur sa tempe.

« Bonne nuit, Bones » dit-il. Elle se tourna et plaça un baiser sur ses lèvres, ce qui lui valut un sourire.

« Bonne nuit. »

Il l'entoura de ses bras, pressant son dos contre lui. Elle se blottit.

« Seeley ? » demanda-t-elle doucement.

« Oui, Bones ? » répondit-il de la même manière.

« Ne me laisse pas te fuir. »

Il gloussa. « Tu penses vraiment que je pourrais le faire ? »