Note : j'ai oublié de le dire mais la série et les persos ne m'appartiennent pas (sauf si je suis la fille cachée de Kripke mais j'en doute) sauf ceux que j'ai inventé.
Merci pour les reviews et j'espère que la suite vous plaira ^^
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De retour dans leur chambre, les garçons s'installent sur leurs lits respectifs et Sam entreprend de faire le résumé de ses recherches.
-Bon, la dernière agression remonte à deux jours, annonce-t-il. Au total on a cinq victimes et apparemment, notre vampire suit un certain schéma rythmique.
-Toujours le même laps de temps entre chaque victime ?
- Exactement. Une victime tous les cinq jours.
- Et la dernière remonte à deux jours. Ce qui nous laisse trois jours avant le suivant.
- Hou t'es fort en maths ! se moque le cadet. Tu m'épates !
- La ferme… Dis moi plutôt ce que t'as trouvé d'autre au lieu de faire du sarcasme.
-Hum, ok. Désolé. Bon, tout les corps ont été retrouvés dans le quartier nord de la ville, l'ancien quartier mormon.
- Et ya quoi là bas ?
-De vieux bâtiments qui datent de la construction de la ville en 1854. Une église, une bibliothèque et quelques vieilles maisons.
-Et pourquoi la ville ne les a pas détruits ? s'étonne Dean.
-Tout simplement par ce qu'ils représentent une sorte de memoriam. Histoire de ne pas oublier qui a battit cette ville. Et comme il y a encore beaucoup de mormons dans la région, je suppose qu'ils ont du demander à ce que l'on garde ces ruines en place.
- Bon. Et tu crois que notre ami pourrait se trouver là bas ?
- C'est possible, admet Sam. Je pense qu'on le trouvera soit là bas, soit dans la forêt avoisinante.
- Ben on va déjà commencer par les ruines et avec de la chance, on l'aura rapidement.
- Ok, je prends le matériel et on y va.
Il se lève, attrape le sac, et vérifie que les machettes sont bien à l'intérieur. Puis tous deux contrôlent que les révolvers qu'ils ont à la ceinture sont bien chargés. Une fois les vérifications terminées, ils sortent de la chambre et montent en voiture, direction le nord de la ville.
Une fois arrivés à destination, ils sortent de la voiture sans faire de bruit et regardent aux alentours. Personne en vue. Le quartier est désert, surement à cause de son délabrement et de l'insalubrité des bâtiments. Ils vont donc pouvoir entamer leurs fouilles tranquillement, sans risque de se faire surprendre par un voisin.
- On devrait se séparer et prendre chacun un bâtiment, propose le plus jeune.
- Ca me plait pas vraiment ton idée.
- Moi non plus ça m'enchante pas mais ça multiplie les chances de le trouver par deux.
- Ok mais alors tu fais gaffe à toi. Toutes ces vieilles baraques n'ont pas l'air très solide.
- J'avais remarqué. La ville devrait peut-être finalement raser ce quartier.
- Ha tu vois ? C'est ce que je te disais, lance Dean fièrement. Bon, moi je prends l'église et toi la bibliothèque. Et si tu le vois ou si tu as un problème, tu tires une fois, t'as compris ?
- Oui Papa, renchérit Sam d'un ton moqueur.
-Hé mec je suis sérieux, j'ai pas envie de devoir sortir tes fesses de dessous des décombres. J'ai le dos fragile moi…
- Mais bien sûr. Bon, on y va.
Dean part donc en direction de l'église et Sam dans celle de la bibliothèque. En pénétrant dans la bâtisse, Dean se rend compte que plusieurs poutres se sont effondrées et qu'une partie du toit est absente. Des amas de tuiles cassées sont visibles un peu partout dans la seule pièce qui compose l'église. La plupart des vitraux sont en miettes et les parties qui tiennent encore en place ont perdu toutes leurs couleurs. Les bancs et le confessionnal, en bois, sont rongés par les termites. Quant à l'autel, seul le vestige d'un bougeoir et d'un crucifix en bronze démontre que le tas de planches présent au milieu de l'estrade en fut un. Il avance doucement, craignant que les rares poutres plafonnières encore en place ne se détachent. Après avoir inspecté la pièce, il doute sérieusement que quelqu'un ait pu séjourner ici, même un vampire. Il en ressort donc, avec les mêmes précautions. Une fois à l'extérieur, il hésite entre visiter un autre bâtiment et rejoindre son frère. Il s'inquiète pour lui mais ne veut pas que ce dernier se vexe en le voyant débarquer pour le surveiller. Mais il n'y peut rien. C'est son p'tit frère et il s'inquiètera toujours pour lui. Il se résigne donc à visiter la maison suivante…
* * * * *
De son côté, Sam est tout aussi précautionneux que Dean. La bibliothèque est très instable et il n'a pas très envie de prendre un mur ou une des immenses étagères sur le coin de la figure. Les bureaux sont en morceaux pour la plupart. Certains sont jonchés de vieux livres poussiéreux. Il en prend un mais celui-ci est tellement friable qu'il tombe en morceaux au contact de ses doigts. Il ne comprend pas pourquoi la ville n'a pas essayé de sauver tout ça au lieu de laisser à l'abandon toute cette partie de son histoire. Il continue son avancée, les doigts crispés sur sa machette. Un bruit sourd attire son attention. Il lève la tête et recule in extrémis, évitant ainsi la chute d'une étagère, provoquée par un envol de corbeaux. Les planches vermoulues s'écrasent au sol dans un énorme fracas. Après avoir poussé un soupir de soulagement, il se dirige vers la pièce adjacente. La porte a quitté ses gongs depuis longtemps. Il passe l'encadrement et se retrouve dans ce qui dut autrefois être une salle de classe. Plusieurs pupitres sont disposés bien alignés et un bureau trône au fond de la pièce. Un vieux tableau noir semble faire de gros efforts pour rester accroché au mur. Cette pièce semble avoir été un peu plus épargnée par l'usure du temps. Sam imagine les enfants, assis à leurs places, reprenant en chœur les leçons d'histoire ou les prières mormones. Il sourit, repensant à ses propres années scolaires, assis derrière un pupitre différent chaque mois. Sa seule stabilité avait été son entrée à Stanford, seule école où il avait enfin pu tisser des liens d'amitié, où il avait pu rencontrer l'amour. Il a un pincement au cœur en pensant à Jess. Elle lui manque cruellement et il s'en veut toujours. Il secoue la tête, essayant de s'extirper à ces souvenirs douloureux, et reprend son inspection des lieux. Il lui aura fallut pas moins d'une demie heure pour tout fouiller, du moins les pièces accessibles. Certaines sont en effet condamnées à cause de l'effondrement du toit. Mais pour lui, une chose est sûre : le vampire ne se trouve pas dans le coin, et n'a certainement jamais mis les pieds dans ces ruines.
Une fois sorti de là, il aperçoit son frère qui sort également d'une maison.
- Tu as trouvé quelque chose ? lui demande-t-il.
- Nada. Faudrait être suicidaire pour se planquer dans un lieu pareil. A mon avis, il n'est jamais venu ici.
- C'est aussi ce que je pense. Le simple fait de poser un pied dans une pièce fait trembler les murs. Et les étagères sont mesquines, elles tombent sans prévenir.
- T'as rien au moins ? s'inquiète l'ainé.
- Rassure-toi, je vais bien. J'ai des réflexes au top.
- Bon, ben il ne reste plus que la forêt alors.
- Ouai. Le mieux sera de s'en occuper demain. La nuit ne va pas tarder et personnellement, je n'ai pas très envie de le croiser alors qu'il sera au mieux de sa forme.
- C'est vrai, t'as raison. On profitera du fait qu'il dort pour essayer de le repérer.
Ils remontent dans leur voiture et repartent pour l'hôtel. En passant devant le parc, Sam repense au fait qu'il y a dormi sans s'en apercevoir. Ce fait l'intrigue et il se dit qu'il ira y refaire un tour plus tard. Ils arrivent enfin et quelque chose attire leur regard. Sur le parking, ils aperçoivent un énorme 4X4 Chevrolet, entièrement noir. Les vitres en sont teintées, les tubulures brillent comme si elles étaient neuves, et les jantes en alu reflètent une propreté sans tache.
- Wahow, regarde un peu l'engin ! s'exclame Dean.
- Ha c'est sûr, ta caisse fait tache à côté.
Il explose de rire, fier de sa remarque. Dean lui jette un regard noir.
- En attendant, reprend-t-il, t'es bien content que ma caisse traine ta grande carcasse. Je me demande à qui il appartient. Sûrement à un gars qui a autant de classe que moi.
Sam rit de plus belle.
- Toi, de la classe ? C'est nouveau ça ?
- Bitch.
- Jerk.
Sur ce bel échange fraternel, ils regagnent leur chambre…
* * * * *
Après avoir pris une bonne douche relaxante, Sam s'installe sur son lit. Dean, lui, enfile son blouson de cuir.
-Tu vas où ? lui demande son cadet en haussant un sourcil.
-Je retourne voir cette charmante serveuse avant la fin de son service.
-Tu veux pas lâcher l'affaire, hein ?
-Ha ça non. Je vais pas laisser ce bellâtre remporter la victoire. C'est mal me connaitre.
-T'es décidemment incurable, se moque Sam en secouant la tête. Bon ben moi je vais aller faire un tour au parc.
-T'as envie de faire de la balançoire ? rétorque l'ainé d'un ton moqueur. T'es un peu grand pour ça non ?
-Ha ha, je me marre.
-Fallait pas te moquer de ma princesse.
Il quitte la chambre en riant. Sam finit de s'habiller, enfile son blouson, et quitte la chambre à son tour. Il se dirige vers le parc d'un pas décidé, même s'il ne sait pas trop pourquoi il tient tant à y retourner. De nouveau, il a la sensation d'être observé mais il préfère ne pas y prêter attention. Comme s'il voulait pour une fois faire une ballade sans avoir à se soucier de ses arrières. Une fois arrivé, il se rassoit sur le même banc que la première fois. Il reste ainsi quelques minutes puis une chose, ou plutôt quelqu'un attire son attention. Il s'agit d'une petite fille. Elle s'approche de lui jusqu'à n'être plus qu'à un mètre de lui. Elle doit avoir dans les sept ans. Elle porte une petite robe blanche et un collier composé de bourgeons de fleurs rouges sang. Ses cheveux tombent dans une rafale de belles anglaises blondes et ses yeux, d'un vert profond, plongent dans ceux de Sam. Il n'arrive pas à détacher son regard du sien. Il est si limpide, si plein d'innocence. Sans le lâcher des yeux, elle commence à balancer sa tête de droite à gauche, souriant à pleine dent. Inconsciemment, Sam répète le même mouvement qu'elle. Puis le sourire de la petite s'efface et elle entonne les paroles d'une petite berceuse :
Doucement, doucement
Doucement s'en va le jour
Doucement, lentement,
Tes pas se font lourds
…
Puis elle met fin au balancier de sa tête, imité par Sam, toujours plongé dans son regard. Elle lui sourit de nouveau, puis se retourne et repart comme elle est venue, dans un léger bruissement d'air. Sam est toujours immobile, le regard hagard, comme s'il n'avait pas été présent au cours de cette scène. Puis d'un coup, il relève la tête et ses yeux retrouvent leur éclat. Il regarde autour de lui, comme s'il se réveillait, se demandant s'il rentre déjà à l'hôtel ou s'il rejoint son frère au snack. L'idée de voir son frère en mode « prédateur sexuel » ne l'enchante pas vraiment. Il décide donc de rentrer se coucher, étant donné qu'il se sent soudain très fatigué.
* * * * *
Quelques minutes plus tôt.
Dean se trouve au snack. La belle Célia travaille encore, et il a bien l'intention d'obtenir son rencard.
-Votre chevalier vous a fait faux bond on dirait. Il n'est pas là à ce que je vois.
-Il doit passer dans une heure pour m'emmener faire un tour dans son 4X4, répond la serveuse en souriant.
-Quoi, celui sur le parking de l'hôtel c'est le sien ? demande-t-il en ouvrant de grand yeux.
-Oui. Il est magnifique n'est-ce pas ?
-Bof…
-En tout cas il est beaucoup mieux que la vieille Chevy que j'ai aperçue ce matin. Sûrement la voiture d'un pauvre type.
Dean manque s'étouffer avec le muffin qu'il est train de manger.
-Ben, ça va pas ? s'inquiète-t-elle.
-Si… la rassure-t-il tout en reprenant son souffle. Si si ça va. C'est juste que c'est de ma caisse que vous êtes en train de parler.
-Oh je suis désolée… Elle a beaucoup de cachet et je trouve que vous êtes bien assortis, ajoute-t-elle un peu confuse.
-Vous vous rattrapez bien.
Les yeux de Dean s'éclairent, comme s'il voyait là l'opportunité qu'il attendait.
-Mais si vous voulez vraiment vous faire pardonner, vous sortez avec moi ce soir.
-Je suis déjà prise et vous le savez, répond-t-elle d'un air taquin.
-C'est la seule façon de vous faire pardonner. Et vous risquez de vous ennuyer à mourir avec lui.
La porte s'ouvre. Dean se retourne, pensant voir arriver son frère. Il lui avait dit qu'il le rejoindrait peut être. Malheureusement, ce n'est pas Sam mais William qui vient de franchir la porte.
-Et bien le monde est petit, constate William. Je ne m'attendais pas à vous recroiser ici. Votre frère n'est pas avec vous ?
-Qu'est-ce que vous lui voulez ? questionne Dean, sur la défensive.
-Rien en particulier. Pas la peine d'être agressif.
-Je n'aime pas la façon dont vous l'avez regardé tout à l'heure, ni le fait que vous vous intéressiez à lui. Vous n'êtes pas son genre.
-Lui non plus rassurez-vous, réplique le jeune homme en levant les mains. C'est juste qu'il me rappelle quelqu'un, c'est tout.
-Vous savez quoi ? Je ne vous aime pas, déclare le chasseur de but en blanc. Vous me mentez et je n'aime pas ça.
-Je vous retourne le compliment.
Il s'assoit sur le tabouret à côté de Dean, sans le quitter du regard. Puis son visage prend un air grave.
-Vous devriez rentrer à votre hôtel et vous occuper de votre frère, lâche-t-il d'une voix des plus sérieuses.
Dean arque un sourcil, étonné du ton employé.
-Comment ça ?
-Faire votre boulot de grand frère, comme ça je pourrai emmener la demoiselle en ballade.
Dean croit rêver. De quel droit ce type se permet-il de lui donner des conseils ? Ca n'allait pas se passer comme ça.
-Mon frère est assez grand pour prendre soin de lui tout seul -enfin j'espère-, et la demoiselle sort avec moi. Elle a une petite chose à se faire pardonner.
-Très bien ! Faites comme vous voulez, affirme William, après tout je m'en moque. Je vous accorde cette soirée, mais vous n'avez pas encore gagné la partie.
-C'est ça. Allez donc voir ailleurs si j'y suis.
-Si vous avez besoin de moi, je suis dans le même hôtel que vous.
-Ca risque pas d'arriver, rétorque Dean avec un grand sourire.
Disant cela, il lui fait au revoir de la main, tout comme le ferait un gosse de trois ans. William se lève et se dirige vers la sortie. Et, dans un murmure inaudible pour les autres :
-Je l'espère…
* * * * *
Après avoir quitté le snack, William se dirige vers l'hôtel, à pieds. Il passe devant le parc et il aperçoit une silhouette sur un banc. Il reconnait le jeune homme. Il s'agit de Sam. Il s'en approche et se rend compte que le jeune homme n'est réactif à rien. C'est comme s'il dormait les yeux ouverts. William fronce les sourcils et lâche un soupir désespéré. Il connait le phénomène mais c'est la première fois qu'il y assiste. Il sait qu'il ne peut pas intervenir. Ne doit pas. Il regarde autour de lui, puis va se cacher derrière un des buissons qui ornent le parc. Il s'agenouille et attend. Il reste ainsi plusieurs minutes quand enfin il voit ce qu'il redoutait. Il n'entend pas ce qui est dit et il en est soulagé. Il observe le phénomène, silencieux et intrigué. Comment agissait-elle ? Que pouvait-elle bien dire ? Mais la question qui le tracasse le plus est de savoir si il parviendra à ses fins avant qu'il ne soit trop tard pour Sam Winchester…
