Au royaume d'Erebor, la fête battait son plein. En ce jour de Durin, la famille royale avait invité leurs voisins de Dale, la famille du Seigneur Bard.

Tout le monde ripaillait, festoyait, mais Fili, le prince héritier du royaume sous la montagne, avait la tête ailleurs. Il était prévu qu'en fin de repas, une grande annonce soit faite : ses fiançailles avec Sigrid, la fille aînée de Bard. Cela le rendait particulièrement heureux car malgré les agissements passés de son oncle envers les humains, il était très épris de la jeune femme. Non, ce qui l'inquiétait davantage, c'était le fait que son futur beau-père ait demandé à lui parler en privé.

Il fit préparer le salon de ses appartements privés pour le recevoir en toute discrétion, essaya tant bien que mal de se défaire de la conversation assommante de Dain, puis s'éclipsa en catimini. Le temps de faire préparer deux chopes de bière brune, et le nouveau seigneur de Dale fut annoncé. Fili l'accueillit avec la courtoisie qui s'impose.

- Seigneur Bard, je vous en prie, mettez-vous à l'aise. C'est très aimable à vous d'avoir répondu à notre invitation.

- Le jour de Durin est une grande fête et rien n'est plus agréable que de passer ces moments en famille. N'est-ce pas déjà un peu ce que nous sommes votre Altesse ?

- Cela va sans dire. Je m'en réjouis d'ailleurs, et il me tarde d'être au jour de mes noces.

- Vous savez, j'ai toujours pensé que vous ferez un bon roi. Vous êtes honnête, travailleur, du moins à ce qu'on dit, vous n'allez pas à la taverne tous les soirs pour vous abreuver comme un puit sans fond, ce qui est tout à votre honneur, et avez la tête sur les épaules.

- Merci, Votre Grâce, fit Fili en inclinant la tête, peu sûr de savoir là où le père de sa promise voulait en venir.

- Cependant je dois vous prévenir, ma fille a pour le moment, du mal à s'acclimater à notre nouvelle condition. Aussi, je vous serais reconnaissant si vous pouviez ne pas la brusquer, et la guider dans cette nouvelle condition qui sera bientôt la sienne.

- Le bonheur de Sigrid est la chose la plus importante à mes yeux, Votre Grâce. Rien ne me tient plus à cœur.

- Je l'espère pour vous mon jeune ami. Voyez-vous, comme toutes les jeunes filles, même si jusqu'à présent notre vie à été des plus ordinaires, ma Sigrid a rêvé elle aussi de faire un beau mariage. Alors écoutez-moi bien. Si vous la faite souffrir, je vous brise la nuque. Si j'apprends, que de quelques manières que ce soit, vous lui avez fait de la peine, je vous brise la nuque. Si vous prenez une maîtresse, je vous brise la nuque, je reprends ma fille, et la dot qu'elle a rapporté à votre oncle. Je ne suis pas complètement naïf vous savez, je me doute bien que pour lui, l'amour n'a rien à vous là-dedans et qu'il ne pense qu'à l'argent et à l'accord que nous avons conclus. Bien sûr je suis ravi que ma fille ait le loisir de vous plaire.

- Merci Seigneur Bard, je vais tâcher de me souvenir de tout ça. Peut-être pourrions-nous retourner au hall de réception ?

Le prince nain laissa son beau-père passer devant lui, et s'arrêta lorsque celui-ci avant de quitter la pièce se tourna une dernière fois vers lui et lui dit en souriant.

- Ah, au fait, bienvenue dans notre famille, Votre Altesse.

Bard n'attendit pas de réponse, et Fili resta quelques secondes sur place, un peu interloqué. Décidément, cela promettait…