Ce premier chapitre est le plus court que j'ai fait. Quand je l'ai écrit, je ne savais pas trop où j'allais, et je le trouve donc creux et plat, mais ça s'arrange dès le deuxième alors, ne soyez pas trop sévères ! ^^

Enjoy !


Chapitre 1. Chemin de Traverse et notoriété.

« Chère Miss Black,

Nous avons le plaisir de vous informer que vous bénéficiez d'ores et déjà d'une inscription au collège Poudlard. Vous trouverez ci-joint la liste des ouvrages et équipements nécessaires au bon déroulement de votre scolarité.

La rentrée étant fixée au 1er septembre, nous attendrons votre hibou le 31 juillet au plus tard.

Veuillez croire, chère Miss Black, en l'expression de nos sentiments distingués.

FiliusFlitwick

Directeur-adjoint »

Cassi rangea de nouveau la lettre, toute froissée à force d'être lue et relue, dans la poche arrière de son jean. L'excitation lorsqu'Harry était venu lui remettre sa lettre en main propre — car« J'avais envie de te l'annoncer moi-même », avait-il expliqué — était toujours présente en cette belle journée d'août : aujourd'hui, elle allait sur le Chemin de Traverse pour acheter ses fournitures. Elle n'avait su qu'elle était une sorcière, qu'un an auparavant, alors qu'elle se promenait dans la forêt avoisinante avec sa mère. Un sanglier, cherchant certainement à protéger sa portée, les avait prises en chasse. Paniquées, elles avaient couru à travers bois. La jeune fille avait alors trébuché sur une racine et s'était retournée pour faire face à la bête qui fonçait droit sur elle. Elle avait tout juste eu le temps de fermer les yeux et de lever les mains pour se protéger le visage lorsqu'un éclair de lumière était apparu suivi d'un couinement apeuré. Lorsqu'elle avait ouvert de nouveau les yeux, non seulement le sanglier s'était retrouvé sur la cime d'un arbre, mais deux hommes se tenaient devant elle, portant de longues robes bleu marine et pointant sur elle un morceau de bois. Elle avait également appris ce jour-là que sa mère était au courant — ou tout du moins devait se douter — de la nature de sa fille, car elle n'avait pas paru surprise par l'arrivée de ces deux hommes étranges. À cause de son nom, ils n'avaient pas mis longtemps à découvrir qui était son père et, grâce au testament laissé par celui-ci, que la mère de Cassi avait gardé près d'elle toutes ces années, ils avaient pris contact avec la personne que Sirius Black avait désigné comme tuteur et guide de l'adolescente dans le monde sorcier : Harry Potter. Qui, lui non plus, n'avait pas été mis au courant de l'existence de la famille de son parrain et avait paru aussi surpris et gêné qu'elle à leur première rencontre. Une année s'était écoulée depuis et un certain malaise régnait encore dans leurs échanges parfois.

Cassi attendait donc sagement sur le perron, l'arrivée du filleul de son père. Son seul lien avec le monde magique pour l'instant. Son seul lien avec Sirius. Sa mère Mathilde, étant une Moldue, la jeune fille n'était pas à jour sur ses connaissances du monde magique. Aussi laissa-t-elle échapper un hoquet de surprise lorsqu'elle entendit un claquement, semblable à celui d'un fouet, retentir derrière elle. Elle fit volte-face, la main sur le cœur.

« Mr Potter ! s'exclama-t-elle, tentant de calmer les battements de son cœur en tapotant sa poitrine.
— Oh, s'il te plaît Cassiopée, appelle-moi Harry, répondit-il, gêné.
— Seulement si vous m'appelez Cassi », rétorqua la jeune fille en grimaçant.

Cassiopée. Quelle idée avaient eu ses parents de l'appeler ainsi ? Question rhétorique évidemment, la jeune fille avait appris que c'était une tradition dans la famille Black que de donner des noms de constellation à leurs enfants. Tellement modeste !

« Alors, on y va ? » s'impatienta-t-elle.

Harry secoua la tête avec amusement, ses cheveux noirs en bataille suivant le mouvement en différé, et l'ombre d'un souvenir passa dans ses yeux verts.

« Du Sirius tout craché. Lui non plus n'était pas très patient. Mais je me dois d'aller saluer ta mère avant de partir. »

Cassi souffla et retourna vers la porte d'entrée pour ouvrir à Harry.

« M'man ! Y a Monsieur… Y a Harry qui est arrivé ! » cria l'adolescente en se dirigeant vers le salon.

Mathilde Holmes était installée dans un vieux canapé maintes fois recousu et regardait une émission littéraire lorsqu'ils pénétrèrent la pièce. Elle se releva brusquement, manquant de renverser sa tasse de thé fumante et ramena ses cheveux châtains, qui lui arrivaient aux épaules, vers l'arrière.

« Si tôt ? balbutia-t-elle en tentant vainement de réarranger sa crinière.
— Bonjour Mrs Holmes », dit Harry avec un sourire poli.

Il était amusant pour la jeune fille de voir la gêne entre les deux adultes. Sa mère, du haut de ses trente-huit ans, avait beaucoup entendu parler d'Harry, qui faisait la fierté de Sirius, alors que le jeune homme lui, ne connaissait même pas leur existence.

« Nous sommes prêts à y aller Mrs Holmes, reprit Harry.
— Très bien, répondit-elle. Y a-t-il besoin de quoi que ce soit ? »

Harry secoua la tête.

« Tout est en ordre. Sirius lui a laissé assez d'argent pour toute sa scolarité, voire même plus. »


Si Harry lui avait expliqué en partie à quoi s'attendre dans le monde sorcier, Cassi n'en fut pas moins émerveillée lorsqu'elle pénétra sur le Chemin de Traverse. Après le voyage en Magicobus, la traversée du Chaudron Baveur où de nombreux sorciers discutaient joyeusement, remuaient leur café sans toucher la cuillère ou faisaient une bataille de cartes explosives et le mur de briques qui s'était ouvert sous son regard abasourdi, elle resta bouche bée lorsqu'ils mirent un pied dans la rue sorcière la plus célèbre de Grande-Bretagne. Ses yeux voyageaient partout, de droite à gauche, de gauche à droite, de haut en bas, essayant de capter les moindres détails pour les graver dans sa mémoire. Toutes ces boutiques qui se succédaient laissaient l'imagination de l'adolescente en effervescence. Weasley, farces pour sorciers facétieux, ou encore le magasin de baguettes d'Ollivander, Fleury & Bott, Florian Fortarôme, la Ménagerie magique, et bien d'autres encore. Elle voulait toutes les visiter. Elle était tellement obnubilée par la découverte de son nouveau monde qu'elle ne remarqua même pas les regards qui se fixaient sur eux sur leur passage.

« Il faut d'abord retirer de l'argent à Gringotts, expliqua Harry une fois devant les grandes portes de la banque. Ensuite, on s'arrêtera en premier lieu chez Mme Guipure pour ton uniforme, puis chez Fleury & Bott pour tes livres, au magasin de chaudrons pour tes ustensiles, et… »

Mais Cassi ne l'écoutait déjà plus. Ils venaient de pénétrer le grand hall de la banque Gringotts. Le sol en marbre reflétait les immenses lustres accrochés au haut plafond par de lourdes chaînes. Cassi ouvrit de grands yeux impressionnés. De chaque côté de l'allée qu'ils traversaient, derrière leurs comptoirs, de petites créatures aux oreilles pointues et au regard acéré comptaient des pièces, les pesaient sur une balance ou regardaient à travers des diamants avec une loupe, en gribouillant de temps à autres sur un parchemin. Après que Harry eut discuté avec le gobelin de l'accueil, celui-ci les conduisit jusqu'au coffre portant le numéro 711. Le coffre de son père.

Lorsqu'ils ressortirent à l'air libre, Harry laissa quelques instants à la fillette pour se remettre de son voyage dans le wagonnet. Puis ils se dirigèrent vers une petite boutique dont l'enseigne vieillie affichait : « Mme Guipure — prêt à porter pour mages et sorciers ». La vendeuse — une grande sorcière filiforme aux cheveux roux — faillit faire une attaque en les voyant entrer et se précipita sur eux, attirant l'attention de tous les clients de la boutique. Cependant, elle ne s'adressa qu'à Harry tout le long.

« Première année à Poudlard, n'est-ce pas ? minauda-t-elle en ignorant royalement la jeune sorcière.
— Oui, répondit Harry d'un ton las. Cette jeune fille a besoin de robes toutes neuves pour sa rentrée. »

Malgré sa tentative d'attirer l'attention sur la fille de son parrain, la vendeuse continua de s'adresser à lui.

« Nous allons de suite prendre ses mesures et lui trouver ça. »

Elle fit un signe à une petite sorcière replète sans quitter Harry des yeux et cette dernière arriva, empoignant l'épaule de Cassi pour la placer sur un tabouret, tandis que sa collègue bombardait le jeune homme de questions. La fillette, à qui Harry avait parlé de la guerre et du rôle qu'il y avait joué, se trouva fort amusée de l'intérêt de la grande sorcière pour son tuteur. La sorcière replète agita sa baguette et un ruban s'enroula autour de la taille, des bras, de la tête et des jambes de la jeune fille, prenant les mesures tandis qu'une plume écrivait fiévreusement toutes les informations qu'elle relevait.

« Un mètre quarante-cinq, taille trente-quatre… »

Une jeune sorcière — à première vue du même âge que Cassi — quelques pas plus loin, regardait avec un air amusé, Harry essayant de se dépêtrer de la vendeuse qui lui posait tout un tas de questions personnelles. Ses cheveux blonds bouclés entourant un visage de porcelaine lui donnaient l'air d'une poupée. Cassi ne douta pas que cette jeune sorcière devait venir d'une famille noble au vu des vêtements parfaitement coupés qu'elle portait et de son attitude. Leurs regards se croisèrent alors et elles échangèrent un sourire timide. Ce n'était que le début de ses emplettes, mais déjà, Cassi montrait quelques signes d'impatience tandis qu'elle essayait une robe que la vendeuse lui avait fourrée dans les mains. Harry devina vite la raison de ses trépignements.

« On va passer l'étape des livres et on va directement aller chez Ollivander pour ta baguette ? » sourit le jeune homme d'un air complice.

Le sourire qui s'afficha alors sur le visage de Cassi en dit long sur ce qui avait été une obsession chez elle depuis sa découverte qu'elle était une sorcière. Harry lui avait maintes fois raconté comment s'était passé le moment où il avait trouvé sa baguette, et la petite fille avait maintes fois essayé d'imaginer comment se passerait son moment à elle. C'est pourquoi, une fois sa robe retirée, pliée et payée, elle sortit comme une furie pour se diriger vers la boutique d'Ollivander en courant et Harry la suivit, trop heureux de se débarrasser de la sorcière rousse qui lui posait des questions de plus en plus indiscrète sur sa vie avec Ginny, que Cassi avait eu l'occasion de rencontrer entre deux matchs de Quidditch. L'adolescente s'arrêta un instant pour attendre son tuteur, mais celui-ci lui fit signe d'entrer.

« Je t'attends dehors, vas-y. »

Avec un regard déterminé, elle tourna la poignée et pénétra dans la boutique. La pièce était sombre et la poussière omniprésente. Elle referma la porte derrière elle, hésitant à appeler, lorsqu'elle vit une silhouette bouger au fond à droite. Elle s'approcha doucement de l'homme aux cheveux blancs, qui semblait chercher quelque chose. Cassi se racla timidement la gorge, tentant d'attirer l'attention du vieil homme.

« Ah, bonjour, fit-il en levant les yeux vers elle avec un sourire. Je ne m'attendais pas à voir un élève si tôt. Ils sont tous Au royaume du hibou à choisir un animal ou chez Fleury & Bott à cette heure-là. Je suis Ollivander.
— Je m'appelle Cassiopée Black, et je viens acheter une baguette », marmonna-t-elle en rougissant.

L'homme sourit face à l'évidence de ses propos, mais ne releva pas. Il se contenta de se retourner et de fouiller au milieu des boîtes empilées dans sa boutique.

« Black, Black… Auriez-vous un lien de parenté avec la Noble famille Black ? »

Cassi secoua la tête, ignorant la réponse. Elle n'avait jamais entendu parler d'une famille Black.

« Je suis la fille de Sirius Black », répondit-elle incertaine.

Ollivander hocha simplement la tête, sans rien dire de plus. Ne trouvant pas ce qu'il cherchait, il tâtonna ses vêtements puis sortit de la poche gauche de sa veste, un ruban métreur afin de prendre des mesures. Il commença son travail, effectuant des gestes précis et rapides. Cela impressionna la jeune sorcière, qui le regarda sans rien dire, retourner de nouveau à ses boîtes pour en ressortir une et l'ouvrir.

« Vingt-neuf centimètres, bois de houx, plume de phénix », se contenta-t-il de commenter en lui tendant une baguette.

La jeune fille ne sut quoi faire en premier lieu mais, face au regard insistant du vieil homme et n'osant pas demander, elle se contenta de la prendre dans sa main. Au bout d'un court silence, elle allait demander à Ollivander ce qu'il attendait d'elle, mais celui-ci lui arracha simplement la baguette des mains pour lui en replacer une autre en grommelant.

« Vingt-six centimètres, bois d'if, crin de licorne. »

Toujours rien. Elle ne sut s'il était normal de ne pas trouver sa baguette du premier coup et envisagea, l'espace d'une seconde, que sa lettre de Poudlard lui avait été envoyée par erreur, qu'elle n'était pas une sorcière et que des membres du Ministère allaient venir la chercher pour l'envoyer à Azkaban car elle en aurait trop vu sur le monde magique. Le cœur de Cassi commença alors à battre la chamade à l'idée qu'aucune baguette ne veuille d'elle.

« Trente-et-un centimètres vingt-cinq, bois de chêne blanc, ventricule de dragon », continua Ollivander.

D'une main lasse, elle la prit entre ses doigts, en s'attendant à se la faire reprendre par le vendeur à tout moment. Ce dernier essai fut cependant le bon : une douce chaleur se répandit dans son bras et l'extrémité de la baguette s'illumina alors. Pour la jeune fille cela ne fit aucun doute. C'était elle sa baguette. Elle effectua quelques moulinets, imitant Merlin l'Enchanteur du célèbre dessin animé Disney avec un petit rire, devant le regard mi-amusé mi-perplexe d'Ollivander, et de petites étincelles rouge et or crépitèrent, la faisant sursauter.

« C'est une baguette assez souple, parfaite pour les sortilèges. Elle est plutôt fougueuse, à cause du cœur de dragon, mais si le lien est assez fort avec son possesseur, elle peut lancer des sortilèges très puissants. Son bois de chêne en fait une amie aussi loyale que le sorcier à qui elle appartient. Très bonne combinaison. »

Cassi remercia Ollivander et paya les sept Gallions dus avant de quitter la boutique, un sourire extatique collé au visage.

Harry l'aida à effectuer les derniers achats obligatoires (des plumes, de l'encre, des parchemins, les livres de première année — ainsi que quelques autres pour sa lecture personnelle — un chaudron et divers accessoires nécessaires à la préparation de potions) avant de se tourner vers elle à la sortie du dernier magasin.

« Bon et bien, il ne nous reste plus qu'à te trouver un animal de compagnie, si tu le veux bien. »

Incertaine, Cassi haussa les épaules.

« J'ai eu une chouette quand je faisais mes études à Poudlard. Elle a été un de mes meilleurs soutiens dans les moments difficiles et elle m'a même sauvé la vie. »

Un petit silence suivit cette déclaration. Cassi ne dit rien, laissant son tuteur apprécier les souvenirs que cette évocation avait dû faire ressurgir.

« Elle s'appelait Hedwige… Et puis, tu sais, se reprit-il avec un ton enjoué, les chouettes sont pratiques aussi pour envoyer du courrier. »

L'adolescente écarquilla les yeux à cette information et déclara :

« Dans ce cas, je voudrais bien une chouette, s'il vous plaît. »

Harry grimaça légèrement au vouvoiement dont il n'était habitué que de ses anciens professeurs ou d'inconnus.

« Ça fait un an qu'on se connaît, tu peux me tutoyer, Cassi. »

La jeune fille acquiesça et ils pénétrèrent Au royaume du hibou. Dès l'ouverture des portes, des hululements assourdissants assaillirent les oreilles de la brunette. Des dizaines et des dizaines de cages s'alignaient, dans lesquelles des chouettes et des hiboux de toutes sortes dormaient ou dégustaient leurs graines. Un hibou particulièrement effrayant émis un son guttural à l'approche de la jeune sorcière et elle eut un mouvement de recul, craignant que la bête ne brisât sa cage pour l'attaquer. Quelques pas plus loin, une chouette au plumage blanc comme la neige et aux yeux vairons la fixait de son regard sombre et méprisant. Cassi soutint son regard, comme si elle relevait le défi de la chouette de ne pas ciller. Un éclair de plumes sur sa droite attira cependant son attention. L'adolescente abandonna bien vite sa rivale pour s'approcher doucement de la cage où une chouette minuscule virevoltait en tous sens. La petite boule s'arrêta soudain et la fixa de ses grands yeux noirs, la tête légèrement penchée sur le côté en signe de curiosité. La jeune sorcière la trouva tellement mignonne qu'elle fondit littéralement devant l'expression presque suppliante du petit animal. Sous la cage était écrit : « Chouette — Petite Nyctale. Cinq Gallions ». Elle réfléchit un instant en se mordillant la lèvre inférieure et triturant un des barreaux de la cage. La petite nyctale vint lui mordiller le doigt en signe d'affection et, après quelques secondes, Cassi se retourna vers Harry qui attendait tranquillement qu'elle fasse son choix, les mains croisées derrière son dos, ses yeux vagabondant avec nostalgie tout autour de lui. Ils s'attardaient d'ailleurs de temps en temps sur la chouette blanche. Jouait-il avec elle lui aussi ? Cette idée amusa Cassi.

« Je voudrais celle-ci », déclara-t-elle en désignant la petite chouette qui hulula gaiement, ne comprenant certainement rien à ce qu'elle venait de dire.

Harry paya la chouette au vendeur et ils sortirent tandis que Cassi gazouillait des paroles incompréhensibles à la petite bête dans sa cage qui émettait de petits sons, comme si elle lui répondait. L'adolescente était sur un petit nuage depuis le début de la journée, et cette nouvelle amie venait de donner une dimension encore plus réelle qu'elle ne l'était déjà à sa situation de sorcière. Ça et le fin morceau de bois dans sa poche qui tapotait légèrement contre sa jambe à chaque pas. Oui, aujourd'hui c'était officiel. Cassiopée Black était une sorcière et allait entrer à Poudlard sur les traces de son père.