Bonsoir à vous chers lecteurs/trices !
Déjà, merci de m'avoir lue, et de me lire. Merci à ceux qui ont mise cette histoire en favoris alors qu'il n'y avait qu'un chapitre (sérieux ? Vous êtes des oufs, j'ai la pression maintenant ._.)
Je m'excuse de ce style d'écriture. Comme j'ai dit, cette histoire était à la base un OS, donc tout va se passer très vite... Je sais pas si c'est bien ou c'est mal, mais voilà. Il y aura grand maximum une dizaine de chapitres, parce qu'il reste beaucoup de choses à aborder...
Si vous voulez, pour enjoliver votre patiente attente du prochain chapitre, je vous invite à lire mon crossover "Destiny is a Jerk"... En gros, j'ai emprunté l'univers Harry Potter, et j'y ai jeté la TFW et leurs potes, en assaisonnant le tout à ma sauce, sinon c'est pas drôle... Donc wala, allez y faire un petit tour, on sait jamais, ça vous plaira peut-être ? :D
Encore merci pour l'accueil que vous avez donné à Minael, ça me fait très plaisir. Je vous souhaite une très bonne lecture, et j'espère que la suite vous plaira tout autant !
N'hésitez pas à donner vos avis, ça m'aide de savoir ce que vous pensez (et ça fait plaisir aussi de savoir que les gens apprécient effectivement ce qu'on fait et n'ont pas cliqué par mégarde sur le truc..)
Plein de bisous, et à très vite !
Glad
Minael n'aurait pu dire combien de temps elle resta dans les bras de Castiel, ni où ils étaient. A vrai dire, cela lui importait peu, elle aurait pu être morte que cela n'aurait pas été pire, bien au contraire...
Mais chaque chose a une fin, les bonnes comme les mauvaises. Ce qui signala la fin de cette étreinte fut un rire, suivi d'un bruit de porte que l'on ouvre et referme, à moins que ce ne soie l'inverse. « Euh... Cas ? Il se passe quoi, là ? »
Elle s'écarta des bras de l'ange et tourna la tête vers l'origine de la voix, remarquant deux hommes debout devant l'entrée, l'un tellement grand qu'il faisait passer l'autre pour ridiculement petit malgré le fait que c'était loin d'être le cas. Elle les détailla quelques instants avant de comprendre, et de se souvenir de respirer. « Je vais avoir besoin de m'asseoir... Et d'un verre.
- Tu as besoin d'une douche chaude et d'un jean, oui ! Tu es bleue !
- Dean... » Mais c'était trop tard, Minael ne voulait même pas savoir qui de Castiel ou de Sam avait repris le chasseur à l'ordre, sa main venait de claquer avec violence sur la joue de l'ainé Winchester, sans même qu'elle ne se soie rendu compte qu'elle avait marché jusqu'à lui.
« Personne ne me dit de quoi j'ai besoin. Tu n'es pas dans mon corps, ni dans ma tête, et tu ne sais rien de moi. Alors, si je dis que j'ai besoin d'un verre et de m'asseoir, tu fermes ta gueule et tu me laisse faire, compris ? » Elle se retourna, et se dirigea vers une armoire qu'elle ouvrit, saisissant une bouteille de bourbon, l'ouvrant et buvant à même le goulot en se dirigeant vers une chaise sur laquelle elle se laissa lourdement tomber, levant les yeux vers les trois hommes et hésitant entre le rire et les larmes, comme désirant à la fois se réveiller et ne plus quitter ce rêve étrange.
« Ok, il se passe quoi là ? » Demanda Dean en la désignant, cherchant le regard de Castiel.
« Sam, Dean... Voici Minael. Le nouveau prophète... » La jeune fille retint un rire sarcastique en buvant une nouvelle gorgée.
« Quoi ? C'est elle ? Castiel... Tu avais dit qu'elle ne voulait pas te voir...
- Crois-moi mon chou, j'en ai toujours pas envie... Mais c'est pas comme si j'avais réellement le choix...
- Pourquoi ? Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
- Rien. Il ne s'est rien passé. » Répondit Minael, coupant sèchement la parole à Castiel qui avait ouvert la bouche pour parler. Elle but une dernière gorgée à même la bouteille, puis se leva et se dirigea vers la salle de bains, dans laquelle elle s'enferma, se figeant devant son reflet. Le maquillage qu'elle ne se souvenait pas avoir mis la veille avait coulé le long de ses joues, sans pour autant réussir à masquer les cernes qui creusaient ses yeux tristes et ternes. Elle dénoua l'écharpe de son cou, et retira son bonnet, réalisant qu'elle les avait portés tous les deux pendant la nuit d'horreur qu'elle venait de passer. Son regard glissa ensuite sur son corps, dont les formes étaient masquées par cette robe trop large qu'elle portait depuis que Castiel le lui avait demandé, deux jours plus tôt. Dégoutée, elle se l'arracha, se retrouvant totalement nue, tentant de ne pas voir son reflet. Elle n'avait pas honte de son corps, loin de là. Elle ne l'aimait simplement pas, n'ayant pas l'impression qu'il soie réellement le sien. Elle savait qu'elle plaisait, et en jouait souvent, mais ce reflet que lui renvoyait le miroir n'était pas vraiment elle...
Après avoir expédié les trois pauvres vêtements qu'elle possédait à la poubelle, elle s'engouffra sous la douche, profitant de cet instant de répit offert par l'eau chaude qui lui courait sur la peau.
Lorsque Minael pénétra à nouveau dans la pièce principale de la chambre de motel, les trois hommes étaient assis devant un ordinateur portable, parcourant des pages internet, échangeant des paroles qu'elle ne chercha pas à comprendre. Ils relevèrent la tête à son arrivée, les deux frères rougissant et détournant aussitôt le regard. « Minael... Habille-toi, s'il te plait.
- La pudeur, c'est pour les tapettes, Dean... Depuis quand tu détournes le regard devant un corps féminin ?
- Elle n'a pas tord, là... rit Sam, qui fixait un bloc notes avec pourtant beaucoup trop d'intérêt pour que cela paraisse réellement naturel.
- Minael... Pourrais-tu t'habiller, s'il te plait ?
- Castiel, mon cher... Le corps humain est la création de ton père, si j'ai bien compris... Ce n'est pas y faire honneur que de le masquer sous autant de tissu...
- Minael... répéta l'ange simplement, ce qui eut pour seule conséquence d'énerver la jeune femme.
- Je suis pas à poil, putain ! Vous voulez que je retire la serviette ? Parce que je peux le faire aussi hein, je m'en branle pas mal, moi ! Merde, vous avez vu des fringues, avec moi ? J'ai même pas une paire de pompes, vous réfléchissez parfois ou la chasse vous a vraiment grillé le cerveau !?
- Et ta robe ? Demanda Castiel, que visiblement cet éclat n'ébranlait pas.
- Poubelle.
- Pourquoi ?
- Elle était sale... »
Un silence de plomb s'abattit sur la chambre lorsqu'elle prononça ce dernier mot en détournant le regard, la gorge nouée de tristesse, de rancoeur et de dégout. Elle entendit une chaise racler le sol, puis des pas dans la pièce. Lorsqu'elle releva la tête, ce fut pour voir Dean se diriger vers elle et lui tendre une chemise et un boxer. « Tiens... Mets ça en attendant.
- Merci... » Lui seul avait pu entendre ce murmure, et il lui sourit lorsqu'elle prit lentement les vêtements, retournant s'habiller dans la salle de bains.
Une fois vêtue plus décemment que par sa simple serviette, elle retourna près des autres, s'arrêtant à l'entrée de la chambre, qui lui semblait à présent vide et silencieuse. Sam releva la tête vers elle et sourit, l'invitant à s'asseoir d'un geste de la main, ce qu'elle fit en saisissant au passage son sac à dos. « Où ils sont ?
- Partis t'acheter des vêtements. C'est quoi, tout ça ? » lui demanda-t-il en désignant la pile de papiers qu'elle déposa sur la table devant eux.
« Des histoires que je pensais créer de toutes pièces quand j'étais défoncée, en me basant sur une série que j'adore et que je croyais fictive. » répondit-elle simplement en saisissant dans le fond du sac une lime à ongles métallique qu'elle posa devant elle avant d'ouvrir un sac de poudre, et d'en prendre un peu à l'aide de la lime. Alors qu'elle la dirigeait vers son nez, Sam sembla soudainement comprendre et leva la main pour interrompre son geste, mais elle planta son regard dans le sien. « Si quelqu'un peut comprendre, c'est toi... »
Il la laissa donc faire en silence, et attendit patiemment qu'elle aie refermé son sac pour lui poser la question qui lui brûlait les lèvres. « Pourquoi ?...
- J'en sais rien. Tout comme je sais que tout ce que tu racontais à Dean quand tu prenais du sang de démon, c'était pour te justifier et te trouver des excuses...
- Comment tu sais ça ?
- Je sais pas, choisis, la version série télé, ou la version tu parles à un prophète ? Même si ce qu'ils ont montré n'était rien comparé à ce que c'était en vérité... J'ai raison ? » Il hocha la tête, silencieux. Ce souvenir était toujours douloureux pour lui, elle le voyait. « Désolée... C'était pas cool de ma part. Je le ferais plus devant toi...
- Merci... Est-ce que ça t'aide ?
- Ca dépend. Au début, j'en ai pris parce que dans ma famille, je n'étais rien que la jeune fille diplomée mais sans emploi qui vit dans des mondes fictifs. Ca m'a aidé à me sortir de cette image, puisqu'à partir de là, j'étais juste la déception. Mais j'ai commencé à faire des rêves. A avoir des histoires, des visages en tête, parfois que je ne connaissais pas, parfois à propos d'une série...
- Tes visions...
- Je sens quand elles arrivent. Des ressentis, des impressions. Mais je ne vois jamais rien sans me défoncer... J'ai tout vu, Sam. L'intérieur de la Cage, les tortures de Dean, ce qu'on a fait à Castiel au Paradis... J'ai cru que j'imaginais tout ça, mais j'ai quand même commencé à m'y intéresser, et j'ai entrainé des amis avec moi. On allait se défoncer dans des immeubles, et quand j'ai eu des visions devant eux, ils ont commencé... Je sais pas, j'ai jamais voulu le savoir. C'étaient des rituels étranges pour... La Mort, je crois. Mais l'autre jour, j'ai vu qu'ils en faisaient sans moi... Et la vision que j'ai eu après, c'est Castiel qui m'en a tiré...
- Donc, tu avais compris ?
- Pas vraiment, il y a certains points sur lesquels la série n'est pas fidèle, alors j'essaie de deviner. Je crois qu'en fait, j'essayais de me convaincre que ce n'était pas réel. » Elle plongea son regard dans celui de Sam, et elle crut l'espace d'un instant ressentir ce qu'il tentait de lui dire sans en avoir les mots. Il la remerciait d'accepter de l'aider, de les aider. Elle voulait réellement le faire, apeurée par ce qu'elle avait vu, mais aussi désormais pour lui, pour pouvoir voir à nouveau cette étincelle de pure joie qu'avait amené l'espoir non pas d'une vie normale, mais d'une vie heureuse, et paisible à leur manière. Si elle en avait le moyen, elle le ferait, car sauver une part d'humanité était son devoir, elle le comprenait à présent.
Sam sembla s'inquiéter, et se rapprocha d'elle, elle l'interrompit à mi-chemin en posant sa main sur sa joue, cherchant cette étincelle qui avait disparu, et Minael senti les larmes lui monter aux yeux. « Oh, Sammy !... » Lequel prit l'autre dans les bras, nul n'aurait pu le dire. Ils avaient juste besoin de se sentir l'un contre l'autre à ce moment précis.
Lorsque Dean et Castiel réapparurent dans la petite chambre, c'était pour voir Sam et Minael penchés sur la table, recouverte des notes de la jeune femme, tentant de les assembler par ordre chronologique. Aucun ne leva la tête lorsqu'ils arrivèrent, ne remarquant pas leur présence.
Minael sursauta lorsque Dean se racla la gorge en entrant dans son champ de vision, et leva la tête vers lui. Il avait un sac de voyage sur l'épaule, et lui prit la main, la guidant vers un des lits, où il le déposa avant de l'ouvrir. A l'intérieur, des vêtements de plusieurs styles différents. N'y jetant qu'un rapide coup d'oeil, plongeant son regard dans celui du chasseur, se noyant dans les deux émeraudes qu'étaient ses yeux. Elle resta là plusieurs minutes, perdue dans cet océan vert, avant de se retourner précipitamment vers la table, saisissant tout en s'asseyant un stylo et le bloc notes de Sam.
A ce moment, plus rien ne compta, si ce n'était cette vision qu'elle se devait d'écrire, et cette bouteille de bourbon qui ne finirait décidément pas la soirée. Le reste n'existait même plus, elle n'entendait même pas Dean demander ce qui lui arrivait, la tête perdue dans les méandres de cette histoire qu'il lui fallait raconter dans les moindres détails. Le stylo semblait presque avoir sa volonté propre tant il guidait sa main frénétiquement, comme ayant pris le contrôle... Puis, enfin, vint le noir...
Minael fut réveillée en sursaut par un cri déchirant. Jetant un regard autour d'elle, elle remarqua qu'elle était allongée dans un lit, la couverture remontée sur elle, et que Sam et Dean partageaient l'autre lit de la chambre. Le respect n'était pas mort, songea-t-elle, et cela la rassura et l'effraya tout autant... Deux étrangers la respectaient plus que son propre père... C'était dur à avaler. Un autre cri résonna entre les murs, et son cœur se serra lorsqu'elle comprit qu'il s'agissait là des fameux cauchemars des deux frères...
« C'est moche, hein ? » Elle se retourna pour voir Castiel, appuyé contre le mur, qui les regardait se débattre et se tordre dans leur sommeil. « C'est comme ça chaque nuit...
- On ne peut rien y faire ?
- Non. J'ai essayé, mais il ne s'agit pas là de simples cauchemars. C'est leurs âmes...
- Comment ça, leurs âmes ?
- Les âmes humaines ne se réparent pas, elles ne guérissent jamais. Lorsqu'ils sont éveillés, Sam et Dean arrivent à faire taire cette douleur grâce à leur force de caractère, mais la nuit ils ne se contrôlent pas... Leurs âmes souffrent...
- On trouvera un moyen, Castiel.
- Pourquoi ? » Minael ne comprit pas la raison de cette question, et l'ange précisa. « Pourquoi avoir changé d'avis, et accepté de nous aider ?
- J'étais inutile, Cas. Tout ce que je pensais fictif vient de s'avérer réel... Alors, peut-être que comme Charlie, j'ai envie de vivre ma propre aventure. Peut-être que je veux juste donner un sens à ma vie... J'ai vu cette humanité que tu aimes tant, chez eux. Et elle dépérit. Le rôle des prophètes est de sauver l'humanité... Alors si pour ça, je dois les sauver, eux, pourquoi ne pas tenter le coup ?
- Tu ne sais pas dans quoi tu t'engages...
- Non, mais j'en ai une bonne idée. Et vous êtes là.
- Ca serait peut-être moins dangereux pour toi si nous ne l'étions pas.
- Je ne pourrais pas vous aider si j'étais loin. Et je sais que je suis en danger quoi qu'il arrive... Donc autant rester ensemble, non ?
- Tu as raison...
- Castiel ?... Comment se fait-il que je soies là ? Je croyais qu'il n'y aurait plus de prophètes après... Kevin...
- On ne sait pas. Personne ne sait. Un jour, les alarmes ont sonné, en Enfer, et au Paradis. Nouveau Prophète... Ca n'a pas été facile de te trouver avant les autres.
- Je suis contente que tu aies réussi... » Elle lui sourit, mais baissa rapidement les yeux, ne pouvant soutenir son regard. Elle pensa à son père, et se surprit à espérer...
« Il n'était pas possédé, Minael... Je suis désolé.
- C'est rien. Je croyais que j'aurais préféré, mais en fait, non... C'est juste que...
- Je comprends, répondit Castiel en s'asseyant à côté d'elle sur le lit.
- Je sais... Merci. » Lui plantant un baiser sur la joue, elle s'allongea et finit par se rendormir, sous le regard de l'ange qui lui aussi avait été contraint de grandir dans l'ombre d'un père absent, incompréhensible et pourtant oppressant.
Plusieurs bruits la réveillèrent... Elle avait mal à la tête. Etait-ce sa vision de la veille, ou le fait d'être à présent plongée dans une de ses histoires ? Ouvrant les yeux, elle remarqua qu'il faisait toujours nuit noire à l'extérieur. « Quelle heure il est ?
- Huit heures. Bien dormi ? »
Minael ne répondit pas, et tâtonna sa table de nuit par réflexe avant de se rendre compte que non, elle n'était définitivement pas chez elle. Lâchant un soupir, elle se leva, sans prendre la peine de dégager ses cheveux de son visage, se fiant entièrement à son instinct pour s'asseoir à table, où trônait un sac en plastique duquel s'échappait une douce odeur de bacon grillé. Mais cela ne l'intéressait pas. Elle saisit son sac à dos, et sans un mot ni un regard vers les autres – dont elle ignorait même qu'ils soient tous levés – roula lentement un joint. Une fois fini, elle saisit un gobelet de café qui était posé devant elle, et se leva, marchant d'un pas lent vers la porte. Une main sur son épaule l'arrêta. « Mina... Où vas-tu ? »
Se retournant d'un mouvement vif, elle regarda Dean, et planta son regard dans le sien. « C'est le matin. Je viens de me lever, alors je vais boire un café et fumer, pour pouvoir être éveillée et apte à vous aider.
- Tu ne peux pas sortir comme ça... Mets au moins un jean ! » Voyant qu'elle ne répondait pas, il soupira. « Très bien... Je viens avec toi.
- Vis ta vie, mon cher... »
Ils sortirent, et il la guida vers l'arrière du parking, silencieux comme une ombre. Minael s'arrêta en la voyant... L'Impala. Comme tout le reste, elle avait réussi à se convaincre qu'elle ne la verrait jamais, cette voiture imaginaire qui était ce que les deux frères avaient de plus proche d'une maison. Dean ouvrit le coffre, et s'assit à l'intérieur, invitant du regard Minael à faire de même. Désignant son joint allumé, elle hésita. « Tu es sur ?..
- Tant que tu te limites à ça aux alentours de Baby... Et que ça reste dans le coffre, tu peux venir autant que tu veux. » Elle s'installa donc dans le coffre, se tournant face à lui. Elle but lentement son café en fumant, silencieuse, prenant le temps de se réveiller mais aussi de réaliser pleinement que sa vie, et tout ce qu'elle connaissait était sur le point de changer pour de bon.
« Castiel m'a dit... » souffla Dean, brisant le silence.
« Je sais...
- Comment ?
- Parce que je sais qu'il t'en a parlé. C'est rien, je lui en veux pas... Je ne vous en aurai pas parlé moi-même, et il vaut mieux que vous sachiez certaines choses, je crois...
- Il n'est pas rentré dans les détails, si ça peut te rassurer.
- Je crois que j'aurais préféré, rit tristement la jeune femme en fumant, les yeux baissés. Il t'a dit quoi ?
- En gros, tes parents n'ont rien de parents, et tu ne vois rien sur nous sans... Ca.
- C'est très résumé, en effet. Mais ça suffira pour aujourd'hui...
- Tu veux pas en parler ?
- Toi, Dean Winchester, voudrait parler de sentiments ? Désolée. Je sais que je devrais vous faire confiance, mais je ne veux pas en parler pour l'instant. Si tu veux être sentimental, sois-le avec ton frère, ou Castiel. C'est toujours ça qui vous fout dans la merde. Dis-leur ce que tu sais, ce que tu ressens. Arrêtez de vous cacher tout et n'importe quoi... Vous en avez tous besoin. Et non, je ne dis pas ça juste parce que je suis défoncée... J'ai vu ce qui se passe quand on ne parle pas, au sein d'une famille. Et vous méritez mieux que ça. Alors, oui, vous avez merdé plus d'une fois, et pas qu'un peu. Mais Sam t'a pardonné, Castiel aussi... Pardonne-toi toi-même, maintenant. Vous n'arriverez au bout qu'ensemble... »
Les minutes passèrent dans le silence. Dean réfléchissait, elle le sentait. Peut-être désirait-il parler de quelque chose et ne savait pas comment le faire. Minael ralluma son joint, et après avoir tiré plusieurs fois dessus, se tourna vers le chasseur, fixant d'abord un point à côté de son visage avant d'oser plonger son regard dans le sien. « Désolée de m'être emportée, hier... Je ne sais pas ce qui m'a pris...
- C'est rien, il fallait que ça sorte...
- Non, c'est pas rien. Je n'ai pas à vous parler comme ça, c'est juste... » Elle marqua une pause silencieuse, comme cherchant ses mots, ou hésitant à continuer. Dean ne l'interrompit pas. « Je n'ai pas pour habitude qu'on me dise quoi faire... Surtout si c'est bien pour moi. Depuis que ma tante nous a quittés, ma mère a complètement pété les plombs... A tel point que je ne sais même pas si elle ou mon père ont remarqué que j'étais partie...
- C'est à ce point ? »
Minael ne répondit pas, et jeta au loin son mégot, avant de se lever, et de rentrer silencieusement. La chambre était silencieuse, Sam fixait son écran d'ordinateur tout en mangeant distraitement, et Castiel semblait être absent. Elle ne prononça pas un mot et s'assit face à lui et se plongea dans ses notes et ses dessins, tentant de les trier comme elle le pouvait. Sur une pile, les dessins simples, et sur l'autre, les prophétiques. Un autre tas de feuille pour les écrits sur le passé des deux frères, un de plus pour le futur – ou ce qui y ressemblait -, et finalement un dernier avec ce qui semblait mythologique.
Plusieurs minutes passèrent – où étaient-ce des heures ? - durant lesquelles personne ne parla. Peut-être Sam et Dean parlèrent entre eux, mais Minael n'écoutait pas, elle était plongée dans ses écrits, les relisant, tentant d'assembler chronologiquement ses notes, plongée dans la vie des chasseurs... Cela lui semblait étrange, et peut-être cela se vit-il sur son visage, car elle fut interrompue dans ses pensées par une main sur son épaule. « C'est l'heure de la pause, Mina. »
Elle sursauta et leva les yeux vers Dean, qui lui souriait. « Tout va bien ?
- Oui, je... C'est juste bizarre...
- Qu'est-ce qui est bizarre ? Demanda Sam en déballant le contenu de plusieurs sachets sur la table basse.
- Quand j'écrivais, ou que je dessinais... Vous étiez fictifs. Je croyais que j'inventais des histoires à propos d'autres histoires... Là, en relisant, je me rends compte que c'est une trace de votre vie que j'ai entre les mains, et... »
Minael n'acheva pas sa phrase, non pas parce qu'elle ne trouvait pas les mots, mais parce que quelqu'un venait d'apparaître dans la pièce. A ce moment précis, elle sentit l'atmosphère s'alourdir, et un sentiment d'insécurité l'envahit immédiatement. Lorsqu'elle se retourna vers cette personne, elle fut frappée par son visage, ces ténèbres qui s'en échappaient, ces malformations qui semblaient n'épargner aucune partie de cet être, jusqu'à ses ailes asymétriques décharnées, presque décomposées. Son cri resta bloqué dans sa gorge, tout son corps lui hurlait de courir, s'enfuir loin de cette créature, mais elle était tétanisée. Apparemment, cette chose ne semblait pas effrayer les Winchester, car Sam se leva, se positionnant instinctivement à la gauche de Minael, Dean étant resté à sa droite. « Meg ? Qu'est-ce que tu fais ici ?
- Je venais voir la nouvelle attraction locale...
- Comment sais-tu que... » Mais l'aîné des deux frères ne put finir sa phrase, interrompu par un bruit de battement d'ailes suivi de l'apparition de Castiel entre eux et le démon.
- Bonsoir, Clarence. Ca fait plaisir de te revoir...
- Cela a intérêt à être important, Meg... Gabriel n'apprécie pas vraiment ta présence ici.
- Oh, s'il ne s'agit que de moi, je vous suggèrerais d'aller chercher quelques paquets de chips supplémentaires pour la petite fête qui se prépare, et je vous laisse vous amuser sans moi...
- Pardon ?
- Les démons, imbécile ! Ils savent que vous avez trouvé le Prophète, et ils savent où vous êtes... »
