Tout d'abord, merci pour ces premières reviews qui font toujours extrêmement plaisir ! J'adore le personnage de Charlotte dans cette fiction .. Donc en effet je m'inspire de Jane Austen pour les prénoms et de Reviens-Moi de Joe Wright pour le contexte de l'hôpital ! Je ne pensais pas au Titanic quant à l'histoire de la vidéo, mais en fait à un téléfilm sur Arte, sur la vie d'une alsacienne durant la 2nd guerre mondiale. Elle racontait tout ça par vidéo pour que son petit fils connaisse son histoire ! Breeef, le deuxième chapitre est là, et j'espère qu'il va vous plaire!
- Ils ont donc fait appel à vous ?
Charlotte préféra oublier le fait que le journaliste avait les larmes aux yeux. Elle était heureuse de le toucher avec sa propre histoire.
- Oui, j'ai du me rendre chez James Potter parce que celui-ci avait la jambe lacérée. Plus les jours passaient, plus la situation s'aggravait.
- Comment était le couple ?
Charlotte eut un petit rire.
- Lily n'arrêtait pas d'insulter James tellement elle s'inquiétait pour lui. C'était sa façon de fonctionner avec lui. Cet idiot ne l'a compris qu'en septième année. La colère pour cacher d'autres sentiments bien plus profond. Ils étaient très attachés, très amoureux.
-Et Sirius Black ?
-Chamboulé, j'imagine. Il était encore attaché à son frère, malgré ce que je pensais à l'époque. Les Black se ressemblaient plus qu'on ne peut le croire. A partir de cette nuit, les choses ont commencé à s'aggraver.
Elle ouvrit son petit carnet où, à l'époque, elle avait marqué les événements de chaque journée. "Nuit du 21 septembre au 22 : En mission chez les Potter pour James et Black". Elle ferait tout pour revivre cette nuit.
Je rentrais de ma soirée. A mon plus grand bonheur, nous avons bien fêté ce moment de répit. Oublier ce qui allait se passer par la suite, faire comme si nous étions encore jeunes. Je n'avais peut-être que dix-huit ans, mais j'avais l'impression d'en avoir cinquante. C'est ridicule, je sais. Une guerre peut tout changer, n'est-ce pas ?
J'étais heureuse de retrouver mon petit appartement londonien que je n'occupais désormais que le week-end. J'étais heureuse d'être enfin seule, et au calme. Je n'avais jamais été très fêtarde. C'était même la deuxième fois seulement que j'allais en boite cette nuit-là. La première fois, j'y étais allée en France avec ma meilleure amie. Je lui avais d'ailleurs conseillé de rester aux Etats-Unis pendant un petit moment, de ne pas me rejoindre à Londres. Elle ne s'en est jamais plainte, même si je lui manquais énormément elle se trouvait avec son fiancée.
Alors que j'allais me coucher, je fis face dans ma petite cuisine à un cerf. Un cerf en forme de patronus pour être plus exacte. Il n'y avait pourtant personne dans mon appartement. Aucun mangemort ne pouvait s'y trouver. 1) Que viendrait-il faire ici, juste pour une simple étudiante infirmière ? 2) Les mangemorts n'ont même pas de patronus. Ce que j'ignorais cependant.
Et c'est là que se mit à parler le cerf. Je n'avais pourtant pris aucune substance illicite, je n'avais pas trop bu.
« Miss Mercier ? C'est James Potter. Il faut que vous veniez dans mon manoir. On a eu une mission, on est blessés. Venez par cheminée. A tout de suite. »
Le cerf disparut et me laissa seule, et perplexe. J'avais bien reconnu la voix de Potter. Je ne pensais pas qu'on m'appellerait de sitôt et avec un tel moyen. Depuis quand les patronus servent-ils de messager ? C'était du délire. Qui ne m'étonnait pas des maraudeurs cependant. Je me rhabillai en vitesse, pris une trousse de secours et me plaçai dans ma petite cheminée. « Manoir Potter ! »
Je me retrouvai dans un énorme salon, et soudainement, je me sentai bien « sale » et négligée dans cette immense pièce aux allures historiques. Je secouai mes vêtements dans la cheminée puis m'avançai dans le salon.
- James, elle est là !
Sirius Black venait d'entrer. Il m'avait toujours intimidé. Peut-être parce qu'il avait le même air noble que son frère tout en rayonnant, qu'il n'affichait aucun intérêt pour les autres à Poudlard, hormis ses amis et Lily Evans. Il ne m'avait jamais adressé la parole je crois. Une fois, je l'avais vu s'énerver contre Regulus. Je crois que je n'ai plus osé l'approcher durant quelques mois.
- Nous sommes désolés de t'avoir réveillée !
Il me tendit la main et me fit un petit sourire. Il portait une robe noire déchiré et il n'était pas à son avantage.
- Je suis là pour vous aider, c'est normal. Il m'intimidait toujours autant.
- James est dans la cuisine. On a eu un léger … différent avec deux ou trois mangemorts. Rien de dramatique.
- Rien de dramatique ? Tu te fous de moi Black ? La jambe de James n'arrête pas de saigner et tu as failli perdre un bras ! Lily Evans venait d'arriver dans le salon telle une tornade rousse. Elle était toujours en pyjama et semblait grandement énervée. Severus m'en avait parlé, de ses colères. Je préférais me taire en demandant à Black de me montrer son bras.
- Mais tu dramatises toujours Lily, on a notre infirmière perso, regarde !
Je rougis.
- Qui n'est qu'en première année. Merci. Hm je suis désolée Charlotte je ne voulais pas te blesser, mais ils sont capables d'inventer n'importe quel sort de magie noire ..
- Je sais, répondis-je simplement.
Je désinfectai la plaie à l'aide d'un sort. Il me suffisait de prendre une potion pour son bras, rien d'important. Je le prévins que ça allait piquer. Il me répondit qu'il n'était pas un gryffondor pour rien juste avant d'hurler. Oui, cette potion vous brûle le bras jusqu'à ce que vous n'ayez plus qu'une toute petite cicatrice. Black faisait la moue, tel un enfant. Il m'intimidait beaucoup moins. Il me remercia tout de même et Lily me demanda de la suivre en levant les yeux au ciel. Elle n'avait pas l'air de bien m'aimer. Après tout, j'entrais dans leur vie privée. James était assis sur une chaise de la cuisine, essayant tant bien que mal d'arrêter le sang de sa jambe qui coulait tout doucement sur le carrelage jaune. Mélange très gryffondorien. Lily s'énerva en lui faisant comprendre qu'il salissait sa cuisine. Elle essayait de cacher ses émotions, mais je voyais à quel point elle s'inquiétait pour son mari. Je réfléchissais à ce sortilège. J'en avais déjà entendu parler mais j'avais je n'en avais guéri. Il fallait je crois être très rapide : un stupefix, la même potion que pour Black mais en deux doses, un sortilège de réapparition de chair. Très très vite. Je demandais alors à Lily de m'aider qui devait avoir l'habitude de se dépêcher avec les potions. Elle fit consciencieusement ce que je lui demandais.
- Vous garderez cette cicatrice à vie, précisais-je.
J'étais heureuse et fière d'avoir réussi. N'importe quoi aurait pu se passer. J'avais réussi à garder mon sang froid. Le couple semblait médusé.
- Tu peux nous tutoyer, me précisa Lily.
J'acquiesçai. Je leur passais quelques potions guérisseuses pour les prochaines missions où il n'y aura pas trop de risque tout en donnant la recette à Lily. Elle me remercia chaleureusement, me proposa même de me payer. Je refusai, évidemment.
Elle embrassa James de soulagement puis commença soudainement à s'énerver contre lui en l'insultant des pires grossièretés sorcières. J'eus un petit sourire en les entendant et en me rendant dans le salon. Black s'était changé et était assis sur le canapé.
- On vous apprend tout ça en première année ?
- Pas vraiment.
- Tu as l'air plus mature que les gens de ton âge
Je rougis. C'était aussi ce que me répétait son frère avant. Il avait l'air de partager la même pensée puisqu'il continua par me dire :
- Mon frère a bien changé. Je devais le surveiller ce soir.
- Vous avez réussi ?
Cela me semblait bizarre de le vouvoyer alors qu'il n'avait qu'un an de plus que moi. Par pure politesse.
- Pas vraiment. Je souris en l'entendant prononcer mes propres mots.
Il soupira, me souhaita une bonne nuit et me remercia derechef. J'allais enfin rentrer chez moi après cette invraisemblable nuit.
Lundi 22 septembre 1980, 07h00 (j-402)
Le réveil fut incroyablement difficile ce matin. Je n'avais pas vraiment eu le temps de me reposer dimanche, j'avais encore eu des dissertations à m'occuper, je du réviser, apprendre quelques sorts de guérison, revoir mes potions .. On m'avait prévenu que cette formation était difficile mais je n'avais pas imaginé à quel point. Et c'était toujours la routine, je m'occupais de quelques sorts mal placés, je faisais quelques potions, je m'occupais des choses basiques dans chaque chambre de patient.
Mon patient préféré, Willoughby, s'était réveillé hier après-midi. Ce fut la fête au cinquième étage. Malheureusement, il en gardait des séquelles. S'il avait été moldu, il serait mort depuis longtemps. Il ne se rappelait plus de son enfance, avait des problèmes de vue et n'avais plus la capacité de parler. Sa mère s'était effondrée en larme dans le couloir en disant qu'on lui avait rendu un légume. Je crois qu'il l'a entendue. Pourtant, cela aurait pu être largement pire. Mais nous l'avons surveillé sans relâche.
J'allais donc le voir réveillé pour la première fois. Je me rappelle des palpitations que j'avais eu.
Il avait en effet repris des couleurs et paraissait s'ennuyer. J'entrai dans la pièce sans pour autant déborder de bonne humeur qui lui aurait paru fausse. Je me présentai, lui expliquai que j'étais l'infirmière qui serait en charge de sa personne la semaine, lui fis prendre sa potion. Il se servait de sa baguette pour communiquer en écrivant sur un papier. Heureusement qu'il pratiquait les sortilège informulés.
" Quelles sont les nouvelles aujourd'hui dans le journal ?"
- Je vais chercher la Gazette.
Une fois revenue avec le papier, je lui lisais les gros titres en lui demandant ce qu'il voulait savoir.
" Ils ne parlent pas des mangemorts ?"
- Il n'y a pas eu d'attaque depuis un moment, lui expliquais-je.
Il eut l'air énervé et voulu parler, mais rien ne soupira puis écrivit :
" Ce sont des mensonges. "
Je le regardais, intriguée. Savait-il des choses ? Et comment ?
" La Gazette appartient au premier ministre, il ne veut pas effrayer la population sorcière. Heureusement, il va bientôt partir. "
Je ne pense pas avoir le droit de parler politique avec un patient. Il me demanda de lui lire les avis de décès. Ce que je fis, affligée de voir qu'il y en avait autant. Il eut l'air cette fois bouleversé puis il me remercia. Je lui proposai d'installer la radio sorcière dans sa chambre, ce qu'il accepta avec joie je crois. Ce n'était pas facile pour lui et je ne pouvais rien faire. Miss Bingley m'avait dit que sa mère hésitait à amener sa petite fille ici et se rendre compte de son état. D'accord, nous ne réagissons pas toujours de la même façon avec ces choses là, mais sa mère n'en a aucunement le droit. En tout cas, je gardais mon point de vue pour moi.
La journée fut assez calme et reposante. Je quittais heureusement à dix-huit heures. Dorénavant, s'il y avait urgence, je ressentais des secousses grâce à un nouveau sort et devais immédiatement transplaner à l'hôpital. Je reçus du courrier.
Cela m'étonnait, c'était une lettre de Lily Evans. Enfin Potter. Y avait-il encore eu un problème ? James ne s'en était-il pas remis ?
Elle m'écrivait simplement pour m'inviter boire un café dans le londres moldu, afin de me remercier. C'était inutile à mon avis. Mais répondre non aurait été impoli et j'étais libre sur le moment. Je lui fis une réponse positive et précisa que je connaissais ce café, elle en avait choisi un près de l'hôpital.
En dix minutes j'y étais déjà. Lily était installée à une terrasse du café, ce qui m'étonnait. Nous n'étions qu'en septembre mais le temps était déjà glacial. La dernière fois que je l'avais vue, elle portait un simple pyjama. Aujourd'hui, elle avait une petite robe à fleur verte à la mode chez les moldus. Cette robe allait particulièrement bien avec la couleur de ses cheveux et celle de ses yeux, rendue si légendaire par James Potter. Je lui fis un petit sourire et m'assit à ses côtés. Elle me demanda si j'avais bien dormi, ce genre de banalité.
- Tu en veux une ? Me demanda-t-elle en me proposant une cigarette.
Je la regardais avec des yeux ronds. Depuis quand la sage Lily Evans fumait-elle ?
- Oh j'ai commencé depuis un an .. ça m'aide à .. me changer les idées en quelque sorte ! N'en parles pas à James, il me tuerait, surtout.
- Non ne t'inquiètes pas. J'avais du mal à imaginer que ce soit James qui puisse s'énerver contre Lily. Il avait l'air tellement gaga en sa présence !
Elle me demanda comment se passaient mes études, m'expliqua qu'elle avait un stage au ministère de la magie qui lui plaisait et on commença à parler politique.
- Les gens sont de plus en plus effrayés. Ils ne sont pas stupides, ils se rendent assez compte de l'ampleur de la situation. Même à Poudlard, l'ambiance morbide est palpable. Le premier ministre fait tout pour nous le cacher .. Ca ne plait à personne, ou bien à quelques imbéciles. James et moi connaissons une femme qui serait parfaite pour ce poste .. Je pense très sincèrement qu'elle le deviendra dans peu de temps ! Elle est celle qui faut pour la situation, une auror. Et puis, une femme de temps en temps, ça ne fait pas de mal !
Le féminisme de ces quelques dernières années commençait à prendre de l'envergure et chez les moldus, et chez les sorcières.
- Et sinon, tu as un copain ? Me regarda-t-elle avec un grand sourire.
Je piquai un fard et avais l'impression de revenir, avec plaisir, quelques années en arrière. Le bar passait du David Bowie, Space Odity, de plus.
- Je n'ai pas vraiment le temps ! J'ai eu un copain pendant ma sixième année, nous étions plutôt discrets et je n'étais pas vraiment attachée !
Je la vis se tendre.
- Ah .. et c'était ? Enfin je ne veux pas être indiscrète !
- Pas Severus, précisais-je en riant. Je ne l'avais jamais vue autant embarrassée, je prenais ma petite revanche.
Elle fit mine de bouder puis reprit son sérieux, en me demandant de ses nouvelles.
- Je n'en ai plus vraiment. J'imagine qu'il .. est devenu un esclave.
Et par esclave, je pensais mangemort. Nous n'avons plus rien ajouté pendant une dizaine de minutes, repensant très certainement au moment où nous aurions pu le détourner de ses idées noires. Un soir, il était venu me voir dans le parc pour me dire qu'il était entré dans le groupe très prisé des septièmes années, le groupe de magie noire. J'avais fait semblant d'être joyeuse pour lui. J'étais en quatrième, je n'imaginais pas à quel point ils étaient tous dangereux. Je savais que ça lui faisait extrêmement plaisir d'être reconnu grâce à ses potentialités en potion. Il cachait son immense joie en m'expliquant qu'il aurait plus de chance d'être connu plus tard et que tout cela aidait parfaitement ses ambitions. J'avais fait semblant de le croire puis était rentrée dans ma chambre sans y penser d'avantage .. J'étais encore naïve, je pourrais revivre ce moment des millions de fois ...
- Selon Arthur Weasley, tu sais le roux de l'ordre ? Il serait même espion, soupira-t-elle.
Cela ne m'étonnait pas. Je ne savais quoi rajouter. Auparavant je pensais qu'elle se fichait de Severus, que son grand amour n'avait été que James. Décidément, les sentiments sont beaucoup plus compliqués que cela. S'il n'y avait pas eu James, Lily aurait très certainement fini sa vie avec Severus et il n'aurait pas fini mangemort. Du moins, je crois. Elle devait s'en vouloir. Son nouveau couple avec James a été l'élément déclencheur pour que Severus devienne mangemort.
Je lui avouais que j'avais été très surprise de voir Peter Pettigrow à la réunion.
- Vraiment ? Il passe pourtant son temps à suivre les trois autres dans leurs bêtises ... Il n'est pas stupide. Il n'a jamais recherché quelle était sa personnalité tout simplement parce qu'il admirait bien trop ses trois amis. En particulier James, marmonna Lily.
Ce n'était pas mon genre de me mêler de ce qui ne me regardait pas, mais j'avais absolument envie d'en savoir plus concernant ces quatre là.
- Tu ne devais pas trop les aimer, à Poudlard.
- Non, pas vraiment. Ils n'arrêtaient pas d'inventer des stupides blagues à l'encontre des Serpentards, les rejetant dans la même catégorie. Et James s'est réellement acharné contre Severus. Et puis il y avait Regulus qui m'a parlé de l'abandon de son frère .. Ainsi que toutes les suppositions grotesques sur Remus et ses absences répétées de la part des serpentards. Rien que le fait qu'ils faisaient partie de chaque conversation m'horripilait ! Marmonnais-je.
Je lui offris un petit sourire d'excuse, mais contrairement à ce que je pensais, elle rit.
- Tu es la première à dire ça ! S'ils t'entendaient, ils auraient peut-être la tête un peu moins gonflée ... James pensait qu'il "gagnerait mon amour", je crois, s'il m'en mettait plein la vue. Evidemment, cette technique n'a jamais marché. Alors ensuite, il s'en est pris exclusivement à Severus tout simplement par jalousie. Et Sirius a toujours été aveuglé par la haine de sa famille. Il était persuadé que chaque serpentard voulait devenir mangemort. Remus et moi avons essayé de lui faire comprendre que ce n'était pas le cas. Il ne voyait que par le petit groupe de septième années qui ne se quittaient plus là ... Ils étaient doués et ils le savaient, la magie n'était qu'un jeu à leurs yeux. Et puis James est devenu plus mature en septième année .. Il a arrêté les farces dès le début des cours. Sirius pensait qu'il pourrait l'amuser en en faisant quelques uns "comme au bon vieux temps". Il y en a une qui a plutôt mal tourné. C'était la deuxième blague que Sirius foirait alors James lui en a voulu pendant un certain temps. Crois-moi, les maraudeurs qui se font la gueule pendant un petit moment, ce n'est pas vraiment marrant comme ambiance chez les Gryffondors ...
- Les marau-quoi ? Lui demandais-je.
Lily explosa de rire
- Oh, rien, juste un de leurs surnoms débiles !
Vendredi 26 septembre 1980, 14h30
Contre toute attente, la semaine avait été calme. Je n'avais presque pas vu d'auror, et les seules raisons qui les poussaient à se rendre à Sainte-Mangouste étaient leurs entraînements. J'ai pu m'avancer en potion et apprendre de nouveaux sorts de guérisons qui venaient de très hauts chercheurs. Apparemment, même Dumbledore s'y mettait. Je n'eus aucune nouvelle de l'Ordre, pas même un blessé lors d'une mission ou bien simplement une réunion. J'ai donc pu me reposer, et cela me faisait bizarre de me dire que ça ne faisait même pas un an que j'étais étudiante à l'hôpital. Je m'entendais très bien avec Elisabeth, qui était beaucoup plus marrante que ce que je ne pensais au début. J'essayais de m'intégrer avec les étudiants des autres étages, et je dois dire que je me plaisais parfaitement là-bas.
Mes parents me donnaient de leurs nouvelles, ma meilleure amie était comblée de bonheur aux Etats-Unis. J'allais avoir droit à un week-end de quatre jours le mois suivant alors je pensais sérieusement à me rendre en France et passer du temps avec ma famille. Je pensais que c'est là mon meilleur repos.
Et malgré toute cette situation d'urgence créée par les mangemorts, nos professeurs essayaient tant bien que mal de nous faire accrocher à une sorte de vie normale, en multipliant le nombre d'exercices et de dissertations. Ils essayaient tous de positiver, surtout qu'il n'y a pas eu de mauvaise nouvelle depuis quelque temps.
Mon patient Willoughby, celui qui est sorti du comas, m'écrivait de nombreuses fois qu'il ne fallait pas que je crois les journaux. J'ai donc essayé de lui faire confiance. Mais comment connaître la vérité alors que je ne connaissais personne travaillant au ministère et que j'étais novice en matière de politique ?
Je commençais à prendre goût à m'occuper de lui. C'est toujours la même routine, et "discuter" avec lui me faisait toujours autant plaisir. Il était gentil et agréable. Agréable encore plus depuis qu'il voyait sa fille et sa mère. Je ne l'avais jamais vu autant sourire auparavant. Bingley pensait alors sérieusement à lui faire quitter l'hôpital. Je me disais que j'allais être extrêmement triste lorsqu'il partira, je m'étais beaucoup attachée à lui mine de rien. Nous essayons par tous les moyens de lui rendre la parole, sans succès. J'essayais de suivre les conseils de Bingley, ne pas perdre espoir en la magie. Ce n'était pas facile. Positiver n'avait jamais été mon truc.
Je n'eus aucune nouvelle des Potter, qui apparemment allaient bien. James s'était donc remis de sa blessure. Je ne sais pas ce que je serais devenue si mon sort avait mal tourné .. Je préfère ne pas y penser. James, malgré son jeune âge, est important chez les aurors et dans la société magique par son nom.
Emilie, une infirmière, vint me voir en courant, tout essoufflée ce vendredi 26 septembre. Willoughby avait-il un problème ?
- Miss Mercier, il y a eu une grosse attaque au chemin de traverse qui s'est terminée par un combat entre sorciers et mangemorts. Tout le monde doit venir aider les mages. Je crois qu'il n'y aura pas assez de place dans les chambres. Allez préparer le maximum de lits possibles. Les sorciers n'ont pas été les seuls touchés.
Merde. On ne s'attendait pas à une attaque de sitôt. Et de si grande ampleur de surcroît. J'essayais de garder mon calme mais mon cœur palpitait comme jamais. Après tout ce qui c'était passé, j'avais complètement oublié qu'un tel événement pouvait arriver. Et si les sorciers n'avaient pas été les seuls à attaqués, cela voulait dire que cette attaque au chemin de traverse avait pris une ampleur incommensurable. Je me dépêchai donc de courir jusqu'au rez-de-chaussée de l'hôpital. Quelle ne fut pas ma surprise lorsque je vis tous ces corps, sentis cette puanteur innommable, aperçus ces mages et nurses qui courraient dans tous les sens, entendis ces cris, perçus cette atmosphère sombre et pesante. J'étais comme dans une bulle, ne sachant quoi faire et ne pouvant bouger.
Je fus soudainement bousculée par quelqu'un, ce qui me réveilla sur le champ. Je ne savais pas vraiment quoi faire. Apparemment il fallait choisir un patient et lui trouver un lit au sein de l'hôpital. Il fallait les tranquilliser, les endormir selon la blessure et leur trouver une chambre ou un couloir en haut. J'allais directement dans mon étage avec un auror qui gémissait, attendai anxieusement un ascenseur. On ne peut transplanner au sein de l'hôpital. Enfin un ascenseur fut libre, plusieurs personnes se ruèrent dedans. Je n'eus pas le choix, je prononça un levicorpus en faisant attention le plus possible à ce qu'il ne souffre pas plus. Tâche difficile, surtout que je ne fus pas la seule à avoir cette idée. J'essayais de lui parler, de connaître son identité, mais il ne semblait pas m'entendre. Je ne pouvais pas l'endormir maintenant ou supprimer ses douleurs, le temps que je lui trouve une chambre. Une nurse, affolée, fit tomber un sorcier dans les escaliers. Cela aurait pu être comique mais toute cette ambiance et cette agitation étaient insoutenables. J'essayais de l'aider du mieux que je pouvais et m'arrêtais au premier étage. Il n'y avait plus de place. De même au second. Au troisième, je réussis enfin à lui trouver une chambre où se faisaient déjà soigner quatre personnes. Cinq était le maximum. Je l'installais le plus délicatement possible sur un lit. Il avait perdu connaissance et avait de la fièvre. Il transpirait, bougeait dans tous les sens. J'étais encore tombée sur un sortilège inconnu. A moins que ce ne soit l'enchaînement de plusieurs sortilèges. Il avait du sang sur sa robe au niveau de l'abdomen et du bras droit. Je le déshabillais. Son ventre était brûlé, son bras était percé d'un trou d'au moins trois centimètres. Il avait du recevoir en plus un doloris. Je l'endormis. Je courus jusqu'à l'entrepôt où étaient rangées les potions et remèdes - il n'y en avait déjà presque plus. Je le forçai à ingérer la potion. Je fis plusieurs sortilèges sur son abdomen qui ne sera jamais complètement cicatrisé. Certains de ses organes étaient touchés par le sortilège. Je fis du mieux que je pu. Quelques heures de plus aurait été fatale. Il gardera une plaie à son bras, mais pourra encore s'en servir. S'il ne meurt pas dans les quelques heures qui viennent. C'est ce que j'en conclus.
Une mage entra dans la pièce. Nous devions nous occuper d'autres patients immédiatement. Je ne pris pas le temps de rassurer l'auror, mais me promis de venir le revoir plus tard. Je retournais au rez-de-chaussée. Il y avait toujours autant de blessés, si ce n'est plus. Les guérisseurs étaient toujours agités, la même atmosphère suffocante et oppressante régnait. L'air était nauséabonde et répugnante.
Je filais vers un moldu. Je pus prendre l'ascenseur, me rendre au cinquième étage, lui trouver une chambre avec une seule personne pour l'instant. Je me retrouvais avec Elisabeth dans la chambre, nous nous regardâmes et nous n'eûmes pas besoin de parler pour nous comprendre. Sans dire un mot, nous nous occupâmes de ces personnes. La moldue devait avoir quarante ans. Elle saignait au niveau de l'arcade et semblait complètement désorientée. Rien de grave. Quelques hématomes. Elle n'avait pas d'hémorragie interne. Je lui fis les sortilèges nécessaires et surtout je m'occupais de sa mémoire. Un agent du ministère vint vérifier qu'elle ne se rappelait plus de rien puis l'emmena dans un hôpital moldu. Tout cela passait à une vitesse incroyable. Derechef je me retrouvais en bas à m'occuper de quelqu'un. J'étais déjà lessivée. J'avais l'impression d'être inhumaine, je n'avais pas le temps de leur parler, les autres mages, guérisseurs et infirmières ne me remarquaient pas, je n'adressais la parole à personne, je ne connaissais pas l'identité des personnes que je soignais.
Je m'occupais encore d'un auror. Il était plutôt jeune. Avait-il mon âge ? Il était encore conscient mais souffrait. Il essaya de me parler, il divaguait, n'arrêtait pas de demander où est-ce qu'il se trouvait bien que je lui ai répondu plusieurs fois. Je ne pu lui trouver de chambre cette fois alors je m'en occupais dans un couloir. Il n'y avait plus de potion ni de remède. On allait bientôt en recevoir, mais nous devions les guérir seulement par sortilèges pour le moment. C'était son avant-bras. Magie noire, je ne pouvais le laisser dans cet état. Je stoppai la malédiction et nettoyai la peau qui pouvait encore être sauvée. C'était indescriptible. Avec l'aide d'un mage, je du donc l'amputer.
Après trois autres patients, tout cela commençait à prendre fin. L'hôpital avait un peu plus de place mais il restait des patients, dont l'état était déclaré comme étant "moins grave", dans les couloirs. Les agents du ministère n'étaient plus là. On nous conseilla de faire le tour des chambres, de nous occuper d'un maximum de patients, de vérifier leurs états. Bref, c'était plus calme. La nuit était tombée. Nous avions pour ordre de ne pas dormir. De sauver un maximum de patients. Un sorcier décéda entre mes mains, si je puis dire. Nous ne pouvions rien faire d'autre pour lui. Une cinquantaine de personnes étaient mortes sur le champ par Avada Kedavra. En plus de ça, nous comptions à peu près quarante-cinq morts entre nos murs.
Cela fut l'attaque la plus grave sous Voldemort. Tout le monde fut sous le choc. Je ne pourrais l'oublier.
Mon premier patient, qui en fait s'appelait Alexander Dawn, était mort. Je n'avais pas réussi à le soigner. Ses organes étaient bien trop touchés. J'avais l'impression d'y être pour quelque chose. Ce sentiment de culpabilité si fort, je ne le ressentis que cette nuit-là. J'ignorais la fatigue, j'étais bien trop dévastée par les événements. J'étais en colère mais aussi perdue. J'étais trop jeune pour affronter tout cela. Pourtant il le fallu. Et malgré mon manque de courage habituel, j'avais gardé un minimum de sang-froid. Elisabeth avait explosé en larme et s'était réfugiée quelque part dans l'hôpital. Ô combien cela était compréhensible.
- Je n'en avais jamais entendu parler. Je ne savais pas qu'il y avait eu des attaques de ce genre, des attaques aussi puissantes et dévastatrices !
- Le ministère a tout fait pour le cacher. Nos lettres étaient surveillées, ils nous ont en quelque sorte enfermés dans l'hôpital, les aurors ne devaient en parler sous peine d'être renvoyés. Charlotte était beaucoup trop bouleversée. Elle s'était promis de ne jamais revenir sur ces événements.
Le journaliste se tut.
- Dites-moi Charlotte, James Potter et Sirius Black ont-ils été touchés ?
- Oui, mais ils ont été soignés. Ce n'était pas grand chose comparé à d'autres aurors.
Dimanche 28 septembre, 21h00 ( watch?v=Rnqx9RvswZs&list=PLF6BD69507A26F5B2)
Ce jour-là, je devais m'occuper de cinq chambres au troisième étage. Les patients se remettaient petit à petit de leurs blessures. Le pire était qu'une fois sur pieds, les aurors étaient attendus pour des missions. Rechercher des mangemorts. Ces derniers étaient masqués lors de l'attaque, cela ne pouvait être une tâche aisée. Cela me gênait. On avait pour ordre de les faire sortir dès qu'ils n'avaient plus qu'à prendre des potions. J'ai du renvoyer chez lui un auror qui boitait tout en sachant qu'il allait devoir retravailler. Il n'y avait plus d'attaques, plus de têtes de mort au-dessus des maisons. Deux membres de l'ordre étaient morts. A l'hôpital, nous étions tous en deuil malgré les nombreux patients que nous avions sauvé.
Les chefs de nos départements nous firent un long discours, nous remerciant pour notre bravoure, nous félicitant, nous demandant de ne pas nous arrêter à ces personnes qui étaient mortes sous nos yeux, nous encourageant pour la suite, nous réconfortant pour les personnes que nous connaissions qui étaient mortes ce vendredi 26 septembre. Jamais nous n'oublierons cette date.
Nous travaillions trois fois plus que d'habitude. Nous étions épuisés mais nous évitions de nous plaindre.
J'allais dans la deuxième chambre du deuxième étage m'enquérir des patients. Quel ne fut pas mon choc lorsque je vis Sirius Black dans un lit. Il dormait encore. Je pris son dossier. Il avait eu une hémorragie interne qui avait vite été soignée et il sortait le lendemain sans aucun incident. Il devait prendre une seule potion. Ils étaient quatre dans la chambre. Je dus le réveiller, ce que je fis le plus doucement possible.
- Charlotte ? Je me demandais si un jour j'allais tomber sur toi ! Il me faut des nouvelles de James ! Les autres infirmières se disent trop occupées. Je t'en supplie.
Il était plutôt énervé pour quelqu'un qui venait tout juste de se réveiller.
- Il ne fait pas partie des morts ni des grands blessés, le rassurais-je. Il paru soulagé. Je vais voir si je peux avoir des renseignements. Buvez cette potion monsieur Black.
- Sirius.
Il me sourit, reconnaissant.
- Je n'ai pas le droit de prononcer le prénom des patients .. on ne doit pas s'attacher à vous.
- Au cas où on meurt.
Je ne répondis pas, lui donnant la potion.
- Je m'occupe des trois autres chambres et ensuite je vais chercher des nouvelles de James.
Il me remercia. Je voyais qu'il avait autre chose à me demander, mais n'osait pas. J'étais trop fatiguée pour continuer la conversation. Il allait bien, c'était le plus important. Mes patients se portaient bien, pour le moment. Je partis à la recherche de James l'esprit tranquille. Plusieurs nurses me regardèrent comme si j'étais folle, d'autres ne savaient rien, certaines me dirent des mensonges.
- Il se trouve au rez-de-chaussée, dans les chambres improvisées.
Je n'avais que ça comme "témoignage". Je m'y rendis. En effet, il y avait James et Lily Potter. J'étais soulagée.
- Charlotte ! S'exclamèrent-ils tous les deux.
Ils avaient l'air surpris de me voir, pourtant, ils savaient tous deux que je travaillais ici. Lily paraissait fatiguée, James avait l'air d'aller. Je les saluais.
- C'est Black qui m'envoie.
Je continuais à l'appeler comme ça parce qu'il m'intimidait, je crois. James se redressa lorsqu'il entendit le nom de son meilleur ami.
- Il n'a eu aucune nouvelle de toi, James. Il veux savoir comment tu vas.
- En pleine forme, me ria-t-il, sans doute de soulagement. Lily leva les yeux en l'air. Je n'arrive plus à lancer des sortilèges de ma main droite, mais sinon je vais bien. On ne sait pas si c'est définitif. Je vais devoir apprendre à me battre de l'autre main. Et Sirius ?
Il n'avait pas l'air si désespéré que ça, tandis que Lily était clairement angoissée.
- Il va bien, il sort demain. Il a eu une petite hémorragie, une fracture du bras réparée.
Il paru soulagé.
- Lily a essayé d'aller le voir, mais les secrétaires lui on dit qu'elle ne pouvait aller voir que sa famille. Il n'était pas à son appartement alors on se doutait qu'il était ici .. ou .. parti. J'hochais de la tête. Ils ont vu la blessure à la jambe. Ils m'ont demandé ce qu'il c'était passé. Je leur ai dit que je m'étais blessé à cause d'une maladresse et que Lily m'avait soigné, puisqu'elle est bonne en sortilège et potion. Je ne crois pas qu'ils m'aient cru, mais ils ont d'autre chats à fouetter n'est-ce pas ?!
Je les laissais tous les deux dans l'intimité puis retrouva Sirius. Il ne s'était pas rendormi alors je lui donnais des nouvelles de James. Il paru soulagé et me remercia encore une fois. Leur amitié m'a toujours intrigué. Aussi bizarre que cela puisse paraître, c'était comme si ils étaient plus que frères. Ou bien des frères jumeaux. Ils représentaient à mes yeux un véritable mystère. J'avais toujours été curieuse, alors il était normal que je veuille en découvrir plus. Et une fois que les choses furent calmées à l'hôpital et dans le monde sorcier, je me mis en tête de résoudre le mystère des "maradeurs".
J'ai un peu trop fait la dramaqueen pour ce chapitre et je m'en excuse ! Mais c'est mon point de vue .. j'avais envie de montrer la première bataille sous un autre jour aux lecteurs de fanfiction. J'espère que vous ne serez pas déçus ou que vous jugerez tout cela invraisemblable. C'est ma vision des choses. C'est vrai que mon but premier avec cette fiction était d'écrire quelque chose de réel avant tout, des événements ressemblant à certains moments de la Seconde Guerre mondiale avec cette atmosphère magique !
Voilà, étant en vacances, je vais essayer d'écrire le prochain chapitre le plus vite possible .. et j'espère plaire à un plus grand nombre de lecteurs ! ^^ Il y aura beaucoup plus de maraudeurs, promis !
A bientôt :)
