Ryner pouvait dire que pour le début d'une première année dans cette nouvelle école, c'était un flop total. La solution qu'il avait précédemment trouvée, lors du discours du directeur, pour éloigner une fille s'était complètement retournée contre lui. Apparemment, d'autres personnes l'avaient entendu et la rumeur se répendit comme une vraie trainée de poudre. La première journée n'était même pas encore terminée que déjà sa sieste était dérangée par les murmures et les regards curieux. Il avait un peu de mal à gérer l'attention, c'est pourquoi il avait espéré passer inaperçu cette année aussi, mais en tentant d'éviter l'attention d'une seule fille, il avait attiré l'attention de tout le monde. Il n'avait vraiment pas de chance et les problèmes avaient toujours tendance à le trouver quand il en voulait le moins. À la fin de la journée, sa décision était prise: merde pour les cours, il allait trouver un moyen de roupiller tranquille! Le deuxième jour, personne ne le vit en classe du tout. Il essaya le toit, mais une bande de délinquents arriva alors qu'il allait enfin s'endormir et cet endroit fut rayé de sa liste. Il essaya la bibliothèque, mais la dame en charge de s'en occuper ne voulut pas le laisser rester quand la cloche du cours suivant sonna. Les vestiaires étaient hors de question, puisqu'ils avaient le désavantage d'être très bruyants, et la cour d'école était non seulement visible de n'importe quelle fenêtre donnant au sud, mais en plus un surveillant la arpentait de temps à autres. Son plan A se révélant un échec total, Ryner recommença dès le troisième jour à aller en classe pour roupiller sur son bureau, cherchant une autre solution alors qu'il sentait que les questions lui tomberaient dessus bientôt. La semaine suivante, il essaya une autre approche et arriva à l'école avec un ipod. Son plan fonctionna jusqu'à ce qu'un professeur le lui confisque. Après le cours, le professeur lui expliqua que c'était un mauvais exemple pour les autres élèves et que si elle lui permettait, d'autres voudraient l'imiter et yada yada yada... Plan B fut donc considéré un échec. Il tenta donc un plan C, plus risqué et sans doute que temporaire: l'infirmerie. Pendant une semaine, il réussit à aller y roupiller tranquille, mais la semaine qui suivit la mise en place de son plan, il se vit refuser par l'infirmier. Il se doutait que ça arriverait éventuellement, mais il avait espérer au moins pouvoir y dormir pendant l'élection du futur Président du conseil d'élève. Ce genre d'évènement n'était pas du tout de son goût et il ne s'y intéressait encore moins, usant de son ouïe sélective pour ignorer tout ce qui était dit à ce sujet. Le lendemain de l'échec du plan C, entre deux cours alors qu'il refaisait temporairement surface d'un sommeil mielleux, un élève l'approcha enfin.
"Alors comme ça t'es gay?", demanda le type, et Ryner n'aurait pu dire s'il se moquait ou s'il était simplement curieux.
Décidant de l'ignorer, il referma les yeux en tournant sa tête de l'autre côté, décidé à retourner dans les affres de la léthargie avant le début du prochain cours. Cependant, la question avait été en suspend sur toutes les lèvres depuis la rentrée et une foule, constituée même d'élèves d'autres classes, commençait à s'attrouper autour de son bureau. Ce fait l'agaça, mais il essaya tout de même de les ignorer. Alors qu'il arrivait finalement à porté des bras de Morphée, le type qui lui avait posé la question agrippa son chandail et le regarda en face.
"Tu vas me répondre, oui!", grogna-t-il, visiblement énervé.
Ryner ne se considérait pas comme étant la personne la plus brillante qui soit, mais il avait assez de présence d'esprit pour reconnaître une situation dangereuse et tenter de ne pas l'empirer. Mais avant qu'il puisse faire quoi que ce soit, on frappa le type qui le tenait avec un livre. Tous les yeux se tournèrent vers la personne responsable et les yeux du brun s'agrandirent en reconnaissant la fille qui avait trébuché sur lui la première journée. Qu'est-ce qu'elle lui voulait, maintenant!
