Voici la suite ! Ravie que cela vous plaise !

Oui, moi aussi, j'ai pensé que la réaction normale de Charles serait de la colère mais l'explication de ses larmes va venir…

Merci de vos messages d'indulgences et d'encouragement !

Partie deux :

Erik caressa du bout de ses doigts la joue de Charles endormi, étroitement pressé contre lui.

Il avait aimé chaque seconde, chaque minute des instants vécus dans les bras du jeune professeur :

La voix douce et implorante de Charles, ses cris, ses gémissements et enfin, l'expression de son regard. Plus tendre, plus serein à l'encontre d'Erik.

L'orage avait cédé à la place au bleuté d'un ciel d'été dans lequel Erik aurait aimé y plonger et s'y perdre, le reste de la nuit tout du moins. A défaut de toute une vie…

Charles avait fini par cesser de pleurer et ses traits avaient revêtu une confiance inébranlable en son ami et amant désormais.

Erik, troublé par ce cadeau, ce don de « soi » si touchant que lui offrait son jeune et beau télépathe, avait détourné, une demie seconde, les yeux.

S'en sachant irrévocablement indigne. Il aurait préféré que ce « présent » fut offert à Moira. La jeune agent du FBI.

Elle en était parfaitement digne.

Si Charles avait remarqué le trouble de son amant, il avait eu le tact et la délicatesse de ne pas le brusquer pour une confidence.

Le jeune homme s'était juste contenté d'un sourire et de se blottir dans ses bras.

« -Je suis si beau que cela pour que tu ne puisses t'endormir ? Plaisanta Charles, qui s'était réveillé et redressé sur son oreiller. Ou tu te sens prêt pour un nouveau round ? »

Erik esquissa un demi sourire taquin et coquin avant de rallonger Charles sur le lit et de fondre sur ses lèvres.

Avec une douceur inaccoutumée de sa part, mais seulement réservée pour son professeur, il chercha à faire frémir son amant et à marquer, de l'empreinte de ses lèvres, de ses dents et de ses doigts, le fait que ce dernier lui appartenait corps et âme.

« -T u es possessif ! » Haleta Charles, en s'agrippant aux épaules de son amant.

Il se mordit la lèvre inférieure et bascula sa tête en arrière tant les sensations étaient insupportablement exquises.

Il voulut fermer les yeux, sentant qu'il allait atteindre l'apogée quand Erik ramena son visage vers lui, murmurant :

« -Non, regarde-moi ! Je veux que tu restes avec moi ! »

Charles obéit et rouvrit ses yeux. Le plaisir les submergea en même temps. Voilant leurs deux regards rivés l'un à l'autre.

Erik déposa un baiser sur le front de Charles alangui et se colla contre celui-ci.

Cette fois-ci, les deux amants se rejoignirent dans les rêves.

Charles s'étira, un sourire béat sur son visage. Il se figea : Erik n'était plus dans sa chambre.

D'un œil sombre, il fixa le côté vide du lit et finit par soupirer.

Si c'était ainsi que son amant concevait leur relation, il valait mieux en rester là. Charles s'abandonna aux draps de son lit et se perdit dans ses réflexions.

Pourquoi avait-il pleuré la veille ? Etait-ce seulement de la jalousie ? Ou … ?

Mais Charles chassa vite cette idée qui le mettait mal à l'aise.

Pourtant, l'idée revint. Obsédante.

Charles avait toujours perçu un côté de son amant, une facette de sa personnalité auquel il n'avait pas accès. Ou il ne désirait pas avoir accès…

Sous peine de soulever une chose que le jeune professeur n'était pas en mesure de faire face.

Charles fronça des sourcils, méditant sur la question. Il y entrevoyait comme une ombre latente, capable d'emporter tout ce qu'ils avaient construit ensemble.

Voilà pourquoi il avait pleuré. Il savait qu'il n'aurait jamais Erik dans son intégralité, que seule Raven était en mesure de saisir son amant dans ce qu'il était réellement.

Et de le comprendre et de l'aimer comme Erik le désirait…

A nouveau, une souffrance inouïe lui broya le cœur et des larmes menacèrent de couler.

« -Je te laisse un moment seul et j'ai encore droit aux chutes du Niagara ! Lança Erik, depuis le seuil de la chambre. Ne me dis pas que tu es encore jaloux de Raven après notre nuit ? »

Une pointe d'exaspération dans la voix d'Erik et une lassitude dans ses yeux firent paniquer Charles qui tenta de se ressaisir.

Il afficha un sourire qui ne trompa pas son amant. Ce dernier, en peignoir, portait un plateau de petit-déjeuner.

Erik vint s'installer au bord du lit, déposa le plateau sur la table de chevet et serra Charles contre lui :

« -Je suis parti te préparer notre petit-déjeuner de couple. Le premier, d'accord ? Même Raven n'as pas eu cela de moi, Charles. »

Charles n'ignorait pas qu'Erik prenait sur lui de ne pas montrer ses véritables ressentis. C'était cela qui effrayait le professeur : Son amant se forçait d'être ce qu'il n'était pas.

Enfouissant sa crainte de voir que cette partie-là risquait de lui échapper, Charles se jeta au cou de son amant :

« -Dis-moi que tu me ne quitteras pas ! Dis-le, parce que, moi, je t'ai… »

Mais il s'arrêta. Là, sur le seuil, se tenait Raven.

La jeune femme les dévisageait, les yeux écarquillés, incrédule.

A suivre.