Et voici le premier épisode de la saison 1 de ma version de TWD !
Lisez, vivez avec Léna et sa famille, imaginez-vous !
Si vous avez des questions sur les lieux ou les personnages, n'hésitez pas !
Bonne lecture !
Petites informations :
- La maison de Léna et sa famille se trouve au Mesnil Saint Denis, dans le 78 à quelques kilomètres de Versailles, plus exactement avenue port Royal des Champs. Allez voir google earth, ça ne mange pas de pain ! D'autant que cette petite ville a une particularité : elle a été construite par un architecte américain dans les années 60 et donc... les maisons entourées de jardin n'ont aucune barrière !
THE WALKING DEAD
Sombres Revenants
SAISON 1 Episode 1
Le début de la fin
Personnages
Léna
Gabriel, frère de Léna
Arthur, meilleur ami de Léna
Coralie, mère de Léna
Isabelle, femme d'Yves
Yves, mari d'Isabelle
Kévin, voisin
Grouilleurs
Introduction
Léna court, poursuivie par des grouilleurs, décoiffée, essoufflée et paniquée. Ouvre des portes, armée d'un couteau ensanglantée. Sac à dos.
Léna : GABRIEL ! Non mais quelle idée stupide d'être venus ici !
Elle crie plusieurs fois.
Léna : Mais putain, il est où ? GAB…
En ouvrant une autre porte, d'autres grouilleurs.
Léna : Merde, pas bon ! Pas bon, pas bon, pas bon !
Elle en tue quelques-uns et recule. Cherche une issue de secours. Se tort la cheville. Soudain, une voix au loin, au-delà des grognements.
Gabriel : LENAAAAAAAAAAAAAAA !
Elle s'arrête une seconde, manquant de se faire tuer. Elle se cogne contre une vitre et se blesse, attirant plus encore de grouilleurs. Saigne, crie.
Léna : Haaaaaaaa ! Gabi ! J'arrive ! Aie, ça fait mal !
Tombe sous le nombre. Arrive à ramper. S'en sort et court pour sortir.
Léna : GABRIEL ! Tu es où ?!
Gabriel : Léna ! Au secours !
Paniquée, acculée sous le nombre, en sang, Léna se cogne la tête et titube.
Léna : Non. Gabriel.
Elle ferme les yeux.
GENERIQUE
Scène 1 (quelques semaines avant)
Léna est devant la fenêtre de sa chambre, elle regarde le monde extérieur. Arthur entre.
Arthur : Ha, Léna, c'est là que tu te caches, Coralie te cherche.
Léna, soupire : Pourquoi ma mère me cherche-t-elle ? pour le ravitaillement ?
Arthur : Ouais, elle voudrait qu'on y aille, on a manqué les deux derniers.
Léna soupire, encore, et se lève.
Ils rentrent dans la chambre.
Arthur la prend par les épaules.
Arthur : Hey, qu'est-ce qu'il y a ?
Léna le regarde dans les yeux : J'en ai marre.
Arthur : Tout ça finira par se terminer, d'une manière ou d'une autre.
Léna : Charmante perspective.
Arthur : Tu es de mauvaise humeur.
Léna : Occupe-toi de tes affaires !
Elle s'éloigne, il la rattrape.
Arthur : Hey, qu'est-ce qu'il se passe ?
Léna : ça fait 84 jours qu'on a perdu contact avec le reste du monde, 79 jours que nous n'avons plus internet, 59 qu'il n'y a plus de téléphone portable, on n'a plus d'électricité depuis un mois et demi et l'eau est coupé depuis trois semaines… il ne reste que la fréquence radio officielle, qui nous permet de savoir quand ont lieu les ravitaillements et qu'il y a encore du monde quelque part.
Arthur : Et c'est rassurant ! Il y a de l'espoir.
Léna : Tu trouves ? Moi je trouve ça au contraire super déprimant ! Tout disparaît lentement mais sûrement. Il y a de moins en moins de monde et de plus en plus de ces trucs qui grouillent de partout. Tout le monde se terre et craint la vie. Je déteste ça ! J'ai peur de sortir. J'ai peur du moindre bruit… Arthur, c'est la fin du monde, pourquoi on est encore là ?
Arthur : Je ne sais pas. Mais on va tout faire pour rester le plus longtemps possible.
Léna : Les ravitaillements sont de plus en plus rares, je ne sais même pas comment les militaires font pour encore les faire…
Arthur : Nous avons de la chance que ta mère ait décidé de ne pas partir quand Paris a été évacuée… au moins nous avons droit au ravitaillement.
Léna lui lance un regard perplexe.
Léna : Tu as déjà perdu tes deux sœurs et tes parents ont fui à Saint-Etienne après leur mort. Tu n'es resté que parce que tu avais encore cours et que tu es un idéologiste qui pensait que tout se terminerait rapidement.
Silence.
Arthur : C'est bon, tu es calmée ? On peut y aller ?
Léna le fusille du regard.
Léna : Ouais.
Arthur et Léna descendent les escaliers, armés de couteaux et Léna d'un arc avec un carquois.
Arthur : Chaque fois, j'ai l'impression que tu te prends pour Katnis.
Léna lui sourit.
Léna : Il y a pire comme comparaison que Jennifer Lawrence.
Coralie : Ha, te voilà. Merci Arthur.
Arthur : Je t'en prie.
Coralie, à sa fille : Le ravitaillement a lieu à la gare de Saint-Cyr.
Léna : Saint-Cyr ? Non mais tu plaisantes ? On n'arrivera jamais là-bas ! Surtout en partant maintenant ! Tu aurais dû me le dire avant !
Coralie : Vous arriverez à temps, si vous prenez la voiture.
Arthur : Tu sais bien qu'on n'a pas le droit d'utiliser les voitures depuis deux mois, le plan martial est durci à son maximum.
Coralie ne répond rien. Finalement elle regarde sa fille.
Coralie : Prends la voiture, trouve le moyen de faire le plein et ramène autant d'eau et de nourriture que possible.
Gabriel arrive avec le chien, Coralie s'éloigne vers la cuisine.
Léna, marmonnant : Pour changer…
Coralie : Et emmène Egone.
Léna et Arthur échangent un regard inquiet.
Léna et Arthur prennent un 4x4 ML Mercedes avec le chien, Coralie les observant derrière un rideau depuis le salon, la mine sombre. Et s'en vont.
On les voit rouler sur les routes vides et silencieuses. Se jetent des regards puis Arthur met la musique et chante et danse, faisant rire Léna qui s'y met aussi.
Scène 2
Léna, éteint la musique et ouvre les fenêtres : Tu sais ce qui m'étonne le plus dans cette histoire ?
Arthur : Tu veux dire en dehors des morts qui reviennent à la vie ?
Léna rit jaune : Ouais, en dehors de ça !
Arthur : Quoi ?
Léna : Il n'y a pas eu trop d'émeutes, de pillages, de panique… les gens sont restés majoritairement civilisés.
Arthur : Parce que l'armée a vite pris le contrôle. A mon avis aux Etats-Unis d'où tout est parti, ça n'a pas dû être la même histoire.
Le visage de Léna s'assombrit. Arthur grimace et n'ajoute rien.
Léna : Tout ça pour dire que quand tout aura vraiment disparu, on pourra survivre sans trop de problèmes… les grouilleurs ne sont pas si nombreux que ça.
Arthur lui jette un regard étrange.
Arthur : Et c'est moi l'optimiste ?
Léna hausse les épaules.
Léna : On survivra, tu verras.
Arthur : Dieu t'entende.
Léna porte instinctivement la main à son cou où elle porte une croix.
Léna : Je suis prête à parier mon âme que Dieu n'a rien à voir là-dedans ; les hommes sont les seuls responsables.
Arthur : Tu ne trouves pas que ça pue ?
Léna baisse la musique.
Léna : Si, on dirait une… fausse sceptique qui déborde.
Arthur : ça sent la mort ouais.
Léna fronce les sourcils puis s'arrête assez brutalement. Un jeune couple leur fait de grands signes devant eux, en courant dans leur direction.
Léna : Purée mais c'est quoi se bordel ?
Arthur : Je sais pas, mais ça pue vraiment cette histoire.
Yves : Vite ! Il faut partir ! Faites demi-tour !
Yves crie et tente d'ouvrir les portières de la voiture.
Arthur : Wouo, calmez-vous, que se passe-t-il ?
Isabelle : On voulait aller au ravitaillement mais il y a des grouilleurs partout ! Une horde… je ne sais pas combien ils sont mais ils marchent vers nous ! Ils ont dû sentir les gens comme nous qui voulaient aller au ravitaillement, comme vous je suppose… je vous en prie, on discutera plus tard, laissez-nous monter !
Les bruits des grouilleurs se font entendre et on en voit apparaître sur la route et dans les arbres.
Arthur : Merde. Léna ?
Léna le regarde, ils sont inquiets et ne savent quoi faire.
Léna : Et puis merde ! Montez !
Elle déverrouille les portières et ils montent à l'arrière. Elle fait demi-tour et s'éloigne vite.
Isabelle : Merci !
Yves : Je m'appelle Yves et ma femme, Isabelle.
Arthur : Arthur, Léna. Et Egone dans le coffre. D'où vous venez ?
Yves : Versailles.
Isabelle : La ville est tombée.
Léna leur jette un coup d'œil dans le rétroviseur.
Arthur : Vous n'avez pas été évacués ?
Yves secoue la tête.
Yves : On nous a conseillé de partir mais toutes nos familles sont en région parisienne ou à Paris alors ça n'aurait pas changé grand-chose. Mais vous ?
Arthur : Eh bien… on est dans une petite ville tranquille et la majorité est partie donc… ma famille est partie et je vis pas loin de chez Léna…
Léna, excédée : Bon, je vous dépose où ?
Silence.
Arthur : On ne peut pas les abandonner…
Léna : Tu crois que je vais les ramener chez moi ? Maintenant ?
Arthur l'observe. Léna soupire.
Léna : On les amène chez moi maintenant pour les présenter à Maman, mais ils vivront chez toi.
Arthur : ça me va. Yves, Isabelle, vous avez un endroit où aller ou pas ?
Isabelle et Yves échangent un regard.
Yves : Versailles et Saint-Cyr sont envahis… C'est fini. Je pense qu'il vaut mieux qu'on reste avec vous.
Isabelle : Plus on est nombreux, mieux c'est.
Léna regarde la jauge d'essence.
Léna : Très bien, maintenant quelqu'un a une idée de comment on fait le plein sans électricité ?
Yves et Arthur sont occupés à essayer de puiser de l'essence dans les cuves d'une petite station-service. Léna fait sortir le chien de la voiture et Isabelle regarde aux alentours.
Isabelle : On devrait aller voir dans la station-service ce qu'on trouve à manger.
Les deux femmes regardent la devanture.
Léna : Je n'aime pas du tout l'idée de voler.
Isabelle : Moi non plus. Mais si ce n'est pas nous, ce sera quelqu'un d'autres et l'argent n'a plus de valeur dans ce monde. Nous devons survivre… et Yves et moi n'avons vraiment plus rien.
Léna : Je suis désolée.
Isabelle : Tout le monde l'est, c'est ainsi maintenant.
Léna : Et ça n'est pas prêt de s'arranger.
Isabelle, se tournant vers Léna qui ne la regarde pas : Je suis contente d'être tombée sur quelqu'un de pragmatique et réaliste.
Léna soupire.
Léna : En attendant, tu… je me permets de te tutoyer hein, tu as raison, on va chercher à manger. Et du coton. (Isabelle lui lance un regard perplexe) Ouais, je n'ai plus de coton. Arthur ? (Arthur se redresse) On va fouiller la station-service.
Arthur : Ok, faites attention !
Léna : Ouais. EGONE ! (siffle).
Léna, Isabelle et le chien entrent dans la station.
Scène 3
Léna se gare devant chez sa mère et tout le monde descend de la voiture, Isabelle, Yves et Arthur les bras chargés de nourriture et de bidon d'essence. Léna ouvre le coffre au chien. Au loin Léna aperçoit Kévin qui la salut d'une révérence exagérée. Léna lui fait un doigt d'honneur. Kévin rit.
Isabelle : Qui est-ce ?
Léna : Un connard.
Coralie sort de la maison.
Coralie : Vous en avez mis du temps ! Qui est-ce ?
Léna : Isabelle et Yves. Saint-Cyr et Versailles sont tombés. Les grouilleurs sont partout… on les a trouvés sur la route et les grouilleurs n'étaient pas loin derrière et nombreux vu l'odeur de putréfaction.
Coralie les regarde.
Léna : Maman, ils nous ont aidés à faire le plein et trouver de quoi manger. Sans eux, on serait tombé sur les grouilleurs et qui sait ce qu'il se serait passé…
Coralie : Je vous remercie. Nous n'avons plus grand-chose mais soyez les bienvenus.
Arthur : Avec Léna, on s'est dit qu'il serait plus facile qu'ils viennent chez moi… j'ai de la place.
Gabriel sort en courant.
Gabriel : Maman ! Ils parlent à la radio !
Coralie : J'arrive ! Léna, range tout ça dans le garage !
Coralie court à l'intérieur.
Isabelle et Yves regardent Arthur et Léna rentrer avec les affaires, tranquillement, tandis que Gabriel rentre avec le chien.
Isabelle : Mais vous n'y allez pas ?
Léna, hausse les épaules : Maman nous fera un compte-rendu. De toute façon, c'est comme le journal de 20h, c'est toujours la même chose.
Ils arrivent dans la cuisine, les mains vident.
Léna : Vous voulez boire quelque chose ?
Isabelle : De l'eau suffira.
Léna : Arthur, tu les emmènes au salon ?
Ils sont assis dans le salon, à discuter de ce qui leur manque depuis que l'électricité a disparu.
Isabelle : Mon café. Je crois que c'est ce qui me manque le plus. Je suis addict au café alors ça a été difficile de m'en passer !
Léna : Je suis d'accord ! Ho et le cinéma, j'adorais aller au cinéma !
Gabriel : Moi, c'est l'ordinateur !
Les autres le regardent puis rient.
Yves : Ha les jeunes !
Isabelle : Il reste beaucoup de voisins ?
Léna : Beaucoup sont partis lors des évacuations et certains se sont suicidés… Mais je dirais qu'un bon tiers est encore là… Personne n'ose vraiment sortir alors je ne suis sûre de rien.
Silence.
Isabelle : ça fait bizarre, hein ? Le silence.
Léna : Ouais. C'est ce qu'il y a de plus flippant.
Silence, Gabriel lit une BD.
Arthur : Vous avez des enfants ?
Yves : Heureusement non !
Isabelle : On attendait d'être bien installés, nous n'arrivons pas à en avoir. Ça fait plus de cinq ans qu'on essaie.
Léna : Il va sans doute falloir oublier ce projet.
Isabelle : Je crois aussi.
Gabriel : Léna ?
Toute l'attention se porte vers Gabriel qui regarde à l'extérieur avec le chien. Il montre du doigt la rue. Le voisin, Kévin, tue un quatrième grouilleur. Il les entasse, il y a déjà un grand tas de cadavres sur lequel il jette de la poudre.
Isabelle : Que fait-il ?
Léna : Il tue les grouilleurs quand ils ne sont pas trop nombreux et ils les entassent. Ils ne les brûlent pas pour ne pas attirer l'attention des autres avec la fumée ni celle des autorités… et il met du camphre ou de l'argile blanche, je ne sais pas, pour l'odeur.
Yves : ça ne sert à rien ce qu'il fait, et il se met en danger pour rien.
Léna hausse les épaules.
Léna : Plus il en tue, moins j'ai de chances de me faire mordre ou mon frère alors c'est un compromis qui me va.
Scène 4
Isabelle, Yves et Arthur entrent chez ce dernier.
Arthur : Voilà, faites comme chez vous. C'est un peu moins sûr que le quartier de Léna mais je n'ai pas eu trop de problèmes encore… enfin avec les grouilleurs en tout cas.
Yves : Comment ça ?
Arthur : Il y a eu pas mal de pillages par ici…
Isabelle : Tu vis tout seul ?
Arthur : Mes parents sont partis après la mort de mes sœurs.
Yves : Une école qui est tombée ?
Arthur acquiesce et se détourne, ému.
Isabelle : Je suis désolée, Arthur.
Arthur : On a tous perdus des gens. Vos familles ?
Yves : La majorité disparue, quelques morts.
Silence.
Arthur : C'est ça le pire, ne pas savoir.
Isabelle : Tes sœurs sont revenues ?
Arthur : Oui. Les militaires ont scellé l'école avant de la bombarder. C'était au tout début, quand ils avaient encore l'espoir que l'infection soit enrayée.
Yves : Quand on ne savait pas encore que tout le monde était déjà contaminé ?
Arthur : Oui.
Ils marchent dans l'appartement.
Arthur : j'ai pas mal de réserve de nourriture mais peu d'eau, il faudra qu'on aille en chercher assez rapidement, surtout maintenant que nous sommes trois. Je vous laisse l'ancienne chambre de mes parents. Je passe beaucoup de temps chez Léna normalement, il nous semble plus sage de ne pas être seuls.
Yves : Ce qui n'est pas stupide.
Isabelle : J'aimerais quand même pouvoir récupérer quelques unes de nos affaires.
Yves : Je ne pense pas que ce soit une bonne idée… Versailles n'était déjà pas bien sûr mais maintenant que les grouilleurs ont pris Saint-Cyr au point de faire fuir les militaires, ils ne tarderont pas à arriver jusque chez nous puis jusqu'ici…
Isabelle : D'accord mais on a besoin de nos vêtements, de nos armes, de la nourriture…
Arthur : Je vais vous laisser discuter mais si, vous voulez mon avis, il vaut mieux pour l'instant qu'on reste au calme ici, le temps de voir ce qu'il se passe et comment ça se passe… Faites comme chez vous. A tout à l'heure.
Arthur va fermer la porte de la chambre.
Yves : Hey (Arthur se retourne). Merci pour tout.
Arthur : Entre vivants, il faut s'entraider.
Isabelle : On vous doit quand même la vie, vous n'étiez pas obligés de nous emmener et de nous offrir un toit.
Arthur : La Terre n'est plus aux hommes mais aux morts-vivants. Si on ne garde pas un minimum d'humanité, nous disparaitrons véritablement tous.
Scène 5
Gabriel entre dans la cuisine.
Gabriel : Maman, on va se promener dans la forêt avec Egone et Léna.
Coralie : Faites bien attention et rentrez avant la tombée de la nuit.
Gabriel : Oui, oui, on a le temps. Merci maman !
Léna a son arc et elle attache Egone. Gabriel attrape un sac à dos dans l'entrée.
Léna : On est bon ?
Gabriel : Ouais, maman est d'accord.
Léna : Tu as pris de l'eau.
Ils sortent de la maison et vont vers la forêt.
Léna et Gabriel marchent dans la forêt. Egone est détaché.
Gabriel : La prochaine fois, on pourra aussi s'entraîner à l'arc ?
Léna : Comme tu veux, petit loup.
Ils s'arrêtent.
Léna : En attendant, sors ton couteau.
Léna récupère trois couteaux dans le tronc d'un arbre, Gabriel en face un peu plus loin.
Gabriel : Pourquoi tu m'entraînes à les lancer alors que tu dis qu'ils ne doivent jamais quitter mes mains ?
Léna : Pour que tu maîtrises tes gestes et le couteau. Et au cas-où.
Gabriel : Où tu as appris à utiliser un couteau ?
Léna : Avec un ancien copain du Krav. Et j'ai demandé des conseils aux militaires au début, avant que ça ne soit le bazar.
Gabriel : Tu savais que ça se terminerait comme ça ?
Léna : Non. Mais on a vu assez de films catastrophes pour prévoir. J'ai espéré, vraiment, que ça ne soit que passager mais…
Gabriel : Tu sentais que ça n'allait pas ?
Léna : Oui.
Gabriel : ça veut dire que ça n'est pas encore fini ?
Léna dévisage son frère.
Léna : ça n'est que le début Gabriel.
Gabriel : Mais… c'est déjà l'état martial, je ne vais même plus à l'école, il n'y a plus de magasin…
Léna : Ho petit loup… on n'a encore rien perdu.
Gabriel : Je… je ne comprends pas.
Léna : Pourquoi je t'entraîne ?
Gabriel : Euh… parce que… je… je ne sais pas.
Léna : Si je pensais que tout ça allait se terminer, pourquoi je t'entraînerais à tuer ?
Gabriel : Mais… je… je ne sais pas. Je vais devoir en tuer ?
Léna : Tu devras sans doute y passer.
Gabriel : Tu… tu en as tué combien ?
Léna : Je n'ai pas compté.
Gabriel : Pourquoi tu mens Léna ?
Léna, soupir : 37, j'en ai achevé 37.
Gabriel : C'est dur ?
Léna : Non. Parce que c'est ma vie qui est en jeu, je ne les achève pas par plaisir.
Gabriel : Et le premier ?
Léna : Le premier… oui, je m'en souviens.
Gabriel : Je ne sais pas si j'y arriverai.
Léna : Si tu veux vivre, tu n'auras sans doute pas le choix. C'est pour ça que je t'entraîne, pour que tu ne paniques pas quand tu devras en achever un.
Gabriel : Je ne veux pas les tuer !
Léna : Gabriel, d'abord, ils sont déjà morts, d'accord ? On les achève, on ne les tue pas ! Je ne suis pas un assassin et tu ne le seras pas non plus. Mais nous devons survivre. Tu veux rester en vie ?
Gabriel : Oui…
Léna : Tu veux que maman et moi, on meurt ?
Gabriel : NON !
Léna : Alors qu'est-ce qu'on doit faire ?
Gabriel réfléchit un moment.
Gabriel : Je sais… tu n'as pas le choix. Les grouilleurs…
Léna : Un jour, tu ne l'auras pas non plus. Et ce jour-là, je veux que tu sois prêt.
Silence.
Léna : On continue ?
Gabriel : Oui !
Léna lit et Gabriel massacre un bout de bois avec son couteau. Un grouilleur arrive derrière Léna, en face de Gabriel.
Gabriel se lève.
Gabriel : Léna ?!
Léna lève la tête et se retourne.
Léna : Ne bouge pas.
Le grouilleur s'approche. Léna se tourne vers son frère.
Léna : Et puis, viens, approche.
Gabriel : Mais…
Léna : Tu ne risques rien, c'est moi qui vais l'achever, mais… approche. Je ne veux pas que tu aies peur.
Gabriel : Ils me font peur.
Léna : Tu dois t'en méfier, faire attention… Mais pas en avoir peur.
Léna met un coup de pied au grouilleur, dans l'abdomen, qui tombe en arrière.
Léna : Ils ne sont pas méchants, juste guidés par leurs seuls instincts : se nourrir. Leurs mouvements sont basiques et ils n'ont aucun reflexe. Regarde.
Léna l'immobilise.
Gabriel : Mais tu n'as pas peur qu'ils te mordent ?
Léna : Non. Parce que je les entends venir. Je crains plus leurs ongles. On meurt aussi s'ils nous griffent… allez, ça suffit. N'oublie pas, la tête !
Léna plante le couteau dans la tête du grouilleur. Gabriel détourne la tête et grimace.
Gabriel : Il saigne.
Léna : Parce que son coeur bat. Très lentement, mais il bat. Sinon il ne pourrait pas se nourrir.
Gabriel : Mais si le cœur bat… ils sont vivants.
Léna : Non. Le cœur bat parce que la maladie les fait revenir. Mais regarde ça… ils pourrissent. Ils sont morts… mais pas suffisamment pour rester en terre.
Gabriel : Mais…
Léna : Je n'ai pas toutes les réponses Gabriel. Mais arrête de penser à eux comme des hommes. Ils en étaient et le plus grand service qu'on puisse leur rendre, c'est de les achever… Tu aimerais finir comme ça ?
Gabriel : Non.
Léna : Alors réfléchis-y. Parce que moi non plus. Je n'aimerais pas savoir que je dévorerais des gens vivants ni que je suis un zombie.
Gabriel : Tu as raison.
Léna : Sois fort petit frère… c'est un monde encore plus cruel qui se dresse devant nous.
Fin épisode
Léna lit dans le canapé et Gabriel assit sur le sol, fait des devoirs.
Gabriel : Léna, pourquoi je dois apprendre les religions ? Dieu n'existe pas.
Léna : Pourquoi tu dis ça ?
Gabriel : Parce que c'est la fin du monde… et les Hommes tuent les vivants. Si c'est une blague de Dieu, elle n'est pas drôle.
Léna : On l'a peut-être mérité, après ce qu'on a fait à la Nature et même aux autres Hommes.
Gabriel : Tu te moques de moi ?
Léna, souriant : Non petit loup, pas du tout. Je veux simplement que tu réfléchisses. Dieu nous donne le libre arbitre, il n'est pas responsable de ce que nous en faisons… alors je fais pareil, je te laisse ton libre arbitre. Je ne suis pas plus responsable de la fin du monde que Dieu. Ce n'est pas un châtiment divin. Notre vie terrestre nous appartient.
Gabriel la regarde.
Gabriel : Je dois quand même apprendre l'histoire de l'Islam ?
Léna sourit : On passe tous par là, il n'y a pas de raison que toi non. Et qui sait ? Un jour ça te sera peut-être utile.
Gabriel : Tu te moques de moi ?
Léna : Pas du tout. Regarde, moi j'ai appris qu'on pouvait allumer un feu avec un silex et une pyrite de fer grâce à un roman sur la préhistoire. Allez, termine ta leçon.
Peu après, Coralie descend les escaliers, la mine sombre.
Coralie : Le gouvernement est tombé, les militaires se retirent dans les zones sécurisées.
Léna : Parce qu'elles existent vraiment ?
Coralie : Il semblerait… ce sont sans doute des bases militaires isolées.
Gabriel : ça veut dire quoi ?
Coralie et Léna échangent un regard.
Coralie : ça veut dire qu'il n'y a plus rien, il n'y aura plus de messages radio, plus de ravitaillements… nous sommes seuls.
Et voilà ! Premier épisode terminé ! Rendez-vous dans une semaine pour la suite, l'épisode 2 : le silence dans la tempête.
J'attends vos commentaires avec impatience.
Je vous en prie, ça motive toujours et ça ne vous prend pas très longtemps (je prends critiques comme compliments^^) ! Merci d'avance et à vos claviers ! ^^
