J'espère que le premier chapitre vous a plu !
On enchaîne avec un flash-back ! Donc ce chapitre est écrit à la première personne car c'est John qui raconte quelque chose à Sherlock, ce qu'il lui cachait.
I believe in James Moriarty
Chapter 2 - He told me I was safe.
Lorsque tu t'es fait passé pour ... mort ... J'étais dévasté. Et tu le sais. Au départ je pensais que tu allais revenir, à tout moment, au fond je l'ai toujours pensé et regarde, tu es bien là sous mes yeux. Enfin ... Durant un an, j'ai attendu, je ne sortais presque plus, il était presque difficile de m'arracher une parole. Je refusais les invitations de et Lestrade. Même Mycroft s'est inquiété pour moi ! C'était assez surréaliste. Et le jour, exact, un an après ton départ, quelqu'un a frappé à la porte.
Je me suis demandé qui cela pouvait bien être, car pour venir frapper à la porte, pas sonner, juste frapper, juste un an après tout ça, le jour où tout le monde savait pertinemment que venir me voir était hors de question, quelqu'un se tenait près de la porte et s'attendait à ce que je lui ouvre. J'ai attendu un long moment, me disant qu'il allait finir par partir, que ce devait être un quelconque témoin de Jéhova. Mais non. Il frappa encore ... Et encore ... Régulièrement, toutes les 5 minutes, exactement, parfois il frappait une fois, parfois deux.
Au bout d'un moment, cela devenait bien plus agaçant que d'avoir à supporter la présence de quelqu'un, je me suis donc levé, étant partie "te voir", j'étais le seul dans l'immeuble. Tout en soupirant longuement, je suis descendu pour ouvrir la porte et me retrouver face à un homme dont le visage me disait vaguement quelque chose, cependant j'étais certain de ne l'avoir jamais rencontré. Méfiant, j'engagea la conversation.
"... Oui ?"
"Docteur John Watson ?"
"Oui, c'est moi, qu'est-ce que vous voulez ?"
"J'étais un de ses amis ..."
"Il n'a pas d'amis."
Nous n'avions pas besoin de prononcer ton nom, nous savions pertinemment tout les deux de qui nous étions entrain de parler.
"Vous le connaissez définitivement bien, John."
"Qu'est-ce que vous voulez ?"
"Si je vous dis qu'il ne vous a pas tout dit ... Est-ce que vous me laisseriez encore à la porte ?"
Il jouait avec moi comme tu le fais parfois. Je ne pouvais pas simplement le laisser dehors alors qu'il venait, plus ou moins, de me dire qu'il savait quelque chose à ton propos, quelque chose que je ne savais pas. Et tout au fond de moi, j'espèrai encore qu'il allait m'annoncer que tu étais encore en vie, quelque part.
"Je sais que vous étiez son unique ami. C'est pourquoi vous ne savez pas tout. Et j'aimerais en discuter avec vous."
"... Pourquoi aujourd'hui ?"
"Pourquoi pas ?"
Après cette brève conversation, je me résigna à le laisser entrer. Peut-être qu'au fond, je ne désirai pas vraiment rester seul ce jour-là. Je le guida jusqu'au salon et il s'installa naturellement sur mon fauteuil. A regret, je dû m'assoir sur le tiens. Je m'asseya de façon plutôt stricte et remarqua qu'il faisait de même, j'en déduisais donc qu'il était un ancien soldat, comme moi. Sans même m'en rendre compte, j'avais commencé à analyser mon entourage, tout comme tu le faisais.
"Donc, dîtes-moi. Qui êtes-vous ?"
"J'ai rencontré Sherlock à l'université. Vous savez, il n'avait pas beaucoup d'amis là-bas. Il n'était pas non plus très discret avec son incroyable sens de la déduction, il savait quand quelqu'un mentait, quand quelqu'un cachait quelque chose. Et il ne pouvait s'empêcher de le montrer. Mais même avec cela, j'étais fasciné par lui, comment il devinait toutes ces choses, comment il déduisait tout cela ... Tout ce que je faisais c'était rester à ses côté, l'aidant à ne pas se faire frapper, lui indiquant lorsqu'il vallait mieux se taire. Un peu comme vous, mais en plus jeune."
Je ne pus m'empêcher de rire un peu à sa remarque, c'est vrai que la description me ressemblait pas mal. Enfin, il fallait omettre que ce n'était pas que de la fascination qui m'avait guidé vers toi mais aussi, comme l'a dit Mycroft, le fait qu'avec toi, j'étais à nouveau sur le champ de bataille.
Nous avons donc passé les heures suivantes à discuter, longuement, j'apprenais des choses sur toi que je n'aurais, évidemment, jamais pu deviner et je lui racontais comment s'était passées nos enquêtes, comment c'était de vivre avec toi, jour pour jour, H24. Il fut très amusé de voir à quel point tu avais peu changé sur certains détails apparemment. Je lui proposais de dîner ici pour continuer à discuter mais il refusa poliment, me laissant juste son numéro de téléphone et son mail. Avant qu'il ne parte, je réussi à lui demander.
"Excusez-moi mais ... Quel est votre nom déjà ?"
"Sebastian Moran."
Sur ces derniers mots, il quitta les lieux et je le regardais attraper un taxi en bas de l'immeuble, entrant son numéro dans mon répertoire.
Quelques jours plus tard, il me demanda s'il pouvait revenir me voir à l'appartement, il avait apprécié notre meeting de la dernière fois, et voulait recommencer. J'avais préparé du thé cette fois, et se joigna à nous. C'était agréable de pouvoir parler de toi ainsi en fait, c'était comme si tu étais encore là. Je t'entendais râler dans ma tête à vrai dire. J'appréciais cette compagnie.
Sebastian revint plusieurs fois, parfois nous parlions peu mais cela nous suffisait. Puis au bout de quelques mois, nous avons commencé à sortir. Dîner, boire un verre, aller au cinéma, à la bibliothèque. Cela nous faisait presque rire, on aurait pu être un couple. Mais ce sujet était délicat, donc nous l'évitons plus ou moins.
J'ai commencé à être dérange lorsque Mycroft me convoqua. Il ne l'avait pas fait depuis ton départ et lorsque je vis la voiture aux vitres teintées s'approcher de moi alors que Sebastian s'éloignait, je devinais de suite de qui il s'agissait. J'étais seul cette fois à l'intérieur du véhicule et nous nous sommes rencontrés dans un vieux bâtiment abandonné à l'autre bout de Londres. Cependant, la conversation avait assez mal tournée ... Je ne sais plus de quoi il en résultait mais il me demandait de ne pas faire confiance trop rapidement aux gens ... Et par "gens" il voulait bien évidemment dire Sebastian. Et je savais très bien que par là, il insinuait que je faisais la même chose qu'avec toi, que j'avais besoin de m'accrocher à quelqu'un alors que je te remplaçais. Ton frère n'a sûrement pas comprit que pour moi tu es irremplaçable. Enfin, je me suis emporté et me suis juré de ne plus jamais venir lorsqu'il me le redemandera.
Bien sûr, avec le temps, j'ai regretté ce choix.
Enfin, j'ai continué à voir Sebastian, et un soir alors que nous dînions à l'appartement, la conversation prit une tournure des plus étranges. Je pense que, contrairement à moi, il avait bel et bien deviné que je vouais plus que de l'amitié à ton sujet.
"Et bien, on a tout les deux perdu nos "modèles" je pense ..."
"Il était ton ... quoi ?"
"Désolé, navré, je ne voulais pas le dire ainsi."
"Non, c'est juste que ... Je n'ai pas compris. Sherlock te manque vraiment ..? Je veux dire ... tu ne l'avais pas vu depuis longtemps, non ?"
"Oh ... oui ... Je ne t'avais pas dit ..."
"Dis quoi ?"
"J'ai perdu quelqu'un d'autre ... Un peu avant Sherlock ..."
"Oh ... Je suis désolé ..."
"Non non, ne le sois pas. Tu m'as beaucoup aidé à passer à autre chose."
"Vraiment ?"
"Oui."
"... Donc ... Qui c'était ?"
Un long silence s'installa, il me regardait droit dans les yeux, je m'en souviens encore. Cela m'effrayait presque par instant car il avait un regard si perçant. Si froid.
"Je ne peux pas te dire son nom encore. Mais il était mon amant."
Cette phrase me bloqua complètement, à cet instant, on devrait réagir comment ? Savoir qu'on a en face de soit un homme qui, un an plus tôt, a perdu la personne qu'il aime. Non pas un ami, mais un amant. Cela me fit tellement mal, que je ne porta même pas attention au fait qu'il ait aussi fait une sorte de "coming-out" juste sous mes yeux. Je ne savais pas quoi dire, ni quoi faire. Je le fixai juste pendant de longues secondes et je parvins à répondre enfin.
"Je suis désolé ... Je ... Si je peux faire quoi que ce soit .. Vraiment ... Dis-le."
"Effectivement, tu pourrais faire quelque chose pour moi."
"Vraiment ?"
"Oui."
Sans un mot de plus, il se leva pour venir face à moi et sans que je ne m'en rende compte, il avait déjà ses lèvres sur les miennes. J'étais ... choqué. Je ne savais pas comment réagir à cela, après tout, il était là pour moi, on avait réussi à surmonter ces épreuves ensemble, on s'invitait au restaurant, on se chariait sur des points sensibles ... On avait un peu tout d'un couple.
Je l'ai donc laissé faire.
Cela me paraissait diablement effrayant, curieux et même un peu envoûtant. Mais je me suis laissé faire, totalement. Après tout, plus personne à part lui ne voulait de moi, le jouet brisé du "faux génie" qui continuait de croire en son maître parti. Il était le seul à encore m'offrir l'affection d'un amant. Ce qui avait fini par me manquer au bout d'un an. Car c'était presque ce que tu m'offrais toi aussi, chaque jour, mais à ta façon.
Enfin, nous n'avons jamais dépassé le stade des baisers à vrai dire. J'étais beaucoup trop mal à l'aise, et il le savait. Donc il laissait le temps faire son oeuvre, petit à petit. Je m'étais dit intérieurement que s'il finissait par vivre avec moi ici, peut-être que nous aurions pu aller plus loin. Mais nous ne sommes jamais arrivés à ce stade.
Pourquoi donc ?
A cause de toi Sherlock. Enfin, plutôt grâce à toi en fait.
Les mois s'étaient écoulés, on restait cependant très discrets sur notre relation, personne n'en a jamais été au courant. Et un jour, je lui ai proposé de venir vivre à la maison, sa réponse fut plutôt claire.
"Non."
"Pourquoi ?"
"Je ne peux pas vivre ici avec "ses" affaires ... C'est comme vivre avec une troisième personne."
"... Je sais ... Je suis désolé ... Mais je ne veux vraiment pas les jeter ... Elles représentent beaucoup pour moi ..."
"Oui. Je sais, John. Mais Je ne pas vivre avec, moi. Et tu le sais. Plus tard peut-être."
"Ok ... Désolé encore ..."
Juste un baiser au coin de la lèvre et il souriait à nouveau, ce n'était pas trop difficile entre nous, il nous arrivait même de nous endormir sur le canapé tout les deux, l'un contre l'autre. Jusqu'à un soir particulièrement sombre.
Je venais de faire les courses, la nuit était déjà tombée, la pluie tombait à verse. Je m'étais empressé de rentrer pour découvrir la porte d'entrée ouverte. Lorsque j'entra, il était là. Il m'attendait, au centre du salon, dans la pénombre.
"Pourquoi tu n'allumes pas la lumière ?"
Alors que mon doigt s'approchait de l'intérupteur, il attrapa mon poignet, m'en empêchant. Je l'ai regardé longuement, ne parvenant pas à comprendre ce qu'il cherchait à faire. Il ferma la porte à clefs derrière moi et me prit dans ses bras. J'avais prit l'habitude qu'il fasse cela mais je ne comprenais pas très bien pourquoi il tenait à garder les lumières éteintes. J'ai juste posé mes mains sur sa gorge pour le fixer, inquiet. Il s'empressa de couvrir mes lèvres avec les siennes pour m'empêcher de lui demander quoi que ce soit, inconsciemment, je me laissa faire, passant juste mes bras autour de son cou. Sans que je ne sache vraiment pourquoi, ma vision se brouillait, l'appartement devenait de plus en plus embrumé, flou, et lorsqu'il me serra fermement dans ses bras, les dernières paroles que j'ai entendu venant de lui était un murmure à mon oreille.
"Tu sais quel était le nom de mon amant, John ?"
"... Non ..."
"Jim Moriarty."
Mon coeur se serra à l'entente de ce nom, et alors que je m'apprêtai à le repousser, je m'évanouissai dans ses bras.
S'en suivit une nuit de cauchemar total. Ou non seulement Sebastian, mais aussi lui ... Jim ... Mortiarty ... Abusaient de moi, de mon coeur comme de mon corps, et ce durant toute la nuit, me faisant hurler ton nom de désespoir.
Mais lorsque je me réveillai, j'étais juste nu, dans mon lit. Je n'avais rien, pas une égratignure, pas une blessure, je n'avais aucune douleur. Tout cela n'avait été qu'un rêve. Mais pourtant, tout avait été si réel, je les avais touché, avec mes mains, j'en étais sûre. Et chaque nuit, cela recommençait. Encore et encore et encore. Jusqu'à ce que tu reviennes.
Lorsque tu es revenu, les cauchemars étaient encore là, mais s'atténuaient, peu à peu. Et puis, un jour, ils ont totalement disparus.
Mais je sais que Sebastian avait quelque chose à voir là-dedans, c'était évident, ce n'était pas de simple cauchemar Sherlock. C'était trop réel. Même la douleur l'était ! Je ne sais pas encore comment c'était possible mais ... mais ils étaient là !
J'étais horrifié à l'idée de dormir, et j'avais beau partir, à chaque fois cela recommençait, je n'avais jamais un instant de répit.
J'ai cru que j'allais me tuer avant que tu n'arrives.
Tu sais tout à présent. Absolument tout. Et c'est pour ça que ton cauchemar m'effraie. Parce que j'ai peur qu'à présent, cette ... "malédiction" si on peut appeller ça comme cela ... S'en prenne à toi.
Alors que John reprenait son visage entre ses mains, Sherlock passait son bras autour de ses épaules, réfléchissant encore à tout ça alors qu'il le serrait contre lui, se demandant comment ils allaient faire pour contrer l'attaque "imaginaire" de ce monstre qui les hantaient encore par-delà la mort.
