Hey !

Vous avez passé une bonne semaine ? Pour ma part, le soleil brille, les examens (foirés XD) sont finis donc ça va !

Sinon, outre mon racontage de vie, voici un nouveau chapitre ! :D

Bonne lecture !

Disclaimer : Merci JKR !


Chapitre 1 : Et nos vies s'écroulent

Il y a cette odeur âcre. Il y a cette poussière qui s'infiltre dans les poumons. Il y a ces morceaux des murs et du plafond qui écrasent les jambes. Il y a cette colonne de fumée qui s'échappe dans le ciel londonien. Il y a ce sang qui coule le long des têtes, qui goûte sur le sol. Et il y a ce silence glacial, morbide.

Puis, il y a ces cris qui retentissent, ces cris aux accents horrifiés, ces cris désespérés, ces cris qui hurlent.

oO0Oo

Hermione tenta d'ouvrir les yeux, de comprendre ce qui était en train de se passer. Mais elle ne réussissait pas, ne se souvenait plus de ce qui était arrivé. Sa tête lui faisait mal, affreusement. Elle sentait que quelque chose lui obstruait la poitrine et la respiration. Dans sa bouche, un liquide au goût métallique se déversait le long de sa gorge et elle ne sentait plus ses jambes.

C'était grave. Elle le sentait. Toute cette agitation qu'elle pouvait presque toucher et qui électrisait l'air était n'était pas normale, une catastrophe venait de se passer. Quelque chose qui avait surpris tout le monde, qui était totalement imprévu, qui était mortel. Et puis il y avait cette moiteur qui emplissait l'espace accompagnée de cette odeur de sang, de chair qui flottait tout autour.

Elle essaya de se redresser mais n'y parvint guère. Alors, rassemblant toutes ses forces, elle s'obligea à ouvrir les yeux pour comprendre.

Doucement, ses paupières se soulevèrent. Elle n'avait pas la force de bouger la tête mais de ce qu'elle voyait, il y avait des morts. Face à elle gisaient plusieurs personnes écrasées sous un imposant débris, sûrement venu du plafond. Des mains dépassaient du dessous d'une poutre, des briques étaient encastrées dans certaines têtes, des corps rampaient au sol en émettant de pitoyables gémissement. Les hurlements et les plaintes lui martelaient l'esprit et lui vrillaient les tympans mais s'y étaient maintenant ajoutés les ordres et mots de nouveaux arrivants. Elle percevait également les voix des hommes et des femmes se crier diverses informations, le ton écœuré, angoissé ou chevronnant tandis que des dizaines de « Plops » résonnaient.

« Il faut les évacuer !

— Combien sont-ils ?! Il y en a trop !

— Il nous faut des renforts !

— Il… Il y a des morts…

— Episkey !

— Aidez-moi à dégager ceux-ci !

— … ».

Tout se mélangeait dans l'esprit de la jeune femme. Les mots se mêlaient, s'emmêlaient et se démêlaient. Les images se superposaient les unes sur les autres, la tête en sang d'une femme flottant au-dessus d'une statue écroulée, le corps de pantin d'un petit garçon volant vers le ciel au milieu de la poussière, comme attiré par le soleil caché.

Les bruits résonnaient dans sa tête en d'infinis échos qui tapaient contre ses tempes. Elle avait l'impression que l'on transperçait son esprit de part en part, qu'on le criblait de petites lames tranchantes, que l'on déchirait son âme. Elle ne supportait pas la vision d'un tel carnage, d'un tel massacre. Elle n'arrivait plus à penser à autre chose, tout son être était tourné vers ces vies qui s'éteignaient comme on aurait soufflé sur des bougies. Un instant, elle ferma les yeux, arrêta d'écouter, de sentir, de réfléchir et fit le vide dans son esprit.

Elle tenta de ne plus que songer à qu'à une unique chose, à quelque chose qu'elle savait réel et invariable, inchangeable. Elle se concentra sur son nom, ses origines, sa vie. Elle se concentra sur ce qui définissait son identité même, plaça toutes ses forces dans ce but. Mais aussi puissante fut sa volonté, seul les corps inanimés envahissaient les moindres recoins de ses méninges.

Hermione tenta de se reconcentrer sur ce qui l'entourait, faute de pouvoir l'oublier.

Elle inhala une grande goulée d'air mais manqua de s'étouffer.

Elle tourna son regard vers le haut et perçu un petit carré du ciel bleu au milieu des nuages de poussières qui le recouvraient peu à peu.

Elle tenta de se lever une fois encore mais échoua de nouveau.

Alors elle se résolut à attendre.

oO0Oo

Un peu sonnée, Mary tenta de se remémorer ce qui venait de se produire. Elle dut s'y reprendre à plusieurs fois avant d'y parvenir.

Elle était coincée derrière un grand homme brun quand les murs du Ministère avaient commencés à trembler. Un silence s'était rependu au travers de la foule. Chacun avait stoppé tous mouvements avant de guetter le moindre bruit alors que les tremblements s'intensifiaient. Puis le son d'une craquelure avait retentit depuis le plafond. Ce fut à ce moment que les gens avaient réalisé que ce dernier commençait à s'effondrer et, dans un mouvement de panique générale, chacun avait tenté de s'enfuir par tous les moyens. Ils s'étaient bousculés, poussés, piétiné. Mais tous étaient pris au piège dans cette forteresse magique qui n'autorisait aucune fuite « sauvage », seules les cheminées et l'entrée des visiteurs permettaient de rejoindre la surface. Et d'un coup, le vieux plafond du Ministère avait cédé, écrasant ceux qui se situaient en dessous par la même.

Par miracle, l'australienne n'avait souffert que d'un coup à la tête lors de sa chute et avait été épargnée par les gravats. Elle sentait également quelques blessures superficielles le long de son corps sûrement causées par les éclats de briques qui avaient volé en tous sens mais rien de grave.

Le silence causé par le choc de la déflagration se brisa quand un premier hurlement retentit, rapidement rejoint par beaucoup d'autres.

Des hurlements de douleur, des hurlements d'horreur, des hurlements de peur.

Avec difficulté, la blonde réussit à se redresser. Son premier réflexe fut de glisser sa main dans sa poche pour voir si sa baguette s'y trouvait encore. Rassurée, elle s'en saisit avant de constater l'étendu du massacre. On se serait cru au beau milieu d'un champ de bataille, d'une ville dévastée par la guerre : des débris recouvraient le sol et les corps gisants, une sombre fumée s'élevait vers le ciel et des sorciers apparaissaient un peu partout pour essayer de sauver ceux qui pouvaient encore l'être.

Poussée par l'image de toutes ces vies qui peu à peu s'enfuyaient, elle se releva et, boitant légèrement, se dirigea par les premiers secouristes qu'elle vit.

oO0Oo

Drago Malefoy se laissa tomber dans le canapé. Il était épuisé. Il sortait à l'instant du bureau de son directeur avec qui il avait débriefé sa dernière mission. Il était rentré vers onze heures des forêts sombres d'Écosse dans lesquels il avait passé plus de deux semaines à discuter avec les loups garous de la région. Ces derniers se plaignaient de leurs conditions de vie qui n'avaient pas évoluées depuis la fin de la guerre. Dans l'ombre, les hybrides commençaient à s'agiter et il n'était plus rare d'envoyer des aurors calmer le jeu.

Il se frotta le visage, comme si cela pouvait influer sur sa fatigue et la faire disparaître. Il avait le droit à une semaine de repos avant de repartir. Il faisait partie de la Brigade d'Interventions Spécialisées des Aurors. Spécialisée en quoi ? Lui-même se le demandait toujours. Dans les faits, ils étaient plutôt les « sacrifiés » : ceux qui se rendaient sur les missions les plus complexes, ceux qui étaient en premières loges lors d'incidents majeures, ceux qui avaient les horaires les plus invivables, ceux qui n'avaient pas d'enfants, ceux qui n'avaient pas de copines ni de femmes, ceux qui n'avaient pas de vie, enfin pas vraiment. Mais tout ça, le jeune homme ne le regrettait pas, c'était le prix à payer pour se racheter, du moins l'avait-il crût.

Quand la guerre s'était achevé et que les procès avaient commencé, il avait réussi à être blanchi, incroyablement, mais blanchi. Cependant il est bien connu que la voix de la justice n'est jamais celle du peuple : celui-ci est fasciné par les coupables et dégoûté par les innocents. Mais il avait vraiment voulu se faire pardonner, expier ses fautes alors il avait essayé de se mettre à sa place. Il lui faudrait du temps avant de ne plus ressentir d'animosité envers le commanditaire de l'assassinat de Dumbledore et des efforts de sa part. Beaucoup d'efforts.

Il avait donc intégré la formation des aurors anglais, fermant les yeux sur les regards de dégoût qu'on lui jetait au milieu des couloirs. Il s'était engagé dans la brigade la plus difficile du département et avait fermé les yeux sur les regards de peur des gens qu'il rencontrait parfois. Il avait pris les tours de garde les plus gênant et fatiguant pour soulager ses collègues et avait une fois encore clos ses paupières face au mépris de ses homologues. Presque cinq ans après, il pouvait dire qu'il était presque intégré dans le département même si on ne lui faisait toujours pas entièrement confiance. Mais les sorciers ont la rancune tenace et le lui faisait bien comprendre.

Tout à l'heure il avait croisé Hermione Granger, son ancienne camarade, dans l'ascenseur. Hermione Granger, c'était celle qui accordait clémence à tout le monde et n'importe qui et qui serait allée réconforter Voldemort même s'il avait pleuré lors de sa défaite. Et bien même elle, Sainte-Granger, le voyait comme un monstre après toutes ces années.

Parfois, il avait vraiment envie de croire que tout ceci, tous ces sacrifices étaient inutiles.

Difficilement, il se releva et se dirigea vers la cuisine quand un Patronus apparut face à lui. C'était un aigle, donc celui de son chef, et le fait qu'il ne prenne pas même le temps d'utiliser le réseau de Cheminettes signifiait que c'était grave. D'une fois sèche et grave, l'animal lâcha :

« Attentat au ministère. Rendez-vous sur place. Morts et blessés ».

L'information parvint en un éclair au cerveau du blond qui récupéra sa cape et transplana sans plus de questions.

oO0Oo

Quelques minutes auparavant…

James Hoppe sortit du métro londonien en plein Piccadilly Circus. Il revenait de sa pause déjeuné qu'il avait prise dans une petit pub du côté de Rengent's Park, à deux stations de là ; il était un habitué du lieu dans lequel il déjeunait chaque lundi depuis presque trente ans.

C'était une irlandaise qui tenait le petit commerce. Depuis qu'il y allait, il n'avait toujours pas réussi à lui donner un âge : peut-être trente, peut-être soixante ans, elle faisait partie de ces personnes sur qui le temps n'avait pas de prise. De plus, sa touffe de cheveux roux, sa voix autoritaire et son fort caractère impressionnaient trop James pour qu'il ose lui poser la question.

Il se rendit vers le passage clouté le plus proche. Tout le monde se massait, attendant avec impatience le changement de couleur du « petit bonhomme ».

James Hoppe n'était pas quelqu'un que l'on remarquait, dont on se souvenait ; il était même l'incarnation de la banalité. Il avait la cinquantaine, était plutôt petit, portait des lunettes ni rondes ni carrées, possédait un crâne dégarni sur lequel subsistait quatre malheureux cheveux noirs qui allait d'un côté à l'autre de sa tête, portait toujours des costards gris trop grands pour lui accompagnés de chemises blanches et de cravates rouges, avait une petite mallette en cuir brun, travaillait dans la même entreprise depuis trente ans, était assigné au même poste depuis trente ans, occupait le même bureau en bois depuis trente ans, vivait dans le même appartement miteux depuis trente ans, s'épongeait sans cesse le front avec un petit mouchoir blanc glissé dans sa poche, était timide et célibataire depuis toujours.

Bref, James Hoppe était d'une platitude affligeante, un condensé d'ennui.

Il travaillait au Pens' Statistics Institute ou PSI, un institut de statistique qui vendait au fabriques de stylos des chiffres sur les couleurs que préféraient les consommateurs, le rouge, le bleu, le vert et le noir arrivant en tête à chaque nouveau relevé. PSI était composé de neuf personnes dont huit qui changeaient régulièrement, la neuvième étant James.

Enfin, le feu passa au vert toute la foule qui s'amassait sur le trottoir put traverser la célèbre place.

Si la plupart des gens se dirigèrent vers les grandes enseignes lumineuses et les beaux immeubles, le salarié de PSI se dirigea vers une petite rue adjacente, tellement petite que les voitures ne pouvaient s'y engouffrer et qu'elle n'était même pas répertorier sur le plan de Londres ; en fait, c'était plus un loupé lors de la construction de deux immeubles mitoyens qu'autre chose. Et au bout de cette presque impasse se trouvait une rue parallèle à Piccadilly Circus qui n'avait plus rien à voir avec le célèbre rond-point. De ce côté-ci les murs des maisons était noirs, les fenêtres condamnées par des planches de bois ou des parpaings, seules de vieilles voitures passaient à l'occasion, la route était tellement ancienne et abimée que par endroit on voyait la terre qui se trouvait dessous, la seule touche de couleur était une vielle cabine téléphonique au rouge délavé qui était hors d'usage depuis au moins trente ans.

D'ailleurs, cette cabine, elle lui faisait peur. Ça paraissait stupide dit ainsi mais c'était vraiment ça : une angoisse panique qui le saisissait à chaque fois qu'il devait passer devant. En fait tout avait commencé un soir où il rentrait tard chez lui. Il avait vu deux personnes à l'air étrange avec des capes et des chapeaux pointus, un peu comme dans les mauvais films sur le moyen-âge dans lesquels les sorcières sont caricaturées. S'il avait fait attention à ne pas se faire remarquer, il n'avait cependant pas eu peur : la rue était assez malfamée passé une certaine heure. Mais ensuite, ils les avaient vu entrer dans la cabine alors que dessus était écrit qu'elle ne marchait plus depuis des années et, encore plus surprenant, parler dans le combiné.

Puis, et c'est précisément à ce moment-là qu'est née son angoisse, la cabine a commencé à disparaître dans le sol ! A peine James avait-il eu le temps de cligner des yeux que la cabine était à sa place, intacte, et que les étrangers s'étaient évaporés. Bien sûr, tout ceci aurait pu ne rester qu'à l'état d'hallucination dû à l'heure avancée si la scène ne s'était pas reproduite quelques années plus tard, en plein jour.

James s'en souvenait encore : c'était un lundi puisqu'il sortait pour se rendre dans « son » pub pour y prendre sa pause déjeuner. Le déroulement avait été exactement le même si ce n'était que c'était cette fois-ci un couple qui s'était enfoncer sous terre. Depuis, James rasait toujours le mur d'en face quand il se rendait dans son immeuble.

Le quinquagénaire arriva à la fin de l'étroite rue et s'apprêtait à s'engouffrer dans la rue à la cabine quand passèrent devant lui trois personnes à l'air visiblement très pressé. Elles ne le virent pas, ne pensant pas à jeter un regard vers l'allée que l'on ne voyait que si l'on y prêtait attention.

James se plaqua dans l'ombre.

Ça recommençait, les personnes étranges revenaient. Le corps tout entier de James se mit à trembler fortement tandis qu'il sentait gouttes de sueurs commencer à couler le long de son front.

Fébrilement, il se saisit du mouchoir blanc qu'il avait en permanence dans sa poche de veste et se tamponna les tempes. De là où il se trouvait, il pouvait les voir entrer dans la cabine. Elles étaient vêtues de capes noires et des capuches étaient rabattues sur leurs têtes si bien qu'on ne pouvait distinguer leurs visages. Elles s'engouffrèrent dans la cabine mais la dernières, juste avant de rejoindre les deux autres, balaya la rue du regard.

Terrorisé, James se plaqua plus encore si cela était possible contre le mur et bloqua sa respiration. Il ferma les yeux le plus fort possible, comme si ça pouvait le faire disparaître ou bien l'éloigner de cette insensée situation. Il entrouvrit ses paupières et vit les trois inconnus disparaître sous terre tandis qu'une nouvelle cabine venait se mettre en place, vide.

L'employé de la petite entreprise de statistiques pouvait sentir le sang pulser dans son corps et son cœur battre, incontrôlable. Il inspira le plus d'air possible. Non, tout allait bien, ce n'était rien.

La démarche incertaine et la main tamponnant toujours son front avec le mouchoir, James Hoppe traversa la rue et rentra dans un vieil immeuble dans lequel, arrivé au troisième étage, il retrouverait le sol en moquette, les murs à la peinture jaunie et le bois marqué de son bureau.

oO0Oo

Hermione gisait toujours au milieu des décombres, attendant que l'on vienne la dégager. Elle entendait encore les voix mais tous ces mots balancés de tous bords ne signifiaient toujours rien pour elle. Et puis elle commençait à avoir froid, à avoir peur. Elle avait surtout peur, très peur. Peur qu'on l'oublie et qu'elle meurt ainsi, peur de tous ces bruits qu'elle ne comprenait pas, de ces cadavres, de ce qui lui arrivait.

Doucement, une larme s'écoula de son œil et roula sur sa joue avant de tomber, laissant une trace sur la poussière qui couvrait la jeune femme.

Elle était morte de peur.

oO0Oo

Drago avait pensé à l'atrium en transplanant, ce fut aux enfers qu'il arriva. La vision était horrible, sanglante, morbide.

En tentant de ne pas trop s'émouvoir, il s'avança la première personne qu'il vit, une médicomage vraisemblablement.

« Vous êtes aurors ? Parfait ! Il faut dégager les corps, vous essayer d'enlever les plus gros morceaux mais vous ne touchez à rien si vous sentait une forte concentration de magie autour. Chaque centimètre de ce foutu ministère en est imprégné, il faut attendre les briseurs de sorts. Ne faîtes pas dans le détail, on n'en a pas le temps. ».

La femme s'était retournée d'un coup vers lui, avait tout débité à une vitesse incroyable et, déjà, elle discutait avec une autre personne.

Alors, sans vraiment savoir par où commencer, il s'avança vers le premier corps qu'il vit.

oO0Oo

Mary avança vers ce qu'elle identifia comme une médicomage. Cette dernière discutait avec un homme blond à qui elle devait sûrement donner les ordres. Elle se tourna vers la jeune sorcière tandis que l'homme commençait à dégager une statue écroulée qui écrasait un homme.

Mary parla avant que la femme n'en ait le temps.

« Qu'est-ce-que je peux faire ? » lâcha-t-elle de but en blanc.

Son interlocutrice devait avoir la cinquantaine, avait des cheveux bruns attachés en chignon serré, portait une blouse blanche, regardait l'australienne et était stupéfaite de s'être faite coupée cours ainsi.

Elle fixait cette jeune femme aux cheveux blonds emmêlés et collés par la poussière, à la lèvre fendue, aux écorchures indénombrables, au tailleur déchiré, à la baguette fermement serrée dans la main droite, à la lueur de détermination dans le regard. Elle fixa cette jeune femme qui venait d'assister à la plus grande catastrophe que le monde sorcier ai connu depuis bien longtemps maintenant mais qui était tout de même venue jusqu'à elle en claudicant pour pouvoir se rendre utile, aider.

Sûrement souffrait-elle d'un traumatisme crânien, sûrement avait-elle plusieurs coupures graves mais malgré sa conscience médicale qui lui hurlait qu'elle ne pouvait pas la laisser s'agiter en tous sens, Merdith Rules s'entendit dire :

« D'accord. Vous connaissez les sorts de guérison basique ? »

Mary hocha la tête.

« Très bien. Vous vous occupez de tous ceux qui sont accessibles, vous concentrez sur ce qui est le dangereux pour eux et faîtes en sortes que l'on puisse les transplaner sans trop de dégâts. D'autres que vous s'occuperont de les conduire à Sainte-Mangouste. Vous avez bien tout compris ?

— Oui. »

Mary commença à repartir quand la médicomage lâcha :

« Merci. Vraiment. ».

oO0Oo

Quelques minutes auparavant.

Il était arrivé au palier situé entre le deuxième et le troisième étage quand il sentit le souffle de la déflagration.

La fenêtre juste au-dessus de lui explosa en des milliers de petits éclats de verre, un courant d'air chargé de poussière pénétra avec force dans la petite cage d'escalier, un bruit assourdissant retentit – en plus de celui du verre – comme venu de l'extérieur, une seconde de silence qui parut l'infini, les cris qui explosèrent, puissant, douloureux.

Roulé en boule sur le sol, la tête entre les bras, James attendait. Il attendait tandis que les cris continuaient, que les sirènes retentissaient.

Une minute, deux minutes, l'éternité.

Doucement, il se releva. Un assez gros morceau de verre était enfoncé dans son bras gauche. Détachant son regard de la plaie, il saisit le débris de la main droite et, tentant de ne pas bouger plus que nécessaire, l'arracha avec un petit couinement. Ses yeux le picotèrent tant la blessure le lançait mais il n'en tint compte : il avait un mauvais pressentiment.

Titubant, il entreprit de rejoindre la rue, se cognant contre les murs de la cage d'escalier assez régulièrement.

Une fois à l'extérieur, il constata que l'explosion ne venait pas de là mais de plus loin, de Piccadilly Circus. Courant presque, son bras endommagé pressé contre son torse, il se rua dans la minuscule venelle mais n'en sortit pas une fois arrivé au bout, choqué.

Il y avait un trou, un cratère au milieu de la si familière place. Un énorme gouffre qui donnait l'étrange impression d'être constitué d'une sorte de pièce. Et là, tout autour, une sorte de branche à la main, s'activaient des gens de la même espèce que ceux qui s'évaporaient par la cabine téléphonique. Ils lançaient ce qui aurait pu ressembler à des formules magiques sur les pompiers londoniens et les témoins, si tant ai qu'elles existent.

James sentait ses mains trembler à nouveau tandis que perlaient une fois encore des gouttes de sueur sur son front mais, cette fois-ci, il ne les essuya pas : il n'en avait pas le temps. Il se retourna et se mit à courir.

Cela allait bien faire quarante ans que cela ne lui était plus arrivé mais il savait qu'il n'avait pas le choix. Il sentait qu'il n'avait pas le choix, comme si sa vie en dépendait.

Il courrait à en perdre allure, à en perdre le souffle, tombant mais se relevant.

Parce que James Hoppe avait peur et était en danger de mort et que, ça, ça ne lui était encore jamais arrivé.

oO0Oo

Hermione ne sentait plus son corps, plus son souffle, plus son cœur, plus l'agitation, plus rien. Lentement, elle se sentait glisser vers d'autres contrées, mystérieuses mais accueillantes. La peur avait disparue, envolée, les hurlements s'étaient éteints et la réalité était morte. Morte pour être oubliée.

Les paupières mi-closes, Hermione se dit qu'elle était sûrement en train de mourir mais qu'au final, mourir ainsi, sans trop attendre, sans trop se poser de question, en voyant la mort arriver telle une amie, était une belle mort. Une mort simple, en soi.

Elle espérait juste qu'ils ne seraient pas trop comme elle.

Et puis, d'un coup, cette impression de s'élever, peut-être vers le ciel, les voix des archanges au-dessus du visage, le réel qui s'échappe, qui glisse entre les doigts.

Et un sourire apaisé, enfin.


Et voilà ! ;)

Voici encore un nouveau perso : James Hoppe ! Il est assez ridicule mais il va m'être très utile par la suite !

Sinon j'espère que vous avez apprécié ce chapitre !

Perso, je n'en suis pas super fan mais il pose les bases pour la suite.

Si vous avez des remarques, des commentaires, des avis n'hésitez surtout pas !

Bonnes semaines !