Désolé pour le retard, j'ai eu pas mal de devoirs et autres. En espérant que ce nouveau chapitre vous plaira! Encore un grand merci à ma bêta, Madame_casse-pieds aka MCP! ENJOY!


Nous sommes les pions aventureux, d'un destin si hasardeux... Auteur inconnu


Un couloir sombre, le silence pesant. L'angoisse qui glisse sous ma peau. Je sais ce qui m'attend, je connais la fin de ce cauchemar. Mon regard se dirige instinctivement vers la porte du cachot au fond du couloir. Il fait sombre ici et le froid est glacial. J'avance lentement vers son antre. J'ai peur mais je pose quand même ma main sur la poignée et pousse lentement la porte. C'est une chambre de taille moyenne qui apparaît sous mes yeux. De nombreuses marques de griffures et des traces de sang ornent les murs gris et ternes de cette pièce tandis que de longues chaînes plus ou moins rouillées pendent du plafond. Il n'y a aucune fenêtre ici et la seule lumière provient de la porte ouverte. Pour compléter le tableau, un matelas défoncé trône dans un coin sombre de la salle. Je m'avance alors lentement vers ce lit de fortune, l'angoisse toujours palpable autour de moi. Une masse gémit et s'agite lentement sous un drap tâché de sang. Je m'agenouille à sa hauteur tandis que je tire délicatement sur le tissu terne et déchiré. Soudain je me fige.

« Qu'est-ce que…? »

Les draps sont toujours les mêmes, mais ce cauchemar à changé. Que se passe-t-il? Normalement c'est moi dans ce lit et aujourd'hui je découvre un petit être tremblotant. C'est un enfant, un garçon me semble-t-il. Des traits fins, de longs cheveux bruns sombres, des lèvres rouges. De nombreuses marques de griffures ainsi que des bleus ornent sur ses bras. Alors que je le contemple, la porte du cachot se referme soudainement derrière moi dans un bruit infernal et l'obscurité envahit la pièce. Je me retourne pour faire « face » à cet importun mais ne vois rien. Alors que je tente d'attraper ma baguette, je constate que cette dernière n'était pas en ma possession. La panique me gagne et mon seul repère est le mur froid derrière moi. Je sens de l'agitation et de petits mains saisir mon pantalon.

« Qui est-là?! Montrez-vous!

- Ne les laisse pas me faire du mal. Tu m'avais promis.

- Quoi? Mais qui… »

Je n'ai pas le temps de finir ma phrase et je sens une aura sombre à côté de moi. Je tente de m'en éloigner mais un coup s'abat soudainement sur mon visage. Je tombe au sol tandis que ce mystérieux agresseur continue ce traitement. Je n'arrive même pas à me défendre. Tout recommence en fin de compte et au bout de ce qui me semble être une éternité, mon agresseur se penche vers moi. Il est si proche, tellement que j'arrive à reconnaître son parfum. Je souhaiterais me tromper :

« Bienvenue à la maison… mon fils. »

Je me fige. Cette voix…non… NON! Je le sens me saisir et me retourner sur le dos. Il est si proche… Non…pas encore.

« Père…non, s'il vous plaît, je suis désolé. » Je me retrouve à supplier comme ce soir-là. Encore. Je ne tente même pas de retenir les larmes qui coulent le long de mes joues. Son regard sur moi, même si je ne peux le voir, me donne envie de vomir. Un sanglot se coince dans ma gorge tandis qu'il lance, un rire dans la voix :

« Crucio »

Le bruit sourd de la tempête à l'extérieur de ma chambre fait écho à mon hurlement. Je viens encore de faire un cauchemar. Je me sens trembler. Mais avant que je puisse réfléchir d'avantage, je sens la nausée me prendre et fonce vers ma salle de bain. Après avoir soulagé mon estomac, je me laisse glisser lentement contre le mur frais. Mon dos me fait mal et l'odeur de sang me retourne encore un fois l'estomac. J'ai si peur et le seul fait de l'avoir revu en rêve me fais trembler, un filet de sueur coulant le long de mon dos. Soudain, j'entend la porte de ma chambre s'ouvrir et se refermer. Une ombre noire et imposante obscurcit mon champ de vision.

« Sev'…

- Ne parle plus Draco. Je m'occupe de toi. »

Un seul appel suffit pour qu'il comprenne. Severus est l'homme sans qui je ne serais peut-être pas là aujourd'hui. Il m'a aidé lorsque j'avais besoin de lui et depuis il ne me quitte plus. Sans un mot, il me soulève dans ses bras pour me recoucher, puis vient le bal des potions : anti-douleur, potion de sommeil sans rêve. Je replonge dans les limbes, Severus à mes côtés, me veillant.

.°oO00Oo°.

« Défends-toi Draco »

Je tente de me protéger comme je peux. Lever son épée, feindre. Mon souffle se fait court. Nos corps qui se rapprochent et qui s'éloignent dans une sorte de ballet mortel. Je m'éloigne de mon adversaire afin d'analyser la situation. Il semble être fatigué et ses cheveux sont encore plus en bataille que d'habitude . Je me concentre et m'élance rapidement vers ma cible. J'anticipe le moindre de ses mouvements tout en l'esquivant. Je prends appuie sur mes jambes et me retourne brusquement. J'ai réussi à le toucher et du sang coule de son bras gauche. Je m'arrête quelques secondes pour regarder les dégâts. Mais avant que je puisse continuer, Severus prend la parole.

« Ca suffit pour aujourd'hui. C'est bien Draco, continue comme ça. Potter, vous manquez d'endurance, un Mangemort entraîné ne vous laissera pas une seule seconde de répit. Draco, ton mouvement était bon mais tu devrais essayer de frapper plus haut la prochaine fois. Bien, je crois qu'il est temps que vous alliez vous préparer pour le repas. »

Nous acquiesçons en cœur et Severus nous laisse seuls. Les entraînements sont une des seules activités que je m'accorde depuis… mon accident.

« Et bien, tu ne m'as pas loupé aujourd'hui. Si je ne te connaissais pas si bien, je pourrais croire que tu veux ma mort.

-Je suis désolé

-Tu n'as pas à t'excuser Draco »

Je hoche la tête par habitude, il n'aime pas que je m'excuse comme ça, selon lui et Severus, ce serait me mettre au même niveau qu'un elfe de maison. Notre relation avait pris un sacré tournant, je vous l'accorde. Passer d'ennemis à proche en seulement un an paraît inconcevable, mais j'avoue que nous avons des circonstances atténuantes. Nous nous battons pour la même cause et tellement de choses ont changé depuis l'été dernier; elles se sont compliquées, dégradées pour certaines, améliorées pour d'autres. Les sentiments, les rêves, la vie réelle, tout se mélange. Alors que je m'enfonce profondément dans mes pensées, je sens qu'on tire sur ma manche.

« Désolé…

- Ne pense plus à rien.

- Je sais, je suis désolé.

- Ne t'excuse pas, je comprends. File vite sous la douche et vient manger après.

- Ok.

Je ferais mieux de me dépêcher. Chose rare et étonnante, la bonne humeur règne en maître au Quartier Général de L'Ordre du Phénix aujourd'hui. Le fait que Voldemort n'ait pas donner signe de vie depuis un moment doit jouer dans ce sens. Plus de mort pour le moment mais ce n'est pas forcément bon signe. Il prépare quelque chose, je le sens. Mais je ne veux pas y penser pour le moment et ainsi casser l'ambiance. Je me dirige alors vers ma chambre. Ce n'est pas un quatre étoiles, mais tant que j'ai un lit pour dormir et un toit au-dessus de ma tête elle me convient. Severus s'est chargé de la décorer et de la peindre en vert anis rien que pour moi, de telle sorte qu'elle soit très lumineuse. Je me saisis de quelques affaires et me dirige vers la salle de bain. Un grand miroir prend place dans celle-ci, me renvoyant mon reflet. En plus des évènements, mon physique s'est également transformé depuis ce fameux mois. J'avais perdu énormément de poids ce qui me rendait beaucoup plus grand et fragile, ce qui me déplaisait particulièrement mais je n'ai pas réussi à inverser ce nouveau changement. Mon visage était émacié, orné de grandes cernes noirs. Mes cheveux blonds ont poussé et se sont assombris aux racine. Moi qui étais si fier de ressembler à mon père, j'ai honte d'être devenu comme ça, de lui être si semblable. Je me dépêche de me déshabiller et d'aller sous la douche.

Sous l'eau, je me sens invulnérable.

.°oO00Oo°.

« Bon appétit tout le monde

- Bon Ap'! »

J'ai pris plus de temps que prévu et je suis en retard au repas. Et moi qui n'aime pas me faire remarquer ! J'ouvre silencieusement la porte qui conduit à la cuisine, qui sert également de salle de réunion lors de crises. Très peu de personne sont présentes autour de la grande table en bois massif. Les regards de certains se portent sur moi tandis que d'autres restent impassibles. En bout de table, Severus et Harry encadrent la place qui m'est réservée. Je m'y assois tandis que Weasmoche m'envoie un regard assassin. Un jour, alors que je passais près de sa chambre, je l'ai entendu dire à Granger que je lui volait son meilleur ami et que j'avais dû lui jeter un sortilège ou autre. Depuis, je sens souvent sa présence hostile derrière moi. L'ancien 'moi' aurait sans doute répondu mais ce nouveau moi faible et peureux se contente de baisser la tête. Soudain je sens une main dans mon dos qui me fais sursauter. Je vois alors Severus, tourné vers moi et qui me regarde avec inquiétude.

« Ça va Draco?

-Je…tous va bien »

Je sais que je l'inquiète avec mes mensonges, lui dire que tout va bien, faire comme si de rien n'était. Tenter d'oublier la peur, tout son être qui m'exècre, et puis la honte. Si lourde sur mes épaules. Je suis épuisé. De même, les nombreux combats contre les mangemorts qui se terminent toujours en sorte de match nul. Nous sommes au point mort, le seul réconfort ici, dans cette maison lugubre est la cuisine de Molly. Elle a réussi à me remplumer un tant soit peu, même si je ressemble toujours à un cadavre ambulant. Je sens encore le regard de Weasmoche sur moi. Je n'ose pas relever la tête. J'ai tellement peur… je… je ne veux plus avoir mal. Cette douleur qui transperce mon cœur.

« Weasley, je vous prie de bien vouloir arrêté de fusiller mon filleul du regard ».

Je sens que chacun retient son souffle et je sers les poings. C'est tout les jours les mêmes confrontations et les mêmes tensions. Je n'ose relever la tête et affronter leur regards. Dans un même raclement de chaise, Severus et Weasley se font face, baguette à la main. Mais avant que quoique ce soit ne puisse se produire, Harry se lève à son tour.

« Je pense que cela suffit. Professeur, rangez votre baguette s'il vous plaît. Ron, tu arrête ce petit jeu tout de suite. Tout le monde en a assez de te voir te comporter comme un enfant. Il est temps que tu comprennes que Draco est dans notre camp. Bien, je pense que nous pouvons reprendre le repas. »

Harry se rassoit comme si rien ne s'était passé tandis que Weasley s'en va d'un pas rageur. Le silence devenu trop pesant est brisé par le bruit d'une porte qu'on claque violemment. Je me sens oppressé. Je repousse doucement ma chaise et me glisse furtivement vers l'extérieur. Alors que j'atteins la porte, la voix de Molly retentit dans la salle :

« Draco, Chéri, tu n'as plus faim? Tu sais, il faut que tu prennes un peu de poids et je pense que…

- Ne vous inquiétez pas Madame Weasley, le repas était bon mais je ne me sens pas très bien. Je vais dans ma chambre ».

Avant qu'elle ne puisses ajouter un seul mot, j'ai déjà filé.

.°oO00Oo°.

Quelque part en Angleterre

Alors que l'atmosphère était paisible ailleurs, l'aura entourant le Malfoy's Manor était sinistre et meurtrière. Les animaux et la végétation avaient quitté les lieux depuis deux ans déjà. Le silence pesant n'était troublé que par de légers sons de transplanage et par les bruissements de pas parmi les feuilles mortes. Aujourd'hui encore, une ombre noire se faufilait avec grâce et rapidité vers l'imposant manoir devenu le QG du tristement célèbre mage noir : Lord Voldemort. De nombreux détails permettaient de reconnaître ce mangemort qui inspirait la crainte et la terreur chez les moldus : de long cheveux blonds coiffés en catogan, , des yeux gris aussi froids que le métal, une démarche rapide mais élégante, Lucius se dirigeait vers son manoir. Une fois arrivé devant la porte, celle-ci s'ouvrit toute seule laissant apparaître un petit elfe de maison vêtu d'un taie d'oreiller sale et deux fois trop grande pour lui.

« Le Lord a dit à Rhian qu'il attend le maître avec impatience dans la salle du trône.

- Bien. »

Lucius s'avança d'un pas décidé vers un majestueux escalier, ses pas résonant sur le sol en marbre blanc. Une fois arrivé au 1er étage, il continua au travers du dédale de couloirs qui composaient son manoir. Il arriva enfin à destination. Devant une porte magiquement transformé représentant une multitude de serpents, se tenaient deux autres elfes de maisons. Lucius leur fit un signe de tête avant de lancer froidement :

« Je suis attendu par le Seigneur des Ténèbres. »

Sans un mot, un des elfes transplana dans un 'crac' retentissant et l'instant d'après, les doubles portes s'ouvrirent sur la salle du trône. Lucius avança à l'intérieur de la pièce avant de finalement s'agenouiller. En face de lui se tenait son maître, le plus grand fléau jamais connu : Lord Voldemort.

« Maître vous m'avez demandé? » Lucius était quelque peu angoissé. Bien qu'ayant réussit sa dernière mission en date, il n'en été pas moins nerveux à l'idée de se retrouver face au Seigneur des Ténèbres et qui plus est, lorsque Nagini et tous les mangemorts du cercle intérieur observaient ses moindres faits et gestes. Mais néanmoins, Lucius était très content de lui. Il avait enfin trouvé la bonne potion qui permettrait de satisfaire son maître, chose rare depuis le désastre du ministère de la magie et la trahison de Severus. En effet, depuis que Severus avait déserté les rangs, le Maître était dans une rage folle et c'était les moldus qui en payaient le prix, ainsi que quelques mangemorts.

« Lucius, j'espère pour toi que tu as réussi à la trouver.

- Oui Maître et je peux vous garantir qu'elle est parfaite.

- Bien, donne-la moi tout de suite. »

Lucius sortit de sa poche une petite fiole en cristal qu'il tendit au mage noir. Les sifflements austères de Nagini ne rassurèrent pas Lucius qui retenait sa respiration tandis que son Maître buvait le précieux breuvage. Aussitôt, le processus s'enclencha. Tous les membres du cercles intérieur levèrent leurs baguettes magiques dans une synchronisation presque parfaite tandis qu'un long chant en latin quitta leur lèvres. Des lueurs se mirent à apparaître au bout de leur baguettes puis à s'élever vers le mage noir. A son contact, elle se transformèrent en flammes noires. Le mage noir se força à ne pas hurler mais la douleur atteignait des sommets. En effet, sa peau se consumait telles les pages d'un livre, laissant apparaître une autre couche d'épiderme un peu plus coloré. Le chant des mangemorts mêlé au hurlement du Seigneur des Ténèbres et aux sifflements de Nagini créaient une atmosphère sinistre au sein de la salle du trône. Lucius, quand à lui, observait ce spectacle très étrange. Bientôt les flammes engloutirent entièrement le fier mage noir, coupant court à ses cris. Puis, la masse enflammé se mit à léviter à quelques centimètres du sol, les bougies dans tous la salles se mirent à trembler et l'air devint glacial. Les Mangemorts, eux, continuaient leur chant. Soudain, au bout de ce qui semblait des heures, les flammes se dissipèrent, tandis que le mage noir regagnait la terre ferme.

Ainsi, c'était un Voldemort rajeuni et à l'apogée de sa puissance qui renaissait une seconde fois devant des Mangemorts tremblants de fierté qui regardaient leur Lord tel une merveille. Voldemort quant à lui n'en menait pas large, légèrement hébété à cause de la potion et par la force de la métamorphose, et tentait d'inspecter attentivement son nouveau corps, redevenu athlétique et séduisant. Il put également constater que ses cheveux couleur ébène avaient repoussé. Il se reprit cependant très rapidement et claqua des doigts. Tous les mangemorts vinrent se placer à genou devant lui. Lucius vit sa belle sœur, Bellatrix Lestrange, à ses côtés, l'excitation et le désir visibles dans ses sombres yeux.

« L'heure est arrivée de sonner le glas de ma victoire. Mangemorts, préparez-vous au combat ».