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Utilisant le site pour la première fois, je n'ai pas réussi à mettre le disclaimer avant, aussi je corrige mon erreur ici.

Il est évident que les personnages et l'univers appartiennent à JK Rowling et que je ne fais que les emprunter à mon modeste niveau en espérant ne pas trop les abimer…

J'en profite également pour remercier xxx Azusa xxx pour sa review ! Elle m'a fait très plaisir !

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Chapitre II

Grain de sable

Le fauteuil n'était pas confortable, mais c'était pas plus mal, comme ça il était certain de ne jamais s'assoupir totalement. Toutefois, à ce moment là, il ne prêtait aucune attention aux protestations maintenant insignifiantes de ses muscles. Il gardait les yeux ouverts, ses yeux gris acier à présent injectés de sang et cerclés des cernes bleuâtres qu'accentuait encore sa peau pâle. Au départ une soirée comme les autres, une mission de plus et à l'arrivée ce regard qui refusait de disparaître. L'avait-il deviné ? Enfin, pour ce qu'il y avait à deviner…

Il pleuvait ce soir-là, évidemment, les autres s'étaient plaints. Son divin père était d'une humeur massacrante, lui il s'en foutait. Un boulot de plus à achever, voilà tout, après la météo… Pensait-il que c'était juste en quelque sorte, et qu'un beau coucher de soleil avant une nuit étoilée aurait été inadapté ? Peut-être. En vérité, il s'en foutait complètement. C'était si simple alors. Et là alors que ses yeux se posaient sur le tas de fringues tachées abandonnées dans un coin de la chambre, il aurait bien voulu pouvoir retrouver l'état de calme qui l'habitait avant chaque mission. Tout pour oublier ce regard et ce qui se passait en ce moment, là-bas, tout en bas, dans les caves.

Son poing se serra avec rage. Pourquoi avait-il fallu que ça tombe sur lui. Si on comptait tous les Mangemorts en patrouille chaque soir, il était certain qu'il n'avait pas eu de bol. Enfin, le recours aux statistiques, c'était une belle tentative pour noyer le poisson, en fait, au fond de lui, il savait bien que cela risquait, non que cela allait arriver. Mais pourquoi ce soir et pourquoi eux ? Des Poufsouffles, même des Serdaigles auraient mieux fait l'affaire, tiens…

La grande horloge du grand salon sonna une fois de plus, une fois de trop. Et il se retrouva soudain à nouveau sous la flotte, quelques heures, non une éternité auparavant.

Mission classique. Du genre bien ordinaire, sans complication et tout ce qui va avec. Se rendre au quartier Machin, trouvez les cibles. Les abattre. Rentrer. Le tout sous les yeux de papa. Mais surveillance des plus distantes, il lui faisait bien confiance son père, assuré qu'il était d'avoir après tant d'années d'efforts formé l'instrument parfait. Et il avait raison, Lucius Malefoy, ça faisait longtemps que son fils n'avait plus de problèmes pour obéir aux instructions. Il n'avait failli qu'une seule fois, une si regrettable fois qui avait failli tout gâcher mais qui avait heureusement pu être corrigée. Ce qui était une très bonne chose car après tant de temps consacré à une tâche, on éprouve toujours un petit pincement au cœur quand cela échoue.

Avec de telles motivations et en ayant perdu son âme depuis longtemps, il était logique que ladite mission ait été accomplie sans heurts, en temps et en heure. Sans en faire trop non plus, fallait pas exagérer, et sans génie particulier. La simple efficacité. Il n'avait pas contemplé son travail après, parce que c'était le meilleur moyen pour être sûr de laisser sa conscience en mode coma. Alors il avait tranquillement rejoint les autres, d'un pas calme, c'était la consigne. Prendre son temps pour discuter un peu avant de partir pour bien montrer qu'on n'attache aucune importance aux actes commis et qu'on a peur de personne. Conduite, il faut le préciser parfois bien téméraire lorsqu'un bataillon de l'Ordre arrivait plus tôt que prévu. La réalisation d'une telle mise en scène impliquant nécessairement l'utilisation préalable d'un bon service de désinformation de l'adversaire.

Il n'avait eu besoin que d'une dizaine de pas pour constater que quelque chose différait de l'ordinaire. Soit l'espèce de cercle dans lequel se tenait les autres et cela bien que le Maître soit bien évidement absent. Il se rappela avoir pensé sur le coup qu'à former des cercles pour un rien, ça frisait de plus en plus le ridicule. Sauf qu'on ne forme pas un cercle autour de rien. Et qu'en l'occurrence, il s'agissait d'un corps qui n'en finissait pas de crever, déclanchant l'hilarité de ses compagnons. Il était appuyé contre une espèce de bloc moldu, et portait l'uniforme de l'Ordre. D'un joli noir également, sauf qu'il était déchiré de part en part de l'abdomen et que la main qui y était apposée ne suffisait pas à endiguer le flot de sang.

Ce n'était pas le premier qu'il voyait crever, alors machinalement Drago avait porté son attention sur son visage. Blême et taché de rouge. Si grisâtre que les tâches de rousseur semblaient avoir fondues. L'espace d'une seconde il en oublia de respirer. Weasmoche.

Il fallait être clair, il n'avait jamais pu blairer ce type. Sa débilité, sa dévotion à Saint-Potter, sa famille de clodo amoureuse des moldus… Mais de là à le voir mourir devant soi, y'avait une différence. Et en plus il l'avait reconnu, chose simple même à l'article de la mort compte tenu qu'ils avaient laissé tomber les cagoules après le début de la guerre. Weasley l'avait alors regardé de ses yeux bleus apeurés. Non, pas apeurés, c'était le hic justement. Ni fiers, ça c'était pour les légendes, juste déterminés. Une fraction de seconde avant de s'éteindre à jamais, Weasley d'un dernier regard lui avait ordonné de le faire.

Et c'est alors que détournant son attention du cadavre encore chaud de celui qui bien qu'ennemi avait été élève comme lui, il l'avait vue.

Maintenue sur le sol, les bras coincées dans le dos, la tête rivée sur le béton tournée vers celui qui ne la regarderait jamais plus.