Disclaimer : Les personnages principaux, les créatures et tout l'univers "Harry Potter" appartiennent à JK Rowling. Je ne reçois ni Gallions, ni Mornilles, ni Noises avec cette histoire, alors pensez aux reviews !

Rating : K+ (pour usage de quelques mots issu d'un langage fleuri.)

NdSs : Bonjour, je suis enchantée de vous faire découvrir la suite de cette histoire qui prend de l'ampleur au niveau de l'intrigue, plus que je ne pouvais l'espérer et le prévoir en me lançant dans l'écriture de ce défi.

(Le site n'a pas voulu garder ma mise en page de base, grrr, mais plutôt que de la supprimer complètement, car flûte quoi, l'effet visuel a son importance, j'ai fait au mieux pour la retranscrire d'une autre façon...)

Bonne lecture !


The Big Blaise Theory

2ème partie : 18, again.

Draco ferma la porte à l'aide d'un puissant sort, puis il salua un collègue et informa la secrétaire du service qu'il s'absentait quelques instants, pour se rendre au niveau 6. La vieille dame s'étonna, ne venait-il pas d'y aller ? (Oui, en effet, mais il manquait une page dans les documents.) Oh, elle pouvait leur envoyer une note de service, ça lui éviterait le déplacement. (Non, merci.) Est-ce que Harry allait bien ? Elle ne l'avait pas vu encore arriver, devait-elle s'inquiéter auprès du Ministre ? (Pas la peine, il était juste en retard, c'était Potter quoi !... Hahaha.) Elle ne rigola pas et se leva pour déposer une pile de dossiers pour Harry. (Non ! Elle ne devait surtout pas entrer dans leur bureau.) Pourquoi ? (Parce que c'était un ordre ! Elle devait attendre son retour.) D'accord, mais c'était simplement parce qu'il était aussi beau que son amour de jeunesse qu'elle accepta. (Super. Il tâcherait de s'en souvenir.)

Draco put enfin s'en aller, marchant tranquillement, d'un pas qui se voulait nonchalant, vers la sortie de secours…

Ce n'est qu'une fois à l'abri des regards, dans la cage d'escalier, qu'il se mit à accélérer le pas.

Niveau 2 : Département de la justice magique
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Niveau 3 : Département des accidents et catastrophes magiques
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LLLLLLLoooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo Niveau 4 : Département de contrôle et de régulation des créatures magiques

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Niveau 5 : Département de la coopération magique internationale

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Niveau 6 : Département des transports magiques LLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLL

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Niveau 7 : Département des jeux et sports magiques LLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLL

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Niveau 8 : Atrium

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Niveau 9 : Département des Mystères. Salle du savoir. Laboratoire de B. Zabini, alchimiste.

« Blaise ! » s'exclama Draco en poussant la porte avec fracas.

« Bonjour, Draco. Que me vaut le plaisir de cette visite impromptue ?»

Draco se pencha légèrement en avant, posant les mains sur les cuisses. Haletant, il dit :

« C'est... Harry... Potter... Il a... Il a… rajeuni... Potion... Ffffff.

- Je ne suis pas sûr d'avoir tout saisi. Reprends ton souffle. On dirait que t'as couru un marathon en cinq minutes.»

Draco s'accorda quelques instants pour respirer plus calmement et boire le verre d'eau offert par son ami. Ça n'était pas un marathon qu'il venait de courir. Il avait simplement parcouru les sept étages aussi vite qu'il avait pu, en empruntant les (nombreuses) marches et les (longs) couloirs, car il craignait une défaillance des ascenseurs (toujours bondés de monde) qui de toute manière mettaient bien trop de temps à venir et à se déplacer (sa légère claustrophobie le remercia d'avoir pris une autre option ce jour-là).

« Tu dis que Potter a rajeuni à cause de la potion, c'est ça ? (Hochement de tête de Draco) Combien d'années ? Treize ? » demanda le métis en griffonnant dans un carnet.

Une minute plus tard, Draco pouvait à nouveau parler, à peu près normalement :

« Oui, treize ans.»

Il arrêta de faire des allers-retours afin de ralentir son rythme cardiaque pour demander, suspicieux :

« Tu étais au courant, n'est-ce pas ? »

Avec nonchalance, Blaise haussa les épaules et indiqua :

« Il s'est produit la même chose sur Hector. »

Comme s'il avait compris qu'on parlait de lui, le Murlap qui la veille était dans un piteux état, se mit à courir à vive allure dans sa roue d'exercices, en poussant des petits couinements de joie. Il avait un beau pelage lisse et beige, ses tentacules avaient repoussé et il avait de l'énergie. Beaucoup d'énergie.

« J'allais t'envoyer un message hier soir, mais je me suis dit que ça serait te gâcher la surprise. Où est Potter ?

- Hum, au bureau. »

Draco empoigna sa baguette. Il ne précisa pas qu'il avait jeté, par mesure de précaution, un sort de stase temporaire sur Harry, afin d'empêcher la potion d'agir davantage sur son organisme : c'était déjà perturbant d'avoir revu Potter, ado, il n'avait pas envie d'avoir un bébé sur les bras à son retour. Son partenaire était donc figé, sous sa cape d'invisibilité et l'attendait sagement. Harry ne se fâcherait pas. Du moins, il l'espérait grandement.

« Tu es au courant depuis hier soir ? Donne-moi une bonne raison de ne pas t'envoyer sur le champ à Azkaban.

- Parce que tu t'ennuierais sans moi ? »

Draco lui envoya un tout petit "Endoloris".

Blaise faillit tomber de son tabouret. Il se rattrapa de justesse au plan de travail, sa main heurtant avec force la cage d'un bébé Niffleur, qui se mit à trembler de peur.

« Aoutch, putain, pas la peine d'être si brute... Chut, du calme Wally... Tu veux entendre ce que j'ai découvert ou pas ?

- Je t'écoute.

- Tu peux pointer ta baguette ailleurs, s'il te plaît, ça rend Wally nerveux et moi aussi. »

Blaise soupira, son ami n'avait pas d'humour et n'était pas enclin à plaisanter ni à baisser sa garde. Il s'empressa de lui donner les informations qu'il avait.

Potter n'était pas en danger. D'après les calculs et analyses de Zabini, la potion faisait rajeunir de treize ans, et pas au-delà, quelle que soit la dose avalée. (Blaise faisait justement plusieurs tests sur différentes créatures pour s'en assurer). Il s'enthousiasma sur cette prouesse. Il n'avait jamais vu une potion agir indépendamment de son dosage. Draco le coupa :

« C'est temporaire, rassure-moi.

- Je ne sais pas... encore. J'ai besoin d'encore un peu de temps pour le découvrir. A priori, je dirais que oui. Hector a déjà perdu un tentacule ce matin, mais comme Daisy lui a sauté dessus cette nuit quand j'ai ramené Hector à l'appart' pour suivre son évolution, je ne suis sûr de rien. Une vraie teigne cette Daisy. Bien trop jalouse pour son propre bien. Un conseil, n'adopte jamais de Boursouf femelle. »

Draco faisait déjà demi-tour, quand Blaise intervint :

« Il me faudrait un échantillon de cheveux de Potter, avant et après transformation, avec bulbe, pour les comparer et les analyser. Tu peux t'en occuper ? »

Blaise lui tendit deux tubes à essai, avec un capuchon de couleurs différentes sur chacun.

« D'accord, je t'apporterai ça.

- Non, je viendrai les chercher à votre bureau. Si quelqu'un te voit venir ici, je risque de me faire virer. Crois-le ou non, mais je tiens à ce job.

- Entendu. À plus tard. »

Draco ajouta : « Merci, Blaise. »

Zabini le regarda s'éloigner, avec un sourire aux lèvres.

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Gawain Robards portait ce jour-là une cravate mauve à pois jaune. Outre le mauvais goût évident, la couleur et le motif avaient leur importance et une signification propre à chacun. Draco savait donc que le Chef du bureau des Aurors ne serait pas d'humeur joyeuse et qu'il était inutile de négocier. Il ne pensait pas cependant qu'il irait jusqu'à les consigner, Harry et lui, dans leur bureau jusqu'à ce que son partenaire retrouve son apparence normale.

« Je n'arrive pas à croire qu'il nous fasse ça ! » s'énerva Harry pendant qu'il marchait à côté de Draco vers leur bureau.

« Ça aurait pu être pire, il aurait pu nous retirer complètement l'enquête.

- Youpi, on va devoir se coltiner la paperasse et éplucher des dossiers. Tu parles d'une bonne nouvelle.»

Harry avait les mains dans les poches de son pantalon (d'une taille et demie trop grand) maintenu par une ceinture, et la tête baissée pour cacher sa mine boudeuse. Il donna un coup de pied dans un objet invisible devant lui.

« Tu veux un café et un scone pour te remonter le moral ? »

Harry se mordit la lèvre. Sa mauvaise humeur commençait déjà à s'éloigner à la mention de cette proposition alléchante.

Son ventre gargouilla en guise de réponse.

Cela amusa Draco qui déclara :

« Je vais prendre ça pour un "oui".»

Draco s'arrêta devant un box et ordonna à une jeune recrue d'apporter un café sans sucre avec double dose de crème et un scone à la cannelle. Il précisa en lui donnant un billet qu'elle devait se rendre non pas au salon de thé de l'Atrium, mais au coffee shop situé à trois rues sur la gauche, en sortant du Ministère, côté moldu.

« Et faites vite, c'est pour Harry Potter.»

La jeune fille acquiesça, puis fonça chercher ce qu'on lui avait demandé.

« Quoi ?»

Harry le regarda mi-exaspéré, mi-attendri.

« Je n'ai pas dit que j'irai les chercher moi-même, se méprit Draco.

- C'est pas ça... Je n'aime pas qu'on se serve de mon nom comme ça.

- Je n'allais pas utiliser le mien. Ça n'aurait pas eu le même effet.

- Tu te trompes, tu es quelqu'un de respecter et d'apprécier.

- Seulement parce que je bosse avec toi.

- C'était le cas bien avant.

- Mouais, c'est ça, berce -toi d'illusions, Potter. »

Le jeune homme à la cicatrice monta sur une chaise qu'il emprunta à un Auror qui ne s'en servait pas et lança un Sonorus.

« Potter, qu'est-ce que tu fais ? Descends de là, tout de suite.

- Non. »

Draco voulut faire demi-tour. Il n'avait vraiment pas envie d'assister à cette scène ridicule. Ses jambes étaient bloquées. Grâce à ce con de Gryffondor qui lui servait de coéquipier.

« Tu restes ici » indiqua Harry, avec fermeté et douceur.

Draco voulut protester verbalement. Potter lui avait également lancé un sort de mutisme. «Enfoiré » articula-t-il en regardant Harry droit dans les yeux. Ce dernier eut l'audace de lui faire un sourire éblouissant et un clin d'œil, avant de réclamer l'attention de tout le monde.

Draco croisa les bras et se pinça l'arête du nez, impatient que Potter finisse son pathétique discours. Au bout de cinq minutes durant lesquelles Draco se demanda s'il était possible de mourir de honte, Harry finit par demander :

« Qui pense ici que Draco mérite sa place uniquement parce que je suis son partenaire ?»

À sa grande surprise, Draco était le seul à lever la main.

Harry leva les yeux au ciel, exaspéré.

« Tu vois ? »

Ça ne prouvait rien. Leurs collègues avaient peut-être peur des répercussions à contrarier un Harry Potter excentrique et audacieux qui se donnait en spectacle.

Harry descendit de la chaise quand une autre main se leva. Draco regarda Harry avec suffisance, l'air de dire : « Je te l'avais bien dit. »

Il déchanta quand l'Auror expliqua :

« C'est ce que je pensais, au début. Mais Draco m'a sauvé la vie lors d'une intervention. C'était avant de travailler avec toi, Harry. Il n'avait pas une réputation très élogieuse en arrivant ici. C'est vrai. Cependant, il se donne à fond dans son métier, plus qu'un autre, et je mets quiconque au défi de me prouver le contraire. »

Plusieurs têtes acquiescèrent à ses paroles. Heureusement, personne ne se mit à applaudir. Draco aurait été mortifié si ça avait été le cas. Il était suffisamment embarrassé, et en même temps agréablement heureux d'avoir tort. Pour une fois.

Harry les remercia, libéra Draco de son sort et ils rentrèrent dans leur bureau.

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Aussitôt, la porte fermée, Draco tira sur les cheveux d'Harry pour en arracher une touffe.

« Non, mais t'es malade !

- Ah ! C'est gonflé de ta part de dire ça, après ton petit speech... J'ai besoin d'un échantillon pour le donner à l'alchimiste que je connais. Il m'a aussi demandé un échantillon de tes cheveux avant l'incident avec la potion.

- Tu pouvais juste le demander gentiment. » bougonna Harry en massant son crâne.

Le Gryffondor fouilla dans un tiroir de son bureau et en sortit un objet que Draco reconnut aussitôt. Incrédule, il questionna le brun :

« Tu gardes la brosse à cheveux que je t'ai offerte, ici ? (C'était un cadeau empli de bonnes intentions, totalement désintéressé : Potter ne savait clairement pas ce qu'était un peigne. Il était temps de remédier à son ignorance, surtout s'ils étaient amenés à être coéquipier de manière définitive.)

- Euh, oui.

- Et tu l'as utilisée ?

- Bah oui, parfois.

- T'es sûr ? Parce que ça ne se voit pas du tout.»

Draco rattrapa avec agilité la brosse que Potter lui lança à la figure.

« Ha. Ha. C'est facile de se coiffer avec trois tonnes de gel dans les cheveux.

- Si c'est ce que tu crois, pourquoi tu n'en mets jamais ? » interrogea Draco en décollant quelques cheveux de la brosse, avec sa baguette.

« Pour t'emmerder. »

Draco soupira, blasé. La journée s'annonçait longue. Il n'était même pas dix heures du matin et il sentait déjà poindre une migraine.

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« Où est-ce que tu mets toute cette nourriture ?! »

Draco n'avait pas voulu crier la question. Il s'était retenu trop longtemps, il n'en pouvait plus. Ça faisait une heure qu'il observait, du coin de l'œil, par moments, Harry engloutir tout ce qu'il y avait sur le chariot qu'un livreur avait déposé dans leur bureau à la pause-déjeuner.

Draco avait avalé son sandwich en cinq minutes, puis une pomme et il avait bu son thé tranquillement. Il avait accepté de goûter à un sushi car Harry avait insisté, lourdement, et admit silencieusement que c'était l'un des meilleurs qu'il eût jamais mangés. À Harry, il dit simplement :

« Il est bon, merci.»

Potter avait protesté, incrédule :

« Seulement bon ? Je n'ai jamais rien mis d'aussi bon en bouche. »

Draco le regarda étonné, puis amusé par les propos de son collègue, si naïf par moments, qui rougissait de la plus délicieuse des façons et bafouillait car ce n'était pas ce qu'il voulait dire. Draco le nargua avec une réplique condescendante. En vérité, il n'aurait pas été contre l'idée de remédier à son ignorance (qu'il savait fausse grâce aux quelques amants qui avaient croisé la route de Saint Potter. Au moins l'un d'eux devait avoir eu ce privilège. Ou ce dernier était vraiment un prude et Draco était... Non. Rien du tout. Et sûrement pas doublement motivé pour l'éduquer dans ce domaine.) Il garda cette dernière remarque pour lui et la chassa rapidement de ses pensées avant que sa libido décide de rappliquer et le mette dans l'embarras. Il fallait qu'il reste concentré et se remit par conséquent au travail.

Quelques instants plus tard, il leva le nez de son parchemin car il se sentait observé.

Comme prit en faute, Potter se leva brusquement et indiqua en courant presque hors de la pièce :

« Je reviens, je vais aux toilettes.»

Draco cligna des yeux, surpris par la scène à laquelle il venait d'assister. Puis, il fut pris d'un doute. Il espérait que Potter n'était pas victime d'une intoxication alimentaire à cause de son copieux repas à base de poisson cru. Draco regretta d'avoir avalé ce sushi. Il fouilla dans un tiroir à la recherche d'une potion qu'il prendrait s'il venait à ressentir les premiers symptômes d'une mauvaise indigestion. Il était peut-être trop tard pour Potter, mais Draco pouvait s'épargner cette gêne. Il mit le flacon dans une poche intérieure de son uniforme et attendit.

Cinq minutes plus tard, Harry était revenu, sans un regard vers Draco. Il prit un dossier et sa plume. Pendant deux minutes, un silence de plomb régna dans la pièce, jusqu'à ce qu'Harry ouvre un petit paquet de chips au vinaigre. Draco leva les yeux au ciel. Fausse alerte.

Pendant le reste de l'heure, Harry prit un autre petit paquet de chips (goût barbecue). Draco lui pria de bien vouloir lancer un Silencio pendant qu'il mangeait car il avait besoin de calme.

Harry obtempéra sans difficulté, ni commentaire. Ce qui était une première.

Un peu plus tard, Potter s'attaqua à une boîte de petits biscuits ronds fourrés d'une crème blanche. Draco était à nouveau distrait : Potter avait une façon particulière de manger ces biscuits. Le commun des mortels avec une once de décence croquait les biscuits en entier. Évidemment, le Survivant n'était pas comme les autres et il avait aussi peu de décence que Pansy et Blaise réunis. Ça voulait tout dire.

D'abord, Harry les séparait en deux. Ensuite, il léchait la crème et la raclait avec les dents. Après, il recollait les biscuits et les mettait enfin dans sa bouche. Draco ne savait pas s'il devait être fasciné ou dégoûté par un tel spectacle. Il était bien content de ne pas avoir le son en plus de l'image.

Après trois biscuits, Draco décida qu'il en avait vu assez. Même si Harry était littéralement dans sa bulle, Draco ne voulait pas se faire surprendre en train de le lorgner.

Il mit une main sur sa tempe qu'il massa quelques instants et continua la lecture de la liste des autorisations transmise par l'office des Portoloins, au cours des six derniers mois. Harry avait vu Lewis s'enfuir grâce à l'un d'eux, en forme de chaudron. Chaque autorisation avait un numéro d'activation unique et quand quelqu'un lançait le Portus, l'objet utilisé était répertorié. S'il retrouvait le bon, il serait capable de retrouver sa localisation. Le temps pressait, Lewis s'était peut-être déjà débarrassé de l'objet, mais c'était un début de piste. Draco nota la référence d'un cinquième portoloin-chaudron sur une liste et envoya un double sur une note de service au capitaine de Police magique chargé d'envoyer des officiers pour vérifier chaque objet trouvé.

Un petit sachet atterrit sur son bureau, le faisant sursauter et raturer sa feuille. Agacé, il posa sa plume et demanda des explications à Harry. Ce dernier le regarda avec une telle bienveillance que le pli sur le front de Draco s'estompa aussitôt. Harry s'excusa de... Il défit le Silencio et il s'excusa de le déranger. Il indiqua qu'il pensait que Draco en avait besoin pour soigner sa migraine. Draco prit le sachet de gingembre (connu pour ses vertus contre les maux de tête) entamé, et remercia Harry.

Quelques instants plus tard, son partenaire but la moitié d'une grande bouteille d'eau, mangea une clémentine et enfin, ce qui acheva le peu de patience qu'il restait à Draco : une banane.

« Où est-ce que tu mets toute cette nourriture ?!»

Harry jeta ses déchets avec un regard surpris vers Draco.

Une note de service coupa sa réponse. Elle vint se poser sur le bureau de Draco. C'était un message de Blaise qui l'informa qu'il viendrait chercher les échantillons à 18h00.

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« Tu attends quelqu'un ?

- Oui, Blaise devait récupérer ça, mais il est en retard. »

Draco se baffa mentalement. Il en avait trop dit.

« Quoi ? »

Merde. Merde. Merde.

« L'alchimiste c'est Blaise Zabini ?!

- Vas-y, crie-le encore plus fort.

- Je n'arrive pas à croire que tu ne me l'as pas dit plus tôt !

- C'est une information confidentielle !

- Je suis ton partenaire, ça ne compte pas ?

- En l'occurrence : non.»

Harry lui lança un regard meurtri, puis il s'en alla d'un pas rageur sans tenir compte de l'interpellation de Draco.

Ce dernier se retourna. Blaise se tenait un peu plus loin. Il avait sans aucun doute assisté, dans l'ombre d'un pilier, à la scène.

« Tu es en retard, dit-il la voix pleine de reproches. Tiens.»

Blaise mit les deux tubes à essai dans sa poche.

« Eh bien, c'était vraiment intense, comme dispute.

- Doux euphémisme. Argh, si seulement je pouvais le...

- Plaquer contre un mur et l'embrasser avec fougue ?

- Quoi ?! Merlin, d'où te vient cette idée absurde ?

- Hum, pardon, tu as raison, je brûle des étapes. Un dîner. Tu dois d'abord l'inviter à diner. Et après tu le plaques contre un...

- Tu as perdu la tête.»

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Cette nuit-là, Draco rêva d'un Potter de dix-huit ans qu'il plaquait ardemment contre un mur et il blâma le lendemain son ami pour lui avoir mis de telles images dans la tête... Surtout que ça faisait bien une semaine qu'il n'avait pas eu ce genre de rêve voluptueux sur Potter.

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Le lendemain... Un vendredi…

Lorsqu'il arriva au Ministère, Potter s'excusa –sans un bonjour de courtoisie préalable - de son comportement de la veille. Il en avait parlé avec Ron et Hermione, et celle-ci lui avait conseillé de...

« Super, maintenant Weasley et Granger- Weasley sont au courant ! » le coupa Draco, furieux.

« Je ne leur ai rien dit de précis, juste que je me suis disputé avec toi. »

Le ton calme d'Harry apaisa la colère de Draco :

« Ah. Bon. Dans ce cas : Excuses acceptées. »

Un ange passa.

« Et toi ?

- Quoi moi ?

- Tu ne comptes pas t'excuser ?

- Je devrais ?

- Euh, oui !

- Et pour quel motif, je te prie ?

- Pour quel motif ? Argh, tu m'énerves !

- Potter, calme-toi, je te charrie. Je suis désolé, je n'aurais pas dû te cacher des informations. Ça n'arrivera plus.

- Tu as le droit d'avoir des secrets. J'en ai aussi. Mais là, j'estime avoir le droit de savoir qui s'occupe de ma santé, tu ne crois pas ?

- Si... C'est Hermione qui t'a soufflé cette réplique ?

- Peut-être. »

Ils rigolèrent et Draco se demanda un instant quels secrets Potter pouvait bien avoir.

OooooO

Potter était un homme de terrain. Rester trop longtemps dans un bureau ne lui convenait pas. Draco le savait nerveux et agité s'il restait trop longtemps sur une chaise, surtout deux jours de suite, mais ça semblait pire depuis l'incident de potion.

Ça avait commencé lors de la réunion du matin avec Robards et toute l'équipe pour faire un point sur l'avancement de l'enquête. L'entrepôt était sécurisé et les différents experts avaient pris des échantillons. Une autre équipe était chargée de rassembler les pièces à conviction. L'origine de l'explosion était confirmée : le suspect avait stocké des crabes de feu et s'en était servi comme arme contre l'Auror Potter. L'un d'eux avait fait basculer une armoire pleine de substances hautement inflammables. Harry avait pu contenir les flammes, mais Lewis en avait profité pour s'enfuir par Portoloin.

La jambe d'Harry tremblait sous la table de réunion, depuis cinq minutes. Draco s'en aperçut et mit une main sur son genou pour le faire stopper. Son agitation cessa aussitôt, mais lorsqu'ils regagnèrent leur bureau, Harry était plus déconcentré que jamais et il avait la bougeotte.

La piste des Portoloins était un échec. Aucun ne correspondait à la description et chacun avait un propriétaire dans les règles. Donc soit Lewis avait soudoyé un employé du Ministère pour obtenir le code d'activation, soit il fallait remonter plus loin dans les archives des autorisations.

Draco se voulait rassurant : ils trouveraient bien un moyen de le retrouver pour l'arrêter. Fallait déjà voir le bon côté : une partie de son laboratoire était détruit et l'entrepôt était scellé. Il n'avait plus rien pour s'approvisionner à la vente de potions illégales.

De plus, le portrait de Lewis était désormais sur les avis de recherches des sorciers dangereux. Il avait à peine vingt ans, les cheveux longs, blancs. (Une couleur qui ne passait pas inaperçue pour quelqu'un d'aussi jeune.) De plus, il était sans famille et sa planque était sous surveillance. L'un de ses clients finirait peut-être par le dénoncer s'il était amené à reprendre contact avec l'un d'eux.

« Ça va Harry ?

- Hein ?... Oui, j'ai juste un peu chaud.

- Tu n'es pas fiévreux, j'espère ?

- Non...Non ! Ne t'approche pas. Je vais bien, je t'assure.

- Si la potion provoque des effets secondaires indésirables, faut le dire, maintenant. Sinon, je t'emmène de force à Sainte Mangouste.

- Pas la peine d'être médicomage pour savoir ce qu'il m'arrive… C'est hyper embarrassant à dire.

- Quoi ?

- J'ai dix-huit ans, Malfoy. Mon corps a dix-huit ans.

- Et alors ?

- Tu ne te souviens plus quand tu avais dix-huit ans, ces petits désagréments qui survenaient quand il ne fallait pas ?... Dans cette zone ? »

Il désigna son... Oh. Pantalon, et plus précisément son entrejambe. (Du moins, il le supposa car il ne voyait rien puisque Potter était assis derrière ce bureau.) Okay. Ça. Hum, oui, d'accord. Potter avait un problème. Un sourire étira ses lèvres. Non, il ne se moquait pas. Bien. Voilà, voilà.

Il rigola, malgré lui et goguenard lança :

« Je peux te laisser cinq minutes, si tu veux.»

Harry se leva et fusilla Draco du regard. Draco déglutit et ravala sa réplique :

« Ou un coup de main, si tu préfères ? »

« Tu le répètes à quelqu'un et c'est moi qui t'enverrai à Sainte Mangouste.»

Harry sortit en claquant la porte.

Draco ne bougea pas pendant deux minutes. Il n'était pas comme Potter. Il avait une parfaite maîtrise de son corps. Il ne fallait pas qu'il pense à Potter et tout irait bien. Boulot. Boulot. Boulot. Et pas Potter qui se donnait du plaisir dans les toilettes ou n'importe où à l'abri des regards. Hm, il avait chaud d'un coup. Robards en robe ! Robards en robe rose avec des licornes !

Draco imaginait son patron en robe rose avec des licornes à paillettes dorées et qui dansait comme un canard quand Potter revint de sa petite promenade, avec une nouvelle qui lui fit reprendre instantanément les pieds sur terre : « Lewis a été arrêté.»

OooooO

« Où est-il ?

- Salle d'interrogatoire 3. Il n'a pas demandé d'avocat » répondit l'agent de police magique qui avait procédé à l'arrestation.

« Il veut se défendre tout seul ? s'étonna Harry.

- On dirait bien.

- Comment avez-vous fait pour le retrouver ? » demanda à son tour, Draco. « On a vérifié tous les portoloins activés ces six derniers mois, sans succès. »

« Il est revenu à l'entrepôt, avec son chaudron.

- Il est encore plus stupide que je ne le pensais.

- Pourquoi est-il revenu ? demanda Harry.

- Ça, aucune idée. Faudra lui demander.

- Très bien, merci Samantha... Sam, pardon, et bon boulot à ton équipe et toi.

- De rien. Avec les gars, on va boire un verre ce soir au pub Odgen's, pour fêter ça, si ça vous dit à Draco et toi de venir ? »

Tous les deux acceptèrent, avant de reprendre leur sérieux pour aller interroger Lewis.

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« Tu te fiches de moi, Malfoy ? J'ai demandé des shots de téquila et tu m'apportes un verre de lait ?

- Si ça se trouve, tu n'as que dix-sept ans et quelques mois. Je ne veux pas être dans l'illégalité en te servant de l'alcool.

- Et c'est quoi la prochaine étape : tu vas m'imposer un couvre-feu et si je désobéis tu vas me punir ?

- Je te donne vingt Mornilles pour voir ça !

- Sam !

- Et moi, cinquante !

- Seamus ! »

Seamus Finnigan était le patron du pub. Il apporta au groupe, constitué de Sam, trois autres agents de la police magique, Harry et Draco, la première tournée de boissons. À la plus grande stupéfaction de Potter, Seamus lui interdit de prendre l'un des petits verres de téquila. Harry protesta, mais il dut se résigner à ne pas boire d'alcool ce soir-là. Ils trinquèrent, le grand verre de lait contrastant avec les autres verres. Harry but une gorgée et remercia par un sourire Seamus qui lui fit un clin d'œil, d'avoir corsé son lait.

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« Merci d'applaudir Gaïa et son groupe des Têtes Brûlées ! »

Sam et les autres s'approchèrent de la scène pour acclamer le groupe. Draco resta assis, jouant négligemment avec le fond de son verre de whisky pur feu. Harry commanda un troisième verre de lait, qu'il but quasiment d'une traite. Il se pencha discrètement vers Draco, après avoir lancé un sort d'insonorisation léger, et confia :

« Tu sais, je t'en veux de m'avoir menti, pour Zabini.

- Je n'ai pas menti. J'ai gardé un secret et tu ferais mieux d'en faire de même.

- Ah, tu m'adresses enfin… (Harry mit une main devant sa bouche) pardon (il avait laissé échapper un petit rot) la parole !

- Quoi ?

- Tu n'as pas dit un mot depuis une heure. Quelque chose ne va pas ? Toujours ce mal de tête ? »

Draco percevait une inquiétude dans sa voix. Il arrêta de se masser la tempe. Il était fatigué et entendre la chanteuse à la voix criarde n'aidait pas vraiment.

Harry lui donna un petit coup de coude et dit avec un sourire :

« Tu te fais vieux, Malfoy ! »

Il était au début de la trentaine, on ne pouvait pas décemment le qualifier de vieux.

« Tu veux un autre verre ? Une tisane aux plantes ? Ou un verre de lait chaud aromatisé à la camomille ?

- Tu m'as l'air d'être particulièrement friand de ce lait. C'est quoi, ton quatrième ? Tu essaies vainement d'accélérer ta croissance ?

- Touché… Sérieusement, tu veux autre chose ?»

Draco chassa de son esprit la réponse spontanée « t'embrasser » et indiqua son verre. Ça n'était sûrement pas une chose à faire : boire davantage d'alcool, alors que l'idée de la tisane était plus attrayante. Il en subirait les conséquences le lendemain matin, mais il avait été piqué à vif par la remarque d'Harry sur son âge.

Ils écoutèrent en silence une chanson, avant que leur commande arrive.

Au bout de la troisième chanson, Draco se confia : il était surtout préoccupé par l'interrogatoire infructueux de Lewis. Ils avaient assez de preuves pour l'inculper et le mettre en garde à vue, mais ils avaient besoin de ses aveux pour l'envoyer définitivement à Azkaban. Or leur suspect ne s'était pas montré enclin à avouer quoi que ce soit. Il avait tenu des propos incompréhensibles et semblait souffrir le martyre. Il était fiévreux, agité, angoissé. Son apparence était négligée. Ses cheveux longs, blancs, sales, cachaient une partie de son visage. Ses mains tremblaient, comme un drogué en manque de sa dose de Cam. Il n'avait qu'un mot en bouche : Betsy. Harry et Draco se demandèrent s'il ne jouait pas la carte de la démence pour plaider la folie. Sainte-Mangouste était une perspective bien plus agréable et une échappatoire à Azkaban. Les deux Aurors poursuivirent leur interrogatoire, malheureusement ils n'avaient pas réussi à lui soutirer la moindre information. Pourquoi était-il revenu à l'entrepôt ? Est-ce qu'il y cherchait quelque chose ou était-il vraiment trop stupide car il devait se douter que l'endroit grouillait de policiers ? Qui était Betsy ? Une petite-amie ? Ils savaient qu'il n'avait plus de parents vivants. À qui vendait-il toutes ses nouvelles potions découvertes, dont celle de rajeunissement ? Combien de temps avant qu'Harry ne retrouve son apparence ?

À cette question, Lewis sembla enfin voir où il était et avec qui. Il regarda Harry et dit, les yeux vitreux :

« Trop tard. Tu vas mourir…comme moi. Je vais mourir... Veux pas mourir, Betsy. Je ne veux pas mourir. Je ne veux pas mourir. Je ne veux pas mourir. Je ne veux pas mourir. »

Il se leva brusquement de sa chaise et se mit à courir et à crier dans la pièce pour trouver une issue, tambourinant à la porte, contre la vitre du miroir à double vue, contre les murs de briques vertes. Au bout de quelques minutes, il se réfugia dans un coin de la pièce, s'agenouillant dos au mur, il prit sa tête entre ses mains, ses doigts s'emmêlant dans ses cheveux si violemment qu'il en arracha quelques mèches, et se remit à psalmodier le prénom de Betsy, encore et encore, jusqu'à ce que ses sanglots prennent le dessus.

Draco revint à la réalité lorsqu'il sentit les doigts de son coéquipier venir enserrer sa main, dans un geste réconfortant.

« Lewis est un drogué et il dirait n'importe quoi pour paraître dingue. Je vais bien Draco. Tu as entendu comme moi, le docteur Carlson, je suis en pleine forme.»

C'était vrai, le médicomage qui suivait Harry pour un petit bilan quotidien, suite à sa transformation, avait affirmé que Potter était aussi vigoureux - tant physiquement que mentalement- qu'il y paraissait.

Harry continua, sa main toujours pas décidée à s'enlever de celle de Draco (pas qu'il s'en plaignait. C'était agréable, cette chaleur. Mais pas autant que les mots qu'Harry prononça) :

« Et Zabini n'a rien trouvé de dangereux. Je te fais confiance pour lui faire confiance sur ce sujet. »

Harry enleva sa main pour applaudir la fin du petit concert, et Draco voulait la retenir, mais Harry s'excusa car il avait une envie pressante. Draco leva un sourcil et il avait un petit sourire narquois. Harry soupira, désabusé :

« T'es con, j'ai juste besoin de pisser.

- Charmant, ton langage, Potter. » répliqua Draco de sa voix trainante.

Harry lui fit un clin d'œil et s'éclipsa.

OooooO

Le groupe se dispersa petit à petit. Bientôt, il ne resta plus qu'Harry, Draco et Finnigan… Seamus, qui avait décidé de s'incruster.

« Allez Harry, réponds à la question : Tu avais quel âge quand tu as perdu ta virginité ?

- Pour la dernière fois : Ça ne vous regarde pas !

- J'avais seize ans, et toi Draco ?

- Quinze ans… Un pari est un pari, Potter. Tu dois répondre.

- Dix-neuf ans.

- Donc théoriquement t'es de nouveau vierge ?

- J'ai besoin d'un autre verre. »

Moi aussi, pensa Draco.

« Vous croyez que Snape était vierge ? »

Harry et Draco interpellèrent un serveur en même temps.

OooooO

Seamus déclara :

« Malgré ton histoire, Harry, désolé, mais je ne le vois pas avoir des sentiments amoureux et encore moins une vie sexuelle. Vous imaginez…»

L'irlandais imita la voix de l'ancien maître de potions : « Maintenant, tu te tournes en position 394. »

Harry faillit recracher un peu de lait par le nez, tant il était hilare. Son fou rire fut contagieux. C'était peut-être les effluves de l'alcool qui les rendaient si euphoriques ou alors l'insouciance qui émanait d'Harry. En tous les cas, Draco oublia ses inquiétudes liées aux paroles de Lewis, pour le reste de la soirée.

A suivre…