Disclaimer: Il y a des jours, où j'aimerais vivre dans un système comme l'ex-URSS. Non parce qu'au moins le droit de propriété n'existerait pas ou prou et on se fatiguerait pas à écrire des disclaimer pour préciser que Stargate appartient à la MGM. Le pote Karl avait raison, la justice est que tout soit à tout le monde et à personne à la fois. (Bon ok j'interprète à fond et surtout bien à ma manière la pensée Marxiste, mais ils l'ont tous fait non?). Je n'irai pas jusqu'à dire vive le communisme, mais dans notre cas de figure, qu'est-ce que ça serait bon!!
Résumé: La suite de Don't Ask, Don't Tell, Don't Love. Donc à lire! Nous avons ici, le point de vue de Lorne après le procès.
Warning: Toujours du Slash mais quand même tout public
Spoiler: Tout mini petit sur la saison 4, mais presque invisible
Notes: Euh..rien à dire pour aujourd'hui sauf que de boulot et relectureS pour 3 pages
Remerciement: A Ayana et Nanoo pour leurs nombreuses relectures, leur patience, leur pinaillage et autres remarques en tout genre qui ont amélioré la qualité de cette fanfiction tant sur le fond que sur la forme.
John dépose ses papiers militaires. A son regard attristé, j'ai compris.
Pour lui comme pour moi, l'armée, c'est terminée !
J'ai eu un choc et bien du mal à l'encaisser. Mais je sais que je n'aurais aucun mal à me reconvertir. . Ma vie, c'est n'est pas qu'Atlantis. Ce n'est pas que l'Armée. Au départ, Je me suis même engagé pour pouvoir manger tout les jours. Certes, j'ai aimé et même adoré ça. Je me suis totalement investi. Au point d'accepter de vivre dans une autre galaxie. Mais cela ne représentait pas tout pour moi.
Maintenant, je vais pouvoir me consacrer à ma peinture. Je suis un artiste au fond. Et je sais que mes parents me soutiennent. Ils sont là avec moi, avec nous, aujourd'hui. Maman surtout. Pour papa, la nouvelle a été plus difficile à avaler. Mais quand je lui ai assuré que John me rendait heureux, malgré tout, il a sourit.
Avec Maman… à croire qu'elle le savait depuis toujours. Il y a juste eu un peu de déception dans ses yeux quand je lui ai annoncé. Nous en avons parlé. Je suis fils unique et elle a toujours rêvé d'avoir des petits enfants.
Je lui ai dit que tout n'était pas joué, que l'adoption était encore possible. Mais, comme moi, elle n'y croit pas vraiment.
John lui ne considère pas sa famille comme telle. Et cette histoire ne va pas arranger ses relations avec son frère. Ses pseudos amis restés sur Terre se sont détournés de lui. Alors, ici, maintenant, il n'a plus que moi. Les autres, ils sont sur Atlantis.
Et Atlantis…..pour nous deux, c'est fini. Nous ne sommes plus militaires. Désormais, nous sommes personae non gratae là-bas.
Je ne sais pas ce que nous allons devenir. On a parlé de prendre un appartement tous les deux. Alors, pour le moment, on vit chez mes parents.
C'est pour John que je m'inquiète surtout.
J'ai confiance en lui, il est fort. Mais Atlantis était tout pour lui. Je ne sais pas comment il va supporter de ne plus jamais retourner là-bas. McKay, il le considérait comme son frère. Au début, j'étais jaloux de Rodney. John passait tellement de temps avec lui ! Puis j'ai compris leur relation très vite. Ces engueulades perpétuelles, cette inquiétude qu'ils ont toujours l'un pour l'autre malgré tout… Typique d'une relation fraternelle.
Et il garde encore et toujours une culpabilité pour réveil des Wraiths. Il en fait encore des cauchemars… Vivre sur Atlantis, se battre au jour le jour, était pour lui une façon de se racheter.
Et on vient de lui retirer ça aussi.
Comment va-t-il le supporter?
Il en a enfin fini avec les papiers administratifs. Il nous rejoint. Il tente de sourire pour me rassurer, mais il n'y arrive pas. Je vois dans ses yeux que quelque chose s'est brisé. Et ça me déchire le cœur. J'hésite quelques secondes avant de lui prendre la main. Après tout, maintenant on en a parfaitement le droit. Ce sont eux qui l'ont décidé ainsi. Malheureusement pas de la façon dont je rêvais.
Sans un mot, nous sortons du tribunal. Nos mains liées attirent quelques regards.
Oui, deux hommes qui se tiennent par la main ne passent déjà pas inaperçus. Mais lorsqu'il s'agit de militaires, ça étonne.
Surtout que les personnes que nous croisons ne remarquent pas que nos uniformes n'ont plus aucun grade, plus aucune décoration.
Le retour à la «maison» se fait en silence. Maman tente bien de faire la conversation à propos d'une exposition de je ne sais quel artiste, mais le cœur n'y est pas. John n'est pas heureux, alors je ne suis pas heureux, donc elle n'est pas heureuse.
Une équation simple en théorie mais drôlement difficile à résoudre en pratique.
Dès qu'on arrive je me change. Je ne supporte plus cet uniforme.
Symbole d'une armée, d'un pays qui m'a trahi, qui a détruit ma vie et celle de mon homme. J'enfile rapidement un jean et un tee-shirt. Lorsque je retourne au salon, l'ambiance est lourde. Papa, maman et John sont tous les trois assis dans les canapés, et personne ne parle. Personne ne sait que dire. Papa a allumé la télévision pour remplir le silence.
Il y a des moments comme ça dans la vie où l'on aimerait être acteur et que les scénaristes nous disent quoi dire, quoi faire.
Si on était dans un film ou dans une série télévisée, il est certain que je serais entré dans la pièce et qu'il se serait passé un truc pour changer cette situation. J'aurais trouvé à dire qui détende l'atmosphère et l'affaire aurait été bouclée.
C'est vrai qu'une scène où tout le monde est assis en silence dans le salon d'une maison familiale en train de regarder des inepties à la télévision ce n'est pas très palpitant. Pourtant, dans la vraie vie, ça arrive souvent.
Enfin du moins dans ma vie à moi en ce moment.
Alors je m'assois et je regarde avec ma famille la rediffusion d'American Idol. On sourit devant les casseroles, on s'énerve face aux jurés trop durs, on rit de leurs remarques, on s'extasie sur telle ou telle voix.
Quand je dis qu'une scène comme ça n'est absolument pas intéressante dans un film.
Pendant la pub, John s'excuse. Il dit qu'il va, enfin, se changer. Mais sa voix tremble, et ses gestes sont hésitants. Je laisse quelques secondes passer et je décide de le rejoindre.
Lorsque j'entre dans notre chambre, je le vois assis sur le lit, fixant sa cravate. Doucement je m'installe à côté de lui. D'une voix sourde, il me dit que l'avantage c'est que maintenant il ne sera plus jamais obligé de porter une cravate. Puis d'un geste brusque, il la balance à travers la pièce.
Je tente de le prendre dans mes bras, mais il me repousse. Ce geste me fait plus mal que tout ce qu'il aurait pu dire. Je murmure son prénom, et je ne peux m'empêcher de laisser la souffrance transparaître. Il se retourne vers moi, baisse les yeux et chuchote un mot d'excuse. Il n'y croit pas. Moi non plus. Il a besoin d'être seul, j'aurais dû le savoir.
Mais je ne peux pas me résoudre à le laisser.
J'établis un compromis, je le laisse seul, tout en étant là. Je m'assois dans la poire que j'avais lorsque j'étais étudiant et m'abîme dans des pensées à mille lieues de là.
A plusieurs milliers d'années lumières de là pour être précis.
Je pense aux autres, ce qu'ils font maintenant, ce qu'ils vont devenir. Je pense à mon équipe, à Parrish en particulier. Il a déjà eu du mal à s'habituer à moi comme chef alors que je suis plutôt coulant. Comment ça va être avec un autre ?
Je pense aussi à Elizabeth, à Teyla, à Ronon et même à Rodney. Il est pire que Parrish. Il n'acceptait que les ordres de John, aucun autre militaire ne réussissait à le faire obéir.
Je plains celui qui reprendra l'équipe de John.
Je suis interrompu dans mes pensées par un reniflement puis par le murmure de mon prénom. Je lève les yeux et croise ceux, remplis de larmes et suppliant de John.
Je ne peux rien faire d'autre que de me lever et de le prendre dans mes bras.
Il enfoui son visage dans mon cou et je sens ses larmes couler. Je ferme les yeux, fort, le plus fort que je peux. Je le berce dans mes bras. Je caresse ses cheveux. Je lui murmure doucement que ça va aller, que ce n'est pas grave, qu'on est deux et que tous les deux on est plus fort que tous ces abrutis, que tout va s'arranger. Mais il ne se calme pas pour autant. Je crois qu'il pleure plus que sa carrière, plus qu'Atlantis et que son frère perdu.
Je crois qu'il pleure tout ce qu'il n'a jamais pleuré jusqu'alors.
Et malgré tout je suis fier. Oui fier. Parce qu'enfin, il a trouvé un refuge, il a choisi une personne pour l'aider à porter son fardeau, pour se libérer. Et ce refuge, c'est mes bras! Et c'est ça qui me rend fier. Si fier que je souris… alors qu'il pleure dans mes bras.
Et je lui murmure ces trois mots que jusqu'alors je n'avais jamais dis qu'à mes parents.
Il se détache un peu de moi. Il me regarde incrédule. Toujours en murmurant je lui répète ces mots. Alors, ses larmes se tarissent et un sourire les remplace.
Le cœur gonflé par ce sourire, j'éclate de rire, heureux comme jamais je ne l'ai été.
Et je ne peux m'empêcher, malgré mes parents dans la pièce à côté, de le débarrasser moi-même de cet uniforme qui ne signifie plus rien pour lui, pour nous.
FIN
