C'est vraiment une histoire de dingue !

« Tu ne m'as toujours pas dit qui lui a lancé ce maudit sort. », fit remarquer Sirius pour trouver un sujet de conversation, qui permettrait de mettre un terme à cette situation gênante.

Sirius, nerveux, se tordait les mains en regardant son ennemi juré changer la couche de son filleul d'une main experte. Severus, quant à lui, fit mine de l'ignorer, préférant se concentrer sur sa tâche puisqu'il trouvait la gêne de Black plutôt distrayante. Il enfila son pyjama à Harry, qui se laissa faire tranquillement. Harry, lui, aimait beaucoup cet adulte qui ne le prenait pas pour un idiot et ne le ballottait pas dans tout les sens.

Sirius suivit Snape jusque dans la chambre qu'il avait attribué à Harry, tout en ayant déjà oublié sa demande. Il avait vu Snape s'occuper de Harry comme un pro, et il regrettait de moins en moins de lui avoir demandé de s'en occuper avec lui. Bien sûr, Severus savait qu'il allait devoir parler de Dumbledore avec ce crétin, puisque celui-ci n'allait sans doute pas tarder à débarquer et que ce-dit crétin allait, sans aucun doute lui déballer ses soupçons sans autre forme de procès. Il posa donc Harry dans son lit tout en essayant d'oublier de qui il était le fils et se tourna vers Black.

« Il faut qu'on parle, annonça-t-il. Et comme à son habitude, il descendit au salon sans se préoccuper de savoir s'il le suivait ou non. Il savait que Black voulait des réponses, donc il savait qu'il le suivrait.

- Oui, en effet. Est-ce que tu vas enfin me dire QUI a jeté ce sort à Harry ?, attaqua Sirius aussitôt la porte du salon passée.

- Dumbledore, lâcha-t-il. Il vit, tout d'abord le visage choqué de Black. Il vit littéralement les rouages de son cerveau se mettre en marche et assimiler ce qu'il venait de lui dire.

- C'est une blague ? Non, par-ce que si c'est une blague, elle n'est vraiment pas drôle ! Severus eut l'immense envie de se taper la tête dans le mur. À la place, il respira un grand coup, et dit de cette manière si propre à lui-même et qui vous fait vous sentir idiot au possible :

- Crois-tu vraiment que j'ai l'air de plaisanter ? Avant que le crétin attitré de cette maison – dans l'esprit de Severus – n'ouvre la bouche, il reprit : Oui c'est bien lui. Je n'ai pas le moindre doute là-dessus. Je l'ai vu et j'ai senti son empreinte magique. Je suis certain qu'il s'agissait bien de lui, même si, tout comme toi, je ne comprends absolument pas ce qui lui à pris. »

Sirius en resta sur le cul. Bien sûr, il serait tenté de douter de son ennemi juré – rappelons-le – et de lui rejeter la faute, mais il avait le pressentiment qu'il lui disait la vérité. Et les pressentiments, dans le métier qu'il exerçait étaient très utiles. Ils restèrent dans le plus parfait des silences durant plusieurs minutes. Severus savait que Black allait avoir son ''déclic'' très bientôt et il ne voulait surtout pas l'empêcher.

« Bon d'accord et qu'est-ce qu'on est sensé faire, maintenant ? Bingo ! Severus se félicita intérieurement puis grimaça à l'idée de connaître Black si bien. Mais comme on dit : ''soit proche de tes amis, mais encore plus proche de tes ennemis''.

- Il ne faut surtout pas que Dumbledore se doute de quelque chose. Le problème, c'est qu'il va forcément remarquer la disparition de Harry, et qu'il va immédiatement se douter que tu as quelque chose à voir là-dedans, expliqua Severus. J'y ai réfléchi un bon moment, et j'ai un plan. Il ne va pas te plaire, et sache que j'aurais vraiment préféré trouver mieux, mais ce n'est pas le cas, continua-t-il.

- Tant que ton plan fonctionne et que tu as aussi trouvé le moyen de rester t'occuper de Harry, moi tout me va. », annonça Sirius avec espoir.

Severus fixa Black pendant plusieurs secondes. Il n'osait pas se lancer, puisque même s'il savait qu'ils n'avaient pas vraiment d'autre choix qui les rendraient aussi crédibles aux yeux de Dumbledore, son plan était vraiment tiré par le cheveux. Sirius, lui, se contentait de fixé Snape en attendant qu'il daigne se lancer. Puis, une idée folle lui traversa l'esprit. Il continua à fixer Snape en écarquillant les yeux de plus en plus.

- Oh non !, cria-t-il. Non, non, non, non, non... Il en ait hors de question ! C'est impossible je te dis. On ne peut pas ! Sirius s'était levé et faisait maintenant face au potioniste en le fixant dans les yeux. Il attendait seulement que celui-ci démente ses propos.

- Tu sais pourtant que c'est le seul moyen. On aura pas le temps de trouver une autre solution, on manque de temps. Ça me répugne tout autant que toi, mais nous n'avons pas le choix, Black, répondit Severus en appuyant sur son nom.

- Mais il n'y croira jamais de toute façon ! C'est Dumbledore, il sait tout. Comment tu voudrais lui faire croire ça ? C'est complètement absurde, je refuse de faire ça.

- Et c'est justement pour ça qu'il y croira. Par-ce qu'il sait que si c'était faux, tu n'aurais jamais accepté de faire ça. Je suis certain qu'il croit que moi non plus je n'aurais jamais pu faire cela. Surtout si c'était dans le but de protéger l'enfant de Potter. On doit le faire, nous n'avons pas le temps de trouver un autre plan, martela Severus.

- D'accord, fini-t-il par accepter. Je le ferais pour Harry, mais c'est toi qui joue la femme », affirma Sirius avec aplomb.

Severus reconsidéra l'idée de se taper la tête dans le mur. À plusieurs reprises. Puis il se dit que c'était vraiment par-ce qu'ils n'avaient pas de temps à perdre qu'il acceptait d'y renoncer.

« Il faut que notre histoire soit irréprochable. Tu as intérêt à tout retenir, je ne me répéterais pas deux fois, prévint Severus tout en regardant avec regret le mur qui lui faisait face.

- Attend ! Je prends de quoi noter.

- Mais t'es con ou quoi !? C'était sorti tout seul. Il n'avait vraiment pas pu s'en empêcher. Tu vas pas laisser une trace écrite de notre plan quand même, se reprit-il. Sirius bouda pour montrer qu'il n'acceptait pas de se faire insulter gratuitement, mais reposa tout de même le parchemin et la plume qu'il venait d'invoquer. Bon, voilà à quoi j'ai pensé. Sirius retint un rire, et Severus le fusilla du regard. On va faire de Harry notre vrai fils. Il existe un rituel de sang. Il devrait se trouver dans l'un des livres que possède ta famille. Il nécessite une potion, mais par chance j'en ai un flacon chez moi, comme j'étudiais cette magie il y a peu de temps.

- Cela fera de Harry notre vrai fils ? Même avec un test médicomagique ?, demanda Sirius.

- Si tu m'interromps encore, je m'en vais, menaça Severus. Sirius sembla comprendre, puisqu'il n'ouvrit plus la bouche. Bien. Comme je te l'ai dit, Harry deviendra notre fils. Et oui, ajouta-t-il en le voyant à nouveau ouvrir la bouche, rien ne sera en mesure de prouver le contraire. Quand à nous, il faut que notre histoire soit plus que crédible, même si elle doit être complètement improbable. Écoute bien. Nous sommes ensemble depuis le milieu de notre 7e année. Il leva la main pour le faire taire. Écoutes jusqu'au bout, réfléchis, et si là, quelque chose te perturbe encore, on en parlera. Mais pour l'instant tu me laisse finir. Bien. Tu m'as fais douter de mes allégeances, et j'ai fini par te faire entièrement confiance. Comme il m'était impossible de me retirer alors que le seigneur des ténèbres m'avait remarqué, nous avons décidé ensemble que je deviendrai un espion pour le compte de la lumière. Je devais ne donner mes informations qu'à toi et à toi seul pour préserver ma couverture. Tu trouveras bien un ou deux exemples des informations que j'ai pu te faire parvenir. S'il te questionne d'avantage, fait l'idiot. Tu ne t'en souviens plus, ça devrait suffire. Il ne pourra que y croire, ajouta-t-il sarcastique, un sourire au coin des lèvres.

- Hey !

- Bref, continua Severus avant que Black ne commence une dispute. Nous sommes profondément amoureux. Devant l'air plus que dubitatif de Sirius, il s'interrompit encore. Nous devons l'être, Black. Je ne suis pas devenu espion par-ce que tu me l'as gentiment demandé et notre fils n'est pas là juste pour le décors. Donc ! Nous sommes irrémédiablement fou l'un de l'autre, et après plusieurs années de cet incroyable bonheur, nous avons décidé qu'il était temps d'avoir une famille. Après mainte et mainte recherches, j'ai fini par fabriquer une potion qui, allié à un puissant sort d'ancienne magie, nous a permis de créer la vie. Oui je sais c'est absurde, mais tâche d'être convainquant si tu veux garder Harry. Alors, pour ce faire, nous avons utiliser une rose comme socle, puisqu'il s'agit de la fleur de la fécondité. Nous en avions également recouvert le sol de la chambre -pour avoir plus de chances. C'est ce genre de détail qui le convaincra que notre histoire est vrai. Bien entendu, nous vivons comme un couple, et nous sommes très heureux. Personne n'a jamais été mis dans la confidence pour des raisons évidentes. Tes amis me déteste, et nous devions protéger mon statut d'espion. J'ai un manoir près de Plymouth, qui appartient à ma famille depuis des générations. Harry – il faudra lui trouver un nouveau nom – a été conçu là-bas. Alors ?, conclu-t-il en reprenant, discrètement, son souffle.

- L'idée de former un couple avec toi me dégoutte plus que tout au monde, grogna Sirius.

- Black..., prévint Severus.

- Maaaaaais ! Je le ferais. Puisque c'est le seul moyen de sauver Harry, rajouta-t-il précipitamment.

- Évidemment.

- Je n'ai donc qu'une seule question. Il marqua un temps de pause. Pourquoi est-ce que tu acceptes de faire tout ça ?, demanda-t-il.

- C'est aussi le fils de Lily, et je ne supporte pas l'idée qu'elle soit dans l'incapacité de protéger son propre enfant. Ensuite, cela me donne la possibilité d'esquiver Azkaban. »

Sirius pris le temps de réfléchir à tout ça. Il savait qu'il n'avait que quelques minutes pour donner son accord. Soudain, une question importante jaillit de son esprit. Il ne perdit pas de temps pour la poser.

« - Y a-t-il un antidote au rituel ?, demanda-t-il. Par-ce que si on finit par trouver le sortilège que Dumbledore à utilisé et qu'il y a un contre-sort, nous devrons le rendre à sa famille.

- Il n'en existe pas de connu. Mais nous pourrons chercher plus tard. Je ne pense pas que Dumbledore avait l'intention de rompre le sortilège avant un bon moment. Nous trouverons une solution. Et s'il n'y en a aucune, alors nous en créerons une. Nous n'avons pas le temps de se pencher plus en avant sur la question. Si Dumbledore trouve Harry, Merlin seul sait ce qu'il en fera. Puisque les Potter ne s'en occupe plus, il pourrait tout aussi bien l'envoyer dans une famille quelconque ou même dans un autre pays. Alors ? Tu acceptes ?, conclu le potioniste.

- J'accepte. »

C'est ainsi que Severus et Sirius se retrouvèrent à lancer des sorts dans la bibliothèque du manoir Black, pour trouver le livre qui renfermait le sort du rituel de sang. Il était déjà tard, ou tôt, cela dépendait du point de vue, mais aucun signe de fatigue ne se faisait ressentir chez eux. Quand Sirius le trouva enfin, ils se dépêchèrent de regarder tout les ingrédients nécessaires au rituel. Par chance, Severus avait une bonne mémoire, et il ne s'était pas trompé. Il avait bien tout ce qu'il fallait chez lui. Il prit le réseau de cheminette, et fut de retour au manoir en moins de dix minutes. Il prirent ensuite bien le temps de lire le déroulement du rituel, ses possibles conséquences et ses possibles effets secondaires. Ils y réfléchirent une dernière fois, se regardèrent dans les yeux, et se dirigèrent de concerts vers la chambre de Harry.

Ils en ressortirent silencieusement une bonne heure plus tard. Ils avaient eu quelques difficultés à rendormir Harry. Celui-ci avait été plus que grognon à l'idée de se faire réveiller au beau milieu de la nuit. Ils s'affalèrent dans le canapé – avec un minimum de grâce pour Severus –, sans se rendre vraiment compte de leur proximité.

- C'est une histoire de dingue..., soupira Sirius. On a eu de la chance que tu sois passé ce soir. Si Dumbledore était venu me voir demain, je lui aurait tout déballé, ajouta-t-il, confirmant ainsi les doutes de Severus.

- On a surtout eu de la chance que Dumbledore ne soit pas passé ce soir, corrigea Severus. Lily et Potter lui parleront forcément de ta visite. Il saura que tu as remarqué qu'il se passait quelque chose d'étrange. Tu diras à Dumbledore que tu croyais à une blague et qu'en partant tu es allé chez Lupin pour lui en parler. C'est la dernière fois que tu auras vu Harry. Puis que tu es parti le soir pour nous rejoindre ton fils et moi.

- Mon fils et toi..., répéta Sirius. Ça fait bizarre de dire ça. Alors, quel nom on donne à notre petit garçon ?, demanda-t-il en se redressant comme un ressort.

- Je n'ai jamais réfléchi à ce genre de chose. Et toi ? Quand il vit les yeux de Black s'illuminer, il regretta sa question, immédiatement.

- Bien sûr que si ! J'ai eu une période où je voulais avoir un enfant avec une belle famille comme celle de James. L'inconvénient, je pense, c'est que je n'ai jamais réussi à supporter quelqu'un plus de 2 mois. Ce qui n'est pas suffisant pour avoir un enfant, continua-t-il, absorbé par son propre récit.

- Je me fou bien de tes rêves de jeunesse, Black. Viens-en au fait, le coupa Severus, un poil irrité par ses simagrées.

- Ça va, ça va. J'y viens. En voyant le regard courroucé que lui jetait Snape, il se mit à table. Très bien ! Mais je te signal juste que cela est sensé t'intéresser, chéri. Il appuya sur le ''chéri'' avec un petit sourire mutin qui arracha une grimace à son ennemi. Donc j'avais pensé à Izar, s'il s'agissait d'un garçon, et Khara, si c'était une fille. J'aimais bien aussi Sirrah, ajouta-t-il.

- Peu importe, Black, puisque Harry est un garçon. Donc ce sera Izar. Il trouvait plutôt amusant que Black est choisi des noms d'étoiles étant donné le respect qu'il avait pour sa famille. Il se garda bien de le faire remarquer à son ''partenaire''.

- Bon, et bien je sais pas toi, mais moi je suis épuisé. Alors, bonne nuit. Il se tourna pour partir, puis se ravisa et se tourna vers Snape avec une grimace. Albus ne viendra sans doute pas nous tirer du lit. Donc je suppose qu'il est inutile que toi et moi on..., hésita-t-il.

- Bien sûr. De toute manière, c'est hors de question, affirma Severus.

- Ok. Parfait... Alors, euh, bah tu peux prendre la chambre qui est à côté de celle de Harry. Enfin, je veux dire Izar. Je pense que s'il se réveillait au milieu de la nuit, je ne serais pas vraiment quoi faire, de toute façon. À demain. »

Sirius finit par s'en aller en laissant Snape derrière lui. Il avait très étrangement une grande facilité à lui faire confiance. Enfin, il le connaissait suffisamment pour savoir que Snape ne ferait sans doute pas sauter la maison. Son lit lui tendait les bras et il était plus heureux que jamais de pouvoir enfin le rejoindre.

Severus, quant à lui, se perdit dans la contemplation du feu pendant quelques minutes. Il ne cessait de s'empêcher de repenser à tout ce qu'il s'était passé ces deux derniers jours. Il était épuisé aussi. Il se leva et alla se coucher. En passant devant la porte du petit enfant, dont la vie avait basculé tout aussi drastiquement que les leurs, il se dit qu'ils formaient vraiment une drôle de famille. Mut par une envie soudaine, il poussa la porte. Il s'approcha tranquillement du lit à barreaux et vit que le petit garçon ne dormait pas. Celui-ci tendit vers lui ses petits bras potelés et attendit qu'il le prenne. Severus le regarda plusieurs secondes en se demandant si le bambin avait une quelconque idée de ce qu'il se passait. Il finit par se pencher au dessus de lui pour le prendre dans ses bras. Il voyait tout les changements physiques qui avaient déjà opérés et se dit qu'il n'aurait pas pu, lui-même, reconnaître cet enfant s'il avait ignoré son identité. Il sentit que l'enfant avait besoin d'être changé, et eut un sourire en coin en se disant que le gosse était un petit malin. Il l'installa sur la table à langer, et défit son pyjama tout en se saisissant d'une couche propre. Alors qu'il le changeait, il s'arrêta en plein mouvement. Choqué et les yeux écarquillés, il dit :

« Et bien je crois que finalement, nous allons t'appeler Khara... »