CHAPITRE 2 : Une double réunion

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Nasuada était toujours souriante et Eragon lui était abasourdi par les dernières paroles de cette femme qu'il ne connaissait pas et qui pourtant lui avait recommandé d'être prudent.

« - Petit Homme, au lieu de rêvasser tu devrais plutôt demander à Nasuada qui est-elle, lui dit Saphira. Avant que les autres arrivent, ajouta-t-elle voyant qu'Eragon n'avait pas réagit. »

« - Tu as raison, lui répondit-il. »

Puis se tournant vers Nasuada qui ne souriait plus paraissant ainsi bien plus âgée qu'il y a quelques secondes, il lui demanda :

- Qui est-elle?

- On l'appelle Nancy mais ce n'ai qu'un surnom le nom que lui ont donné ses parents est Nanciléa. Enfin, c'est ce qu'elle m'a dit. C'est une des meilleures espionne mais même si elle aide les Vardens, elle n'est pas sous mes ordres, un peu comme Angela.

- C'est la première fois que je la vois.

- C'est normal, Nancy aime voir mais n'aime pas être vue et le plus souvent, elle est là où elle est le plus utile.

- C'est-à-dire ?

- Dans l'Empire, dans les Béors, dans le Du Weldenvarden, n'importe où mais ces temps-ci, elle est l'espionne qui se trouve à Urû'baen.

- Dans le château de …, commença Eragon surprit mais il ne finit pas sa phrase que les Faucons de la Nuit annoncèrent le roi Orrin. Nasuada leur dit de le laisser passer, finissant ainsi la conversation sur Nancy. En moins de deux minutes, toutes les chaises qui entouraient la table au milieu de la tente étaient occupées. Il y avait plusieurs capitaines dont Roran, le Roi Orrin et plusieurs de ses conseillers, Jörmundur, Nar Garzhog, Nasuada mais à la place où d'habitude se trouvait Arya, était assis Lupusänghren. Eragon fronça les sourcils puis se pencha vers Nasuada et lui demanda en chuchotant :

- Pourquoi Lupusänghren est-il à la place d'Arya ?

Sur le même ton, Nasuada lui répondit :

- Un peu après que vous ayez fini de guérir les blessés, elle m'a demandée de ne pas assister à la réunion car elle voulait du temps pour elle. Je suppose que c'est dût la mort de tes maîtres, je lui ai dit que la réunion était importante et elle m'a répondu que Lupusänghren viendrait à sa place alors je lui ai dit de prendre autant de tant qu'elle voudrait et depuis personne ne l'a vue.

Eragon hocha la tête et Nasuada commença la réunion. Malgré tous les efforts d'Eragon pour écouter la réunion, il ne put se concentrer et ses yeux dérivaient à chaque fois sur la chaise en face de lui qu'occupait habituellement Arya.

« - Petit Homme, tu devrais écouter. Oromis comptait beaucoup pour Arya, elle a juste besoin d'être un peu seule, lui dit Saphira. »

« - Elle a peut-être besoin de quelqu'un, d'un ami. »

« - Écoute, la réunion, Petit Homme, on ira voir Arya après si tu le veux. »

Eragon hocha la tête. La réunion suivait son cours. Après avoir parler des pertes et des blessées, des ravitaillements, des nouvelles recrues, de nouveaux raids puis enfin de la route pour Belatona que les Vardens prendraient dans les prochains jours, les dirigeants s'en allèrent un par un pour leurs propres affaires et bientôt Eragon et Nasuada se retrouvèrent de nouveau seuls. Eragon se leva et voulut prendre congé quand le miroir derrière Nasuada révéla le visage de la reine des elfes. Nasuada se leva et fit une bref révérence en disant :

- Islanzadí.

- Nasuada, c'est un plaisir de vous revoir même dans ces périodes sombres.

- Le plaisir est le mien car même si nous avons gagné deux batailles vous avez perdu un être cher. Et je suis profondément désolé.

- La douleur est forte comme vous le savez car vous aussi avez perdu des êtres qui vous étaient chers, Nasuada, mais comme vous le savez aussi, c'est malheureusement dans ces moments-là que l'on trouve la force de gagner toutes les batailles.

- Oui, cette force est bien puissante.

Puis la reine se tourna vers Eragon, celui-ci porta deux doigts à sa bouche comme le faisait la Reine mais fut pris de court quand Islanzadí commença la formule de respect :

- Atra esterní ono thelduin (que la chance t'accompagne).

Après quelques secondes, Eragon reprit ses esprits et continua :

- Mor'ranr lífa unin hjarta onr (que la paix règne dans ton cœur).

- Un du evarínya ono varda (et que les étoiles veillent sur toi), finit Islanzadí, puis repassant à la langue des humains elle ajouta :

- Arya m'a prévenue après la bataille de ce qui c'était passé, je m'étonne de ne pas la voir ici d'ailleurs et que se soit Lupusänghren qui est fait un rapport de la réunion au lieu d'elle.

- Je crois qu'elle avait besoin d'un peu de temps pour réfléchir, ma Reine, répondit Eragon.

- Cette guerre l'a beaucoup touchée.

- Elle, plus que beaucoup d'entre nous, je le crains, Islanzadí, répondit Nasuada.

- Et la plupart sont à cause de moi, sa propre mère, murmura la Reine.

- Majesté, lui dit Eragon, je ne pense pas qu'Arya pense cela. C'est le destin qui a choisit et malheureusement on ne peut rien y faire.

- Tu as sûrement raison, Shur'tugal. Le sujet n'est pas là cependant, l'enterrement d'Oromis et de Glaedr sera dans quatre jours.

Eragon se retourna vers Nasuada qui avait la tête baissée. Voyant qu'elle hésitait, Saphira lui facilita son choix :

« - Nasuada, tu sais très bien que tu n'as aucun pouvoir sur moi. Et moi je tiens absolument à aller à leur enterrement, tout comme Eragon que je n'hésiterais pas à prendre avec moi, même si tu lui interdis d'y aller. »

- Mais …, commença à protester Nasuada.

« - Il n'y a pas de mais , interrompit Saphira, les douze elfes resteront ici et Murtagh et Thorn n'attaqueront pas avant plusieurs semaines à cause de la queue de Thorn, il n'y a aucun danger. Donc j'irai avec Eragon et Arya viendra sûrement avec nous aussi. »

Nasuada hocha la tête :

- Vous reviendrai dans combien de temps ?

C'est Eragon qui répondit :

- Il faudra trois jours de voyage à l'allé plus trois au retour et je pense qu'on y restera trois jours, donc au maximum dix jours.

- Bien, dit Islanzadí, je vais vous laisser, Eragon à dans quatre jours, Nasuada, à demain.

Et cela étant dit, elle disparut du miroir.

- Tu pars demain matin à l'aube, je suppose? Demanda Nasuada.

- Je pense que c'est le mieux.

- Sûrement, on se voit demain matin alors.

- Oui, à demain, passe une bonne journée.

Et Eragon commença à partir. Au moment où il allait prendre le pan de la toile pour sortir, Nasuada lui demanda :

- Veux-tu que je prévienne Arya ou tu t'en occupes ?

- Je m'en occupe, merci, lui répondit-il avant de lui faire un geste de la main et de partir.

Saphira avait déjà dégagé sa tête du coin de la tente qu'on lui réservait et la selle qu'elle portait, avait été enlevée par un elfe puis déposée dans la tente d'Eragon selon ses consignes. Saphira souriait avec ses yeux à Eragon.

« - Je suppose qu'on va retrouver Arya, lui dit-elle. »

« - Tu suppose toujours bien Saphira, lui répondit-il, des fois je me demande si tu n'es pas dans ma tête, ajouta-t-il en s'installant sur son dos nu. »

Saphira eut un rire qui ressemblait comme toujours à un grognement et qui fit sursauter de peur les Vardens qui se promenaient à proximité avant de s'élancer dans les airs pour trouver Yeux-d'Emeraude qui avait volé le cœur de son dragonnier.