Blaine Warbler, Blair Witch ou Monsieur Anderson ?
AN : langage fleuri ci et là, mais rien de bien terrible, aucune raison d'alarmer vos parents !
Finn avait fini par appeler Rachel.
Rachel mettait un point d'honneur à se rappeler des noms et prénoms de tous les gens qu'elle rencontrait, talent indispensable selon elle pour sa future carrière de star (« Finn, si je dois répondre à des critiques, notamment en envoyant un mot de remerciements, comment ferais-je si je ne connais pas le nom de mon admirateur ? Non pas qu'un admirateur anonyme manque d'attrait. Il va de toute manière certainement falloir que j'apprenne aussi à vivre avec les admirateurs anonymes, d'ailleurs je me demande si -». Et c'est à ce moment là que Finn avait lâché le fil de la conversation. Ca lui arrivait assez souvent avec Rachel).
- Finn ? Tu sais quelle heure il est ? Oooooooh, c'est si romantique ! M'appeler à 1 heure du matin pour me dire que tu m'aimes !
Couché sur son lit, Finn serra le téléphone contre son oreille et soupira.
La soirée avait été un véritable désastre.
Finn avait fini par quitter sa chambre, bien décidé à présenter de plates excuses à Kurt. Mais ce dernier n'était manifestement pas d'humeur à écouter ce que Finn avait à dire parce que pendant tout le dîner, Finn avait eu l'impression d'être invisible. Il était Bilbo et tout se passait comme s'il avait passé l'anneau unique. Il avait juste disparu, pfiout, comme ça ! Enfin, presque. Sa mère pouvait le voir, Burt aussi. Le charme ne semblait opérer que sur Kurt qui l'ignorait superbement (Kurt avait servi Carole et Burt mais avait reposé le plat sans le servir lui. Finn se demandait si cela faisait de Kurt son Gollum. Il n'avait pas osé se servir tout seul, au cas où …).
Il était donc remonté dans sa chambre, penaud, ravagé par la culpabilité et affamé. Devait-il avouer à sa petite amie que s'il l'appelait à une heure indue, c'était surtout parce qu'il aimait Kurt, son petit frère, et qu'il ne supportait pas d'être fâché avec lui ? (il ne lui dirait en tous les cas certainement pas que depuis qu'il avait imaginé être Bilbo, il avait peur de regarder la porte et d'y découvrir, l'épiant, les yeux bleux et perçants de Goll-euh, de Kurt. Il fallait vraiment qu'il dorme ou il allait devenir fou). Yep, mentir était la seule option possible.
- Euh, oui, oui, bien sûr. Je pensais juste à toi. Je n'arrive pas à dormir et je, euh, j'ai voulu entendre le son de ta voix. Elle est si … mélodieuse, un peu comme une berceuse, tu vois ?
Le petit cri aigu qui suivit sa déclaration perça le tympan de Finn.
- Ooooooooooooooooooooooh Finn. Moi aussi je t'aime.
Bon, maintenant que ça c'était réglé, il fallait qu'il en vienne, le plus subtilement possible, à la vraie raison de son appel.
- Dis Rachel, j'ai rencontré l'ami de Kurt l'autre soir, celui qui va à Dalton tu sais ? (Ouais, Finn n'avait jamais été très doué avec la subtilité).
- Oh, oui, Blaine.
OHMONDIEU ! Il avait réussi ! Il avait un prénom. C'était un début. Dans son oreille, Rachel continuait à parler.
- … et en plus, c'est un garçon extrêmement bien élevé, un vrai gentleman, c'est siiiiiiiiiiiiiiii charmant. Il m'a baisé la main lorsque Kurt nous a présentés, gloussait-elle. Mais franchement, Kurt ne va pas pouvoir continuer à le fréquenter. C'est un Warbler. Ce serait comme … comme une trahison, même s'il n'est plus à McKinley et qu'il ne fait plus partie de New Directions.
- Un warbler ? Interrogea Finn qui se demandait ce que des oiseaux (3) pouvaient bien avoir à faire avec Bob Dalton. Raaaaah non ! Blaine. Avec Blaine, le mec qui va à Dalton.
- Oui, Blaine Warbler, l'ami de Kurt ? Finn est-ce que tu es sûr que tu vas bien, tu as l'air tout bizarre ? Je crois que tu devrais prendre des vitamines. Suis mon exemple, ne jamais commencer une journée sans -
Finn l'interrompit en poussant un bâillement sonore (et quelque peu exagéré).
- Oui, je crois que tu as raison, je suis crevé, je vais dormir maintenant. A demain Rachel !
Il raccrocha un peu précipitamment (en fait, il était certain que Rachel lui parlait encore lorsqu'il avait éteint son téléphone).
Mais il ne lui avait pas menti. Maintenant, il pouvait dormir. Il connaissait le nom de l'ami de Kurt.
Blaine Warbler (4).
Demain, tout serait réglé. Il pourrait se réconcilier avec Kurt ! Il écrivit le nom sur un morceau de papier et se coucha. Ses yeux s'étaient à peine fermés qu'il dormait déjà.
Le lendemain, Finn, qui s'était levé en retard, rata Kurt au petit-déjeuner. No soucy. Il pourrait lui parler ce soir.
Finn sortait régulièrement de sa poche le papier sur lequel il avait griffonné le nom de l'ami de Kurt. Pas question que sa langue ne fourche lorsqu'il parlerait à Kurt. Ils étaient mercredi et le mercredi, Kurt leur faisait des lasagnes. Et Finn adorait les lasagnes de Kurt. Pas de Bilbo Sacquet ce soir ! Il devait absolument parler à Kurt avant de rentrer à la maison.
- Hey mec, t'es sûr que ça va ? T'as même pas fermé sa petite gueule à ce crétin d'Azimio sur le terrain aujourd'hui ?
Puck, fraîchement douché, se tenait près de Finn. Il ne l'avait même pas entendu arriver.
- Qu'est-ce que tu racontes ?
Puck leva les yeux au ciel.
- Azimio, tu sais ? Ce petit con qu'arrête pas de nous envoyer des slushies dans la tronche, tu le remets ? On lui règle généralement son compte sur le terrain de foot. Je m'occupe de ce débile de Karofski et toi d'Azimio. Leur tas de graisse respectif les fait tomber plus facilement que des pommes après un bon coup de vent. C'est beau la loi de la gravité quand même. C'est notre deal Mec ? Faut qu'on leur fasse payer ce qu'ils ont fait à Kurt !
Mike qui l'accompagnait hocha la tête.
- C'est le seul moyen pour qu'on se fasse pas piquer par Beiste ou Figgins, précisa Mike. Tu veux arrêter ?
- Euh, non, non, bien sûr que non répondit Finn tout en rangeant le papier dans sa poche.
Le problème, c'était que rien n'échappait aux yeux de lump de Puck (ou bien était-ce yeux de lynx ? Kurt saurait lui. Finn sentit la boule qu'il avait dans la gorge depuis son altercation avec Kurt prendre quelques centimètres de diamètres supplémentaires). Il arracha le papier des mains de Finn juste au moment où il allait le remettre dans sa poche. Finn essaya de lui reprendre.
- Puck, merde, déconne pas mec, j'en ai besoin, c'est perso !
Puck lut le nom sur le papier et poussa un long sifflement.
- Perso ? Mais dis moi, tu t'es converti à la religion de ton nouveau petit frère ? Ou bien ce sont tes futurs beaux-parents qui te font cet effet ?
Mike lut le nom lui aussi et haussa les épaules.
- C'est qui Blaine Warbler ? Demanda t-il.
- Personne, grogna Finn qui avait fini par récupérer le papier et le rangea en sécurité dans son sac à dos. Un ami de Kurt, c'est tout.
- Ah ! Victoire ! Je le savais ! s'exclama Puck.
- Tu sais rien, gros débile, lui répondit Finn. Blaine est l'ami de Kurt, c'est tout. Aucun d'entre nous ne couche avec lui et je te rappelle que -
- Blair Witch, interrompit une voix féminine.
Les trois garçons se tournèrent simultanément vers la personne qui venait de parler.
Brittany se tenait là, un large sourire aux lèvres, serrant ses livres contre sa poitrine.
- C'est pas Blaine Warbler, c'est Blair Witch. B.W. Ce sont les mêmes initiales. C'est pour donner le change.
Puck cligna des yeux.
- Euh, Blair Witch, c'est pas le nom de ce con de film dans une forêt tourné au camescope, ou un truc du genre ? Demanda t-il.
Brittany hocha la tête.
- C'était pas un film mais un documentaire sur une sorcière. Une vraie sorcière.
Brittany se pencha vers les trois autres membres du Glee Club et chuchota.
- Ne le répétez pas mais je crois que l'ami de Kurt est un descendant de cette sorcière. C'est pour ça qu'il s'appelle Blair pas Blaine. Et puis, il porte un uniforme comme dans cette grande école de sorciers, l'école Poularde.
- Euh, c'est Poudlard, la corrigea Mike. Puck lui, continuait juste à cligner des yeux en fixant Brittany.
- Blair aime bien la vidéo, ce qui est une preuve de plus de sa parenté avec la sorcière. Il m'a promis qu'il m'aiderait à monter mon propre talk show. Lord Tumblington est vraiment très excité à cette idée.
Personne ne demanda à Brittany qui était ce « Lord Tumblington » : avec elle, les réponses étaient encore plus nébuleuses que les questions qui les avaient provoquées !
- Hey les gars, quoi de neuf ! Claironna Sam Evans en approchant le petit groupe.
- Pt'ain, se lamenta Finn en se passant la main dans les cheveux, maintenant je ne suis même plus sûr de ce que m'a dit Rachel hier soir : c'est Blaine ou Blair Warbler le prénom de ce mec !
- Blaine ? C'est qui ça ? Demanda Sam.
- L'ami de Kurt, répondit Puck en insistant lourdement sur le mot « ami ». Le mec qui va à Dalton.
Sam fronça un instant les sourcils puis claqua les doigts comme si quelque chose lui revenait à l'esprit.
- Oh, lui ! Euh, je le connais, enfin, je connais juste son nom.
Sam espérait que personne ne lui demanderait comment il connaissait quelqu'un de Dalton. Il n'était pas près à avouer à ses amis qu'il livrait régulièrement des pizzas à Dalton pour rapporter un peu d'argent à ses parents.
Finn l'attrapa brutalement par les épaules.
- Tu connais son nom ! C'est quoi ? Dis le moi.
- Hey, mec, calme toi !
Finn le lâcha immédiatement.
- Excuse moi, je suis un peu sur les dents.
- Ouais, et sur autre chose aussi si t'es aussi excité à l'idée de connaître le nom de ce type, ricana Puck. C'est quoi ton trip ? Tu veux lui chanter une sérénade ?
Finn l'ignora.
- Il s'appelle comment ! Putain, c'est une question de vie ou de mort !
- De mieux en mieux, grommela Puck.
- Anderson.
- Anderson ?
- Ouais, tu sais, comme dans Matrix.
Sam prit une voix grave et imita Hugo Weawen interprétant le célèbre agent Smith.
- « Monsieur Anderson, surpris de me revoir ? »
Ses quatre amis le fixaient sans sourciller.
- Mec, t'as vraiment un problème avec tous ces vieux films à la con, dit juste Puck avant de se tourner vers Finn. Bon, alors tu l'as le nom de ta petite chérie ?
- Puck, t'es vraiment chiant à la fin, lui répondit juste Finn avant de leur tourner à tous le dos et de quitter le couloir.
Finn était rentré à la maison en plein milieu d'après-midi. Il était passé voir l'infirmière prétextant une grosse migraine et elle l'avait autorisé à rentrer. Ce n'était pas la première fois qu'il faisait ça. Kurt disait que c'était son côté « chien perdu sans collier » qui faisait craquer l'infirmière à chaque fois … Kurt.
Finn soupira en s'installant dans le divan du salon.
Bon, c'était soit Blair soit Blaine et dans tous les cas, c'était Anderson. Ce qui ne l'avançait pas beaucoup, n'est-ce pas ? Et puis, il commençait à douter que connaître le nom du « non petit ami » de son frère suffise à régler le problème. Non, c'était plus profond que ça.
Le problème n'était pas qu'il ne connaissait pas un nom ou un mot, ou encore une expression, le problème, c'était que bien souvent c'était la signification même des mots qui lui échappait.
Il avait un frère maintenant.
Il poussa un nouveau soupir et son regard vagabonda un moment autour de lui, se posant tour à tour sur la porte de la buanderie et celle de la cuisine.
Un frère très spécial. Et il venait tout juste de comprendre ce que cela signifiait.
Kurt rentra exténué de Dalton. Il posa son manteau sur un fauteuil et s'affala sur le divan puis il ferma les yeux. Le mercredi soir était le plus difficile. C'était le milieu de la semaine … mais une fois passé, il ne lui restait plus qu'une journée et demie de travail. Dieu merci, il n'avait pas de cours le vendredi après-midi ! Être à Dalton se révélait être un challenge : il y avait d'abord le transport mais aussi le niveau des cours. L'exigence des enseignants ferait merveille sur son CV mais avait franchement un effet néfaste sur sa peau. Il passait tant de temps à travailler ses cours qu'il ne lui restait plus guère de temps à consacrer à sa routine micellaire. Cet été, sa pauvre peau négligée le ferait ressembler à un crocodile. Pas étonnant que Blaine ne fasse pas attention à lui. Enfin, si, mais pas comme ça, pas comme s'il était intéressé par lui. Pas comme s'il était autre chose q'un ami. Il soupira et rouvrit les yeux. Pas le moment de s'apitoyer sur son sort, c'était mercredi et il cuisinait ce soir donc, il fallait qu'il se lève et qu'il prépare sa béchamel, son père allait bientôt rentrer et –
– et c'est à ce moment là qu'il remarqua plusieurs choses.
Une bonne odeur commençait à envahir la salle à manger et il pouvait clairement entendre le bruit de la machine à laver dans la buanderie. Se pourrait-il que Carole ait échangé sa nuit avec une collègue ?
Kurt allait se lever lorsque la porte de la cuisine s'ouvrit.
- Oh, tu es déjà là ? Je ne t'attendais pas si tôt. Je sais que le trafic est plutôt dense en semaine sur Westerville.
Kurt, les yeux écarquillés comme des soucoupes, fixait Finn qui se tenait debout devant lui.
Avec un tablier autour de la taille et de la farine dans les cheveux.
Finn.
Finn Hudson.
Son Finn Hudson.
Le Finn incapable de faire un sandwich (enfin si, mais lorsqu'il le faisait, il y voyait le visage de Jésus !) faisait la cuisine. Les Mayas n'avaient qu'à bien se tenir car leurs prédictions d'apocalypse ce n'était rien comparé à ça !
- Tu as fait la cuisine ? Demanda Kurt sur un ton éminemment suspicieux.
- Oui, répondit juste Finn qui récupéra le manteau de Kurt sur le fauteuil et lui donna un petit coup de brosse avant de le ranger soigneusement dans la penderie de l'entrée.
Ok. Ok, ok, ok. Ou bien dans quelques minutes quelqu'un allait passer le pas de la porte et crier « c'est pour vidéo gag ! » ou bien c'était Scully et Mulder qui allaient faire leur apparition : les extra terrestres avaient enlevé Finn et l'avait remplacé par un clone. Un clone qui faisait la cuisine et aussi – Il fallait que Kurt en ai le cœur net.
- Et tu as mis une lessive en route ? Demanda-t-il sur un ton qu'il espérait détaché.
- Humoui, trois en fait. J'ai déjà étalé le reste. Et j'ai fais comme tu me l'avais dit. J'ai mis le truc qui est dans la bouteille rose.
- De l'adoucissant, précisa Kurt. Et la bouteille est de couleur fushia.
- Ouais, c'est ça.
Le silence s'installa. Finn qui tournait toujours le dos à Kurt était désormais très occupé à ranger les chaussures de Burt qui traînaient généralement dans le couloir de l'entrée.
- Finn.
- Oui.
- Tu as fait la cuisine.
- Huhu.
- Et la lessive.
- Ouais.
- Et tu fais du rangement.
Cette fois, Finn se contenta de hausser les épaules.
- Il y a eu un problème à l'école ?
Finn qui avait toujours la tête dans le placard lui répondit un peu trop rapidement.
- Non.
Kurt haussa les sourcils. Cette fois, il commençait à s'inquiéter. Qu'est-ce qui pouvait motiver ce changement radical de comportement si ce n'est une crise grave ? (il en savait quelque chose : il s'était lui-même transformé en clone de Mellencamp lorsqu'il avait cru que son père aurait préféré avoir un fils, disons, « différent »). Si jamais Rachel Berry y était pour quelque chose, elle allait pouvoir faire une croix sur sa carrière à Broadway parce que Kurt allait lui faire passer l'envie de chanter !
Et dire que l'on disait que c'était les homosexuels qui étaient des Drama Queen. Les gens qui avaient dit ça n'étaient jamais allés à McKinley. Ce lycée était un concentré d'hétérosexuels en situation de drames permanents. Pire qu'une télénovella brésilienne.
Kurt se leva et s'agenouilla près de Finn qui était maintenant en train de ranger la vaisselle (OHMONDIEU ! Il avait aussi mis le lave-vaisselle en route. Le Finn qui la semaine dernière, lorsqu'il avait ouvert le lave-vaisselle s'était exclamé : « mince alors, je croyais que c'était un placard ! »).
- Finn, tu sais que tu peux me parler s'il y a le moindre souci.
Finn leva la tête vers lui, sourcils froncés.
- Mais hier tu ne m'as pas adressé la parole de la soirée ?
Oh, ça.
Kurt rougit, un peu honteux. Il s'était emporté un peu vite. Et … bon, ok, il pouvait être rancunier lorsqu'il se sentait blessé. Il en avait parlé longuement à Mercedes via Skype juste après et elle lui avait rappelé de qui il parlait : Finn. Le Finn qui était aussi maladroit avec les gens qu'il l'était lorsqu'il dansait (ou du moins qu'il essayait). Sa colère était depuis retombée. De toute manière, il était beaucoup trop fatigué pour en vouloir à qui que ce soit ce soir.
Il était sans doute temps que Kurt ait une petite conversation avec Finn. On ne pouvait pas vraiment dire qu'ils communiquaient tous les deux. Dire qu'ils habitaient désormais sous le même toit ! On aurait dit deux étrangers oui. Il fallait juste qu'ils trouvent un moyen de se parler. Hhhhhhum. Finn aimait manger et … Oh, il adorait le lait ! C'était ça la solution ! Kurt allait institutionnaliser une nouvelle routine : il apporterait à Finn un verre de lait tiède tous les soirs avant de se coucher et ils pourraient en profiter pour parler un peu, échanger sur le quotidien de leur journée respective.
Kurt allait exposer sa trouvaille lorsque Finn se mit à parler.
- Je voulais m'excuser …
Ah ?
- Pour … tu sais, hier soir.
- Finn, je ne crois pas que -
- Non, laisse moi dire … ce que j'ai à dire.
Finn se releva, prit Kurt par les épaules et le guida vers le divan. Kurt s'installa, mal à l'aise.
Finn prit une large inspiration et se lança.
- Tu avais raison. Je … je n'ai jamais eu de frère et … enfin, c'est nouveau pour moi. Avant, c'était juste ma mère et moi, tu vois. Et … et on s'aime et tout et avec Burt, c'est facile mais –
Finn s'interrompit.
D'une voix lasse, comme un long soupir, Kurt finit sa phrase.
- C'est différent avec moi.
- Oui, répondit Finn. Mais Kurt, ce n'est pas parce que TU es différent. Du moins, pas parce que tu es gay.
Kurt leva un sourcil interrogateur. Finn lui sourit.
- Tu es juste … plus adulte que nous, c'est tout. Ce n'est pas parce que tu fais le ménage ou que tu fais la cuisine mais parce que tu sais que ces tâches doivent être faites, parce que, bah, c'est comme ça, elles ne se feront pas toutes seules. Aucun ado que je connaisse n'aime faire la lessive ou passer l'aspirateur.
- Je n'ai jamais dit que j'aimais ça Finn.
- Non, et c'est ça la différence. Les gosses, ça ne fait que ce que ça aime faire, non ? Toi tu sais que ça doit être fait et donc, tu t'y mets. Et tu ne ronchonnes même pas.
- On voit bien que tu ne m'as jamais vu faire la salle de bain. Toutes ces traces de calcaire dans la baignoire me donne des envies de meurtres, plaisanta Kurt.
- Bref, je voulais juste te dire que … que j'allais essayer de faire comme toi. D'être un peu plus adulte à la maison. Et ça veut dire –
- Faire quelque chose pour tes chaussettes sales avant qu'elles ne se transforment en zombies assoiffés de sang ? Demanda Kurt, un petit sourire amusé sur les lèvres.
Finn leva les yeux au ciel.
- Oui, ça. Et aussi. Je vais essayer de … d'être un vrai frère pour toi.
- Finn, soupira Kurt, je t'ai déjà dit que tu –
- Qui est mon équipe de football préférée ? Demanda Finn à brûle pourpoint.
- Que … quoi ? Euh, les Buckeyes.
- Mon plat préféré ?
- Les lasagnes. Finn, qu'est-ce que -
- Ma couleur préférée ?
- Le bleu. D'ailleurs, tu devrais penser à -
- Ma saison préférée ?
- L'automne.
- Tu vois ! C'est ça être un frère. Pas que jouer les gros bras si nécessaire mais aussi partager le quotidien. Kurt tu sais presque tout de moi, enfin, ce qu'il y a de super important et moi …
Finn soupira et se mit à regarder le tapis.
-… et moi, tu as raison, je ne fais pas attention, je … mais c'est fini. Il redressa la tête et plongea son regard dans celui de Kurt. Maintenant, je vais m'intéresser à TOI. Le Kurt que je ne connais pas encore. Celui qui doit avoir un plat et une saison préférés. Et je vais faire comme toi. Ne crois pas que je n'ai pas remarqué pourquoi tu fais des lasagnes tous les mercredis, quelque chose me dit que si je demande à Burt, il me dira que tu n'en faisais pas avant de savoir que j'aimais ça ?
Kurt rougit.
- Et donc, pour commencer, reprit Finn, je te propose une petite surprise.
- Une surprise ? Finn, je ne suis pas sûr que –
La sonnette de la porte d'entrée retentit interrompant Kurt.
- Je crois que tu devrais aller ouvrir, dit Finn un sourire énigmatique sur les lèvres.
- Je croyais qu'on allait partager les tâches ingrates à partir d'aujourd'hui ? Ouvrir la porte en fait partie, non ? Grommela Kurt en se levant. Il ouvrit la porte et – BLAINE ! Mais qu'est-ce que tu fais ici ?
- Oh, ton frère m'a invité. Salut Finn ! Lança Blaine en entrant dans la maison.
- Salut mec. Installez vous, ça devrait bientôt être prêt.
- Je … je ne comprends pas ? Balbutia Kurt.
- Y'a rien à comprendre. Je t'offre l'équivalent de mes lasagnes du mercredi, dit juste Finn en rentrant dans la cuisine.
- C'est quelqu'un de vraiment gentil, dit Blaine en parlant de Finn. Euh, c'est quoi cette histoire de lasagnes du mercredi ?
Kurt se tourna vers lui et lui répondit, avec un large sourire.
- Oh, rien juste un truc entre frères.
NDA : aucun Finn n'a été victime de mauvais traitements lors de la rédaction de cette fic. L'auteur aime les Finn, surtout les gros balourds un peu maladroit, malheureux en amour, mais ayant un cœur gros comme ça.
(3) Le choix du nom de notre gentille chorale daltonienne est plutôt approprié : les warblers sont une race d'oiseaux (de la même famille que les passereaux et les moineaux) mais « warbler » peut aussi se référer au chant des oiseaux : « to warbler » veut en effet dire gazouiller ou roucouler in english.
(4) C'est comme ça que Rachel appelle Blaine dans l'épisode Blame It On The alcool (2x14). Kurt aussi lorsqu'il demande à Blaine de l'accompagner au bal de promo (Prom Queen, 2x20).
