NOte de l'auteur _ Bonjour à tous ! Et oui, je n'allais pas vous laisser vous poser des questions plus longtemps. Plus que trois chapitres à écrire & quelques uns de plus à corriger par ma bêta. C'est pour cette raison que je posterais tous les lundis & non plusieurs fois par semaines comme je le fais d'habitude... Et puis, c'est plus marrant d'être vraiment sadique ! Niark Niark Niark ! Je tenais à vous remercier pour tous vos reviews également ! =D J'espère que vous continuerez comme ça tant que la fic vous plaira. Quelques mois d'absence et rien n'a changé sur feufeu - toujours les mêmes qui reviews (je vous aimeuh !) & toujours les mêmes qui mettent en alert & ne reviews pas xD Au bout d'une dizaine de fics bien suivies, j'repére les pseudOs ! -création prochaine d'une poupée vaudou avec tous les pseudos marqués dessus... =P

Bref, dans ce chapitre... Premier ! Vous rencontrez mes cinq pitits z'hérOs beaux mais graingués [moi viens d'inventer mot : racine grain -donc, ceux qui ont un grain ! xD]... j'espère qu'ils vous plairont !

¤ Bonne lecture ! ¤

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Jeux de Mains, Jeux de Vilains...

Chapitre 1 _ Natalia

Beautiful, Dirty, Rich – Lady Gaga.

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Le claquement des talons de ses Jimmy Choo sur le parquet du hall lui arracha un sourire d'une sensualité à toute épreuve. Rien de mieux que le bruit de chaussures neuves lorsque le silence était si étourdissant. Elle appuya nerveusement sur le bouton d'appel de l'ascenseur en jetant un coup d'œil à ses cuticules, un peu trop voyantes à son goût. Elle leva les yeux vers les numéros lumineux qui défilaient si lentement pour lui indiquer à quel étage elle se situait, puis releva sa robe d'un noir brillant. Au dessous d'elle, ses bas renfermaient le plus précieux des objets qui soit : une baguette magique en bois de vigne. Elle l'extirpa de son précieux cocon avant de lancer un sortilège à ses doigts avec une moue studieuse. En une nanoseconde, ses ongles semblèrent avoir subi une merveilleuse manucure chez Madame Yeng -son esthéticienne personnelle qui avait eu le mauvais goût de tomber enceinte.

Autour d'elle, le hall de l'immeuble de la famille de Galléan –situé dans le quartier du Marais, à Paris, était déjà décoré pour les fêtes de noël qui se dérouleraient une courte semaine plus tard. Un immense sapin brillant de mille feux prenait place au milieu de la salle. Mais elle n'y prit pas garde. Elle se moquait depuis belle lurette des fêtes et de leurs effusions qui –dans son univers- se transformaient habituellement en mondanités.

Les portes de l'ascenseur s'ouvrirent et elle entra, la tête haute sans quitter ses ongles des yeux, vérifiant un possible défaut. N'en remarquant pas, elle rangea sa baguette alors que les portes se refermaient. Elle enfonça son majeur sur la touche du neuvième -et dernier- étage, celui réservé aux appartements d'une de ses meilleures amies.

Elle observa son reflet dans les miroirs parcourant la cage d'ascenseur et sortit quelques accessoires de son mini sac à main afin de se remaquiller. Elle réajusta parfaitement sa robe sur ses cuisses et adressa un sourire ravageur au miroir avant se recoiffer. Elle était fière de son image en cette soirée de fin de semestre. À dire vrai, elle était toujours fière de son image. Elle était d'une beauté presque troublante, subliminale. Ses cheveux d'un blond vénitien tombaient devant ses yeux bleus ardoise en une frange déstructurée très à la mode. Sa peau de porcelaine était uniquement colorée par une légère touche de blush. Elle était aussi grande et mince que les mannequins moldues qu'elle admirait tant sur les pages vernis de ses magazines de mode préférés. De plus, elle se tenait aussi droite que ces dernières. Elle possédait autre chose néanmoins… Une grâce différente, un maintien plus aristocratique, une figure plus singulière.

Natalia. Natalia Malefoy. Aristocratique et singulière, elle l'était. Elle était même née pour ça. Elle possédait cet éclat qui illuminait uniquement les Malefoy, de leur naissance à leur mort, dans n'importe quelle situation. Son sourire s'évanouit alors que les portes s'ouvraient à nouveau au neuvième étage sur une fête. Une soirée des plus étranges pour ceux qui ne rencontreraient jamais ce monde. Un monde de luxe et de luxure. Un monde fait de sexe entre enfants d'aristocrates qui de toute façon finiraient par se reproduire, ne se mêlant pas à la basse populace. De drogue, de la bonne, de celle que leurs parents se procuraient puis planquaient avant que leurs enfants ne les récupèrent. Et du rock bien évidemment pour compléter le tableau parfait et unique de leur décadence.

Natalia se contenta de sourire face à ce spectacle, appréciant ce moment unique où tous les masques tombaient. Ces gens qu'elle connaissait si bien, qu'elle voyait studieux en cours et soumis face à leurs parents. Elle aimait les découvrir lorsqu'ils devenaient de simples jeunes alourdis par leur rang et leurs devoirs qui absorbaient toutes sortes de substances illégales afin d'oublier ce qu'ils étaient.

Une petite rousse se retrouva face à Natalia, ses yeux bleus dans le vide et injectés de sang, un sourire vague sur les lèvres, complètement défoncée.

« Naty ! T'es là ! Enfin ! Tu m'as manqué ! »

Natalia laissa Kimberley de Galléan l'enlacer, mais la repoussa quand elle tenta de l'embrasser sur la bouche avec une moue de dégoût résignée. La jeune fille de dix-sept ans recevait en cette soirée où ses parents -riches aristocrates sorciers français- étaient de sortie. Ils ne rentreraient sans doute même pas, finissant dans l'un de leur nombreux hôtel de la côte d'Azur.

« Bonsoir, Kim… On s'est vu ce matin alors laisse tomber les câlins ! Où sont les filles ?

- Euh… Tiph est dans une chambre avec… Paolo !

- C'est qui ça, Paolo ?! S'angoissa Natalia à l'évocation d'un prénom qui ne lui disait rien, inquiète à l'idée que l'une de ses subordonnées convole avec un garçon ne faisant pas partie de leur cercle.

- Un serveur très très… sexy ! Articula Kim en regardant le plafond comme si des anges y étaient dessinés.

- Un quoi !? »

Son cri se répercuta dans la pièce principale. Kim sursauta sous le coup de la surprise avant de reporter son regard sur la blonde lui faisant face. Elle comprit que Natalia allait faire une crise et s'empara à une vitesse quasi-inhumaine d'une coupe de champagne mélangé à elle-ne-savait-quoi pour la lui donner avec un sourire. Natalia bu ce que contenait le verre d'une traite avant de se diriger d'un pas décidé vers les nombreuses chambres. Elle fut arrêtée par une jeune fille brune de son âge, un peu plus petite qu'elle. Chloé de Faucigny. Natalia poussa un soupir à fendre l'âme, agacée et Chloé, sa meilleure amie depuis dix-sept ans comprit exactement ce qui clochait.

« J'ai essayé de l'arrêter, mais tu la connais ! Quand elle est à moitié nue, impossible de l'empêcher de l'être entièrement ! Alors laisse tomber… Ok ? Amusons nous ! On est là pour ça ! Et je lui ai refilé une boite entière de capotes ! Tout va bien ! Aucune preuve de quoi que ce soit. Elle l'utilise, elle le jette ! Allez… un sourire, chérie ! »

Natalia leva ses yeux bleus au ciel avant de balancer son sac dans un coin de la pièce, saisissant à la place la main de sa meilleure amie qui l'avait de toute évidence attendu pour commencer à s'amuser.

« En fait, Kim est dans un état lamentable ! C'est pitoyable ! Tu sais bien que je déteste la voir comme ça ! On dirait une loque minable des quartiers pourris de Paris. On dirait une camée ! On dirait…

- Natalia, j'ai compris ! Coupa Chloé en rattachant ses cheveux d'un brun rendu lumineux par les néons d'un geste impatient. Mais nous n'y pouvons rien. Et tu as un souci plus important à régler. »

Natalia se retourna brusquement vers sa meilleure amie, les sourcils froncés, une main posée sur sa hanche alors qu'elle penchait étrangement sa tête sur le côté. Chloé grimaça très légèrement, pinçant les lèvres comme si les mots ne devaient absolument pas sortir de sa bouche.

« En fait… C'est… à propos de Charles.

- Quoi ? Il est encore en train de draguer une idiote qui se sert de ses gloussements comme arme de destruction massive ?

- Je l'ai vu en train de danser avec Astrid.

- Astrid ? C'est quoi ça ?

- Astrid de Caumont. Cinquième année. Fille de Martine de Caumont qui s'est mariée sept fois avec des vieux riches qui ont tous clamsés ! Expliqua Chloé comme elle aurait récité un cours d'Histoire. Elle était playmate !

- Tu plaisantes ?! Cracha Natalia avec une moue dégoûtée, plissant le nez comme si une odeur la dérangeait.

- Non. Et… les garçons la surnomment « sandwich ».

- Et… pourquoi ?

- Devine ! Elle a fait des trucs assez… stupéfiants ! Une gymnaste en plus. Je crois qu'elle essaie de détrôner Tiphany de son rôle de garce. En tout cas… tu ferais mieux de te bouger si tu veux garder ton petit ami. »

Natalia acquiesça simplement avant de s'enfoncer dans la foule des adolescents sautillants et défoncés que constituaient ses amis, ses sous-fifres pour la plupart. Elle but quelques cocktails en passant, sachant qu'elle n'avait pas besoin d'être sobre pour tuer socialement quelqu'un. Elle retrouva son petit ami assis sur un canapé, une fille aux cheveux blonds style Barbie extrêmement vulgaire sur les genoux. Ils s'embrassaient à pleine bouche, si bien que Charles avait du rouge à lèvres un peu partout sur le bas du visage.

Natalia se redressa de toute sa hauteur, mains sur les hanches, et se racla bruyamment la gorge. Charles détacha son visage de celui de la dénommée Astrid en un affreux bruit de sucions afin de regarder qui était l'inopportun venant le déranger en une pareille situation. Il sursauta en reconnaissant sa petite amie et repoussa la jeune fille de ses genoux avant de se lever d'un bond.

« Naty, chérie ! Ça va ? Je ne savais pas que tu venais !?

- Ah oui !? Et bah, maintenant tu le sais ! Moi par contre, je ne savais pas que tu tapais dans les Minimoys ! »

Astrid se leva à son tour pour faire face à Natalia, le regard noir. Sa réaction ne fit même pas frissonner Natalia, la trouvant ridicule avec ses talons de dix centimètres alors qu'elle devait mesurer 1m40. Elle se demanda comment un truc aussi petit pouvait accueillir deux hommes. Une idée lumineuse lui vint, telle une apparition divine -bien qu'aucun dieu n'approuve un comportement de ce genre. Elle se força à sourire, merveilleuse actrice d'une hypocrisie effrayante. Les Malefoy étaient nés pour mentir. Et elle était douée pour ça. Depuis toujours.

« J'ai envie d'expérimenter autre chose ce soir… » Susurra-t-elle à l'oreille de Charles qui parut surpris, Astrid l'observant nerveusement.

Elle savait -comme tous savaient- que Natalia Malefoy était la reine de Beauxbatons. Un mot de sa part et Astrid pouvait se retrouver punie de toutes les manières possibles et inimaginables. Elle avait entendu parler de cette Suisse qui n'avait passé que deux jours à l'école de Magie Française parce qu'elle avait eu le cran de se mesurer à Natalia. Personne n'avait plus eu de nouvelle et plusieurs imprudents osaient même dire qu'elle avait été tuée par les gardes du corps de la famille Malefoy. Néanmoins le sourire de la dernière héritière de cette famille paraissait réel et Astrid en fut soulagée.

« On pourrait aller s'amuser dans une chambre tous les trois… »

Charles ouvrit la bouche en grand, hébété, proprement stupéfait que la fille avec laquelle il sortait depuis un mois et qui n'avait toujours pas voulu s'offrir à lui, propose de le faire lors d'une partie à trois. Natalia mordilla sa lèvre inférieure, sensuelle en penchant sa tête sur le côté, battant des cils. Comprenant que Charles était trop surpris pour parler, elle se tourna vers Astrid.

« Alors, Astrid… tu es partante ? »

La jeune fille acquiesça simplement avec un immense sourire, si bien que le mot « nymphomane » résonna une dizaine de fois dans l'esprit de Natalia. Charles se mit à hocher la tête comme ces figurines ridicules que les moldus mettaient dans leur voiture et Natalia sautilla sur place, mimant l'excitation.

« Génial ! On y va ! »

Elle prit la main de Charles puis celle d'Astrid et les conduisit à l'autre bout de la salle, vers les multiples portes menant aux chambres. Elle en ouvrit plusieurs avant de trouver de trouver une pièce vide de corps nus. Elle les fit entrer et adressa un sourire à Chloé qui la surveillait du coin de l'œil avant d'entrer à son tour. Elle referma dernière elle et alla s'allonger sur le lit. Astrid et Charles échangèrent un regard avant de l'y rejoindre.

« J'aimerais vous voir tous les deux d'abord… Haleta-t-elle en embrassant son petit ami, manipulatrice alors qu'elle le voyait déjà très excité.

- Oui, bien sur… Acquiesça Charles. Ce que tu veux ! »

Natalia s'installa au coin du lit, regardant les deux autres se déshabiller entièrement, voyant le jeune homme nu pour la première fois. Elle n'y prêta pas de réelle attention, trop obnubilée par son plan d'un sadisme digne d'une Malefoy. Elle tenta d'oublier ce qu'ils faisaient à côté d'elle alors qu'ils s'embrassaient à pleine bouche. Patiente, elle attendait le moment parfait, l'instant ultime. Voyant qu'ils passaient un peu trop de temps aux préliminaires, elle lança :

« Vous pourriez passer aux choses sérieuses ! »

Charles s'allongea et Astrid -après un dernier regard interrogateur à Natalia qui lui donna son approbation- le chevaucha en balançant sa tête en arrière. Natalia eut un sourire narquois qu'aucun des deux amants ne perçut. Si ça avait été le cas, son plan serait sans doute tombé à l'eau. Alors qu'Astrid allait et venait sur Charles, elle sortit sa baguette magique et lança un sortilège informulé. Un stupéfix. Le mouvement de va-et-vient cessa instantanément alors qu'ils se figeaient. Natalia se leva, un rictus fière sur les lèvres alors que seuls les yeux des deux imbéciles la suivaient.

« Sérieusement, Charles, tu croyais que j'allais me laisser faire aussi facilement !? T'es vraiment aussi stupide ? De toute évidence… Quant à toi, la Minimoys, bienvenue dans la cour des grands ! »

Sur ces mots, elle sortit son portable de sa poche afin d'immortaliser l'instant en photo. Elle leur adressa un petit signe de la main avant de partir, retenant un rire. Chloé l'attendait devant la porte et leva le pouce en signe de victoire en découvrant la scène. Natalia referma à clé derrière elle puis annonça :

« Je m'ennuie. On va faire la fête ailleurs ! »

°¤_¤°

La Grande Salle de Poudlard était déjà remplie, bien que le soleil se couche à peine derrière les vitraux colorés. À la table des Gryffondors, une petite bande était en pleine discussion, lançant pari sur pari alors que la dernière soirée avant les vacances de noël commençait à peine. Au centre de table, deux jeunes hommes de dix-sept ans se ressemblant comme deux gouttes d'eau suivaient les conversations d'une oreille distraite, mangeant davantage que la plupart des élèves présents, affamés l'un comme l'autre. Leurs cheveux d'un noir de jais partant dans tous les sens -plus pour l'un que pour l'autre- tombaient devant leurs yeux émeraudes en amande. Ils possédaient tous deux le même nez, avec la même bosse sur le dessus -pour l'un apparu quelques années plus tôt lors d'un match de Quidditch et pour l'autre dû à un coup porté lors d'une bagarre, ainsi qu'une mâchoire assez carrée.

Eliott -l'aîné des jumeaux- fit tournoyer une pomme d'un rouge vif entre ses doigts avant de la lancer un peu, la rattrapant in extremis plusieurs fois d'affilée, se rendant intéressant aux yeux d'un bon nombre de jeunes filles. Raphaël -son frère- esquissa un sourire railleur avant de faire disparaître son assiette, n'ayant brusquement plus faim. Il posa ses doigts sous son menton, suivant les gestes précis de son jumeau avant de reporter son regard sur ses camarades de classe.

« On fait quoi ce soir ? »

La voix de sa cousine le tira de sa contemplation du paysage et il haussa simplement les épaules. Nelly Weasley, élève de septième année comme ses deux cousins repoussa ses boucles rousses derrières ses épaules rondes, ses yeux bleu perçant défiant les uns ou les autres de trouver un moyen pour qu'elle ne s'ennuie pas -ce qui serait bien évidemment une tragédie. Térence Lupin observa ses trois amis et soupira, nerveux. Le jeune loup-garou sortait juste d'une de ces douloureuses nuits de pleine lune et semblait épuisé, ses cheveux châtains tombant devant ses yeux dorés cernés de noir.

« C'est le dernier jour avant de passer trois longues semaines en famille… Autant en profiter pour…

- Faire ce qu'on ne fera pas quand on sera avec nos parents !? Conclut Eliott en acquiesçant. Je veux passer cette soirée avec une des jolies demoiselles parcourant nos couloirs. Je déteste l'hiver. Les filles sont beaucoup trop habillées !

- C'était très utile comme réflexion. Ronchonna Nelly en levant les yeux au ciel, minant à la perfection une exaspération que seule Hermione Weasley -sa mère- aurait pu égaler. Mais, c'est vrai… On pourrait… s'amuser un peu !

- Je te rappelle qu'on s'est fait prendre à la dernière soirée soit disant secrète dans la salle sur demande ! Intervint Térence en tentant une fois encore de calmer les ardeurs destructrices de ses amis. Il n'est pas question que je passe encore des soirées à nettoyer des objets datant d'avant notre naissance. »

Eliott parcourait déjà du regard la salle et les tables où des centaines d'élèves discutaient et riaient, profitant des derniers instants ensemble, euphoriques à l'idée des fêtes de fin d'année qui approchaient. Il arrêta son choix sur une jeune Serdaigle de cinquième année, heureux de découvrir un peu de chair fraîche, prêt à la découvrir davantage d'ailleurs.

« Je te parie cinq gallions que je la mets dans mon lit avant ce soir. » lança-t-il à son frère sans la lâcher des yeux.

Raphaël suivit son regard et esquissa un simple sourire, réalisant qu'Eliott craquait souvent sur des rousses, comme son père et son grand-père avant lui. Nelly fit de même et se contenta d'une moue suspicieuse.

« Comment elle s'appelle ? Demanda Eliott à sa cousine, sachant que comme toujours, celle-ci savait tout sur tout.

- Lucianna Miller.

- Et… je n'ai jamais couché avec elle ?

- Non, Eliott. S'esclaffa-t-elle. Je te jure ! Tu devrais te faire des fiches de rappel ! Nom, prénom, âge, lieu, date… Afin que je sois moins mêlée à toutes tes histoires.

- Tu as le cerveau des Granger, autant qu'il serve ! Bon, en tout cas, je suis occupé pour la soirée. Vous tenez le pari ? »

Térence parut horripilé par les réactions immatures des jumeaux, qui avaient pourtant le même âge que lui, autant que par Nelly, qui restait sans aucun doute la plus manipulatrice de toutes. Elle savait toujours tout sur tout le monde, tenait même des dossiers sur chaque élève qui -selon elle- avait de l'intérêt. Son intelligence la rendait dangereuse généralement et le dicton « Qui insulte un hippogriffe perd ses griffes » prenait tout son sens. Malgré ça, elle restait une formidable amie… pour ses amis, tout en étant une ennemie imparable.

« Je ne voudrais pas paraître déloyal, Eliott… Mais, coucher c'est trop simple ! Je veux dire… On couche avec qui on veut quand on veut. Ça perd de son intérêt, je crois ! » Expliqua Raphaël avec un air las, fatigué lui aussi de ces jeux.

Les veilles de vacances, il aimait rester au calme, passer du temps avec Térence -qu'il ne verrait pas avant le nouvel an, et ses autres amis avec lesquels il partageait son dortoir. Bien évidemment, il passerait les fêtes avec son frère et le reste de sa famille -tous les Weasley y comprit, ils ne lui manqueraient donc pas.

Eliott acquiesça avec sérieux, comprenant où son frère voulait en venir. En effet, c'était trop facile pour eux de mettre des filles dans leurs lits. Ils ne comptaient plus les petites amies qu'ils avaient eu, ou encore les copines d'un soir à Poudlard ou ailleurs. Ils étaient populaires, grâce à leurs parents tout d'abord. Être les enfants des Héros de la Guerre les avait fait grandir sous les feux des projecteurs. En arrivant à l'école, ils l'avaient réalisé davantage et en avaient profité. Depuis quelques années, ils étaient vénérés par les élèves du sexe opposé grâce à leur apparence -plus qu'appréciable- et par les autres pour leurs qualités au Quidditch, pour l'esprit de rébellion qui les caractérisaient. Ils étaient connus pour leurs frasques, comme Nelly. Leur popularité apportait des avantages… comme des inconvénients. Raphaël s'en rendait compte avec le temps, il en découvrait de nouveaux chaque jour.

« La Terre appelle Raphaël ! Proféra Térence en riant, extirpant une fois encore le jeune homme de ses raisonnements.

- Excusez-moi… Vous parliez de quoi ?

- D'ajouter une difficulté au grand Eliott Potter ! Il faudrait… le faire dans un lieu différent de d'habitude ou proposer à cette fille de faire un truc bizarre ! Proposa Nelly en grignotant sa salade.

- Et bien… La salle de divination, la tour d'astronomie, le bureau de Rogue, le stade de Quidditch… Énuméra Raphaël en réfléchissant à d'autres lieux où il aurait lui-même voulu coucher avec des filles.

- Mmh… pas mal le stade ! Ça me dit bien ! Approuva Eliott avec un sourire coquin.

- Désolé, mais ça va gratter avec l'herbe. Précisa Térence, toujours aussi prévoyant. Et je te rappelle qu'on est au mois de décembre ! »

Le jeune brun soupira, déçu, puis retrouva vite le sourire en pensant à ce qu'avait dit sa cousine quelques minutes auparavant.

« Où je pourrais lui demander autre chose… quelque chose de spécial !

- À quoi tu penses ? » S'enquit curieusement Térence, inquiet qu'Eliott dépasse les limites de la perversion, limites qu'il frôlait toujours un peu trop à son goût.

Le principal concerné ne prit pas la peine de répondre avec des mots, préférant montrer d'un geste assez loquace ce qu'il souhaitait obtenir dans la soirée. Il gonfla ainsi plusieurs fois sa joue à l'aide la langue avec un bruit de sucions insupportable. Nelly fit mine de vomir et Raphaël s'esclaffa, guère étonné par les idées -plutôt softs pour une fois- de son jumeaux.

« Elle ne fera jamais ça… C'est une Serdaigle de quinze ans !

- Voyons, tu sais très bien que personne ne me résiste ! As-tu déjà vu une seule fille me refuser quoi que ce soit ? »

Raphaël ne prit pas la peine de répondre, se contentant de sourire. Non, personne ne refusait jamais rien à Eliott, ni les filles, ni la famille, ni les amis… Il était très persuasif. Il obtenait toujours tout de tout le monde au culot.

« En tout cas, je ne veux pas être le seul à m'amuser ce soir ! Lança Eliott. Qu'Est-ce que vous allez faire ?

- Rendez vous avec Oliver. Marmonna Nelly. Il faut que je le plaque !

- Depuis le temps qu'on te le dit… Rappela Térence en esquissant un sourire, prenant cette nouvelle avec une joie tout sauf amicale.

- Et toi ?

- J'ai des devoirs.

- Avant les vacances !? S'écria Nelly avant de se taper le front d'une main.

- Oui… Je me mets un peu en avance. On va voir Teddy à Washington pendant les vacances… Il veut annoncer quelque chose à la famille alors… »

Teddy était le grand frère de Térence, âgé de vingt-trois ans. Le jeune homme travaillait au États-Unis pour le Ministère et était fiancé depuis peu à une femme un peu plus âgée que lui avec laquelle il travaillait. Térence avait également une grande sœur de vingt ans, Tania qui travaillait en Irlande pour un centre de soin. Il était le seul à avoir hérité du petit problème de poils de son père, les deux autres ayant obtenu le pouvoir de métamorphosisme de leur mère.

« Attends, tu veux dire que tu ne seras pas avec nous pour Nouvel An !? S'écria Nelly en écarquillant ses yeux bleus.

- Et bien… non. Désolé… Je comptais vous le dire, mais…

- Mais on passe nouvel an ensemble depuis toujours ! Rappela l'unique fille du groupe.

- Je sais. Mais… apparemment c'est important ! Alors… »

Durant quelques minutes, un silence pesa sur leur petit groupe. Le jour de l'an était en effet le jour de l'année où tous les membres de l'ancien Ordre du Phoenix et leur famille se réunissaient au 12 Square Grimmaurd. Les adultes organisaient aussi une réunion tous les ans pour la fête nationale de la fin de la guerre, mais les « enfants » n'avaient alors pas le droit de participer. Térence tenta d'interrompre la froideur de l'instant.

« Et toi, tu vas faire quoi, Raphaël ?

- Je vais… me balader un peu.

- Seul ? Insista Eliott avec un air surpris qui ne lui convenait pas.

- Exact.

- Allez ! Tu ne vas pas profiter de notre dernière soirée ? Parce que pendant trois semaines, notre libido va être mise à dure épreuve !

- Tu connais la signification du mot « nymphomanie » ? Répliqua froidement Raphaël.

- Okay… Je ne dis plus rien ! Mais tu vas le regretter, c'est certain ! »

Il haussa simplement les épaules alors que les élèves commençaient déjà à se lever. L'aîné des jumeaux fit rapidement de même pour suivre la Serdaigle avec laquelle il passerait la soirée -bien que la concernée ne soit pas encore au courant. Oliver Mc Laggen attendait Nelly devant les portes et la jeune femme se mit sur ses pieds en faisant la grimace.

« Souhaitez-moi bonne chance !

- Bonne chance ! Répétèrent bêtement Térence et Raphaël.

- Merci pour tant de bonne volonté ! À demain ! »

Elle disparut parmi la foule d'élèves et Térence poussa un soupir avant de se lever à son tour, adressant un vague signe de la main à son meilleur ami avant de quitter les lieux. Raphaël resta sans bouger quelques minutes puis remarqua que sa mère -Ginny Potter- l'observait depuis la table des enseignants. Elle était infirmière et passait ainsi presque toute l'année près de ses trois enfants, contrairement à Harry Potter qui travaillait lui au ministère de la magie en tant qu'Auror. Ginny était heureuse de pouvoir garder un œil sur les jumeaux et sur Alhannah, sa fille de quatorze ans, Gryffondor elle aussi. Les trois adolescents étaient étrangement moins enthousiastes. Même s'ils n'étaient pas les seuls. Neville Londubat travaillait également à Poudlard en tant que professeur de Botanique, ce qui exaspérait son fils de dix-sept ans Logan. Quant à Térence, il devait supporter son père -Remus Lupin- en tant que professeur de Défense Contre les Forces du Mal.

Mais le fait d'avoir sa mère -poule qui plus est- constamment sur son dos pesait étrangement à Raphaël. Il avait l'impression de toujours être surveillé, de ne jamais être seul avec lui-même. Il l'avait un jour dit à son père qui lui avait expliqué que faire partie d'une famille comme celle des Weasley n'était pas censée permettre de passer du temps seul. Harry était ensuite sorti avec sa femme, Eliott et Alhannah, laissant la maison à Raphaël pour quelques heures. Le jeune homme espérait avoir encore cette chance durant les vacances de noël.

Il se leva et quitta la grande salle. Il fureta dans les couloirs, sachant que ce soir là, il n'y aurait pas de ronde. Nelly était préfète en chef cette année avec Ruggero Zabini de Serpentard et ni l'un ni l'autre n'étaient du genre à torturer les élèves en général. Ils avaient tous craint que Térence soit choisi… Dans ce cas, personne n'aurait traîné dans les couloirs après le repas. Les temps avaient changé à Poudlard. Du moins, c'était ce que disaient Harry et les autres personnes ayant connu une autre époque. Mais après guerre, beaucoup de règles avaient été modifiées. Les élèves avaient le droit de retourner voir leur famille tous les week-ends -selon autorisations parentales, plus de sorties à Pré-au-Lard étaient organisées, des heures d'études à la bibliothèque étaient obligatoires… Poudlard avait évolué en même temps que le reste du monde.

Raphaël se promena ensuite dans le parc de Poudlard, allant jusqu'au lac verglacé. Sachant d'instinct que la glace n'était pas assez épaisse, il ne s'aventura pas sur sa surface. Il traîna durant une bonne heure, allant même voir Hagrid avec lequel il mangea un biscuit dure comme la pierre. Il retourna ensuite dans son dortoir dans la Tour de Gryffondor. Aucun de ses amis n'était encore rentré et il s'écroula sur son lit, son regard fixé sur les baldaquins. Il ferma les yeux quelques instants, réfléchissant à ce qu'il pourrait faire en attendant le retour de ses camarades de chambre. Il finit par sortir son balai de sous son lit accompagné du nécessaire pour le nettoyer. Il passa une bonne demi-heure à le poncer et à s'occuper de lui de toutes les manières possibles et inimaginables, avec autant de tendresse que s'il avait câliné une femme.

Sur la table de nuit entre les lits des jumeaux trônait une photographie sorcière où plusieurs personnes souriaient et faisaient des signes de la main. Il y avait Raphaël, son frère et sa sœur ainsi que ses parents, associés à Ron et Hermione Weasley et leurs enfants : Nelly, Yleana et Wyatt. Yleana -qu'ils appelaient tous Lena- était élève de Serdaigle en cinquième année, une obsédée des études qui causait parfois bien des disputes avec sa grande sœur. Wyatt avait onze ans et était entré à Poudlard chez les Serdaigle également, à la plus grande surprise de sa famille qui l'imaginait déjà à Gryffondor au vue du nombre incroyable de bêtises qu'il était capable de faire à la seconde. Son parrain était également présent sur la photographie : Sirius Black tenait ses filleuls par l'épaule avec un immense sourire. Raphaël réalisa qu'il était pressé de retrouver son père et son parrain. Sirius plus particulièrement était extrêmement proche de lui et était toujours de bon conseil.

La porte s'ouvrit à la volée et Eliott apparut, la chemise entrouverte dévoilant un torse sculpturale magnifiquement formé grâce à des heures de sport. Il adressa un sourire à son frère en retirant entièrement sa chemise.

« T'es pas resté là comme un con toute la soirée tout de même !? »

Raphaël haussa simplement les épaules en rangeant son nécessaire à balai, demandant d'un regard comment s'était passée la soirée. Eliott se dévêtit, restant en caleçon au beau milieu de la pièce. Il récupéra son portable dans la poche de son pantalon et le lança à son frère.

« Beaucoup moins coincée qu'on le pensait la petite Serdaigle ! »

Raphaël rechercha la preuve des ébats de son frère et trouva une photographie de la jeune Lucianna en pleine fellation. Il eut un sourire en renvoyant son téléphone à Eliott qui sourit, fier et plein d'arrogance.

« C'était une vraie surdouée ! Elle avait déjà dû faire ça… ou peut-être qu'elle aimait les sucettes quand elle était petite. »

Cette remarque des plus stupides eut au moins la capacité de faire sourire Raphaël. Eliott se glissa sous ses couvertures, épuisé par sa soirée. Cette petite lui avait réservé bien des surprises et il songea à la revoir après les vacances. Elle l'avait simplement vidé de toutes ses forces. Alors qu'ils auraient dû préparer leurs malles pour le lendemain, les jumeaux Potter plongèrent dans les bras de Morphée sans demander leur reste.

°¤_¤°

Natalia entra chez elle –dans l'appartement que possédait sa famille sur l'île Saint-Louis, à Paris, en faisant le moins de bruit possible. Le portier lui avait ouvert avec un sourire crispé, se doutant bien qu'elle était trop saoule pour réussir à mettre la clé dans sa serrure. Elle lui adressa un immense sourire, voyant un peu flou. Elle ne le reconnaîtrait sans doute pas le lendemain si elle le revoyait, mais peu importait. Elle se glissa dans le couloir de l'entrée, se déplaçant dans le noir. Elle ne voulait allumer la lumière, de peur de voir son père débarquer. Elle se cogna à un meuble, mais n'y prêta pas garde, traversant le salon pour monter dans sa chambre.

La lumière du salon s'alluma vivement et une voix glaciale coupa Natalia dans son avancée.

« C'est à cette heure que tu rentres ? »

La jeune fille se tourna brusquement vers le centre du salon où Drago Malefoy était assis, le regard sombre, fatigué par sa nuit et par les trop nombreuses frasques de son unique fille. Cette dernière -dont le sourire s'était évanoui à la vue de son paternel- baissa les yeux, vacillante à cause de la quantité d'alcool et d'autres substances qu'elle avait prise ce soir là.

« Tu es saoule. »

Elle ne perçut pas de point d'interrogation à la fin de cette phrase et ne prit donc même pas la peine de répondre, trop dans les vapes pour aligner deux mots correctement sans y avoir bien réfléchi préalablement.

Drago leva les yeux vers sa fille, plantant son regard gris dans le sien qui était aussi bleu que celui de sa mère. Il eut l'impression de revoir Alice… Bien qu'il n'ait jamais vu sa défunte femme dans un état pareil. Il serra les dents, tentant de se raisonner et de ne pas déjà se mettre à crier et punir, ce qu'il détestait faire généralement. Il s'était toujours promis d'être un meilleur père que le sien, de ne pas se servir de la colère pour se faire respecter… et craindre. Mais face à cette jeune fille de dix-sept ans qu'il ne reconnaissait pas, il n'avait plus vraiment le choix. Les punitions étaient les seules choses qui lui permettaient encore d'avoir un minimum d'autorité sur elle. La savoir seule dans leur appartement le rassurait plus encore. La maintenir éloignée de ses amis et de leur mauvaise influence était devenu une nécessitée pour ne pas la voir sombrer, et changer encore.

Bien évidemment, il avait fait des bêtises dans sa jeunesse lui aussi… Des erreurs bien pires que les siennes dont il ne pouvait se débarrasser et qui l'oppressaient encore malgré les années. Il se souvenait également des bêtises moins graves, celles commises par tous les adolescents en général. Alcool, drogue, cigarette… Les soirées dans la salle commune des Serpentards n'avaient rien à envier à celles de la nouvelle jeunesse aristocratique sorcière. Il ne regrettait pas ses interminables soirées où il rejoignait son lit à 3heures du matin, complètement renversé par ce qu'il avait ingurgité. Il estimait que ça faisait parti de la vie, des expériences qu'il se devait de faire… Et qu'au fond, il avait -plus que quiconque- le droit de faire.

Néanmoins, ne pas respecter les règles et jouer avec le feu ne devait pas comporter de trop grands risques. Et connaissant sa fille, il savait qu'elle devait un peu trop s'approcher des flammes pour ne pas finir brûlée vive. Le but même de ce genre de jeux était de ne pas se faire prendre. Hélas…

Il se pencha légèrement en avant, saisissant une lettre sur la table basse. Natalia suivit son geste en observant l'enveloppe, reconnaissant -même de loin et le regard brouillé- le seau administratif de Beauxbatons. Elle avala difficilement sa salive, sentant que quelque chose n'allait pas et que pour la première fois son père semblait réellement déçu par son comportement. Elle baissa les yeux vers le sol, son sac à main pendant lamentablement au bout de son bras. Son téléphone resterait son unique secours au cas où cette discussion finirait mal. Elle se voyait déjà en train de fuguer chez l'une de ses amies.

« Assied-toi. »

Elle obéit tant bien que mal, essayant de contrôler les troubles de sa vue et d'oublier les petits points lumineux dansant devant ses yeux. Elle serra ses genoux l'un contre l'autre, restant fière et digne… Du moins, elle en eut l'impression bien que son père remarque mille détails qui n'allaient pas. Elle était décoiffée, son maquillage avait coulé, le bas de sa robe était déchiré et elle avait manifestement marché dans un chewing-gum. Son port de tête n'était pas aussi droit que d'ordinaire. Rien n'allait en somme. Il se racla la gorge en dépliant la lettre qu'il avait lu un peu plus tôt en rentrant de son travail et qui avait fini de l'achever.

« Cette lettre vient de Beauxbatons. Signé de la main de Madame Maxime elle-même. Elle y décrit les… vingt-huit méfaits dont toi et tes amis vous êtes rendu coupables depuis septembre de cette année. Pour conclure, elle insinue que si tu continues comme ça, tu seras renvoyée. »

Natalia se tassa un peu plus dans son fauteuil, sentant ses muscles se crisper sans qu'elle ne puisse les contrôler. Son père avait l'air si froid, se glissant dans la peau d'un personnage qui ne lui allait pas. Il ne savait pas être un mauvais père tyran. Il n'était pas Lucius Malefoy. Natalia s'était toujours moquée de cette façon de l'élever, mais la déception qui se lisait immanquablement dans le regard de son père était plus dur à supporter que toutes les punitions du monde.

« Je passerais sur les remarques désobligeantes faites aux professeurs, les retenues auxquelles tu ne t'es pas rendue, sur l'insolence dont tu fais preuve, des multiples cours que tu as séché…

- Je…

- Ne m'interromps pas ! Ce sont des choses que je peux… comprendre. Ça parait banal, normal, même si je ne l'approuve pas. Par contre, il y a des choses que je ne peux pas supporter, Natalia. Ce que tu as fait à cette élève de troisième année par exemple ! L'enfermer dans la salle des illusions pendant plus de trois jours avant d'aller la libérer !? Sérieusement, tu as de la chance que ses parents n'aient pas porté plainte ! »

Natalia mordilla la lèvre inférieure, sentant un nœud bloquer sa trachée, ses larmes apparaissant aux coins de ses yeux. Ses émotions étaient simplement incontrôlables lorsqu'elle avait bu, et elle en voulu à son père de lui imposer pareille discussion après une si longue nuit. Elle bredouilla, ayant du mal à trouver ses mots.

« Papa… on ne pourrait pas en parler demain… ? »

Drago se leva d'un bond, ne pouvant plus rester calme face à ce petit bout de femme incontrôlable qui tentait de s'extirper d'une situation gênante dans laquelle elle s'était elle-même fourrée.

« Demain !? Mais on est déjà demain, Natalia ! Il est six heures du matin ! Alors, non ! On va en parler, maintenant ! J'aimerais savoir ce qu'avait fait cette Nicole De Cossé pour mériter ça ? »

Natalia mit du temps à s'en souvenir et ses joues se teintèrent violemment de rouge en y pensant. Elle tournait ses doigts dans tous les sens, de plus en plus dérangée par la tournure de la discussion.

« Elle avait critiqué la coupe de cheveux de Chloé… »

Drago passa ses longs doigts pâles devant ses yeux, désespéré. Il se réinstalla sur son fauteuil, ses mains plaquées contre son visage. Il inspira profondément à de multiples reprises, inquiétant presque Natalia qui songea que son cœur allait lâcher. Puis il rouvrit les yeux, l'air plus détendu… Du moins, en apparence.

« Et… Dans sa lettre, Madame Maxime énonce également plusieurs « atteintes à la pudeur ». Tu aurais été aperçue te livrant à des activités sexuelles dans l'enceinte de l'établissement avec un certain… Charles-Henri Chevalier.

- On s'embrassait. Corrigea Natalia, l'adrénaline se dégageant de cette discussion était le plus efficace des moyens de dessaouler. Activité sexuelle… c'est un peu exagéré… »

Le visage de son père s'était ostensiblement fermé à sa réponse. Il jeta la lettre d'un geste brusque sur la table basse, prêt à entrer dans le vif du sujet et à supporter sa réaction qui -il n'en doutait pas- serait des plus violentes. Bien que dans son état, il pensait qu'elle aurait peut-être du mal à avoir un comportement approprié.

« Natalia… Tu es une jeune fille de bonne famille. Une famille qui a de plus une certaine réputation à tenir. Tu ne peux pas te comporter comme ces groupies hystériques qui idolâtrent les garçons simplement parce qu'ils ont un beau balai et une bonne somme d'argent dans leurs bourses ! Et cette nouvelle manie que tu as prise de boire et d'avaler d'autres substances ne te ressemble pas. Ou en tout cas, ça ne ressemble pas à la fille que je veux avoir. Il n'est pas du tout question que je laisse faire. »

Natalia releva la tête, réalisant que tout tournait autour d'elle et qu'une violente nausée commençait à se faire sentir. Elle n'avait jamais vu son père aussi déterminé. Il se leva avant de venir s'installer auprès d'elle sur le canapé.

« Je suis allé rendre une petite visite à tes grands-parents, aujourd'hui, après avoir lu la lettre de Madame Maxime. Je leur ai demandé un petit service.

- Un service ? Répéta la jeune fille en se tournant vers son père, son souffle se coupant dans sa poitrine sous l'effet de l'angoisse.

- Tu vas finir l'année en Angleterre, avec tes grands-parents. Tu iras à Poudlard pour les derniers mois de cours et tu passeras ton diplôme là-bas. Je viendrais te rendre visite dès que je le pourrais. Ça t'éloignera un peu de toute cette… faune ! Ça t'éloignera de Paris. Ça t'éloignera de Beauxbatons. Je crois que… Non, je suis sûr que c'Est-ce qu'il te faut. »

Natalia resta figée dans une expression de pure stupeur puis des larmes apparurent aux coins de ses yeux. Il la regarda, puis détourna le regard, ne se donnant pas l'occasion de changer d'avis. Il ne voulait pas se laisser attendrir cette fois et reculer dans ses décisions simplement pour ne pas la faire souffrir. Il se devait d'avoir un peu d'autorité pour une fois.

Natalia se leva d'un geste brusque, aucun mot ne franchissant la barrière de ses lèvres. Pour la première fois de sa vie, il lui était impossible de parler. Elle serra très fort la lanière de perles de son sac et quitta le salon à grand pas, se ruant vers sa chambre dont elle claqua la porte si fort que le mur trembla. Drago ne prit pas la peine de lui dire que ça ne se faisait pas. Elle allait s'allonger sur son lit quand sa nausée se fit plus puissante. Elle fonça vers sa salle de bain personnelle où elle se mit à régurgiter tout ce qu'elle avait avalé au cours de la soirée.

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Re-nOte _ Voilà, c'est la fin du premier chapitre ! J'espère qu'il vous a plu... & que les personnages vous intéressent un ptit peu ! On les aime salops, tout de même hein ? Doux comme des agneaux, ils ne sont pô drôles, n'est ce pas ? J'espère que ça vous a donné envie de suivre le reste de l'histoire... (dites oui ! dites oui !...) Sinon, j'ai été surprise que vous soyiez si nombreuses à connaître Wild Child ! Uhm... Que dire d'autre ? Ah oui, je mettrais tout ce que j'ai à mettre sur mon blog -celui de blog4ever- dans quelques jours : fiches persos, playlist & tout l'tralala comme je fais d'ordinaire... Je n'ai plus qu'à dire : à lundi prochain !

Bisous Bisous Reviews Reviews ! [accrO attitude, le retour ! Dépendance aux reviews... Plus dangereux que la cOcaine ! - & Puis vous avez le temps d'en mettre là !]

°¤ Bewitch_Tales ¤°