Prologue : Un enfant réticent :
Sirius Black était un garçon brillant mais farceur, ce qui lui avait souvent attiré les foudres de ses parents, Orion et Walburga Black. En effet, aucun d'eux ne supportaient les farces répétées de leur fils aîné et tentaient – en vain, bien souvent – de lui inculquer leurs valeurs.
Cependant, Sirius s'était bien vite rendu compte que leur vision des Moldus ne lui convenait pas du tout. Cette impression s'était renforcée lorsqu'il avait fait la rencontre de la famille Potter lors du mariage de l'une de ses nombreuses cousines. Il avait fait la connaissance de James, un petit garçon aux cheveux bruns et toujours en bataille et aux yeux pétillants de malice cachés derrière des lunettes rondes. Tous deux avait découvert qu'ils partageaient le même goût de la plaisanterie et, du haut de leurs huit ans, ils avaient élaboré ensemble tout un tas de farces durant les trois jours qu'ils passèrent ensemble mais ils ne purent toutes les mettre en marche car ils durent se séparer.
Néanmoins, Orion accorda à son fils le droit de rendre visite à James une semaine par mois, durant lesquelles Sirius découvrait que ses parents avaient une toute autre vision des choses que Fleamont et Euphemia, les parents de son ami.
Puis un jour sa cousine Andromeda se fit renier et les farces du jeune garçon devinrent peu à peu un moyen de venger sa cousine et un moyen pour lui de se détendre.
Plusieurs années passèrent et malgré les punitions et menaces de Walburga, Sirius continua à agir de la sorte, jusqu'au jour où arriva sa lettre pour Poudlard.
Le garçon était si heureux qu'il laissa s'échapper dans les escaliers les Bombabouses qu'il gardait en prévision de son dernier jour avant la rentrée, ce qui lui valut la punition la plus douloureuse qu'il reçut. Sa mère donna l'ordre à Kreattur de le frapper puis de l'enfermer dans sa chambre pendant une semaine. Juste avant que la porte ne se referme sur le petit garçon, celui-ci cria d'une voix fluette mais forte « Je vous déteste, mère ! Je vous déteste ! »
La femme le saisit par la gorge et le fixa longuement, avant d'ouvrir la bouche et de parler.
« Tu es comme ta cousine. Un idiot de petit garçon dont les actions finiront par te faire renier ! »
« Tant mieux ! » s'écria Sirius en se débattant. « Je préfèrerai être n'importe où, plutôt qu'ici ! N'importe où, vous m'entendez ! »
Avec un cri de rage, sa mère le projeta dans sa chambre et la verrouilla d'un coup de baguette magique tandis qu'il titubait avant de reprendre son équilibre. Il poussa un cri de rage puis se jeta sur son lit et ferma fort les paupières, retenant ses larmes de rages.
Un Black ne pleure pas.
Tels étaient les mots qu'il se répéta durant toute la semaine qu'il passa enfermé dans sa chambre avec pour toute compagnie les armoiries de sa famille et les portraits de ses ancêtres.
La veille de la rentrée, il entendit un bruit à la porte et comprit que sa mère ou quelqu'un d'autre l'avait déverrouillée et se leva doucement de son lit.
« Siri' ? » appela la voix fluette de son frère, Regulus. « Siri', tu m'entends ? »
« Oui Reg'. » sourit doucement Sirius.
« Maman m'a dit que je pouvais te voir… Je peux rentrer ? »
« Oui, bien sûr ! »
Sirius empêcha sa voix d'exprimer tout son soulagement de le voir et se leva pour faire face à son frère, qui entra doucement.
« Pourquoi t'as lâché les Bombabouses dans les escaliers ? Tu devais savoir que Mère allait te punir, non ? »
« Qu'est-ce que tu crois ? Je n'ai pas fait exprès, pour une fois… » Il soupira avant de s'asseoir sur son lit et de regarder son frère. « Reg… Si je ne suis pas à Serpentard, tu m'en voudras ? »
Le garçon face à lui hésita et hocha faiblement la tête.
« Je ne sais pas Siri'… Mais pourquoi tu voudrais ne pas aller là-bas ? C'est à cause de… James ?
« Non… Peut-être… Ecoute Reg', j'ai l'impression de ne pas avoir ma place à Serpentard. Je ne suis ni rusé, ni lâche, et je n'ai aucune qualité de Père et Mère. »
Son frère fit une moue et dit d'une petite voix :
« Mais si tu vas pas à Serpentard… Ils vont te détester… »
Sirius eut un rire amer et secoua la tête.
« C'est déjà le cas, petit frère. Mais toi, est-ce que tu vas me détester ? ». Il ne le montrait pas, mais l'idée que son frère le déteste lui était insupportable. Il attendit donc sa réponse et sentit le nœud qui tordait son estomac lorsqu'il vit son frère hocher négativement la tête et murmurer un petit « J'essaierai… ».
Il savait qu'il ne pouvait pas trop lui en demander, après tout il n'avait que huit ans, et ce qu'il lui avait dit était plus qu'il espérait. Il le serra brièvement dans ses bras puis le poussa doucement vers la porte en lui souhaitant bonne nuit. Au moment où le petit garçon atteignait la porte, il l'appela doucement.
« Reg' ? »
« Oui ? »
« Merci. »
Regulus lui sourit puis sortit de sa chambre doucement.
Le lendemain, Sirius se leva de bonne heure, une excitation incontrôlable logée dans sa poitrine. Il allait enfin entrer à Poudlard
