Et voici, comme promis, le chapitre 1 :) J'espère qu'il vous plaira ^^ Bonne lecture !
Dangerous Love
Chapitre 1 : Le train sifflera cinq fois
Lorsque son réveil sonna à huit heures et demies précises, Maena n'eut qu'une envie : l'envoyer valser contre le mur. Mais sachant que ses parents ne seraient pas heureux de voir qu'il leur faudrait racheter un nouveau réveil, elle se contenta donc d'appuyer sur le bouton avant de se rendormir, pelotée dans sa couette.
Mais son réveil était programmé pour sonner toutes les dix minutes, ce qui fait qu'il tira de nouveau Maena du sommeil, à son mécontentement. Elle l'éteignit une nouvelle fois et grogna avant de fermer de nouveau les yeux.
Mais à neuf heures moins le quart, son réveil prit une autre forme : sa couette s'envola. Surprise et frigorifiée, Maena s'assit sur son séant, les yeux grands ouverts.
- Que ? Quoi ? Quand ?
Son regard s'arrêta alors sur sa mère qui tenait sa couette d'une main, son autre main se trouvant sur sa taille. Elle regardait sa fille avec un air résigné.
- Comme je m'y attendais, tu ne t'es pas levée ! dit Laurana Marchombre en secouant ses boucles rousses.
Maena fit la moue et se recoucha, mettant son oreiller sur sa tête.
- Maena, si tu ne te lèves pas de suite, je passerai à la vitesse supérieure !
- Mmmmmm ? Comme si tu allais oser me lancer un Doloris… ironisa Maena, toujours sous l'oreiller.
- Un Doloris, peut-être pas. Mais un Aguamenti glacé, c'est dans mes cordes !
- Mmmmm…
- Maena…
- Mmmmm…
- Agua…
- C'est bon ! C'est bon ! Je me lève !
La jeune fille ôta son oreiller et s'assit, les yeux ouverts pour montrer à sa mère qu'elle ne se rendormirait pas. Sa mère baissa sa baguette mais ne la quitta pas de ses yeux gris, suspicieuse.
- Tu es vraiment sans cœur ! dit Maena en faisant la moue et en passant une main dans sa crinière rousse qui était ébouriffée.
- Sans cœur ? répéta Laurana en levant les yeux au ciel.
- Tu as pensé au fait que j'aie du mal avec le décalage horaire ?
- Le décalage horaire ? ironisa sa mère. On était en Egypte, pas à l'autre bout du monde ! Le décalage horaire était de deux heures !
- Et alors ? Faut que je me remette à l'horaire anglais après tout ce temps !
- À t'entendre, on est partis durant deux mois !
- Bah, presque !
- Maena, on est partis deux semaines ! Et tu as intérêt à reprendre le rythme anglais vite fait car si j'apprends que tu as préféré dormir plutôt que d'aller en cours, tu auras de mes nouvelles. Maintenant, prépares-toi, ton père nous attend pour le petit déjeuner.
Et Laurana quitta la chambre de sa fille unique en un tourbillon de boucles rousses. Maena fixa la porte avec une moue et se recoucha dans son lit, même si sa mère était partie avec sa couette pour empêcher sa fille de se rendormir. Mais Maena n'avait pas besoin de couette pour dormir. Mais à peine la jeune fille avait-elle posé sa tête sur l'oreille que son réveil sonna une nouvelle fois, annonçant qu'il était neuf heures moins dix.
- Ok, j'ai compris ! râla Maena en éteignant son réveil. Je me lève !
Elle s'assit sur son lit et lança un regard noir au réveil.
- Pourquoi personne ne veut comprendre qu'entre mon lit et moi, c'est une grande histoire d'amour ! grogna-t-elle.
Comme personne ne répondit, Maena soupira et se décida à se lever. Une fois sur ses pieds, la jeune fille s'étira de tout son long en baillant.
Une fois qu'elle se fut étirée, la jeune fille se dirigea vers sa fenêtre pour en ouvrir les tentures. Elle plissa les yeux sous les rayons du soleil et bailla une nouvelle fois. Ensuite, elle ouvrit ses placards et choisit ses vêtements. Enfin, elle sortit de sa chambre et évita la tentative d'assassinat de Joyau, le chat de la maison qui, sournoisement et quotidiennement, se glissait entre ses jambes afin de la faire tomber… et son chat était tellement sadique que la majorité de ses tentatives se faisait quand elle était dans les escaliers…
Dans la salle de bain, Maena jeta un coup d'œil à son reflet et fit la moue. Ses yeux étaient encore gonflés de sommeil, ses cheveux roux mi-longs filaient dans tous les sens et elle avait une belle marque d'oreiller sur son épaule. Passant une main dans ses cheveux pour les remettre en place, la jeune fille s'estima heureuse de ne pas avoir hérité des boucles folles de Laurana Marchombre, Bingley de son nom de jeune fille.
Déposant ses vêtements près de l'évier, Maena ôta son pyjama, composé d'un petit short vert, orné d'un petit serpent, et d'un débardeur blanc à fines bretelle.
Une fois nue, la jeune fille se glissa sous le jet chaud de la douche. Tout en se lavant, elle repensa aux deux semaines qu'elle avait passées en Egypte, et donc loin de Lavalya, sa cousine, qu'elle avait hâte de vite retrouver.
Car les cousines Marchombre se voyaient souvent. Très souvent. Pour dire, elles se voyaient au minimum tous les deux jours durant les vacances. Donc, ne pas voir Lavalya durant deux semaines avait été un calvaire pour Maena. Elle et sa cousine avaient une relation fusionnelle. À tel point qu'un étranger qui les voyait pour la première fois les prenait souvent pour des sœurs plutôt que des cousines.
Quand elle eut fini sa douche, Maena essora légèrement ses cheveux puis sortit de la cabine pour se sécher. Elle s'habilla d'un jeans trois quart et d'un petit t-shirt vert pomme. Maena aimait beaucoup le vert. D'un côté parce que c'était la couleur de sa maison, Serpentard. D'un autre côté parce qu'elle était une rousse aux yeux verts et que donc, c'était la couleur qui lui allait le mieux.
La jeune fille se sécha ensuite les cheveux, agacée de ne pouvoir utiliser la magie pour cela, ce qui lui aurait fait gagner un temps fou. Ensuite, elle quitta la salle d'eau et se dirigea vers les escaliers, déjouant une nouvelle tentative de meurtre de Joyau.
Joyau… Non mais, quel nom ridicule pour un chat, quand même ! Il paraît que c'est elle, enfant, qui avait voulu le nommer ainsi… C'était peut-être pour cela qu'il voulait sa mort : il lui en voulait de lui avoir donné un nom aussi ridicule ?
Au rez-de-chaussée, Maena se dirigea vers la cuisine où elle retrouva ses parents attablés devant un petit déjeuner copieux. Son père avait les cheveux ébouriffés, démontrant qu'il n'avait pas encore pris la peine de se coiffer. Il griffonnait dans un calepin à l'aide d'un vieux crayon tout mâchouillé. Alec Marchombre aurait aimé devenir Auror, comme son frère, Edward Marchombre, mais sa… condition ne le lui avait malheureusement pas perms. Il s'était donc tourné vers l'écriture et vendrait ses romans autant chez les sorciers que chez les Moldus qui appréciaient le côté magique de ses histoires.
Laurana Marchombre, elle, travaillait dans la construction de balais, restant ainsi proche de sa passion : le Quidditch.
Maena embrassa ses parents et s'assit face à son père. Elle se servit un verre de jus d'orange, une tasse de chocolat et prit trois toasts qu'elle couvrit de confiture à la fraise. Elle prit également un morceau de brioche qu'elle couvrit d'une généreuse couche de pâte chocolatée. Et elle termina son repas avec un yaourt à la banane.
- Il faudra un jour m'expliquer comment tu fais pour engloutir autant de nourriture, dit Laurana.
- Mais… j'ai faim… dit Maena.
- Et elle doit bien manger pour être en bonne santé, ajouta Alec.
Il sourit à sa fille qui lui rendit un sourire éblouissant. Le père était très attaché à sa fille, son enfant unique, la prunelle de ses yeux. Il était très protecteur envers elle et Lavalya s'amusait souvent à dire que le premier petit-ami de Maena aurait du souci à se faire.
- Tes affaires sont prêtes ? demanda Laurana en envoyant la vaisselle dans l'évier à l'aide d'un coup de baguette magique.
Maena soupira.
- Tu te rends compte que j'ai à peine eu le temps de défaire mes affaires que je dois déjà faire mes malles pour Poudlard ? C'est inhumain.
Laurana leva les yeux au ciel en secouant la tête, amusée par l'exagération de sa fille. Mais Maena se leva et quitta la cuisine. Elle remonta les escaliers et alla se brosser les dents. Elle acheva ensuite de préparer ses affaires en faisant plusieurs fois le tour de sa chambre afin d'être sûre de n'avoir rien oublié.
Portant ses malles dans le couloir, Maena jeta un dernier regard à sa chambre, ses yeux s'arrêtant sur son lit où reposait sa vieille peluche en forme de dragon, sur son bureau où traînaient toutes sortes de livres, sur ses murs où étaient collées plusieurs affiches.
- Maena ? appela sa mère au bas de l'escalier.
- J'arrive, maman, répondit la jeune fille en fermant la porte de sa chambre.
- Tu as bien pris ta baguette, cette fois-ci ? ajouta son père.
Maena tâta sa poche.
- Oui, je l'ai ! répondit-elle.
La jeune fille se rappelait, non sans honte, à l'année précédente où ses parents avaient dû lui renvoyer sa baguette par hibou parce qu'elle l'avait oubliée à la demeure familiale.
La Serpentard descendit ses malles, son père l'aidant en les faisant léviter.
- Bien, il est dix heures et demies, dit Laurana en consultant sa montre. On va pouvoir aller à Londres dès maintenant.
Laurana aimait la ponctualité, mais elle dut attendre encore un peu lorsque Maena fit remarquer, non sans rire, que son père semblait sortir tout droit du lit. Alec partit donc se coiffer tandis que les deux femmes de sa vie attendaient dans le hall d'entrée.
- Tu nous écriras souvent, n'est-ce pas ? demanda Laurana.
- Comme tous les ans, la rassura Maena en souriant.
Laurana remit tendrement une des mèches de sa fille en place. Après qu'Alec fut revenu, les trois Marchombre se mirent en route. Avant de transplaner, Maena jeta un dernier regard à sa maison, qu'elle ne reverrait pas avant les fêtes de Noël. La jeune fille regarda la façade de pierres bleues et le toit sombre. Elle admira le pommier qui se trouvait à l'angle de sa maison et fut fascinée par le soleil qui se reflétait dans les nombreuses fenêtres. La maison était de bonne taille et chaleureuse.
- Prête ? demanda Alec.
Maena hocha la tête et prit la main que lui tendait son père. Ils transplanèrent jusqu'à Londres où ils prirent la direction de King's Cross. Dans la gare, la petite famille se dirigea vers les voies 9 et 10 et traversèrent la barrière magique.
La voie 9 ¾ était noire de monde. Alec et Laurana aidèrent leur fille à monter ses malles dans le train, dans un compartiment où la jeune fille retrouva sa cousine, Cécilia, la sœur de Lavalya, ainsi que Julius, un Serpentard de la même année que Maena.
- Lavalya n'est pas là ? s'étonna Alec en mettant la valise dans le porte-bagages.
- Elle est préfète, lui rappela Maena. Elle est sûrement partie dans le compartiment des préfets. Par contre, je pensais que ce serait toi, le préfet, ajouta-t-elle à Julius.
- Je n'ai pas eu cette chance, ironisa le jeune homme.
- Je vois ça. J'espère que ce ne sera pas Malefoy ! dit-elle.
Son père eut un petit rire et Maena le suivit jusqu'en dehors du train afin de lui dire au revoir, ainsi qu'à sa mère. Son père la serra fort dans ses bras car c'était toujours une épreuve pour lui de se séparer de sa fille adorée. La rouquine embrassa ensuite sa mère qui la serra contre elle.
- Tu nous diras comment s'est passée ta rentrée ! lui dit-elle.
- Promis ! dit Maena. Tu penseras à remettre ma couette sur mon lit ?
- Promis, dit Laurana en riant.
- Allez, file, dit Alec qui essaya de ne pas laisser paraître à quel point prononcer ses mots lui était pénible.
Au même moment, le sifflet retentit et Maena s'empressa de monter dans le train. Elle resta à la fenêtre de la porte afin de faire signe à ses parents. Le train s'élança et la jeune fille se pencha le plus possible par la fenêtre afin de les voir jusqu'à la dernière seconde. Elle remarqua un chien noir courant après le train mais ne s'y arrêta pas. Quand la gare fut hors de vue, Maena recula et ferma la fenêtre avant de se diriger vers la porte du couloir. Elle tendit la main vers la poignée pour l'ouvrir, mais celle-ci s'ouvrit avant qu'elle n'ait eu le temps de la toucher. La personne qui avait ouvert la porte de l'autre côté était en pleine conversation avec quelqu'un derrière lui et ne remarqua pas tout de suite que la jeune fille se trouvait là. Ils se percutèrent et Maena ne put s'empêcher de protester d'un léger "Hey !" avant qu'elle ne lève la tête.
Le garçon qui lui faisait face avait la mauvaise manie d'être une tête plus grand que Maena, d'être à Gryffondor et d'être un peu trop présent dans les pensées de la Serpentard.
Fred Weasley, surpris, baissa la tête vers Maena et haussa un sourcil. La jeune fille rougit lorsqu'elle rencontra son regard bleu.
- Tiens, mais qui est-ce que voilà ? fit George. Une petite vipère !
Maena, qui avait ouvert la bouche pour s'excuser auprès de Fred, la referma et regarda l'autre Gryffondor qui avait toujours la sale habitude de la traiter de vipère dès qu'il la croisait.
- Range tes griffes, le chaton, dit-elle d'un ton un peu cassant. La vipère ne faisait que passer !
Maena aimait sa maison, mais n'aimait vraiment pas être comparée à un serpent. Elle les dépassa en frôlant Fred et en donnant légèrement un coup d'épaule à George. La Serpentard arriva devant son compartiment et jeta un dernier regard aux jumeaux qui refermaient la porte du couloir.
Soupirant en se disant que ce n'était peut-être pas la meilleure façon d'aborder Fred, Maena entra dans le compartiment où elle retrouva Cécilia, Julius et Karim, qui s'était rajouté au tableau. C'était un garçon de grande taille, fin, à la peau mate et aux boucles noires. Ses yeux noisette étaient francs et rieurs. Karim était un ami d'enfance de Lavalya et il était le seul Poufsouffle à parler avec des Serpentard.
- Je t'ai crue perdu, s'amusa Cécilia.
- Non, pas encore, répliqua Maena en lui tirant la langue.
Cécilia rit et les quatre comparses parlèrent de leurs vacances, la rousse expliquant avec fascination sa visite des tombeaux égyptiens.
- Je t'envie trop ! dit Julius, qui était un passionné d'histoire de la magie. Ça devait être super intéressant !
- Ça l'était ! acquiesça Maena. Mais j'ai emprunté l'appareil photo magique de mon père et j'ai fait un album de mes visites. Je te le prête, si tu veux ?
- Tu ferais ça ? Tu serais adorable !
La jeune fille sourit en regard son ami. Si elle n'était pas sous le charme de Fred Weasley, elle aurait pu fondre pour le regard bleu et le sourire ravageur du beau brun. Car oui, Julius Conely était beau.
- Je te les donnerai demain, promit-elle.
Cela enthousiasma Julius qui donna un baiser sur sa joue, la faisant rire.
Au bout d'un moment, la porte du compartiment s'ouvrit sur Lavalya, qui avait les bras chargés de friandises. Sans attendre, Maena se leva et lui sauta au cou, les faisant toutes les deux tomber par terre dans un tourbillon de bonbons.
Maena se sépara de sa cousine et pointa son insigne de préfète, ouvrant la bouche pour la féliciter, mais sa cousine la devança :
- Bien sûr, puisque je t'ai envoyé un hibou !
- Oui, mais je ne t'avais pas encore félicitée de vive voix !
La rouquine se releva et aida Lavalya à en faire autant. Elles ramassèrent les friandises qu'elles étalèrent sur la petite table. Julius et Karim en profitèrent pour saluer leur amie.
- Bon, moi, je vous laisse, je dois aller voir Théodore ! dit Cécilia en se levant.
Maena fronça les sourcils tandis que la blonde embrassait sa grande sœur avant de quitter le compartiment. Théodore ? Comme dans Théodore Nott ? Il semblerait que Maena ait raté certaines choses pendant ces deux semaines en Egypte…
- Toujours autant de succès, celle-là, dit Lavalya. Ça fait combien de fois qu'elle change depuis sa première année ?
Maena savait bien que Lavalya appréciait moyennemrnt que des garçons tournent autour de sa petite sœur… mais elle ne pouvait rien faire car, techniquement, c'est plutôt Cécilia qui tournait autour des garçons…
- Et toi, Lavalou, personne en vue ? demanda Karim.
Lavalo était le surnom – plutôt étrange, disons-le – de Lavalya.
- Hum, tu le saurais, je pense…
- Mouais… répondit e Poufsouffle, guère convaincu. On n'est pas dans la même maison, tu sais…
Maena vit alors sa cousine se perdre dans ses pensées et espérait ne pas avoir raté d'autres choses durant son séjour en Egypte. Mais non, ça ne se pouvait pas. Elle le saurait si sa cousine n'était plus un cœur à prendre. Elle le sentirait, n'est-ce pas ? Comme Lavalya avait senti que quelqu'un hantait les pensées de Maena.
Mais en voyant sa couine perde dans ses pensées, elle se dit que si, peut-être avait-elle raté un épisode… Elle eut un petit rire nerveux.
- Toi aussi, tu penses à un garçon qui te plaît ? la taquina-t-elle, la ramenant à l'instant présent.
- Oui, avoua Lavalya. Je pensais à Karim lorsqu'on s'est rencontrés !
Elle avait dit ça en regardant le Poufsouffle dans les yeux, le faisant rougir jusqu'à la racine des cheveux. Si on demandait à Maena de décrire le Poufsouffle en un seul mot, elle utiliserait "timide".
Et l temps passa : les quatre compagnons discutèrent de tout et blaguèrent. Ils enfilèrent aussi leur robe de sorcier lorsqu'ils s'aperçurent que l'école était en vue. Mais quand le train s'arrêta, ils attendirent un moment à l'intérieur du compartiment afin d'éviter le bain de foule, ce que Lavalya détestait par-dessus tout.
Quand un calme relatif s'installa, ils descendirent tous les quatre, tirant leurs bagages derrière eux. Sur le quai, Maena s'attendait à voir Hagrid prendre les première année sous son aile, comme d'habitude, mais elle fut surprise de voir Gobe-Planche à la place du géant. Mais l'attention de Maena fut attirée par une tignasse rousse, un regard bleu et un sourire espiègle. Fred était là, non loin, discutant joyeusement avec son jumeau, Lee Jordan et… Angelina Johnson.
Maena ravala la boule de jalousie qui lui obstrua la gorge. Angelina Johnson… Fred semblait l'apprécier. Beaucoup, même, vu qu'il l'avait invitée au bal de Noël, l'année précédente. Elle se demanda même s'ils étaient toujours ensemble…
Lorsque Fred tourna son regard bleu vers elle, Maena se détourna et suivit ses amis le long du quai, en direction des calèches tirées par les Sombrals. Bien que la jeune fille ne puisse pas les voir, elle savait qu'ils étaient là.
Lavalya, Karim, Julius et Maena montèrent dans une des calèches et se mirent à discuter de leurs options. La rousse chassa Fred de ses pensées en écoutant sa cousine dire qu'elle se demandait ce qu'elle allait apprendre cette année là en étude des Runes, en arithmancie et en soin aux créatures magiques.
- Ah, on sera encore ensemble en soin aux créatures magiques ! s'enthousiasma Maena.
- Et tu es toujours en études des Moldus ? s'enquit Julius.
- Oui, dit Maena avec une légère grimace. Et toujours en divination.
- Tu as gardé cette option ? s'enquit Karim qui suivait aussi ce cours.
- Oui, j'ai que des bonnes notes…
- Ça ne m'étonne pas, dit Lavalya en souriant narquoisement. Tu as de l'imagination à revendre et donc, inventer dix mille façons de mourir ne doit pas être bien compliqué pour toi.
- En effet, ricana Maena.
- Moi, je me demande qui va assurer le cours de défense contre les forces du Mal ? dit Julius.
Ils passèrent le reste du trajet à débattre sur le futur professeur, passant par des hypothèses parfois complètement loufoques.
Quand ils arrivèrent au château, Julius se déclara soulagé car son estomac criait famine. Dans la grande salle, Karim dut rejoindre la table des Poufsouffle. Lavalya lui dit au revoir, Julius lui serra brièvement la main et Maena l'enlaça durant quelques secondes. Amusé, Karim leva les yeux au ciel avant de partir vers sa table. En se dirigeant vers la table des Serpentard, Maena crut voir Fred lui lancer un bref regard avant de se tourner vers la table des Poufsouffle. Mais en s'asseyant, elle le vit rire avec on frère et se dit qu'elle avait sûrement rêvé. Oui, sûrement…
La jeune fille écouta les conversations autour d'elle. Au bout d'un moment, les portes de la grande salle s'ouvrirent sur Gobe-Planche qui était suivie par une troupe d'élève de première année. Ceux-ci étaient fascinés et craintifs, parfois euphoriques. Maena repensa à a propre première entrée dans cette salle. Elle avait certes adoré sa cérémonie de Répartition, mais pas ses jambes qui avaient joué des castagnettes tout au long de la chanson du Choixpeau.
Maena se secoua et écouta la nouvelle chanson du Choixpeau.
Aux temps anciens lorsque j'étais tout neuf
Et que Poudlard sortait à pein' de l'oeuf
Les fondateurs de notre noble école
De l'unité qui avait fait leur symbole
Rassemblés par la même passion
Ils avaient tous les quatre l'ambition
De répandre leur savoir à la ronde
Dans l'école la plus belle du monde
"Ensemble bâtissons et instruisons !"
Décidèrent les quatre compagnons
Sans jamais se douter qu'un jour viendrait
Où la destinée les séparerait.
Toujours amis à la vie à la mort
Tels étaient Serpentard et Gryffondor
Toujours amies jusqu'à leur dernier souffle
Tell's étaient aussi Serdaigle et Poufsouffle.
Comment alors peut-on s'imaginer
Que pareille amitié vienne à sombrer ?
J'en fus témoin et je peux de mémoire
Vous raconter la très pénible histoire.
Serpentard disait : "Il faut enseigner
Aux descendants des plus nobles lignées."
Serdaigle disait : "Donnons la culture
A ceux qui ont l'intelligence sûre."
Gryffondor disait : "Tout apprentissage
Ira d'abord aux enfants du courage."
Poufsouffle disait : "Je veux l'équité
Tous mes élèv's sont à égalité."
Lorsqu'apparur'nt ces quelques divergences
Elles n'eur'nt d'abord aucune conséquence
Car chacun ayant sa propre maison
Pouvait enseigner à sa façon
Et choisir des disciples à sa mesure.
Ainsi Serpentard voulait un sang-pur
Chez les sorciers de son académie
Et qu'ils aient comme lui ruse et rouerie.
Seuls les esprits parmi les plus sagaces
Pouvaient de Serdaigle entrer dans la classe
Tandis que les plus brav's des tromp'-la-mort
Allaient tous chez le hardi Gryffondor.
La bonne Poufsouffle prenait ceux qui restaient
Pour leur enseigner tout ce qu'elle savait.
Ainsi les maisons et leurs fondateurs
Connurent de l'amitié la valeur.
Poudlard vécut alors en harmonie
De longues années libres de soucis.
Mais parmi nous la discorde grandit
Nourrie de nos peurs et de nos folies.
Les maisons qui comme quatre piliers
Soutenaient notre école et ses alliés
S'opposèrent bientôt à grand fracas
Chacune voulant imposer sa loi.
Il fut un temps où l'école parut
Tout près de sa fin, à jamais perdue.
Ce n'était partout que duels et conflits
Les amis dressés contre les amis
Si bien qu'un matin le vieux Serpentard
Estima venue l'heur' de son départ
Et bien que l'on vît cesser les combats
Il laissait nos cœurs en grand désarroi.
Et depuis que les quatre fondateurs
Furent réduits à trois pour leur malheur
Jamais plus les maisons ne fur'nt unies
Comme elle's l'étaient au début de leur vie.
Maintenant le Choixpeau magique est là
Et vous connaissez tous le résultat :
Je vous répartis dans les quatr' maisons
Puisque l'on m'a confié cette mission
Mais cette année je vais vous en dir' plus long
Ouvrez bien vos oreilles à ma chanson :
Bien que condamné à vous séparer
Je ne peux pas m'empêcher de douter
Il me faut accomplir ma destinée
Qui est de vous répartir chaque année
Mais je crains que ce devoir aujourd'hui
N'entraîne cette fin qui m'horrifie
Voyez les dangers, lisez les présages
Que nous montrent l'histoire et ses ravages
Car notre Poudlard est en grand péril
Devant des forces puissantes et hostiles
Et nous devons tous nous unir en elle
Pour échapper à la chute mortelle
Soyez avertis et prenez conscience
La répartition maintenant commence.
La rousse fronça les sourcils en applaudissant doucement, n'était pas très sûre d'aimer la chanson, cette année.
- Il nous met en garde, cette année ! dit Julius, le plus logique de la bande. C'est sans nul doute dû au retour de Vous-savez-qui.
- Non mais, dis Voldemort, enfin ! murmura Lavalya. Et bien sûr qu'il nous prévient, c'est la mémoire des Fondateurs ! Je veux bien me rapprocher des autres maisons, mai quand tu regardes ce troll manger, on n'a pas envie de s'y frotter de trop près.
Elle désigna quelqu'un du menton et Maena regarda dans la direction indiquée pour tomber sur Ron. Bien sûr, elle ne put s'empêcher de regarder Fred au passage avant de se tourner vers ses amis. Elle chuchota, un peu craintive :
- Donc, vous pensez qu'il est revenu ? On est une famille de sang-pur, vous croyez qu'il va s'en prendre à nos parents ?
- Bien sûr qu'il est revenu ! dit Lavalya. Fudge a le cerveau en bouillie ! Le Poufsouffle n'est pas mort tout seul !
Maena eut un frisson au souvenir du cadavre de Cédric Diggory.
- Mais de toute façon, nos parents savent se défendre et ton père a même un avantage particulièrement poilu.
Maena sourit en comprenant l'allusion de sa cousine.
- Vous avez un hippogriffe qui monte la garde chez vous ? fit Julius. C'est cool.
- Pas un hippogriffe, sinon Valou aurait dit "plumé", rétorqua la rousse avec un sourire en coin.
Curieux, Julius les questionna mais les cousines Marchombre n'en dirent pas plus.
Une fois la Répartition terminée, l'heure du repas sonna. Les plats se remplirent et, dotée d'un appétit féroce, Maena reprit plusieurs fois de chaque plat. La rousse vit alors sa cousine faire la grimace et suivit son regard… qui s'arrêta sur Ron Weasley. Maena n'avait rien contre les élèves des autres maisons, elle trouvait même Ron drôle, à sa manière, mais sa façon de se tenir à table laissait clairement à désirer.
Comme d'habitude, le regard vert de Maena fut attiré par un autre roux qui savait se tenir à table, lui. Fred. Encore…
Sentant un regard sur elle, Maena détourna la tête et rencontra le regard amusé de sa cousine. Se rendant compte que Lavalya venait de la prendre en flagrant délit d'observation de roux, la jeune fille rougit. La brune s'apprêtait sûrement à lui lancer une réplique bien sentie, mais le directeur faisant son traditionnel discours de début d'année l'en empêcha. Il présenta les nouveaux professeurs : Gobe-Planche, la remplaçante d'Hagrid, et le nouveau professeur de défense contre les forces du Mal, une petite femme entièrement habillée… de rose ! C'en était écœurant !
- Non mais regardez-moi cette chose ! dit Lavalya, traduisant les pensées de Maena. Je jurerais qu'elle ne serait pas capable de stupéfixier un première année !
Maena sourit mais reporta son attention sur le discours de cette Ombrage. Et décréta qu'elle ne l'aimerait jamais. Déjà parce qu'elle s'habillait en rose et aussi parce qu'elle interrompait Dumbledore, ce qu'elle n'apprécia pas. Non, Maena et elle ne seraient jamais amies.
- J'ai hâte de vous connaître tous et je suis sûre que nous deviendrons vite de très bons amis ! conclut le professeur Ombrage.
- Alors ça, tu peux rêver ! dirent Maena et Lavalya en chœur.
- Compte là-dessus ! dirent Fred et George au même moment.
Les cousines Marchombre et les jumeaux Weasley se regardèrent, quelque peu surpris. Mais ils finirent par échange un signe de tête, la rousse faisant son possible pour ne pas rougir. Si le Choixpeau voulait de l'entraide, il allait en avoir ! Peut-être pas sous la forme qu'il voulait, cependant.
Mais le plus affligeant fut qu'Ombrage ne remarqua rien du tout ! Comment allait-elle apprendre la vigilance aux étudiants alors qu'elle n'avait même pas remarqué la formation d'une possible alliance contre elle ? Oui, cette femme était déjà désespérante…
Julius, sourcils froncés, se tourna vers les filles et annonça :
- Le ministère semble vouloir se mêle des affaires de l'école.
Maena ne fut pas entièrement convaincue et un regard vers Lavalya lui apprit que sa cousine partageait ses doutes. La rousse haussa les épaules, décrétant qu'elle verrait bien après le premier cours qui, elle espérait, ne viendrait pas trop vite.
Pour l'heure, Maena jeta un dernier regard vers Fred avant de se lever pour suivre les autres Serpentard jusqu'aux cachots. Lavalya donna le mot de passe – Ténèbres – et tous purent entrer dans la sale commune. Julius partit vers les dortoirs des garçons et les cousines prirent la direction du dortoir féminin où elles retrouvèrent toutes leurs affaires. Leurs lits étaient l'un à côté de l'autre, comme les quatre années précédentes.
D'ailleurs, les deux jeunes filles avaient un rituel qui datait de leur première entrée à Poudlard. Maena avait eu beaucoup de mal à se faire à la vie du château, son père lui manquait affreusement. Pour la rassurer, Lavalya passait une partie de la soirée à parler avec Maena, assise ou couchée sur son lit. Et au fil des ans, le rituel était resté.
Maena passa rapidement dans la salle de bain et enfila son pyjama : un petit short noir et un large t-shirt vers portant l'écusson de Serpentard. Elle donna un coup de peigne dan ses cheveux avant de rejoindre le dortoir. Lavalya s'engouffra dans la salle de bain et la rousse se glissa entre ses draps en l'attendant. Elle jeta un coup d'œil à Daphné Greengrass avec qui les cousines Marchombre s'entendaient bien. Dans le dortoir, il y avait aussi Millicent Bulstrode et Pansy Parkinson. Mais avec elles, c'était loin d'être l'entente parfaite. En fait, Pansy et Millicent sautaient sur la moindre occasion de s'en prendre à Maena et Lavalya sans raison. La brune était persuadée que c'était parce qu'elles étaient jalouses, la rousse pensait qu'elles étaient juste stupides. Et les deux pestes profitaient souvent d'être dans le dortoir pour faire leurs coups en douce.
Mais Maena était perdue dans ses pensées, repensant à la rencontre dans le train, où elle s'était retrouvée face à Fred… et George. C'est pourquoi elle se rendit compte trop tard que Pansy et Millicent la regardaient comme des hyènes regardent un cadavre frais. S'en rendant compte, Maena fit un geste pour prendre sa baguette, posée sur sa table de chevet, mais il était trop tard…
- Levicorpus !
Maena se sentit soulevée par la cheville et se mit à crier.
- Alors, Marchombre, on dort avec son doudou Lavalya ?
Dans les airs, la jeune fille se débattit comme un beau diable, comme si cela allait l'aider à se défaire du sort. Elle tendait la main vers sa baguette alors qu'elle savait très bien qu'elle ne l'atteindrait pas.
- Attends un peu ! menaça-t-elle, prête à en découdre malgré sa position délicate.
- Laissez-la ! protesta Daphné.
La porte de la salle de bain s'ouvrit à la volée, laissant apparaître une Lavalya surprise… puis en colère quand elle vit sa cousine dans les airs. Le visage de Lavalya se durcit – enfin, c'est ce qu'il semblait à Maena vu qu'elle voyait tout à l'envers. La brune lança un sortilège informulé qui atteignit ses deux adversaires en plein front.
Libérée du sortilège, Maena tomba sur son lit. Mais prise dans son élan, elle tomba surtout sur le sol. Maugréant contre sa maladresse, Maena se releva rapidement, lançant un regard sombre à Pansy et Millicent.
- Vos petits tours de passe-passe, ça va encore… mais encore un sort sur elle et je vous jure que vous finirez en haut de la tour d'astronomie, accrochée à une gargouille !
Maena ne dit rien, mais savait sa cousine sérieuse. Elles n'aimaient pas quand quelqu'un s'en prenait à l'autre. Mais la jeune fille devait bien reconnaître que Lavalya était plus impressionnante – et plus effrayante – que Maena. Après tout, c'était la brune la plus douée en sortilèges et qui avait comme espoirs de pouvoir en créer, un jour.
Maena se remit de ses émotions et repensa aux paroles de sa cousine. Pansy et Millicent feraient bien d'être prudentes car les paroles de Lavalya étaient rarement à prendre à la légère…
Tadaaaaaaa :D J'espère que sa vous aura plu. La suite ne tardera pas à arriver vu que le chapitre est déjà écrit, sur papier :) Je n'ai plus qu'à le retaper à l'ordi :3 A bientôt donc, et n'hésitez pas à aller voir la fic de Slytherin Lavalou et à laisser une review :P
