Titre : Muet comme une tombe

Auteur : The Fool

Résumé : Scorpius Severus Malfoy, journaliste et dans la merde, bien décidé à trouver le scoop du siècle. Il semblerait que Harry Potter soit son sauveur. Mais attention Scorpius, à trop creuser le passé, on déterre des secrets qui feraient mieux de rester sous terre...

Pairing : Drago/Harry (bien entendu, venant de moi...) mais aussi un Albus Potter/Scorpius Malfoy (pluôt au second plan)

Info : Cette fiction se passe après le tome 7, la seule modification que j'ai apporté pour le moment est le deuxième prénom de Scorpius, c'est sensé être Hyperion, mais j'ai décidé que cela serait Severus .

En écrivant ce premier chapitre, j'ai enfin pu poser les bases de ma fiction mais aussi sa direction. Les dés sont lancés...

J'espère que ce Scorpius vous plaira, mois je l'adore déjà... =)

Je pense écrire pas plus d'une dizaine de chapitre. Ils seront longs, peut être 15 pages chacun...

Merci de vos reviews précédentes ! (Angel et slashy love, j'espère que ce premier chapitre vous plaira, bisous)

Bonne lecture

Fraiseabricot : merci pour ta nouvelle correction =)

Muet comme une tombe

Chapitre 1

Musique : Spanish Bombs – The Clash

« The freedom fighters died upon the hill

They sang the red flag, they wore the black one

But after they died it was mockingbird hill »

OOO

Il avait passé une scolarité à Serpentard sans faire trop de vagues.

Sept années d'innocence, peuplées de questionnements sans fin et sans réponses.

Il était très difficile de faire parler les parents à propos de leur enfance. Deux, voire trois générations traumatisées par les deux Grandes Guerres et un silence opaque.

Et eux, fils et filles des héros, des perdants ou des non-participants de la Guerre avaient essayé de décrypter les regards que les adultes s'échangeaient en se croisant sur le Chemin de Traverse, de questionner dans le vide.

Des regards amers, des regrets insurmontables.

Mais ce silence...

Le silence, qui ne dit rien mais qui laisse imaginer le pire, avait peuplé les cauchemars de Scorpius.

Petit, il imaginait son papa trainé à l'horrible prison anglaise : Azkaban, ou encore les Mangemorts surgissant dans son salon pour tuer son grand-père...

Ou pire : le retour du Lord Noir...

Il était bien revenu une fois, pourquoi pas une deuxième ?

Même si son père lui avait assuré que c'était impossible, cette probabilité avait hantée son enfance.

Et à 25 ans, Scorpius Malfoy se demandait pourquoi son père n'était pas resté aux États-Unis.

Après la guerre, Drago Malfoy était parti s'installer là-bas pour finir ses études et sûrement se faire oublier. Il y avait retrouvé Astoria Greengrass, une ancienne de Serpentard de quelques années sa cadette.

Il ne se souvenait pas bien de sa mère, parfois une odeur, une berceuse mais quand il avait 4 ans, Astoria était partie. Le laissant seul avec ce père froid, hanté, qui l'aimait tant mais qui ne le montrait pas.

Il gardait un très vague souvenir de cette vie américaine, la figure sévère de son grand-père, la froideur de son père et l'omniprésence de sa grand-mère.

Mais à ses 6 ans, Drago Malfoy avait décidé de rentrer au pays avec son fils.

Fini l'innocence, Scorpius s'était heurté à une population de sorciers anglais traumatisée qui le regardait avec stupeur et angoisse.

Et le temps des questions avait commencé mais jamais son père n'y avait répondu.

Même en fouillant dans la bibliothèque de Poudlard, pourtant immense, et en discutant avec ses camarades Serpentard, il n'avait rien obtenu de concret.

Juste un semblant de réponse qui avait amené encore plus de questions.

Durant sa scolarité, il avait été intrigué par la famille Weasley-Potter.

Une belle ribambelle de cousins-cousines tous plus excités les uns que les autres.

Tous à Gryffondor ou à Serdaigle.

Sauf un : Albus Severus Potter. Lui, il avait été mis à Serpentard.

Première question existentielle que Scorpius s'était posé : Comment était-il possible que le fils du Survivant et lui partagent le même deuxième prénom ?

Severus, ce n'était pas courant et la coïncidence était trop étrange pour s'expliquer par le hasard.

En questionnant Albus, Scorpius avait pensé trouver enfin des réponses.

C'était le fils du Survivant, les repas de famille des Potter devaient certainement tourner autour des aventures de leur héros de père.

Faux.

Albus ne savait rien et était dans la même situation que lui : il était face à un mur de silence et de secrets.

La seule chose qu'ils avaient appris, c'était l'ancienne haine que se portait leurs paternels l'un envers l'autre.

Une haine sans explication.

Scorpius et Albus, eux, ne s'étaient jamais détestés.

Ils partageaient le même dortoir, étaient partenaires de potion grâce à leurs dons pour cette matière. Ils ne partageaient pas une grande amitié mais ne se haïssaient pas.

Mise à part ce don pour les potions et cet étrange deuxième prénom issu d'un certain Severus Rogue, héros de guerre, ils n'avaient aucun point commun.

Albus trainait avec les Gryffondors, ses cousins-cousines, rarement avec les Serpentards.

Scorpius lui, restait solitaire avec pour seul véritable ami Simon Zabini, fils de deux amis de son père, qui eux aussi restaient muets comme des tombes sur leur passé commun.

Le temps avait passé mais leurs parents ne parlaient pas.

Même en devenant journaliste et éditeur, Scorpius n'avait rien appris de plus.

Pour la simple est bonne raison que la génération d'avant gardait ses secrets pour elle.

De quoi avaient-ils peur ? De quoi avaient-ils honte ?

OOO

Ce matin, la tête dans le cul, Scorpius Malfoy soupira dans la cage d'escalier de Wizard Groupe.

Il était 8h30 du matin et aujourd'hui, il devait se rendre dans la cave pour rejoindre les enterrés.

Il avait autant envie de s'y rendre que d'aller recevoir le baiser d'un détracteur.

Le groupe Wizard, en plus d'être une maison d'édition, possédait également un quotidien aussi lu que la Gazette.

Être embauché dans la maison c'était être polyvalent, autant journaliste qu'éditeur, c'est ce qui avait attiré Scorpius quand il avait postulé.

Wizard Journal avait réussi à se faire un trou après la fin de la deuxième Grande Guerre, chaque mois avait amené encore plus de lecteurs.

Et la rubrique nécrologique était devenue la rubrique officielle des sorciers anglais et avait repris les archives du pays.

Tous les jours, à la fin de Wizard Journal, on pouvait trouver une plus au moins longue liste des personnes décédés, de l'heure et du lieu de l'enterrement.

Les familles, les Aurors ou encore les Médicomages se devaient d'envoyer un avis de décès au journal.

En somme, un boulot ultra glauque dont personne ne voulait au sein de l'entreprise.

Malheureusement pour Scorpius, cela allait être son quotidien jusqu'à qu'il trouve un sujet attrayant pour se sortir de ce trou à rat.

Les enterrés étaient une équipe de 5 personnes à temps complet et de quelques stagiaires un peu fous, ils se mêlaient rarement au reste de l'épique de Wizard Edition ou Wizard Journal, mangeaient dans leur propre salle de repos et prenaient leur pause café au fin fond de leurs bureaux.

L'endroit où avaient été installés les enterrés était relativement vaste, dans l'entresol du bâtiment du le groupe Wizard.

Des fenêtres occupaient le haut des murs où l'on pouvait apercevoir les chaussures et chevilles des sorciers arpenter le Chemin de Traverse.

Il y faisait sombre, mais pas noir.

Les bureaux de ses collègues étaient dispersés ça et là dans l'immense pièce silencieuse et une cheminée les gardait en contact avec les mondes des mortels.

Régulièrement, le feu crépitait et une lettre apparaissait dans l'antre avant d'atterrir dans une immense corbeille.

Les lettres mortuaires.

Scorpius se racla la gorge bruyamment pour attirer l'attention de la secrétaire occupée à tamponner un tas de parchemin.

Elle devait avoir l'âge de son père et son teint accusait méchamment l'enfermement dans les bureaux sombres de Wizard Groupe.

Elle leva ses yeux marrons et le dévisagea par-dessus ses lunettes carrées.

-Je peux vous aider monsieur ? Dit-elle sans arrêter de tamponner ses parchemins.

-Oui, je suis Scorpius Malfoy et...

-Oh, oui, le nouveau, un instant.

La secrétaire fit tourner son fauteuil et hurla à travers la pièce.

-Monsieur Malfoy est là !

Scorpius retint un grognement et leva les yeux pour embrasser l'ensemble des bureaux où ses futurs collègues étaient installés.

Tous avaient levé leur nez de leurs lettres mortuaires.

Un vieux monsieur se redressa en faisant grincer sa chaise.

Scorpius reconnut immédiatement son confrère journaliste, Robert Mardoc.

Il avait eu le malheur d'être le responsable d'un faux scandale politique d'Après-Guerre qui avait eu de graves répercutions. Dont sa mutation au sein de cette rubrique nécrologique.

La fin de sa carrière.

Le journaliste s'avança vers lui, en retirant ses lunettes et en lissant ses longs cheveux blancs.

-Enchanté Monsieur Malfoy, vous êtes un brillant journaliste, je suis heureux de vous compter parmi nous.

Scorpius s'abstint de commentaires, lui offrit un sourire crispé en serrant la main que Mardoc lui tendait.

-Je vais vous présenter mon équipe. Vous avez déjà fait la connaissance de Brigit, ma secrétaire. Voici Javier, notre stagiaire argentin et Cyrielle, notre journaliste principal. Et voici votre bureau.

Javier sortait juste de l'adolescence et Scorpius le plaignait de découvrir le métier de journaliste dans une rubrique comme celle-ci.

Cyrielle quant à elle avait sur ses lèvres une grimace permanente. Elle devait approcher des 35 ans mais Scorpius la soupçonnait d'être vieille fille.

Scorpius salua sans un mot ses nouveaux collègues et déposa ses affaires sur son bureau en essayant de retenir un cri de désespoir.

Mardoc était toujours à côté de lui, avec un grand sourire.

-Bienvenu Monsieur Malfoy.

OOO

Scorpius venait d'une famille de riches dépossédés de leurs biens et richesses.

Son grand-père l'avait amené, le jour de ses 11 ans, voir le manoir de la famille Malfoy, ou du moins, l'ancien manoir de la famille Malfoy.

Car à la fin de la Guerre, le manoir ainsi qu'une grande partie des coffres des Malfoy étaient revenus à l'Etat.

Son grand-père avait regardé avec dégoût le portail en fer où, à la place de M et de l'écusson de la famille, trônait à présent : « Orphelinat Sorcier d'Albus Dumbledore »

-Quelle honte... Avait-il marmonné en faisant claquer sa canne contre sa jambe.

Ses grands-parents n'étaient pourtant pas à plaindre.

Ils vivaient à présent dans une petite villa à Salem, aux États-Unis, et lui-même avait passé son enfance dans une charmante maison anglaise avec son père.

Maison que Drago occupait toujours.

Ce qui avait changé, c'était bien entendu la façon de vivre.

Scorpius avait toujours été habitué à se préparer ses repas seul, à s'occuper de son ménage et son linge.

Ce n'était pas le cas de son père.

Une vie de luxe. Il ne l'avait pas connue, ça ne lui manquait pas.

Mais il entendait parfois son père pester seul dans la cuisine : « Si seulement j'avais un elfe de maison ! »

Bref, Scorpius n'était pas un adulte assisté, il était indépendant et savait se coller à certaines tâches peu ragoutantes.

Mais ça, c'était au-dessus de ses forces.

Jamais, même quand il était stagiaire à la Gazette, il n'avait du nettoyer et trier les archives !

Mardoc lui avait refourgué un sale boulot et Scorpius le détestait déjà.

Les archives nécrologiques du Wizard Journal étaient dans un état lamentable.

Les caisses contenant les dossiers nécrologiques étaient en vrac, pleines de poussière.

Il y était depuis le matin, il était à présent presque 16 heures et il venait à peine de finir la lettre A.

Amer, en colère et énervé, Scorpius grogna et décida de prendre une pause café bien méritée.

Dans le bureau, Brigit continuait de tamponner ses dossiers, de mettre en ordre ses papiers.

Le stagiaire et Cyrielle préparaient les annonces pour le lendemain. Mardoc triait les lettres.

Et lui, il faisait le ménage.

Il hésitait à présenter sa démission du Wizard Groupe le soir-même.

Il était un grand journaliste et un bon éditeur, merde ! Pas un elfe de maison !

Il se servit une grande tasse de café et repartit aux archives sans un regard pour ses collègues.

Il s'assit dans un soupir à même le sol face aux deux grosses étagères des décédés commençant par la lettre B et décida d'allumer une clope. C'était interdit mais fuck.

Là, devant l'étagère croulante et dégueulasse, Scorpius se demanda si son père n'avait pas toujours eu raison.

Il était doué en potion, il s'était même disputé la première place dans cette matière avec Albus Potter depuis la première année. Son père était à la tête d'un grand labo.

Pourquoi n'avait-il pas écouté son père ?

Il gagnerait beaucoup d'argent, mettrait en valeur son don et servirait la science magique.

Mais Scorpius savait que ce métier n'était pas fait pour lui.

Lui, ce qu'il aimait, c'était les livres, les bons papiers journalistiques, informer, participer à l'écriture de l'Histoire.

C'était un curieux de nature et une sorte d'artiste de la rédaction journalistique.

Mais là, Brift, son directeur, l'avait mis dans une position difficile.

Un an pour briller et regagner sa place dans les étages du dessus.

Ou alors il finirait à jamais coincé ici, parmis ces archives sales et mal rangées.

Il finit d'une traite sa tasse, écrasa sa clope terminée et tira au hasard un carton dans un énorme soupir.

« Baddock, Malcolm, 1984-2001. Serpentard mais courageux, il mourut en héros en sauvant le chat de la voisine coincé en haut d'un arbre. Il manque à sa famille. »

Scorpius ricana en classant le dossier de ce pauvre Malcolm.

C'était peut être cruel de rire d'un mort, mais les nerfs lui lâchaient.

Heureusement, les archives contenaient seulement les décès depuis 1975.

Mais cela coïncidait avec la fin de la première Guerre et surtout la deuxième.

Autrement dit, beaucoup de morts et donc pas mal de tri à faire.

Il continuait son classement quand il tomba sur des dossiers qui l'intriguèrent.

Sans les consulter, il vit défiler devant ses yeux les noms de Bellatrix Black, Regulus Black, Sirius Black, Walburga Black, Arcturus Black etc.

Il avait devant lui une famille entière décimée par la première ou la deuxième Guerre.

Une intuition étrange lui serra la poitrine.

Sirius Black, c'était pas le parrain du héros Harry Potter ? Et Bellatrix Black, nom de mariée Lestrange, n'était-elle pas une Mangemorte ?

Intrigué, il ouvrit le dossier de Sirius Black.

« Sirius Orion Black Troisième du nom, 8 janvier 1960-17 juin 1996. Éternel héros, courageux, l'ami le plus loyal, mort au combat. Un merveilleux parrain et victime d'une erreur judiciaire qui gâcha sa vie. On t'aimera toujours. La famille Potter et Weasley »

Scorpius regarda un instant la photographie jointe, représentant le fameux Sirius Black âgé d'une vingtaine d'années en compagnie de trois autres jeunes hommes, dont un ressemblait à si méprendre à Harry Potter. Cela devait être son père, James Potter.

Mal à l'aise, il ferma le dossier et ouvrit celui de Bellatrix Black-Lestrange.

L'article était en fait le rapport d'un Auror.

« La Mangemorte Bellatrix Lestrange nom de jeune fille Black (19 mai 1951-2 mai 1998), responsable de nombreux meurtres (se reporter à la liste page 30), tuée par Molly Weasley durant la Bataille Finale. Seule famille proche vivante connue : sa sœur, Narcissa Malfoy, née Black. »

-Oh putain de merde ! Laissa échapper Scorpius en finissant sa lecture.

Il ouvrit avec précipitation les autres dossiers des Black. Regulus, le frère de Sirius, Mangemort. Walburga leur mère, Cygnus et Druella Black, les parents de sa grand-mère et de cette fameuse Bellatrix.

Bientôt il dut étaler les dossiers par terre pour reconstituer l'arbre généalogique morbide des Black, la famille de Narcissa.

Si déjà Malfoy n'était pas un nom facile à porter, rajouter Black était encore plus angoissant.

Et d'un coup, les secrets des générations précédentes remontèrent.

Et cette fois-ci, Scorpius n'allait pas les laisser s'échapper.

Il se leva d'un bond et regarda sa montre.

Il était à peine 17 heures mais il entendait ses collègues commencer à partir.

La journée était finie mais Scorpius avait quelqu'un à voir.

Il attrapa la photo des quatre adolescents sur laquelle figurait Sirius Black et s'échappa rapidement de l'entresol des enterrés.

OOO

Le laboratoire spécialisé dans les potions, sérums et philtres magiques était perdu dans la campagne anglaise. Le bâtiment était entouré par des serres magiques contenant une quantité énorme de variétés de plantes et autres végétaux.

Ce laboratoire était le principal fournisseur du gouvernement anglais, il offrait ses services à l'hôpital St-Mangouste et c'était là que son père travaillait.

Drago Malfoy était à la tête du laboratoire Severus Rogue.

A ce que Scorpius savait, ce labo avait été renommé en l'honneur de ce héros de guerre.

Mais Severus Rogue était aussi le meilleur maître de Potion depuis des décennies, ancien professeur de son père.

Il rentra dans le hall du bâtiment silencieux et reconnut immédiatement la secrétaire préférée de son père derrière le comptoir.

Il soupçonnait même ces deux là d'entretenir une relation plus que professionnelle.

-Salut Eleanor.

-Scorpius ! Comment vas-tu ? Tu es plein de poussière ! S'exclama la secrétaire en le regardant s'approcher.

Eleanor Branstone avait fait ses armes à Pouffsouffle et était une femme ravissante avec un physique bien conservé pour ses 45 ans passés.

-Oh, j'ai fait un peu de rangement dans les archives du journal, je cherchais un dossier... Mentit Scorpius en s'attendant à voir surgir son père à tout moment.

-Mon père est là ? Demanda-t-il nerveusement en regardant autour de lui.

Eleanor lui décerna un regard navré :

-Je suis désolée, ton père est parti il y a une heure récupérer un stock d'opales magiques, il ne rentrera que dans une heure...

-Parfait, ne lui dis pas que je suis passé, d'accord ?

La secrétaire haussa les sourcils d'étonnement et s'accorda quelques secondes avant de répondre :

-Très bien, mais que fais-tu là ?

-Albus Potter est là aujourd'hui ?

Eleanor plissa des yeux, étonnée de la demande de Scorpius.

-Dans le labo numéro 9, je n'ai pas besoin de te dire où c'est... Dit-elle, méfiante.

-Non, merci Eleanor, tu es merveilleuse ! Et ne dit rien à mon père ! S'exclama Scorpius en filant dans la cage d'escalier.

OOO

Albus Severus Potter travaillait pour le laboratoire de son père depuis presque quatre ans.

Il avait suivit des études de potionologie après Poudlard avant de postuler ici.

Il avait confié à Scorpius un soir, alors qu'ils s'étaient croisés par hasard sur le Chemin de Traverse, qu'il ne pensait pas être pris au vue de la haine qu'Harry Potter et Drago Malfoy s'étaient portés pendant des années.

Même si leurs deux pères s'ignoraient superbement quand ils avaient le malheur de se retrouver face à face, il restait toujours une tension dingue entre eux.

Et à chaque fois que le nom de Potter était prononcé face à son père, Drago devenait noir et amer.

Malgré les nombreux interrogatoires que lui ou Albus avaient pu faire subir à leurs pères, ni l'un, ni l'autre ne parlaient de ce qui s'était passé entre eux.

Ce soir là, après avoir rencontré Albus Potter sur le Chemin de Traverse, Scorpius était parti chez son père, il avait pris la pile des CV des candidats au poste de laborantin que Drago étudiait sur son fauteuil.

Scorpius avait tiré celui d'Albus Potter et avait jeté les autres dans la cheminée.

-Albus Potter est le meilleur. Il est aussi doué que moi. Tu serais stupide de ne pas l'embaucher. Arrête de chercher midi à quatorze heures, c'est lui qu'il te faut. Et Albus n'est pas son père. N'oublie pas que c'est un Serpentard.

Deux jours plus tard, Drago embauchait Albus.

OOO

Cela faisait des mois, voire même presque un an, que Scorpius n'avait pas vu Albus.

Parfois, son père parlait de lui, toujours en bien, malgré sa grimace de dégoût.

Nul doute, Albus Potter était le meilleur ici, après son père.

Scorpius ouvrit prudemment la porte du labo numéro 9 et observa un instant le silhouette de Albus devant son chaudron.

-Potter ? Se risqua-t-il en rentrant dans la pièce.

Albus tourna ses yeux verts, aussi verts que ceux de son père, dans sa direction.

-Oh, c'est pas vrai ! Malfoy fils ! S'exclama-t-il en éteignant son chaudron.

-Je ne te dérange pas ?

-Non, je viens de finir, ça doit reposer une heure.

Scorpius s'approcha du chaudron, la potion était grise à paillettes.

-Philtre de confusion ? Déclara-t-il.

-Exactement Malfoy, t'as pas perdu la main. Déclara Albus en retirant sa robe magique de protection.

Dessous, il était vêtu à la moldue et il savait que cela avait le don d'énerver Drago Malfoy.

Avec l'âge, Albus ressemblait de plus en plus à son père autant que lui ressemblait de plus en plus à Drago Malfoy.

Scorpius était sûr que si on les amenait dans le passé, ils pourraient facilement se faire passer pour leur père respectif.

Il faudrait rajouter une cicatrice en forme d'éclair à Albus et la marque des ténèbres sur l'avant-bras de Scorpius...

-Que me vaut l'honneur de ta visite ? Demanda le brun en le dévisageant.

Il était en effet rarissime que Scorpius aille voir de lui-même Albus Potter.

Ils n'étaient pas amis ni même proches, mais s'ils se croisaient par hasard, ils se parlaient courtoisement.

Scorpius soupira et s'assit sur un des grands tabourets.

-C'est long à t'expliquer mais je t'avoue que là, je suis complètement perdu...

Albus Potter passa une main dans ses cheveux en bataille et s'assit en face de lui.

-Je t'écoute.

Scorpius le regarda un instant dans les yeux.

Avait-il raison de s'adresser à lui ? Ne devrait-il pas aller voir son père ou même sa grand-mère ?

Mais étrangement, depuis ces 11 ans, à chaque découverte sur le passé, il allait voir Albus et Albus faisait de même.

Car tous les deux sentaient certainement inconsciemment que le passé de leurs parents respectifs était intimement lié.

Ils n'étaient peut-être pas amis mais ils trouvaient chez l'autre une oreille attentive, compréhensive sur ce sujet difficile et leurs obsessions communes.

Albus et lui avaient souffert du passé de leurs parents à cause de leurs ressemblances quasi parfaites.

Etre le fils du Survivant ou le fils d'un Mangemort, à terme, c'était du pareil au même.

Et aucun des deux n'arrivait à comprendre ce qui avait bien pu se passer.

-Je suis à présent à la rubrique nécrologique et aujourd'hui, j'ai rangé les archives du bureau. Commença Scorpius. Regarde ce que j'ai trouvé.

Il sortit de la poche de sa chemise la photo de Sirius Black, de James Potter et des deux inconnus.

-Tu sais qui c'est ?

Albus prit la photo un instant et la regarda attentivement.

-Oh, lui, c'est mon grand-père, James Potter. Lui, c'est Sirius Black, le parrain de mon père, il en parle peu mais je crois qu'il a été tué au cours de sa 5ème année par un Mangemort. Et lui, c'est Rémus Lupin, le père de Teddy, tu vois qui est Teddy ?

-Ouais, Teddy Lupin, bien sûr.

Scorpius ne l'avait pas connu à Poudlard, quand il y rentrait celui-ci en sortait.

Mais Teddy Lupin était le filleul d'Harry Potter et tout le monde savait cela.

- Le dernier, je ne sais pas qui c'est, ça doit être Peter Pettigrow. En tout cas, je sais que Sirius, papi et Rémus formaient un groupe farceur à Poudlard, les Maraudeurs. Ils avaient fait une carte magique de l'école, c'est James, mon frère, qui l'a. Il attend que son fils soit à Poudlard pour lui filer. Elle était drôlement fun cette carte...

Scorpius regarda une nouvelle fois les trois jeunes hommes souriant sur la photo.

Les Maraudeurs...

-Pourquoi tu voulais savoir ça ? Demanda Albus.

-Parce que je viens de déterrer les dossiers nécrologiques des Black, celui de Sirius mais également les autres. Et je viens d'apprendre que ma grand-mère est une Black.

-Putain, ça c'est une découverte... Marmonna le fils Potter en fronçant les sourcils.

Scorpius soupira et regarda Albus.

-Sirius Black avait l'air d'être le seul membre fréquentable des Black, les autres sont soit des Mangemorts, soit des vieux Sang-Purs bien obtus et ayant un penchant pour la Magie Noire. Mais pourquoi on m'a jamais dit que ma grand-mère était une Black ? Et c'était quoi le lien de famille entre ma grand-mère et le parrain de ton père ?

Potter baissa sa tête sur la photo comme si en la regardant fixement, elle pourrait leur apporter des réponses.

-Tu as raison, c'est foutrement intriguant cette affaire de Black...

Ils se regardèrent un long moment les yeux dans les yeux comme si un début de réponse avait commencé à éclore.

-Je vais en parler avec mon père, je le vois ce week-end et je te tiens au courant... Je vais même en profiter pour interroger mes oncles et tantes...

C'était toujours ce qu'Albus Potter disait quand ils se trouvaient devant une question sans réponse et à chaque fois, Scorpius lui répondait la même chose :

-Cette fois, j'espère que ton père crachera le morceau, parce que le mien est aussi muet qu'une tombe.

OOO

Scorpius Malfoy s'enferma sans protester dans les archives nécrologiques les jours suivants.

Il avait réussi à obtenir plus de détails sur la famille Black grâce à un vieux bouquin qu'il avait récupéré dans le bureau de son père sans que celui-ci le voie.

Au milieu des dossiers des Blacks, avec son vieux grimoire et quelques vieux numéros de la Gazette, Scorpius fit enfin le lien entre tous les membres de cette famille complexe.

C'était une vieille et puissante famille, « Toujours pure », comme disait la quatrième de couverture. L'histoire de la famille s'arrêtait avec la mort de Sirius Black.

A partir de la mort de l'héritier direct, les pages du vieux grimoire ne se mettaient plus à jour. Cependant, Scorpius avait appris que Bellatrix était la grande sœur de sa grand-mère et qu'il y en avait une troisième : une certaine Andromeda, reniée pour avoir épousé un moldu dont il ignorait le nom.

Il frissonna longuement à l'idée d'être lié par le sang avec cette Mangemorte qui avait tué son propre cousin, Sirius Black.

En somme, il avait une famille horrible, cruelle, responsable de la mort d'un nombre important de personnes.

Et il s'étonnait que les sorciers les plus anciens le regardent avec des yeux de lapins affolés !

Les questions fusaient dans son esprit, cherchant en vain les endroits où il pourrait trouver les réponses, et pendant ce temps là, il rangeait les archives.

Une semaine passa et elles furent impeccables.

La fin du rangement des archives coïncida avec la lettre qu'Albus avait promis de lui envoyer après son week-end familial :

« Cher camarade d'infortune,

Comme promis, j'ai mené mon enquête de mon côté.

Mon père n'a pas décroché un mot à propos de Sirius Black, à part que c'était un parrain et un homme courageux, loyal.

Je n'ai rien pu obtenir de plus sur la famille Black, mais Teddy Lupin, par contre, a été un peu plus bavard.

Il faut qu'on se voit, c'est impossible de te dire ça par lettre.

Demain, à 18 heures au Chaudron Baveur ?

Ton enquêteur sans frontière,

A.S.P »

Scorpius replia la lettre d'Albus dans un sourire et griffonna rapidement une réponse affirmative.

-Eh, mais c'est pas le hibou de Bubus ? S'exclama Simon en sortant des toilettes.

Scorpius roula des yeux en attendant le surnom que Simon aimait employer pour désigner Albus durant leur scolarité.

Simon Zabini et Albus Potter s'étaient toujours bien entendus.

Les deux s'associaient même souvent pour faire des farces aux Gryffondors au plus grand malheur de leurs parents respectifs.

-Si, je le vois demain.

-Ah ouais ? Vous ne vous parliez que rarement à Poudlard et là, tu lui files un rencard ? S'étonna son métisse d'ami en se servant un verre de whisky.

Simon et Scorpius avaient toujours été proches, des meilleurs amis mais Simon ne comprenait pas l'obsession que le blond avait envers le passé de leurs parents et les deux Guerres.

Autrement dit, Simon vivait très bien en ignorant ce qu'il avait bien pu se passer et Scorpius lui enviait sa façon de penser.

-Je lui file pas un rencard, on a découvert un truc sur nos familles... Se justifia Scorpius qui s'était senti rougir au mot « rencard » qu'avait employé son meilleur ami.

Simon émit un petit grognement réprobateur et lui servit un verre d'alcool sans lui demander son avis.

-C'est incroyable, vous ne laissez pas tomber... Marmonna-t-il en le regardant du coin de l'œil. Un jour, Scorpius, il faudra que tu laisses tomber un passé qui n'est pas le tien et que tu avances dans ton avenir.

Le blond serra sa mâchoire sous le discours moralisateur que lui répétait Simon pour la énième fois. Il savait que le métisse avait raison mais il ne pouvait pas s'en empêcher...

-Tu veux pas te trouver une petite nénette ou un petit mec ? Je sais pas moi, vivre en couple, avoir une situation stable, ne pas déménager tous les 6 mois... T'as 25 ans quoi... Ton père t'a eu à 25 ans.

Simon avait raison, il n'avait pas eu de relation stable avec un homme ou une femme depuis plus de trois ans, il ne pouvait pas s'empêcher de déménager, constamment lassé des petits apparts qu'il louait.

Et pour ce qui était de sa situation professionnelle, n'en parlons même pas, étant donné qu'il était chez les enterrés pour au moins un an.

Scorpius avala d'un trait son verre de whisky et s'avachit dans son canapé en cuir.

-Ouais, je sais, je sais... Ressers-moi un verre s'il te plait. Dit-il dans un soupir en tendant son verre vers Simon. Et toi, Simon, t'as enfin pu inviter ta collègue au restaurant ?

-Et j'ai même couché avec elle !

OOO

Scorpius regarda son père, face à lui,qui mangeait calmement ses spaghetti bolognaise, avec une classe que lui ne parvenait jamais à avoir.

Lui, impossible, quand il mangeait des spaghettis, il en mettait partout et si ses spaghettis avaient le malheur d'être à la bolognaise, il pouvait dire adieu à sa chemise.

-Alors, Scorpius, raconte-moi ce qui s'est passé à ton travail.

Un parent aurait simplement demandé mais Drago lui, ordonnait.

C'était quand même fou d'être aussi mal à l'aise face à son père.

En grandissant, Drago Malfoy avait mis une distance entre lui et son fils sous prétexte qu'il était arrivé à l'âge adulte.

Mais parfois, Scorpius, même du haut de ses 25 ans, n'avait envie que d'une seule chose : un câlin réconfortant de son papa.

Il galérait dans sa vie amoureuse, pataugeait dans sa vie professionnelle, se débattait avec un passé qui n'était pas le sien.

Il ne se sentait pas adulte, juste un grand gosse qui jouait au responsable.

En cet instant, il avait envie de retrouver ses 6 ans et de geindre sur ses malheurs.

Mais Scorpius jouait le responsable alors il expliqua.

-Et bien, papa, j'ai fait une bêtise qui va certainement me coûter ma carrière. Avoua-t-il en essayant de coincer sa feuille de salade sur sa fourchette.

Drago Malfoy soupira mais n'ajouta rien.

Inutile, Scorpius savait ce que son père pensait de lui.

Il était déçu de ne pas avoir un fils raisonnable, avec une carrière prometteuse dans la Potion, une belle femme et un bébé en route.

Comme lui au même âge.

Il n'apportait que déception à son père.

Heureusement, à 11 ans, il lui avait évité la pire.

Le Choixpeau avait osé émettre l'idée de le placer à Gryffondor.

« Oh, mais que vois-je ! Un Malfoy avec autant de courage qu'un Gryffondor, entêté et fonceur, digne de la maison des Lions. Ah, mais tu préfères Serpentard ? Je comprends, je comprends... »

Comment son père aurait-il réagi à cette nouvelle ?

Il aurait certainement fait une crise cardiaque, suivie de près par son grand-père Lucius.

Il ricana discrètement à l'image comique qu'il venait d'avoir mais se calma aussi sec en croisant le regard interrogateur et sombre de son père.

Scorpius soupira et abandonna le combat contre sa salade :

-Papa, je sais ce que tu penses, tu es déçu et tu meurs d'envie de me demander la même chose que d'habitude : te rejoindre dans ton labo. Mais je ne veux pas. Ma vie n'est pas dans la potion.

-Tu as pourtant un don.

-Et alors, tu es bon en Défense contre les forces du mal, es-tu devenu Auror ?

Drago Malfoy grinça des dents et Scorpius retint un rire.

Son père, si guindé, si froid, si impressionnant, était parfois si prévisible dans ses réactions.

-Je veux rester dans cette branche. J'ai un an pour faire mes preuves et sortir un bouquin ou un papier à succès. Laisse-moi un an encore, papa, et après je te promets que j'envisage une réorientation...

Au fin fond de son cerveau, Scorpius priait tous les dieux de l'univers pour que cela n'arrive jamais.

Drago le regarda attentivement de ses yeux acier, sans un mot, un mouvement.

Scorpius crut un instant que son père venait de subir le sort Stupefix sans qu'il s'en rende compte.

-Bon, parfait, Scorpius, je te fiche la paix avec ces histoires. Tu veux un dessert ? Une glace ?

OOO

Le reste de l'après-midi fila lentement, au désespoir de Scorpius.

Après avoir fini de trier les archives, Mardoc l'avait mis au dépiautage des lettres mortuaires.

Et c'était tout sauf amusant.

« Budul Machin est décédé aujourd'hui nananana... »

Son rôle était de recopier les lettres pleines de fautes d'orthographe et/ou à la syntaxe douteuse avant de les donner à Cyrielle pour qu'elle les mette en forme sur la maquette du journal du lendemain.

Quand 17 heures sonna, la maquette fut envoyée à l'impression avec l'ensemble des autres rubriques et la journée se termina.

Il s'était peu lié avec ses collègues.

Javier était un jeune homme plein de vie qui disait sortir tous les soirs avec ses amis alors que Cyrielle semblait être le style de femme à s'enfermer avec ses chats et un roman à l'eau de rose. Mardoc observait une grande distance avec les autres, il se mettait au dessus d'eux et les traitait avec un air condescendant.

Scorpius le détestait et le trouvait stupide.

Au fond de lui, quand il le regardait, les pieds sur son bureau à discuter par la cheminée avec un autre journaliste, le blond se disait qu'il n'était qu'une petite merde et qu'il valait mieux que lui.

Mais il faudrait encore que Birft le comprenne...

Il traina un petit peu dans le Chemin de Traverse, il avait besoin de parchemins et de nouvelles plumes. Quand 18 heures sonnèrent, il se rendit au Chaudron Baveur avec excitation.

Qu'est-ce que Potter avait pu découvrir ?

Albus était assis sur une table dans le fond et lui fit un petit signe quand il le vit entrer dans le pub.

Scorpius s'installa rapidement en face d'Albus en commandant une Bièraubeurre au serveur.

-Comment vas-tu Potter ? Demanda-t-il en remarquant les cernes monstrueuses de son camarade.

-Je suis épuisé, on doit boucler une grosse commande de potion curative pour après-demain et ton père me fait faire des heures sup. Hier, j'ai fini à 22h et ce matin j'ai commencé à 7h. T'as de la chance que j'ai pu m'échapper pour venir au rendez-vous... Eleanor m'a couvert.

Scorpius ricana et remercia le serveur qui venait d'apporter leurs consommations.

-Et toi ?

-Toujours bloqué dans le purgatoire de Wizard Groupe. Dit-il sombrement en avalant une gorgée de bière au beurre.

Ils échangèrent un petit sourire gêné et Scorpius réalisa que c'était la première fois qu'ils prenaient un verre ensemble sans amis pour combler les trous dans la conversation.

Albus décida d'arrêter les préliminaires et attaqua le vif du sujet.

Il fouilla un instant dans les poches de son jean et lança sur la table trois photos représentant une vieille tapisserie sombre et poussiéreuse.

Scorpius haussa les sourcils et dévisagea Albus comme s'il était fou.

-Tu te fiches de moi ? En quoi les photos d'un mur sont le résultat de tes découvertes ?

Potter eut un petit rire et se pencha au dessus de la table pour se rapprocher de lui.

Scorpius se sentit rougir en voyant le visage de son camarade d'aussi près.

-Quand j'ai interrogé Teddy sur les Black, par pur hasard, car il y avait peu de chance qu'il en sache plus que moi, il m'a appris pas mal de trucs au final...

-Te fais pas désirer, Potter... Grogna Scorpius, impatient.

-Tu ne le sais peut-être pas, mais j'ai habité pendant mon enfance dans une vieille maison de sorcier.

Mais où Potter voulait-il en venir ?

Scorpius avait l'impression d'être face à une prophétie foireuse délivrée par une voyante médiocre.

-Et alors ? Je m'en contrefiche Potter...

Albus ricana devant l'impatience de Scorpius et tapa du doigt le tas de photo sur la table.

-J'ai pris ces photos chez mon père, là où j'ai passé mon enfance. J'avais jamais vu cette tapisserie, elle était cachée dans une pièce qui ne m'était pas accessible mais j'ai réussi à forcer le sortilège ce week-end.

-Est-ce que tu vas m'expliquer quel est le rapport entre les révélations du filleul de ton père et les photos de cette putain de tapisserie moisie ?

-Pète un coup Scorpius, j'y viens ! S'exclama Potter en lui envoyant un regard noir et vexé. Teddy était le seul à connaître cette tapisserie cachée. Quand je lui ai parlé des Black, il m'a dit avoir déjà vu ce nom quelque part dans la maison... Malfoy, regarde ces photos plus attentivement, et tu verras que tu te trouves face à l'arbre généalogique des Black.

-Que... quoi ? Bredouilla Scorpius en saisissant les photos d'Albus et en les regardant d'un autre œil.

Effectivement, la vieille tapisserie retraçait la généalogie des Black, il découvrit d'autres noms, d'autres familles. Mais surtout, il se vit lui, tout en bas de l'arbre, au même niveau que Teddy Lupin.

-Teddy Lupin descend des Black ? S'étonna-t-il.

-Oui, je ne le savais pas mais Andromeda, sa grand-mère en est une, celle qui a été reniée. Je sais pas comment mon père a fait, mais il a réhabilité les reniés Black pour qu'ils soient sur cet arbre. Il y a même Sirius Black et Andromeda. J'ai été vraiment surpris qu'elle soit une Black.

Scorpius ne connaissait pas Andromeda personnellement, il ne l'avait jamais vue, ni même en photo, il savait juste qu'elle élevait son petit fils, le filleul de Harry Potter.

Mais de là à savoir qu'elle était LA Andromeda, la sœur de sa grand-mère, c'était époustouflant.

-Je pensais que ma grand-mère était la dernière...

-Et bien non, il reste sa grande sœur, Andromeda. Et puis, il y a Teddy... Nos familles sont plus liées qu'on veut nous le faire croire, Scorpius... Déclara Albus sombrement.

-Oui et je suis sûr que ce n'est pas fini. Il y a encore trop d'ombres.

Scorpius resta un grand moment penché au dessus des photos d'Albus, plongé dans ses pensées.

-Vous désirez manger quelque chose, jeune homme ? Demanda le serveur en le faisant sursauter.

Scorpius échangea un petit regard sceptique avec Albus. Manger ? En tête à tête ?

Il avait étrangement envie de dire oui mais d'un côté, ça lui semblait déplacé...

Albus haussa les épaules.

-Je vais vous prendre une entrecôte frites. Et toi Scorpius ?

-Euh... la même chose s'il vous plait... Marmonna-t-il en sentant le rouge lui monter aux joues.

Le serveur acquiesça et s'éloigna de leur table.

Scorpius se replongea dans la contemplation des photos.

Tellement de questions se bousculaient à l'intérieur de lui : Pourquoi Andromeda et sa grand-mère ne se parlaient plus alors que la Guerre était finie ? Pourquoi lui-avait-on caché son lien avec les Black ? Qu'avaient fait exactement ses grands-parents et son père pendant la Guerre pour être considérés comme des parias sans pour autant être en prison ?

-Ca va Scorpius ? Demanda Albus.

-Putain, j'en ai vraiment marre de tous ces secrets, Potter... Murmura Scorpius.

-A qui le dis-tu, Malfoy... Être le fils du Survivant ET sa copie physique parfaite en ne connaissant que les grandes lignes de l'histoire, c'est frustrant et à la fois très angoissant. J'ai l'impression que nos parents ont peur ou...

-Honte, ils ont honte de leur passé... Compléta Scorpius en relevant la tête vers Albus, surpris de trouver chez une autre personne de sa génération les mêmes réflexions que lui-même se faisait depuis des années.

Albus lui fit un mince sourire complice.

-Mais de quoi auraient-ils honte ? Ce sont des héros. Déclara Potter.

-Parle pour toi, mon père et mes grands-parents n'en sont pas, je ne sais même pas comment ils s'en sont sortis avec toutes les condamnations qui pesaient sur eux... Dit amèrement Scorpius.

-Tu as déjà lu l'article de la Gazette sur le procès de ton père et de tes grands-parents ? Demanda Albus alors que le serveur venait de déposer leurs plats devant eux.

Scorpius regarda sans grande envie son énorme assiette.

-Évidemment, je l'ai lu pendant ma première année à Poudlard. Ton père en est le témoin principal et c'est lui qui les a tirés de ce procès presque sans dommages...

-Sauf que le procès était à huis-clos, impossible de savoir ce qui s'y est dit... Rajouta Albus en pointant sa fourchette dans sa direction. Il y a vraiment des trucs louches entre nos familles, Malfoy.

Scorpius resta silencieux, entièrement d'accord avec Albus.

-Ils ne se rendent pas compte, n'est-ce pas ? Marmonna-t-il en baissant les yeux sur ses frites huileuses.

Albus finit sa bouchée et répondit :

-De quoi tu parles, Malfoy ?

-Ils ne se rendent pas compte du mal qu'ils nous font en ne nous expliquant rien... Rajouta-t-il en regardant les yeux verts d'Albus.

Son cœur se serrait dans sa poitrine, il avait envie de pleurer de frustration et de rage.

-Je veux savoir ce qu'il s'est passé, parce que j'en peux plus d'entendre mon nom prononcé avec dégoût, de croiser des regards de panique dans la rue alors que je ne connais même pas les sorciers qui me les lancent, d'entendre mon père dans la maison, tourner et virer, alors qu'il est 4 heures du matin, de trouver des bouteilles de whisky vides le lendemain matin, de le voir devenir furieux sans raison quand je parle de certains sorciers... J'ai l'impression que si je ne possède pas toutes les clefs de cette histoire, je resterai hanté à vie et je ne pourrais jamais avancer... C'est comme si je payais les erreurs de mon père et de ma famille.

Scorpius avait dit cela sans qu'Albus l'interrompe et il en fut soulagé.

Il n'avait jamais dit cela à personne, car il savait que personne n'était en mesure de le comprendre, sauf Potter.

Albus Severus Potter le comprenait.

-Je te comprends, Scorpius... Murmura ce dernier en serrant sa main autour de la sienne.

Au contact de cette main rassurante, il eut envie de pleurer de soulagement.

Enfin, il se sentait soutenu dans sa démarche et pas pris pour un fou furieux trop curieux.

-Je te jure qu'on aura le fin mot de l'histoire, Albus, j'arrive à un point de non-retour. Déclara Scorpius en serrant les dents.

Il avait l'impression de déclarer une Guerre.

Et il comptait bien la gagner, cette foutue guerre des secrets.

Fin du chapitre 1

Et voilà ! Scorpius fait de grandes découvertes dans ce chapitre et ce n'est pas fini...

J'espère que cela vous a plu.

Une petite review à présent les amis ?

La suite arrivera certainement dans plus ou moins une semaine...

Sur ce, bon week end

The Fool