Auteur : Subaru-d

Auteur : Subaru-d Série : X Clamp crossover avec…je vous laisse constater Genre : Crossover Couple : SubaruX Seishirô

J'avoue, j'ai du abuser de certains anime pour penser à ce crossover…Il ne devrait y avoir en théorie que peu de yaoi explicite.

Un choix… – Chapitre 2

« Chers habitants de Gotham, c'est le pingouin qui vous parle…Je suis actuellement en possession d'un charmant petit volatile, que vos dirigeants ne manqueront pas de trouver intéressants. »

L'homme oiseau ouvre la cage et en retire ce que j'identifie comme une espèce de colibri.

« Ils sont assez joueurs…et adorent donner des coups de becs aux autres oiseaux. Ledit bec étant enduit de poison, c'est ici que cela devient intéressant… Ce poison est sans effet sur les oiseaux…il est en revanche effectif sur les humains. »

« Il se met à la chimie, lui aussi ? » Commente Robin en fronçant le nez.

« On dirait. »

« Où est Sumeragi ? »

« Il lit le dossier sur notre ami. » Je réponds en indiquant le visage du palmipède. « Il veut nous accompagner. »

« On ne va pas amener un amateur sur le terrain aussi vite ! »

« Si on suit ton mode de pensée, c'est TOI qui devrait rester ici, après la raclée que tu as prise… »

Il me jette un regard furieux auquel je réponds par un léger sourire narquois.

« Il faut bien qu'il commence. »

« Merci. »

Sumeragi avait encore fait irruption dans notre dos, aussi silencieux qu'un fantôme. Il jette le dossier sur la console de l'ordinateur et contemple la télé, une expression impénétrable sur le visage. Seuls ses yeux traduisent une certaine inquiétude. Je songeais qu'il doit avoir peur…puis rejettais cette idée saugrenue. Moi, je ne ressens pas cette peur…s'il est aussi fort, il n'y a pas de raison…

« Vous savez où chercher, Batman ? »

« Les planques du pingouin ne manquent pas, comme celles de tous les autres malades qui traînent dans les rues. Ici, Sumeragi-san, nous élaborons un plan en fonction des manies de chacun. »

« Donc, si j'en crois le dossier, nous allons le chercher proche d'un point d'eau. »

J'approuvais et pianotais sur l'ordinateur :

« L'ennui, c'est que même en isolant les points d'eau de Gotham, cela nous fait quand même dans les 400 000 mètres carrés à contrôler. »

« Et vous n'avez pas d'autre information qui puisse restreindre les recherches ? »

« Malheureusement non. Nous sommes souvent obligés d'attendre une première attaque pour rassembler davantage d'indices. »

Sumeragi pinça les lèvres, puis se les mordilla, apparemment en proie à l'hésitation.

« Il y a quelque chose que vous voulez me dire ? » L'encourageais-je.

« Vous pourriez m'isoler ces points sur la carte ? J'ai peut-être le moyen de le localiser. »

Dick et moi échangeons un regard perplexe. Localiser sans le moindre indice ? Et avec une carte ? Soit Sumeragi a une case en moins, soit il est TRES sûr de son coup. Intrigué, j'accèdais à sa demande.

« Comme ceci ? »

« Parfait. Attendez-moi, je reviens immédiatement. Je vais me changer. »

« Ha ! Tu vois, lui aussi, il a une tenue de combat ! » Me fait Dick.

Evitant de lui dire que j'imaginais assez mal Sumeragi en collants, je préférais attendre son retour, plutôt rapide.

Ses vêtements s'apparentaient à un kimono, parfaitement blancs, les longues manches semblant le faire littéralement disparaître. Il ressemblait à un shogun plus qu'à un samouraï. Toujours silencieux, je le laissais faire. Dick hésita mais préfèra se taire pour observer.

Le jeune japonais s'assis en tailleur au centre de la zone d'entraînement et croisa les mains. Ses lèvres bougèrent alors sur des paroles fantômes…des mots étranges, comme un langage ancien…

« Br… »

« Chttt…Laisse-le faire. » Je soufflais à mon coéquipier.

Il tendit les doigts devant lui.

Et je crus un instant avoir des visions.

Ses doigts fumaient.

De longues lignes blanches et diffuses s'élevaient depuis sa paume ouverte. Il avait fermé les yeux et –j'en étais sûr à présent – son corps irradiait dans l'obscurité.

La lumière s'intensifia, et la fumée sembla se masser au-dessus de lui, formant une forme élancée. Dick m'enfonca les doigts dans l'épaule, à défaut de pouvoir parler.

Un oiseau s'était formé au cœur de la fumée, un oiseau immatériel, presque translucide, au bec argenté…aux trois becs argentés, un pour chaque tête.

De la magie taoïste…La magie du yin et du yang…Yôru-sensei m'avait envoyé un mage du yin et du yang.

Je comprends mieux, à présent, l'impression étrange que nous donnait Subaru Sumeragi depuis notre première rencontre : ce n'était pas une impression, mais une aura.

Poussant un cri bref, l'oiseau sembla éclater et je vis trois flèches lumineuses filer entre les chauves-souris, qui s'éparpillèrent avec des piaillements mécontents.

Sumeragi est toujours aussi immobile. Et, pour ma part, je ne me serais pas amusé à essayer de le faire bouger.


« C'était un shiki. » Nous explique Sumeragi en ajustant son trench-coat. Il s'était changé sous nos yeux éberlués. « Une manifestation physique de mon esprit, si vous préférez. C'est un peu délicat à expliquer. Je l'ai utilisé en reconnaissance… Je sais où est votre homme. Près de Deefrich bay, dans l'ancien port de plaisance. »

Il me regarde et ajoute :

« Je ne vous accompagne pas. »

« Et pourquoi ? » S'étonne Dick « Je croyais que vous y teniez… »

« Il est épuisé, tout simplement. »

Je m'approche de Sumeragi et essuyais un filet de sueur qui coulait le long de sa tempe :

« Vous tenez à peine debout, n'est-ce pas ? »

Il hoche la tête et cille un instant…avant de s'effondrer. Je le rattrape in extremis.

« Mais comment ? Il avait l'air en pleine forme… »

« Utiliser la magie ronge une autre énergie que celle du combat. Il savait qu'en l'utilisant pour localiser Cobbelpot, il ne tiendrait pas le choc. Pour un garçon qui a à peine dépassé la vingtaine, explorer 400 000 mètres carrés par la pensée, ce doit être comparable à tenir un coffre fort en l'air par un treuil pendant des heures pour nous. »

« Mais comment sais-tu tout ça ? »

« Yôru-sensei m'a déjà parlé de la magie taoïste…Mais c'est la première fois que je le vois de mes propres yeux. En tout cas, nous savons où chercher, à présent. Alfred ! »

Mon majordome apparut dans l'encadrement de la batcave et je me dirige vers lui, Sumeragi dans les bras :

« Je vais le coucher dans sa chambre. Préparez-lui un repas qui tienne au ventre, et un grog. S'il ne veut pas manger, dites-lui aussi que nous aurons une explication à mon retour. »

Le connaissant, la menace ne lui ferait ni chaud ni froid, mais j'espére l'avoir à l'usure. Et je ne veux pas d'un partenaire qui s'effondre d'inanition.

« Est-il malade, monsieur ? »

« Non, seulement fatigué. Il va dormir quelques heures, sans plus. »

Je lui retire ses chaussures et son imper, avant de l'allonger sur l'édredon.

« C'est bien la première fois que je te vois aussi prévenant, Bruce… » Constate Dick « C'est par ce qu'il te rappelle moi ? »

Lui souriant, je place Sumeragi sur le flanc, calant sa tête sur l'oreiller.

« Non. Toi tu t'obligeais à être fort alors que tu étais fragile, Dick…Lui, il est fort…mais ce qui le tient est fragile. Et si je ne me trompe pas, de sombres cauchemars l'attendent, maintenant… »

Je sors de la chambre, Robin sur les talons :

« Tu n'as pas l'impression d'en faire une victime ? »

« Non. C'EST une victime…mais je ne sais pas encore de quoi…ou de qui. Il y a quelque chose de très triste chez ce garçon…On le croirait au bord de la rupture en permanence. Mais nous en discuterons plus tard. Pour le moment, il y a un oiseau de malheur qui réclame notre intervention. On prend la batmobile. »


« Il a mangé ? »

« Disons qu'il a consommé une partie du repas, monsieur. » Me répond calmement Alfred, avec une certaine résignation.

« Une…partie ? »

« Le grog, le pain, et les fruits. Il n'a rien voulu savoir pour le reste, maître Bruce. »

« Le contraire m'eut étonné. » Je soupire en ôtant mon masque.

« Tout s'est passé comme vous le vouliez ? »

« Il s'en est fallu de peu…comme d'habitude. Il faudra faire réparer l'aile droite et le pare-choc arrière de la batmobile, et de réaliser une étude toxicologique pour s'assurer que moi et Robin ne sommes plus infectés par le poison de Cobbelpot. »

« Comme d'habitude, maître Bruce. »Soupire Alfred en se retirant, laissant place à un Sumeragi encore très pâle.

« Vous n'auriez pas dû vous lever. »

« En effet, je n'aurais pas dû. Mes muscles répondent à peine. Vous avez pu l'arrêter ? »

« Oui, assez facilement. »

Il jette un regard neutre à la batmobile, qui avait visiblement pris quelque chose de lourd de plein fouet, puis à Robin, occupé à s'injecter une dernière dose d'antidote.

« Vous trouvez les dégâts lourds ? »

« Ma dernière virée m'a valu une hémorragie interne, et 15 jours d'hospitalisation à 40°c. » Se contente-t-il de répondre « Je n'ai pas de véhicule à rayer, et c'est heureux. »

« Effectivement. Merci pour votre aide. »

« Je suis venu pour ça. »

« Pourquoi n'avoir pas utilisé votre magie lors de notre petit combat ? Vous auriez gagné, sans doute. »

Il me jauge un instant et me répond, son regard limpide et pourtant énigmatique profondément ancré dans le mien :

« On apprend toujours de ses défaites. Jamais rien, en revanche de ses victoires. »

« C'est ce que m'a toujours dit Yôru-sensei, à peu de choses près. » Je commente en souriant. « Vous êtes bien un fils du soleil levant, Sumeragi-san. Aussi impénétrable et philosophe…mais… »

« Mais ? »

« Nous avons tout de même des choses en commun. »

Un silence marque la fin de ma phrase, et je vois le regard de mon interlocuteur se voiler.

« Nous avons nos morts en commun, Bruce-san. Rien qui puisse nous rapprocher. »

« Nous luttons tous les deux contre le mal. »

Il secoue la tête.

« VOUS luttez contre le mal. Moi…je l'aime. »

Et son expression devient si douloureuse que je crus qu'il allait se mettre à pleurer.

« Vous…l'aimez ? »

« Bruce, tu ne fais pas un contrôle ? » Nous interromp la voix de Dick dans notre dos. Il n'en faut pas plus pour que Sumeragi reprenne son expression neutre.


« Vous ne sortez JAMAIS, Subaru ? »

Je n'avais pas l'habitude de déroger à mes devoirs d'hôte…Sumeragi se sentant apparemment apte à une sortie avant notre virée nocturne, je l'avais emmené dans le centre de Gotham. Les vitrines ne semblaient guère l'intéresser, et cela dépassait Dick.

« Je ne suis pas matérialiste. »

Et à en juger par ses vêtements, il aime la sobriété : sous-pull noir, jean, bottes à boucles...il n'y a guère que ce long trench-coat blanc qui donne une touche élégante à l'ensemble…ainsi que la grâce naturelle de celui qui les porte.

« Vous ne voulez pas prendre quelque chose pour votre petite amie ? » Je m'enquiert.

L'idée semble l'amuser, car ses lèvres se plissent fugacement :

« Elle n'est pas plus matérialiste que moi. Il lui arrive de me faire des cadeaux mais…je rends rarement la pareille. »

Il y avait là une logique qui m'échappait complètement…en admettant que dans un couple d'homme, il y ait un rôle de « femme », il arrivait quand même à la part féminine d'offrir des cadeaux. Mais peut-être les japonais avaient-ils un point de vue différent de la chose.

« Et je suppose que vous n'êtes pas non plus gourmand ? »

« Non plus. »

« Vous aimez bien quelque chose ? » S'entête Dick avec un désespoir presque comique. Il était encore plus atterré depuis qu'il avait appris que Sumeragi et lui n'avait que deux ans de différence…mais des motivations complètement aux antipodes les unes des autres.

A la question de mon coéquipier, l'expression de Sumeragi devient d'une grande mélancolie…une mélancolie que je connais bien…teintée de la colère de ceux « qui n'ont rien pu faire » lorsque le pire leur est arrivé.

« Je l'aime. C'est tout. » Souffle-t-il comme pour lui-même.

« Pourquoi ne pas l'avoir amené ici, alors ? »

Je commençais à trouver Dick vraiment pesant…N'importe qui un tant soit peu subtil aurait bien vu qu'il valait mieux ne pas remuer la boue.

Le jeune japonais secoue la tête.

« Je ne l'emmène jamais nulle part. Croyez-moi, c'est mieux ainsi. »

A nouveau, j'eus le sentiment que la logique de leur relation m'échappait, mais à voir l'expression de mon invité, c'était douloureux, sans aucun doute. Peut-être à sens unique…Sumeragi devait être le type d'homme à n'aimer qu'une fois.

Alors que nous reprenons notre marche, nous entendons un rire que je connaissais bien, et un sifflement nous vrilla les tympans.

« Bruce, regarde ! »

Relevant la tête, nous vîmes un énorme dirigeable passer au ras des grattes ciels. Un dirigeable en forme de clown…Nous ne sommes pas les seuls de sortie.

« On se change. Vous venez, Sumeragi-san ? »

« Je suis déjà en tenue de combat. » Répond-t-il calmement « C'est lui, le joker ? »

« En effet. J'aurais préféré vous faire commencer avec quelque chose de plus simple, je vous avoue. »

Il a un sourire aussi triste que son regard lorsqu'il me répond :

« Je suis habitué aux cas extrêmes. »

A SUIVRE…