Salut à tous, déjà merci pour tous ces com's, qu'ils soient anonymes ou non, et merci aussi à ceux qui passent par là et jettent un coup d'oeil.


Disclaimer : Comme d'hab', tout est à Rick Riordan, seules les idées présentes dans ce chap' sont les miennes.


Chapitre 2 : Je voulais me battre, je voulais y croire


Le temps était toujours au ralentit. Puis le couteau pénétra ma chair, je crois que je criais, j'avais mal, mais moins que lorsque j'avais porté le ciel ou que je m'étais baigné dans le Styx.

Au moment où l'arme me toucha le temps sembla redevenir normal et je tombais lourdement sur le sol, était-ce mon imagination qui avait étiré les secondes ? Je ne savais pas et de toute façon, c'était trop tard. « Trop tard, trop tard, trop tard » répétait la petite voix de ma conscience en écho. Cette petite voix que j'aurais voulu chasser au loin. Cette petite voix que j'aurais voulu effacer mais qui persistait.

Mon sang coulait sur le sol, avec ma main j'essayais de le retenir, de retenir ma vie qui coulait à flot hors de moi, mais je n'y arrivais pas. La douleur irradiait, je me sentais partir.

Et je ne pouvais m'empêcher de me dire que c'était sacrément con de mourir pendant la bataille finale, celle qui, si les dieux étaient cool, devrait être la dernière grosse guerre, celle où, à la fin, on aurait enfin pu essayer de construire un truc solide, quelque chose de permanent comme elle avait toujours souhaité, avoir une belle vie –enfin, aussi belle et stable que puisse être une vie de sang-mêlé…–, tous les deux.


Annabeth était à côté de moi, elle pleurait. Je la voyais plus fragile que jamais, et je n'aimais pas cette vision. Elle paraissait si faible, si désespérée, et c'était tellement contraire à la Annabeth forte, fière et courageuse que je connaissais... J'aurais voulu la prendre dans mes bras lui chuchoter des « Je t'aime, ne pleure pas, tout va bien » à l'oreille mais déjà j'aurais eu bien du mal à la prendre dans mes bras, et lui dire que tout allais bien ça aurait été lui mentir. Tout n'allait pas bien, au contraire.

Tentant vainement de la réconforter je passais une main -celle qui n'était pas couverte de sang- dans ses cheveux, et replaçais une mèche qui me cachait ses yeux derrière son oreille. Petit geste habituel, mais ma main tremblait et je faiblissais.

Ses pleurs ne cessaient pas, alors avec la même main tremblante j'essuyais ses larmes.

« Pourquoi ? Pourquoi tu as fait ça Percy ? me demanda-t-elle d'une voix cassée et désespérée.

- Tu le sais très bien. Tu aurais fait la même chose pour moi, n'est-ce pas ? (Elle acquiesça, mais je n'avais pas besoin qu'elle me le confirme, je le savais déjà). C'est ce qu'on fait l'un l'autre, on se protège. (Ma voix était rauque, ma gorge me faisait mal, mais je continuais). Et je ne regrette pas de l'avoir fait.

- Tu n'aurais pas dû. J'aurais préféré mourir. »

Simple reproche, simple constatation, les cas auraient étés inversés, j'aurais répondu pareil, je le savais bien. Et elle aussi.

« Chut, ne dis pas ça. Je suis content de t'avoir protégé. »

Soudain, elle regarda le ciel et se mit à crier :

« Pourquoi ? Hein, pourquoi nous ? Après tout ce qu'on a fait pour vous il faut ça se finisse comme ça ? Il faut que vous laissiez faire ça ? Je m'y refuse ! Combien de quêtes et de batailles on a livré pour vous ? Percy vous a sauvé et vous ne le faite pas pour lui ? Vous êtes des dieux, pour vous c'est facile ! Alors pourquoi ?... »

Sa voix se brisa et elle finit dans un sanglot :

« Ce n'est pas juste, on a tant sacrifié... On a étés les pions de votre échiquier, on s'est battus pour vous, on vous a sauvé plusieurs fois… Non, ce n'est pas juste. Hadès, je vous en prie... ne le prenez pas. Je ferais n'importe quoi en échange... Prenez-moi à sa place. »

À cet instant ses larmes avaient redoublé de plus belle et elle m'avait serré de toutes ses forces dans ses bras, comme si elle refusait de me laisser partir. J'étais maintenant en position semi-assise et mon dos reposait contre elle. Mon sang coulait sur elle, malgré ma main, et je n'osais pas retirer la lame, n'ayant rien pour retenir tout le sang qui coulerait encore plus qu'avant. De toute manière, je n'étais même pas sûr d'en avoir la force…

Je me sentais partir progressivement. Pleuvait-il ou était-ce les larmes d'Annabeth qui me mouillaient ? Ou bien mon sang ? Et d'ailleurs, comment pouvais-je être mouillé ? En principe en tant que fils de Poséidon je ne l'étais que si je le souhaitais. Dans ce cas était-ce parce que j'étais trop faible ? Peut-être. La réalité prenait des allures fantastiques, j'avais l'impression de voir des étoiles en plein jour, à moins que ce ne fusse les yeux d'Annabeth...


Je sentis une douleur atroce qui semblait me tirailler le corps en deux, je criais de toutes mes forces. Je ne savais pas que mes poumons pouvaient expulser autant d'air, ou que mes cordes vocales étaient si puissantes. Annabeth était en train de me retirer la lame du ventre, mon corps me paraissait en fusion. Je faillis perdre connaissance mais je résistais, serrais les dents. Si je fermais les yeux, je ne me réveillerai pas. C'était assuré. Elle posa la lame à côté et enleva son tee-shirt dont elle se servit comme bandage provisoire pour stopper le sang, l'orange passa vite au rouge. Elle était maintenant en soutif'. Un soutif' noir, tout simple. Elle était belle... Si belle... Dans une autre situation, j'aurai ri de ses joues rougies, je l'aurais même taquiné et elle m'aurait surement rembarré ou donné un petit coup en marmonnant contre ma stupidité, mais là, je m'en savais incapable. Mon sourire tenais plus de la gargouille grimaçante.


La douleur à la poitrine auparavant aussi vive et brûlante qu'une flamme devenait lancinante, j'avais de plus en plus de mal à maintenir mes yeux ouverts. La voix d'Annabeth m'apparaissait lointaine mais je m'en servais comme point d'accroche, sa main serra la mienne, elle me retenait, me rattachait à la vie, comme il y a quelques années dans le Styx.

« Percy, ne ferme pas les yeux. Ne t'endors pas. T'inquiètes pas, les secours vont bientôt arriver, les Apollon te donneront de l'ambroisie et tout ira bien, comme avant... Allez, courage, ça va bien se finir, comme d'habitude... Ferme pas les yeux. Si tu pars loin de moi une seconde fois je te tue ! Tu m'entends, t'as intérêt à rester Cervelle d'Algues ! Les secours vont pas tarder et on va la gagner cette maudite guerre, ensemble. Héra n'a pas réussi à nous séparer, Cronos non plus, ni aucun autre, alors c'est pas une titane qui vient de se réveiller qui y arrivera ! On va te soigner et on ira lui botter les fesses, on la renverra direct au Tartare, mais pour ça faut que tu restes éveillé, le temps que les Apollon arrivent… T'inquiètes, ils vont venir, ils ont trop peur de ce qui risque de leur arriver si ils ne le font pas ! Tu vois, tu souris, tout va bien, après tout on est tous les deux, rien ne nous arrivera, et puis ton père saura vite ce qui t'arrive, les Sept aussi, alors les secours viendront... »

Sa voix était pressante, elle avait l'air d'essayer de se convaincre et elle essayait de me tenir éveillé en me parlant, sans s'arrêter, peu importe si elle se répétait, c'était comme un refrain qui s'imprimait dans mon cerveau embrumé. Et ça marchait, elle me tenait éveillé. Même si c'était difficile, même si je savais bien que ça ne durerait pas, qu'il y avait peu de chances que tout aille bien, je voulais y croire, j'avais besoin d'y croire. En entendant sa voix et en sentant sa présence à mes côté je voulais me battre pour rester avec elle.

Je ne voyais plus depuis longtemps la bataille qui faisait rage autour de moi, de nous, je ne l'entendais d'ailleurs plus. Mais elle devait continuer. Le monde tombait autour de moi, et il se résumait maintenant à Annabeth et moi, le reste je ne le voyais plus. Peut-être étais-je déjà parti ? Non, Annabeth était toujours là, et la chaleur de son corps contre le mien, la pression de sa main serrant la mienne, la caresse de sa main dans mes cheveux, la tristesse de sa voix et le bruit de ses sanglots n'étaient pas fictifs ou rêvés. En ce moment, rien que pour lui redonner le sourire j'aurais fait n'importe quoi, j'aurais cru en n'importe quoi, n'importe quelles possibilités pouvant la rendre heureuse à nouveau, pouvant me permettre de rester avec elle. Quel que fusse le prix à payer.


Voilà le deuxième chap', il en reste un que je devrais poster vendredi ou samedi prochain. J'espère que vous avez aimé, n'hésitez pas à reviewer !