Voici donc le second chapitre du bar de l'hôtel ! Je continue avec plaisir mes petites scénettes. Pour ce chapitre, je vous parlerais de Pansy et Blaise. Pour le prochain, je prévois d'écrire sur Tracey et Théodore.

Les paroles de la chanson appartiennent à Camille : Pâle Septembre.

Bonne lecture.


CHAPITRE 2 - PALE SEPTEMBRE
Pansy et Blaise.


En Ecosse, rien n'a changé. A Poudlard, tout le monde a fait comme si ce n'était rien. Dans le train, il y avait un fantôme.
Dans la salle commune, il y avait ce silence insipide, un silence atroce et terrifiant. Il faisait déjà froid et sous la porte cochère, ils avaient tous une colère au fond du ventre, alors Théodore a écrasé les fleurs par terre et a repris un air morose.
La robe de Tracey est froissée, elle pleure un peu et Drago a mal au ventre. Il n'entend pas.


Pâle septembre, comme il est loin,

le temps du ciel sans cendres.


Pansy a un air des années trente, un balancement discret et féminin, des yeux trop grands et elle sent le patchouli. Blaise pourrait passer sa vie à la regarder. Il scrute son air "la vie est belle" et elle défile, elle défile et il ne s'en lasse pas. C'est drôle, elle est l'orage et il pose ses doigts sur ses paupières. Blaise et son cœur trop jeune. Il dit Pansy est belle, il dit Pansy sent le patchouli. Il dit qu'il l'emmènerait bien sur les bords de Seine. Il lui tiendrait son ombrelle et elle prendrait des milliers de photos.

La tour Eiffel, les nuages, les moulures des appartements, les jardins sur les toits.
Elle dirait : " montre-moi Paul Claudel, Paris le jour et la nuit. "
C'est décidé, aux prochaines vacances, Blaise serait avec Pansy et Paris 16ème sera plus belle.


Blaise avait toujours quelque chose à se faire pardonner. Pour toutes les grossièretés qui sortaient de sa bouche, pour son absence de conscience, pour avoir oublié trois fois qu'il sortait avec Pansy, pour toujours avoir suivi Drago dans ses plans foireux, pour tous les mensonges, les tromperies, les trahisons, pour avoir couché avec Ginny Weasley, pour avoir oublié que Pansy déteste le violet, pour tous ses préjugés, pour avoir été un salaud. Pour avoir brisé le cœur de Millicent.
Tout le monde avait conscience que Blaise ne s'excuserait pourtant jamais. Mais si il y a bien une chose que Blaise ne se pardonnera jamais - c'est d'être tombé amoureux de Pansy. Parce qu'elle ne faisait pas partie du plan. Vraiment pas.
En plus, l'idiote était déjà amoureuse de Drago quand il a commencé à voir autrement Pansy, autrement qu'une petite boule de colère qui commandait tout le monde.
Il a fallu deux mois à Blaise pour s'accaparer la brune. Suprême, elle porte encore à peine son diadème, il l'aime, est-ce vraiment un problème ?
Si au moins, la Souveraine était facile à vivre, peut-être qu'à ses problèmes, il y aurait eu d'autres problèmes. Tout cela aurait été problématique. Mais si la Monarque arrêtait de crier, peut-être Blaise pourrait-il réfléchir à une solution à ses problèmes ?
Pansy braille encore, très fort.

- J'ai accepté tout, cet été ! Absolument tout ! Tracey Davis dans MON hôtel, vos pleurnicheries d'après-guerre, une semaine entière au Magenmagot pour vous soutenir, tous ! Surtout Théodore, d'ailleurs !

L'intéressé fait mine de n'avoir rien entendu.

- Sans compter que sans moi, il n'y aurait absolument aucune règle, ici ! Et Blaise, soutiens-moi, s'il te plaît !
- Je te soutiens.
- Et toi, Drago? Tu en penses quoi? Hurle Pansy, de sa voix de Méduse.
- Moi ? Je m'en bats les couilles.

Elle voulait qu'on l'aide à retrouver son serre-tête noir.
Et Blaise, les oreilles en sang, tombe de fatigue sur le bureau de sa salle commune.
Ce soir, personne n'aura à lui rappeler que sa petite-amie est Pansy Parkinson.


Mais qui est cet homme qui tombe de la tour ?

Mais qui est cet homme qui tombe des cieux ?
Mais qui est cet homme qui tombe amoureux ?


Daphné a fait une apparition. Une semaine après la reprise des cours. Elle a laissé pousser ses cheveux. Sirène, hautaine, à Blaise : elle lui file déjà la migraine, obscène, fais-moi l'amour, fais-moi la haine.
Daphné est un phénomène. Elle s'est installée à coté de Drago dans la grande salle, elle a picoré un peu et elle a regardé son monde à elle.
Théodore a les yeux rouges et un trou dans la veine de son bras droit. Il gigote. Tracey est au bout de la table. Elle rumine. Pansy dévore Blaise du regard. Elle est amoureuse. Blaise regarde sa bouffe et il cligne parfois des cils quand il regarde Millicent. Il déprime. Drago s'emmerde profondément. Il est absent. Astoria est au bord des larmes. Elle chagrine. Millicent baisse les yeux. Elle ne se maquille plus.
Daphné a vraiment loupé un épisode.

« - Je peux savoir pourquoi vous tirez tous des gueules d'enterrement ? »

Blaise a levé la tête le premier. Mais c'est Pansy qui prend la parole.

« - Laisse-moi le temps d'inventer un mensonge. »

Astoria pouffe un peu, sans joie.

« - Tu étais où ? demande Drago.
- En Pologne. C'était bien. Il faisait froid. Y'a pas la mer. Fin. Point final.
Pansy, je peux te parler ? Seule à seule ? »

Elles se lèvent.
Autrefois, quand elles avaient 5 ans, elles disaient "meilleures amies pour la vie", elles partageaient les nœuds pour les cheveux, tous les trucs roses, les vacances sur la côte, une drôle d'admiration pour Drago, déjà, les vernis à ongles et toutes les choses de fille.
Brune ou blonde. Pipelette ou muette. Sanguine ou longue à la colère. Petite ou grande. Reine ou suivante. Daphné est sur le point de renverser la monarchie.

« - Pansy, dis-moi ce qui ne va pas ! Qu'est-ce qui a changé ?
- Ce qui a changé, Daphné, c'est que tu m'as planté, moi, ta meilleure amie. Tu m'as laissé ta sœur dans les bras, et tout le reste, pour te la couler douce en Tchétchénie ou je ne sais où ! Tu me laisses seule, Daphné, seule. Je sais que toi, tu n'as besoin de personne. Mais moi, si. J'avais besoin de toi.
- J'étais en Pologne, Pansy. En Pologne. Pas en Tchétchénie. La Tchétchénie c'est en Russie, tu sais là où il y a eu... Je suis désolée.
- Je m'en moque. Daphné. Il est trop tard. Je te conseille de ne plus approcher Blaise, ou moi-même. Tiens-toi à l'écart de mon monde et je te laisserais peut-être vivre en paix. C'est assez clair ? »

Daphné est désolée. Elle se balance, à droite à gauche, pas mal à l'aise.
Mais elle est désolée.


En cours de Métamorphoses, Blaise a deux passions. Matter les filles et se moquer des moches avec Drago. Théodore roule un joint sous sa table. Le blond hausse un sourcil et ronchonne.

« - Non mais c'est pas sérieux... »

Blaise promène ses yeux sur le troisième rang. C'est drôle, Millicent a quelques tâches de rousseurs en bas de la nuque. Alors Blaise les compte. 1. 2. 3... Il n'avait jamais vu cela. D'habitude, c'est elle qui regarde Blaise dormir. Elle traçait sa colonne vertébrale avec des doigts, elle déposait parfois des baisers contre son cou, elle faisait semblant de dormir et elle était heureuse. Il n'y a plus d'été. Le rose de ses lèvres, il aimerait les embrasser une dernière fois.
Drago le tire de sa rêverie.

« - Mec, j'te parle.
- Mh ?
- Pansy fait encore la gueule à cause de toi ?
- Astoria fait chier Tracey toute la journée à parler de toi.
- J'ai baisé une sang de bourbe.
- J'ai baisé Daphné Greengrass.
- On est vraiment dans la merde. »


Il serait temps de s'entendre sur le nombre de jours qui jonchent le sol d'octobre.


Il commence à pleuvoir. Un mois a passé. Lentement. Quelques degrés de moins. En fin d'après-midi. Pansy a oublié le bruit des vagues. Parce que tombe l'hiver. Plus aucun bateau au large. Elle marche le long du grand lac. Blaise lui tient la main. Pansy respire, et elle respire.

« - Blaise, mon cœur, dis-moi. Est-ce que tu m'aimes ?
- Et toi ?
- Je ne sais pas.
- Moi non plus, je ne sais pas. Mais à quoi tu t'attendais, au juste ? »

Le bel égoïste. Pansy s'attriste. Blaise est loyaliste, si sa belle doit contrer la révolution, il sera avec elle et peut-être qu'elle ne sera plus aussi triste.
Si Pansy est heureuse en souveraine, il est fort possible qu'il l'emmène déjeuner près du parc. Mais par Merlin, qu'il arrête de faire pleurer celle qu'il aime et que le temps s'arrête.

« - A la vérité, Blaise, à la vérité. Peut-être.
- La vérité ? La vérité c'est que je t'aime. Je t'aime depuis trop longtemps et tous ses sentiments à la con, ils me dérangent. J'ai foiré avec Greengrass, avec Bulstrode, avec toutes. Mais la vérité, c'est que je m'en fous. La vérité c'est que je ne m'en veux même pas. Je veux juste que tu arrêtes de pleurer. Je peux rien te promettre. Juste de continuer à t'aimer, et je ferais semblant d'aimer t'aimer. »

Elle s'en fiche. Elle a levé un sourcil, elle a pris un air méprisable. Elle a explosé de rire. Le même rire qu'elle aurait pu prendre à une soirée bruyante, pour qu'on la remarque. Mais en ce moment, elle est juste effrayante. Pansy, tu ris pour ne pas pleurer ? C'est un peu facile.

« - Voyons, Blaise, mon amour. Un peu de sérieux. Quand on aime quelqu'un - autre que soi même, on ne va pas voir ailleurs. »

Il ne trouve rien à dire. Il avait promis. Et quand elle regarde Blaise dans les yeux, Pansy voit le rouge carmin des lèvres de Daphné, l'épaule dénudé de Millicent, la chevelure flamboyante de Ginny Weasley, de longues jambes et les draps noirs de sa chambre.
Elle s'avance, tout doucement, et alors elle l'embrasse.
Il n'a plus froid. Instant d'extase. Pansy mène la danse, pour cette fois.


« Si octobre s'emplit de vent, du froid tu pâtiras longtemps »
Merde. Le vent est glacé et Blaise a tenu deux semaines. Deux semaines qu'il n'a pas trompé Pansy. Il marque un croix chaque jour sur le calendrier près de la grande armoire. Deux semaines. Plus il est fidèle, plus il fait froid. Deux semaines de la peau de Pansy, deux semaines de patchouli, deux semaines et l'odeur de la Reine. Il est heureux. Un peu. Peut-être. Il se sent vieux.
Il n'est plus Blaise. Il tourne en rond. Est-ce qu'il va tenir encore longtemps ? Il l'aime après tout.
Au moins, elle ne pleure plus. Tout va bien. Il se sent bête. Il a envie de Daphné, un peu. De Millicent, aussi. Il y pense parfois. Elle se traîne plus qu'autre chose depuis Antibes. Il ne sent toujours pas coupable. Mais elle n'est plus aussi jolie et elle est une ombre quand elle parle, elle s'agenouille quand elle demande, elle baisse la tête quand Pansy regarde sa carcasse avec un air moqueur et avec un peu de pitié.
Si Blaise est un homme à femmes, Pansy est une femme à honneurs. Donnez à Blaise un joli visage et donnez à Pansy un peu de pouvoir. Pansy est une presque femme qui n'a aucun devoir, et Blaise, lui, est au bord du désespoir. Il rêve toutes les nuits de Daphné.
Dans ses nouveaux fantasmes, le roi est nu et la traîtresse sourit à l'absolu.


Mâle si tendre, au début de novembre

devint sourd aux avances de l'amour.

mais quel mal me pris de m'éprendre de lui ?


Très loin du soleil du mois d'Août, Pansy a mis une robe noire. Elle a réussi à sortir des cuisines deux litres de cidre. Avant, elle aurait partagé les bouteilles avec la perfide Daphné, cette vendue. Alors elle a dit à Astoria de venir. Elle coiffe ses longs cheveux, tout doucement, comme si ses mèches étaient très précieuses. Pansy aime dire qu'elle entraîne Astoria a reprendre le pouvoir à Poudlard quand elle s'en ira. La cadette fait déjà la loi dans son dortoir. Brave petite.

« - Tiens-toi droite, Astoria. »

Dehors, il pleut et elle se redresse. Fige le pli de sa robe. La même que Pansy. Elle porte le verre à sa bouche, boit par petites gorgées. Elle ne fait pas confiance, la Souveraine pourrait la droguer. On se sait jamais. Pansy a un esprit déséquilibré, elle l'a toujours dit. Dans sa chambre, c'est un bordel organisé. Des piles de fringues, des miroirs un peu partout, des rouges à lèvres sur toutes les commodes, et le lit de Daphné, fait à la perfection.

« - Pansy ?
- Mh ?
- Si tu détestes tant ma sœur, pourquoi tu ne l'as pas changé de dortoir ?
- Je suis d'une grande bonté, tu le sais bien. Je lui ai offert mon pardon. Quand ce sera ton tour, Astoria, n'oublie pas de faire preuve - de temps en temps, de compassion. Quand tu prendras le pouvoir, n'oublie pas d'être humaine. La puissance peut te monter au cerveau. »

Elles explosent de rire. Elles mélangent le cidre au jus de citrouille, s'échangent des vernis, font des listes, et puis d'autres listes. L'entraînement est intensif. Le regard d'Astoria, un peu dépressif.

« - Tout se passe bien avec Drago ?
- Et bien, il y a des jours avec, et des jours sans. Aujourd'hui, c'est sans. »

Mines désabusés. Soupirs. Loin.
Pansy se sert un verre et elle fait une jolie tresse à Astoria. Elles vont bien.


Pansy craque pour les égocentriques. Pansy craque pour tout. Les petits chiens, la nouvelle collection moldue de chez Balmain, Blaise. Pansy est une fille superficielle. Obsédée par Blaise, le pouvoir et le matériel. Et si elle se voit plutôt ministre de la magie, elle voudrait diriger la terre et même tout autour. Elle pourrait envoyer Blaise à Azkaban pour lui avoir fait autant de mal. Ce serait bien.
En attendant, elle se contente de régner d'une main de fer sur le dortoir des Serpentard. Elle aime les dorures, les diamants, les grands appartements avec vue sur la mer, aller au restaurant, dire la vérité, son train de vie, fumer des cigarettes, mais par dessus tout, elle aime Blaise et surtout quand ils ne font qu'un.
Mais s'ils s'aiment autant, pourquoi sont-ils incapables d'entretenir une relation stable et normale ?
Selon Blaise, c'est parce qu'elle est folle et c'est entièrement de sa faute. Selon Pansy, c'est parce que Blaise est un ingrat et qu'il est trop séducteur. Et puis, c'est entièrement de sa faute.


Sale décembre, comme il est lourd le ciel.

Sais-tu que les statues de sel ont cessé de t'attendre ?


Il neige. Les flocons éclairent la nuit, la blancheur pâle avale la tendresse, les affections fragiles, la confiance avide, l'attachement inutile, l'estime et le fidèle.
Une énième dispute. Guerre d'égos, guerre d'amour, guerre à la passion. Querelle stupide. Un presque duel. Plus personne ne mène. Ils ne sont plus comme avant. Daphné a tracé tout doucement son sillage, et elle y a lassé une tension, un douce sérénade, une division et la discorde.
Cette fois-ci, dans la grande salle, à l'heure du dîner. Elle est vexée. Elle sort en marchant vite. Très vite. Blaise l'a suit, le coupable.

« Pansy, attend ! T'énerves pas, j'ai dit.. pour rire, c'était juste.. drôle. »

Elle tourne la tête d'un coup. Elle plante son regard dans le silence. Vert et colère.

« - Ah oui, c'est vraiment très drôle. Grave, je suis morte de rire, au point de me taper la tête contre le mur. Je peux ? Tu me permets ?
- Arrête, Pansy, arrête. Avoue que le problème, c'était pas ma vanne hyper drôle. C'était que Daphné était là. Essaye de la supporter, s'il te plaît. Je te le demande comme un service. »

Et elle part, la furie, elle laisse Blaise comme un con au milieu du couloir.


Je t'aime toujours d'amour, je sème l'amour.
Les saisons passent mais de grâce,
faisons semblant qu'elles nous ressemblent.


- Tu abandonnes? Tu as battu, tu t'es battu, tu m'as battu et abattu. Pourquoi? Je n'y avais même pas songé, c'est trop tard et trop triste.. Mais tous tes mensonges, tes non-dits, les rires plein d'alcool, ils étaient vrais, non? Rien qu'un peu, rien qu'un tout petit vrai, n'est-ce pas? Si j'ai tort, mens-moi une dernière fois.
- C'est toi qui me demande ne pas mentir, Pansy? Laisse-moi rire. Tu es si fausse, tu es ma superficielle. Ma douce superficielle, ma fausse vérité. Pourquoi je t'aime ? Ne me demande pas de mentir et de te le dire, parce que je ne sais pas.
Mais je vais te demander pardon. Pardon d'avoir douté, pardon d'avoir menti, pardon de n'avoir pas cru en nous, pardon d'avoir désiré autre chose que toi, pardon. Toi, petite chose vaniteuse, tu vas fuir. Mais je ne vais pas me battre. Mais je t'ai demandé pardon, et c'est déjà pas mal, n'est-ce pas ?
- Pardon, Blaise. J'avais des rêves pour nous. Drago aurait dit que c'était des projets, Daphné aurait dit que c'était des illusions, et toi que c'était débile. Et tu sais, je me souviens pas t'avoir déjà entendu demandé pardon, ou peut-être un faux désolé, une supplication de comédien, mais ce pardon, celui-là, non, jamais. Et c'est déjà pas mal.
Alors tu m'excuseras, mais, je vais rentrer, parce qu'il vente, et que j'ai envie de fuir. Et puis, je suis contente de m'être fait belle, ce soir, parce qu'avant de voir notre " nous " mourir, c'était un vieux désir que tu me trouves belle à cet instant-là.
- Je te trouve belle. Notre " nous " peut mourir. Un joli dénouement, une jolie fille qui fuit.
- Et un beau menteur.

C'est vrai que le vent est froid, que Pansy n'a plus d'heures, que Blaise n'a pas mal. Il a oublié de dire ce qu'il pensait. Elle baisse la tête. La reine baisse la garde, un peu, et elle pleure, rien qu'un peu.

- Ne me regarde pas pleurer, c'est juste les larmes de mon orgueil. Tu sais, celui que tu as piétiné ?
- C'est con. C'est con de pleurer pour "nous". Parce qu'au fond, on sait qu'on s'aimera encore un peu avant de s'oublier.
- Au ralenti.
- Laisse-moi te dire une dernière chose, Pansy. Moi aussi, j'avais des rêves pour nous. J'avais prévu de jouer l'amoureux jusqu'aux grandes vacances, d'avoir mon diplôme avec une meilleure note que Drago et de t'emmener à Paris. Pour t'acheter plein de choses chères qui ne servent à rien, pour déjeuner en terrasse, pour me vanter de t'avoir pour moi tout seul, pour t'embrasser sous chaque monument, pour visiter des tas de trucs, pour être ta croix. Pour être heureux avec toi.
- Je me serais noyée dans la Seine si j'avais dû supporter ta tronche pendant toutes les vacances.

Et elle est sérieuse.

- Je croyais que j'étais beau, faut savoir.
- Je croyais qu'on était des menteurs, faut savoir.

Blaise allume une cigarette et comme la nuit commence à tomber, il prend Pansy dans ses bras une dernière fois, il respire le patchouli dans son cou et il ferme les yeux.
Peut-être qu'il a mal, finalement.


Blaise est parti seul à Paris pour les vacances de Noël.

Blaise, et une chambre d'hôtel.

Broyer. Du noir, des orgies parisiennes, du vice, des femmes et de l'alcool haut de gamme.

Aucune de ces femmes ne sentait le patchouli.


N'hésitez à me donner votre avis, pour m'aider à avancer.
Merci d'avance.