Chapitre 1 : NCIS / SG1
Cela faisait un petit moment que l'agent Spécial Tony DiNozzo s'était rendu compte qu'il tenait beaucoup à sa coéquipière, l'agent spécial Ziva David.
D'après ce qu'il savait, rien ne les empêchait d'être ensemble mais il avait peur qu'une histoire avec elle ne vienne troubler l'équilibre de l'équipe, surtout si ça ne marchait pas.
Il ignorait si son supérieur, l'agent spécial senior Leroy Jethro Gibbs, verrait cette romance d'un bon œil. Il avait été marié un nombre incalculable de fois et n'était pas du genre grand romantique.
Beaucoup de questions donc pour Tony, qui n'était pas non plus un expert des relations amoureuses. Sa dernière histoire sérieuse remontait à plusieurs années et avait commencé dans le mensonge. Depuis, il enchaînait les conquêtes sans lendemain.
Gibbs arriva un matin avec quelques brochures, en plus de son éternel café noir.
Il en déposa une sur chaque bureau et chacun de ses agents savait ce que c'était. Vu la période, il ne pouvait que s'agir que du programme du salon des nouvelles technologies, qui avait lieu à Washington tous les ans. Le salon débutait par une session off sur trois jours, réservée aux agents du gouvernement et les militaires. Le reste du salon était ouvert au public mais l'armement n'était plus accessible.
Tony jetait toujours un œil distrait sur la brochure, année après année mais n'y allait jamais.
Ziva attendait le salon avec impatience, tout comme l'agent spécial Timothy McGee et leur technicienne de labo et amie, Abby Sciutto.
Tony proposa de lui-même d'y aller, première initiative du genre depuis que Gibbs le connaissait. Tous ses collègues le fixèrent, ébahis.
-"Pourquoi me regardez-vous comme ça ?"
-"Tony, c'est la première fois que tu veux venir avec nous au salon !" dit Ziva, vraiment surprise.
-"Mais non !" dit Tony, l'air de rien.
-"Tony, tous les ans tu dis que tu viens, pour faire plaisir à Gibbs mais tu te défiles à chaque fois..."
-"Tu dis n'importe quoi, McGadget !" dit Tony à McGee.
-"Tony ! Quand tu n'as pas la grippe, c'est ta voiture qui est en panne... Quand ce n'est pas la voiture, c'est ton ballon d'eau chaude et l'an dernier c'était quoi déjà ? Ah oui, ton tournoi de volley..." dit Gibbs, un sourire en coin.
Tony se retrouva sans voix, aucune répartie ne sortait alors qu'habituellement, elles venaient du tac au tac.
-"Comment elle s'appelle ?" demanda Gibbs, sans lever le nez de son écran.
-"Hein ? Quoi ? Boss, qu'est-ce qui te fait croire qu'il y a une femme là-dessous ?" demanda Tony.
-"Tony !" gronda gentiment Gibbs. "Tu as feuilleté le programme, comme tous les ans et tu as finalement décidé de venir... Et je te rappelle que je suis enquêteur..."
Ziva était arrivée à la même conclusion que Gibbs et ne comprenait pas cette douleur intense qui partait de son ventre et montait jusqu'à son cœur...
Tony profita de la pause déjeuner pour passer un coup de fil dans le Colorado. Il avait trouvé les coordonnées de Samantha Carter dans le programme du salon.
-"Base de Cheyenne Mountain, bonjour" répondit un officier.
-"Bonjour, agent spécial Tony DiNozzo du NCIS pour le colonel Samantha Carter" dit Tony, l'air sérieux.
Il n'avait pas entendu Gibbs revenir, comme toujours. Cet homme était très discret et cultivait cet art.
-"La ligne de son bureau ne répond pas, je vous transfère chez le général O'Neill" dit l'officier.
-"Merci" dit Tony, l'angoisse montant.
-"O'Neill" répondit un homme.
-"Bonjour général, agent spécial DiNozzo, je cherche à joindre le colonel Carter."
-"Je vous la passe" dit le général et Tony entendit de loin : "C'est pour toi, un certain agent spécial DiNozzo."
-"Carter !"
-"Salut Samantha !" dit Tony, avec sa voix la plus charmeuse. "Comment vas-tu ?"
-"Tony ! Quelle agréable surprise ! Depuis combien de temps n'avons-nous pas parlé ?"
-"Je ne sais pas, depuis que tu as quitté DC pour aller t'enterrer dans cette base..." dit-il.
-"Ouhla, oui en effet..." dit Sam en riant.
-"Dis-moi, j'ai vu que tu venais pour le salon, ça serait cool de se voir pour dîner et parler du bon vieux temps, qu'en dis-tu ?" dit Tony, espérant revoir la jeune femme.
-"Je vais voir mon emploi du temps mais je suis partante pour un dîner" dit Sam "Je te confirme ça plus tard. Donne-moi ton numéro de portable."
Tony donna son numéro et demanda le sien à Sam.
-"J'ai hâte de te revoir Samantha !" dit Tony avec un grand sourire.
-"Moi aussi Tony ! A bientôt !"
Tony raccrocha le téléphone avec un grand sourire, il se tourna sur son siège pour se lever et vit Gibbs à son bureau.
-"Patron, t'es arrivé depuis quand ?" demanda Tony un peu inquiet.
-"Assez longtemps..." dit-il en buvant une gorgée de son café, un sourire au coin des lèvres.
Tony ne savait pas quelle attitude adopter. Gibbs n'avait fait aucun commentaire suite à sa conversation avec Sam, devant ses collègues. Ziva et McGee essayaient de savoir ce qui le poussait à aller au salon cette année. Ils avaient même mis Abby sur le coup et là, Tony savait qu'il ne s'en sortirait pas si facilement.
Abby arrivait toujours à ses fins et avec ses compétences en informatique, aidée par McGee, ils allaient finir par découvrir le pot-aux-roses.
Il n'avait rien à leur cacher mais il ne voulait pas que Ziva se fasse des idées... Quoique... Peut-être était-ce la solution pour la forcer à dévoiler ses sentiments. Si elle était jalouse, cela voudrait dire qu'elle tenait à lui... Dans le cas contraire, Tony devrait l'oublier et faire avec. Il voulait en avoir le cœur net et se demanda si Sam serait d'accord pour l'aider.
Du côté du Colorado, Jack avait été direct avec son épouse.
-"Qui est ce Tony ?" demanda-t-il quand elle eut raccroché le téléphone.
-"Un ancien ami du lycée. Je dois le voir à Washington, quand nous serons là-bas pour le salon" dit Sam, aussi innocemment que possible.
-"Tu vas dîner seule avec lui ?" demanda Jack, jaloux.
-"Je pense que nous allons aller dîner, oui. Est-ce un problème ?"
-"Oui Sam, tu vas dîner avec un autre homme, sans me demander la permission ?" dit Jack, un peu vexé.
-"Te demander ta permission ?" demanda Sam, se levant de son siège. "Attends, tu es sérieux là ? La dernière fois que j'ai vérifié, nous étions mariés, je ne suis pas ton esclave ! Je ne suis pas à toi ! Je fais ce que je veux, tant que je te manque pas de respect et je n'ai pas besoin de te demander la permission !"
Sam allait quitter la pièce et la porte du bureau était déjà à moitié ouverte.
-"Colonel ! Cette discussion n'est pas terminée !" appela Jack. Sam le défia du regard et demanda : "C'est le général qui parle, là ?" puis elle claqua la porte du bureau derrière elle.
Daniel la croisa dans le couloir et se colla au mur car elle marchait d'un pas décidé et semblait furieuse.
L'archéologue devait voir le commandant de la base et cogna à la porte du bureau.
-"Entrez !" hurla-t-il.
-"Jack, est-ce que tout va bien ?" demanda Daniel, une fois assis face à son ami.
-"Sam doit dîner avec un ancien camarade de classe à Washington. J'ai mal réagi... Je lui ai dit qu'elle n'avait pas ma permission !"
-"Quoi ?!" cria Daniel, amusé par la situation. Face au regard noir de Jack, il gomma son sourire et dit : "Tu sais comme moi qu'elle n'a pas besoin de ta permission d'une part et d'autre part... tu as vraiment osé dire ça à Samantha Carter O'Neill ?"
Jack le regarda et comprit que son ami avait raison. Il avait osé tenir ce discours à la femme qui l'avait rembarré à leur première rencontre, lui rappelant qu'elle était son égale.
-"Oui, tu as raison... je suis le roi des imbéciles mais j'ai tellement peur qu'elle ne me quitte pour un homme plus jeune..."
-"Jack, tu n'as pas compris depuis le temps... Elle est folle de toi, elle ne voit que par toi. Plus rien n'existe autour d'elle quand tu entres dans une pièce... Elle a failli épouser un autre homme par dépit, avant que tu te décides. Son choix a été vite fait. Je peux te dire qu'il gèlera en enfer le jour où elle n'aura ne serait-ce que l'idée d'aller voir ailleurs !"
-"Oh punaise, t'as raison ! Bon, je te laisse, je dois me faire pardonner !" dit Jack, attrapant sa veste sur le dossier de sa chaise avant de quitter son bureau.
Jack quitta la base sans prendre le temps de se changer. Il s'arrêta chez le meilleur traiteur de la ville et rentra chez lui, attendre son épouse. Il avait demandé à Walter de le prévenir quand le colonel Carter quitterait la base. Vers 18h45, Walter prévint le général qu'elle venait de partir. Si elle ne s'arrêtait pas en route, elle devait mettre environ quinze minutes pour rentrer. La table était prête et Jack éteignit les lumières, pour laisser le soin aux bougies d'éclairer le salon.
Sam rentra à la maison, toujours en colère après son mari. Quand elle pénétra chez elle, elle trouva la maison obscure et silencieuse. Elle avait pourtant vu la voiture de Jack garée dans l'allée. Elle l'appela depuis l'entrée, en fermant la porte derrière elle et déposant ses clefs.
-"Jack ?"
-"Au salon !"
Elle suivit le son de sa voix et trouva la table dressée pour deux et des bougies partout dans la pièce.
-"Jack ? Qu'est-ce que ça veut dire ?" demanda-t-elle.
-"Je suis désolé... Voilà ce que ça veut dire ! Tu as épousé le plus grincheux des généraux du pays..."
-"Chacun sa croix comme on dit" répliqua Sam, passant ses bras autour du cou de Jack et déposant un baiser sur ses lèvres.
-"J'ai mal réagi et je m'en excuse... J'ai tellement peur de te perdre..."
-"Jack, j'ai prononcé des vœux quand je t'ai épousé, tu te souviens. Je ne compte pas les rompre, surtout pas en donnant rendez-vous à un homme sous ton nez."
-"Tu as raison, je suis nul !" dit Jack, embrassant sa femme avec passion. Le dîner fut suivi d'une nuit d'amour intense.
